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Le Burundi débute la libération de 2.500 détenus pour désengorger ses prisons

Des dizaines de manifestants avaient été arrêtés le 15 octobre 2016, dans la capitale burundaise, Bujumbura.

Le Burundi a entamé la libération du quart de sa population carcérale dans le cadre d'une grâce présidentielle, mais la société civile en exil de ce pays en crise craint que le pouvoir ne cherche ainsi à faire de la place pour de nouveaux prisonniers politiques.

Un premier groupe de 300 prisonniers a été libéré de la prison centrale de Mpimba, à Bujumbura, par la ministre de la Justice Aimée Laurentine Kanyana.

A terme, 2.500 prisonniers doivent être libérés par les autorités, qui ont toujours nié détenir des prisonniers politiques.

Reportage de Christophe Nkurunziza, correspondant à Bujumbura pour VOA Afrique
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​Ce premier groupe libéré lundi inclut toutefois 58 militants arrêtés lors d'une manifestation interdite et violemment réprimée par la police burundaise le 9 avril 2014. Ils avaient été condamnés à des peines allant jusqu'à la perpétuité lors d'un procès qualifié d'"expéditif" par la communauté internationale.

"Désengorger les prisons"

Ces libérations visent à "désengorger les prisons pour permettre à ceux qui y restent de vivre dans des conditions acceptables", et à la "consolidation de la réconciliation nationale", a déclaré la ministre Kanyana, au cours d'une cérémonie officielle en présence du corps diplomatique accrédité au Burundi.

"Exceptionnellement, son excellence le président Pierre Nkurunziza a également bien voulu toucher même ceux qui ont été condamnés pour des actes criminels commis lors des mouvements insurrectionnels qui ont été organisés depuis 2014", a-t-elle ajouté, restant toutefois vague sur l'éventuelle libération de prisonniers arrêtés depuis le début de la crise actuelle, en avril 2015.

"Nous étions innocents"

La joie se lit sur le visages des femmes et des hommes qui venaient de passer presque deux ans dans la principale prison de Bujumbura à Mpimba dans le quartier de Musaga au sud de la capitale.

Certains avaient été arrêtés le 8 mars 2014 alors qu’ils étaient en réunion dans leur permanence nationale. Ce jeune, surnommé Moto, est parmi les 300 personnes libérées. Il ne cache pas sa joie, mais demande que la grâce présidentielle s’étende à d’autres prisonniers qui sont plus de 10 000 dans les différentes geôles du Burundi.

"Je suis très content de la grâce présidentielle qui vient de nous libérer et de nous pardonner. Nous étions innocents. Nous sommes très contents. Mais nous avons des frères qui ont été incarcérés pendant les manifestations d’avril 2015. On les a traité de rebelles qui ont attaque des camps alors que ce n’est pas vrai".

Il poursuit : "On demande au président de la République de les libérer. Il y a beaucoup de prisonniers politiques dans cette prison de Mpimba. On ne peut pas les laisser dans cette prison. On demande leur libération. Et construire ainsi notre pays avec ceux qui sont en exil une fois de retour dans leur patrie."

Sur VOA Afrique, M. Mbonimpa a dit que le "droit à la vie n'est pas respecté", précisant qu'"il ne peut pas parlé de progrès" dans le pays.

Pierre Claver Mbonimpa joint par Eric Manirakiza
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Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis l'annonce en avril 2015 de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et son élection en juillet de la même année. Les violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 300.000 personnes à quitter le pays.

Selon des sources pénitentiaires, les prisons burundaises abritaient 10.051 prisonniers fin décembre 2016, contre environ 6.000 détenus avant avril 2015.

De son côté, la principale ligue burundaise des droits de l'Homme, Iteka, désormais interdite au Burundi, estime qu'au moins une centaine de personnes accusées de crimes en lien avec la crise politique actuelle sont arrêtées chaque semaine au Burundi, alors que d'autres sont assassinées ou portées disparues.

Christophe Nkurunziza, correspondant à Bujumbura

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Le bois précieux à l'origine d'un scandale va être vendu aux enchères

Les gens visitent la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à Owendo, port de Libreville le 11 octobre 2012.

