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Guinée

Le chef de la Céni propose le 28 décembre pour les législatives

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

Le chef de la Commission électorale de Guinée a proposé lundi que les élections législatives se tiennent le 28 décembre, conformément aux souhaits du président Alpha Condé, mais les représentants de l'opposition au sein de cette instance ont jugé cette date "irréaliste".

"La date que nous avons pu trouver au niveau de la plénière de la Céni (Commission électorale nationale indépendante) est le 28 décembre 2019 et cette date est tenable", a dit le président de la Céni, Salif Kébé, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, selon un communiqué du gouvernement.

Les législatives dans ce pays francophone d'Afrique de l'Ouest étaient prévues en septembre-octobre 2018, mais ont été reportées et les préparatifs pour les organiser en novembre 2019 se sont avérés laborieux.

Le chef du gouvernement a "pris acte de l'annonce de l'instance électorale et promis d'en rendre compte au chef de l'Etat", qui avait insisté le 4 septembre pour qu'elles se déroulent "dans le courant de cette année".

La date du 28 décembre a été immédiatement contestée par le vice-président de la Céni, El Hadji Nano Sow, et d'autres représentants de l'opposition.

"Après plusieurs jours de travaux houleux et intenses, les commissaires de la Céni n'ont pas pu s'accorder sur un chronogramme (calendrier) réaliste pour les prochaines élections législatives", ont écrit les commissaires de l'opposition, qui jugent qu'elles ne peuvent pas être légalement et pratiquement organisées avant mars 2020.

"Nous n'accepterons pas que des élections bâclées soient organisées pour faire plaisir à Alpha Condé, qui veut avoir coûte que coûte une majorité pour faire passer son projet occulte de modification de la Constitution et s'octroyer une présidence à vie", a déclaré à l'AFP un membre de la Céni sous le couvert de l'anonymat.

Le Premier ministre a entamé lundi des consultations avec les partis politiques portant sur les législatives, mais aussi sur la "nouvelle Constitution", selon un communiqué distinct.

Ancien opposant historique, Alpha Condé, 81 ans, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent - deux maximum en Guinée.

La quasi-totalité de l'opposition et de la société civile boycotte ces consultations, qu'elles considèrent comme un nouveau signe qu'Alpha Condé souhaite se représenter à l'issue de son second mandat de cinq ans, qui s'achève en octobre 2020.

Avec AFP

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Des membres de l'opposition interpellés lors d'une manifestation

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Aéroports de Paris signe un contrat de 25 ans pour élargir l'aéroport de Conakry

Des hommes regardent un écran à l'aéroport international Charles de Gaulle à Roissy, près de Paris, le 18 octobre 2014. ( REUTERS/Gonzalo Fuentes)

Le groupe français ADP a signé lundi avec le gouvernement guinéen et la plateforme d'investissement Africa50 une convention de concession de 25 ans pour le développement de l'aéroport international de Gbessia à Conakry, ont indiqué dans un communiqué le gestionnaire de l'aéroport et Africa50.

L'accord a été signé lors d'une cérémonie de présentation du projet à Conakry. Il fait suite à la signature d'un pacte d'actionnaires, le 3 février aux termes duquel les partenaires se sont engagés à prendre une participation dans la nouvelle compagnie qui portera le projet, la Société de gestion de l'aéroport de Gbessia (Sogeac), précise le communiqué.

A l'issue de cette opération, le capital est réparti entre le gouvernement de Guinée (34%), Africa50 (33%) et le Groupe ADP (33%).

"Le projet comprend la construction et l'exploitation d'un nouveau terminal pour les passagers domestiques et internationaux et les infrastructures y afférentes: une nouvelle aérogare pour le fret, une aire de stationnement, la rénovation et l'extension de la piste et des voies de circulation principales", selon le texte.

Le nouveau terminal aura une capacité d'un million de passagers par an, soit plus du double de la capacité actuelle, et celle-ci devrait être atteinte d'ici 2031, affirment la Sogeac et Africa50, plateforme d'investissement créée par les chefs d'Etats africains et la Banque africaine de développement (BAD).

La première phase du projet, dont l'investissement s'élève à près de 120 millions d'euros, devrait démarrer cette année, selon la même source.

Le Groupe ADP, qui gère 24 aéroports dans le monde dont Paris-Charles de Gaulle et Orly, "apportera son savoir-faire en matière d'opérations aéroportuaires" et Africa50 "son expertise en termes de développement et de financement de projets et assurera la liaison entre les investisseurs privés et le gouvernement guinéen".

"Pour le Groupe ADP, cet aéroport est un investissement fondamental dans le cadre de son développement en Afrique, à un moment où le continent va connaître une forte croissance de son trafic passagers", a déclaré Xavier Hurstel, directeur général adjoint chargé de coordonner les opérations de développement du Groupe ADP, cité dans le communiqué.

"Pagaille" à Conakry, avec la reprise des manifestations

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Les manifestations ont repris à Conakry

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Alpha Condé laisse la porte ouverte à une candidature pour un 3e mandat en Guinée

Le président Alpha Condé à Conakry, 4 fébrier 2018. (CELLOU BINANI /AFP)

Le président guinéen Alpha Condé à laissé lundi la porte ouverte à une candidature pour un troisième mandat et défendu la tenue le 1er mars d'un référendum constitutionnel, dénoncé comme une manoeuvre, estimant qu'il n'y avait "rien de plus démocratique".

"Ca, c'est le parti qui décidera", a déclaré M. Condé, interrogé sur une nouvelle candidature lors d'une interview accordée à France 24 et Radio France Internationale (RFI). Son parti, le RPG, "peut me présenter comme il peut présenter quelqu'un d'autre. Pour le moment, ce n'est pas mon souci", a-t-il ajouté.

Ancien opposant historique, élu en 2010 et réélu en 2015, le chef de l'Etat a assuré que sa préoccupation actuelle était de "doter le pays d'une Constitution qui réponde aux besoins du monde d'aujourd'hui", citant "la parité entre hommes et femmes, la lutte contre les mutilations génitales, le mariage des filles avant 18 ans, et surtout le partage correct des ressources" de l'Etat, notamment pour "la jeunesse et les personnes vulnérables".

"Si nous voulons une Constitution moderne, qu'est-ce qui est plus démocratique qu'un référendum? Le Premier ministre anglais a fait un référendum, il a perdu. De Gaulle a fait un référendum, il a perdu. Il n'y a pas plus démocratique", a expliqué Alpha Condé, alors que l'Union européenne a estimé la semaine dernière que "l''unité et la paix en Guinée doivent prévaloir sur les intérêts partisans".

Les Etats-Unis ont aussi fait part de leur "préoccupation" à propos de la situation en Guinée, exhortant "toutes les parties à se lancer dans un dialogue civil non violent".

La Guinée est le théâtre depuis la mi-octobre de protestations, qui ont fait au moins 29 morts - 28 civils et un gendarme - contre le projet prêté de longue date au président de chercher à se succéder fin 2020. L'actuelle Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

L'avant-projet de nouvelle Constitution divulgué en décembre et qui sera soumis à référendum le 1er mars, en même temps que des élections législatives, maintient cette limite. Mais l'opposition soupçonne que l'adoption d'une nouvelle Constitution servira à M. Condé, 81 ans, de prétexte pour remettre son compteur présidentiel à zéro.

"Je ne vois vraiment pas où il y a le problème, où il y a stratagème, puisque je donne la possibilité de mener campagne", a affirmé Alpha Condé, avant d'ajouter: "Si le peuple de Guinée dit non au référendum, je m'incline. S'il dit oui, j'applique".

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