Cent-vingt-cinq conteneurs de kevazingo, un bois précieux très prisé en Asie, dont la saisie fin février au Gabon avait créé un scandale politique, vont être vendus aux enchères, a annoncé le ministre de l'Environnement.

Les autorités gabonaises ont transféré dimanche vers un parc à bois 125 des 353 conteneurs de kevazingo qui avait été saisis au port d'Owendo à Libreville, selon un communiqué du gouvernement publié dimanche soir.

Sous l'autorité du ministre de la forêt et de l'environnement, Lee White, ces 1.500 m3 de bois vont être "revalorisé puis vendus au bénéfice de l'Etat", ce qui pourrait rapporter 45 milliards de francs CFA (environ 40,6 millions d'euros) à l'Etat gabonais, selon le ministère.

En transférant le kevazingo du port au parc à bois, les autorités ont "pour objectif de convertir ce bois illégal en bois légal autorisé à la vente", a expliqué le ministre dans un communiqué.

La coupe de kevazingo est en effet interdite. La découverte de ces conteneurs de bois illégaux fin février, puis leur disparition quelques semaines plus tard, avaient mis à jour la complicité de plusieurs hauts responsables politiques et mené aux limogeages du vice-président du pays et du ministre des Eaux et forêts.

Après ce scandale, le président Ali Bongo Ondimba avait procédé à un remaniement ministériel, nommant notamment M. White, un Britannique naturalisé gabonais réputé pour être un écologiste intransigeant, à la tête du ministère des Forêts.

Le kévazingo est un bois rare d'Afrique centrale, considéré comme sacré par certaines communautés locales et très apprécié en Asie, notamment pour la réalisation de parquets, escaliers, meubles de luxe.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie du Gabon, un pays recouvert à près de 80% par la forêt.

L'OMS appelle à la solidarité régionale dans la lutte contre Ebola

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, lors de la 72ème Assemblée mondiale de la santé à Genève, en Suisse, le 20 mai 2019.

L'appel concerne les neuf pays voisins de la République démocratique du Congo et a été lancé lundi à Brazzaville par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyessus, directeur général de l'OMS, lors de la 69e Session du comité régional de l'organisation onusienne pour l'Afrique.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé lundi à Brazzaville les partenaires des Nations unies, principalement les neuf pays frontaliers de la République démocratique du Congo (RDC) à faire "preuve de solidarité" dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola qui a déjà tué plus de 1.930 personnes dans ce pays.

"Le moment est venu pour que tous les partenaires, notamment les neuf pays voisins de la RDC, fassent preuve de solidarité pour barrer la route à la propagation d'Ebola", a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyessus, directeur général de l'OMS.

"La stratégie régionale de surveillance et de riposte de la maladie est si importante. Elle (...) peut combler toutes les lacunes constatées", a-t-il estimé.

"Ebola est une urgence de santé qui est complexe", en RDC où les agents de santé font parfois face à l'insécurité dans les zones touchées puis au manque de confiance de certaines communautés, a-t-il souligné.

Le Dr Ghebreyessus prenait part lundi à Brazzaville à la 69e Session du comité régional de l'OMS pour l'Afrique, qui sera marquée par l'élection du nouveau directeur de l'OMS/Afrique, qui a son siège dans la capitale congolaise.

Au moins 400 participants, dont 47 ministres de la Santé du continent, prennent part à cette session, dont les assises ont été inaugurées par le président congolais Denis Sassou Nguesso.

"Ebola est une maladie évitable et traitable. Nous avons un vaccin qui est à plus de 97% efficace et des médicaments qui le sont à plus de 90%", a affirmé le directeur général de l'OMS.

Par ailleurs, une équipe japonaise spécialisée dans la réponse aux urgences concernant les maladies infectieuses sera déployée à partir de vendredi.

Elle doit permettre le renforcement de la quarantaine et la participations à d'autres activités pertinentes en vue de prévenir la propagation de l'épidémie, a annoncé l'ambassade du Japon en RDC.

En juillet, le comité d'urgence de l'OMS avait élevé la dixième épidémie d'Ebola en RDC au rang d'une urgence de santé publique de portée internationale.

Cette épidémie a déjà tué plus de 1.934 personnes en RDC où elle sévit dans la partie orientale, frontalière de l'Ouganda, du Rwanda ou encore du Burundi.

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