Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Mali

Le bilan de l'attaque à la frontière nigérienne monte à 30 soldats tués

Des soldats du régiment blindé lors 35ème Régiment blindé à Kati, Mali, 4 mai 2018, (Facebook/FaMa).

Trente soldats maliens ont été tués lundi dans une attaque attribuée aux djihadistes dans l'est du Mali, à proximité de la frontière nigérienne, a-t-on appris mardi de source sécuritaire malienne, alors que l'armée avait jusqu'ici fait état d'un bilan de 24 militaires tués.

"Trente corps de soldats tombés au cours d'une mission dans le secteur de Tabankort (région de Ménaka) sont arrivés à Gao (nord) en provenance de Niamey (Niger)" mardi à la mi-journée, a précisé cette source.

Les victimes devaient être enterrées mardi dans un camp militaire de Gao, grande ville du nord du Mali, en présence du ministre de la Défense, Ibrahima Dahirou Dembélé, selon la source sécuritaire malienne.

Les recherches de soldats "dispersés" lors de l'attaque se poursuivent, a-t-elle ajouté.

Les forces maliennes et nigériennes menaient une opération conjointe lundi contre les djihadistes quand une patrouille a été attaquée dans cette zone frontalière, selon l'armée malienne.

Les "terroristes" (les djihadistes dans le vocabulaire de l'armée malienne) ont eux-mêmes perdu 17 hommes, tués dans les combats, et une centaine de "suspects" ont été capturés et étaient aux mains des forces nigériennes, avait dit lundi l'armée malienne sur les réseaux sociaux.

Cette nouvelle attaque meurtrière est intervenue alors que l'armée française annonçait la mort ou la capture d'une trentaine de djihadistes en novembre, lors d'une vaste opération conjointe avec les forces burkinabè, maliennes et nigériennes aux confins du Burkina Faso et du Mali et lors d'une autre opération des seuls commandos français dans l'est du Mali samedi.

Un soldat français a été gravement blessé en opération samedi, a-t-elle dit.

L'attaque de lundi constitue un coup dur de plus pour l'armée malienne après la mort d'une centaine de soldats dans deux attaques djihadistes en un mois cet automne dans les mêmes confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

C'est aussi une illustration supplémentaire de la dégradation continue de la sécurité qui alarme la communauté internationale dans cette région et plus largement au Sahel.

Depuis leur apparition dans le nord du Mali en 2012, les violences djihadistes se sont propagées vers le centre du pays et au Burkina et au Niger voisins, malgré la présence des forces françaises (Barkhane), régionales (force conjointe du G5 Sahel comprenant le Mali, le Burkina, le Niger, la Mauritanie et le Tchad) ou de l'ONU (Minusma).

Toutes les actualités

Le Niger suspend le transit des produits pétroliers vers le Mali

Le président nigérian Mohamed Bazoum rencontre les ministres français des Affaires étrangères et des Armées lors de sa visite officielle à Niamey, le 15 juillet 2022.

Le Niger a décidé la semaine dernière de "suspendre" le transit des produits pétroliers destinés au Mali voisin "pour des raisons sécuritaires", face à la menace de groupes jihadistes, a appris mardi l'AFP de sources douanières.

Dans une note de service datée du 21 septembre, la direction générale des Douanes du Niger annonce "la suspension de la délivrance des autorisations de transit de produits pétroliers accordées aux usagers sur le Mali".

Les produits destinés à la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma) sont toutefois exemptés de cette suspension, ajoute cette note.

En outre, le texte annonce la "suspension" des autorisations "déjà délivrées" pour la fourniture des produits pétroliers au Mali et qui ne sont pas destinées à la mission onusienne.

Cette décision a été prise trois jours avant les attaques du Premier ministre malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, à l'encontre du président nigérien Mohamed Bazoum.

A la tribune de l'ONU, il avait notamment accusé M. Bazoum "de ne pas être nigérien".

"Cette mesure est motivée vraiment par des raisons sécuritaires, pas autre chose", a assuré une source douanière sous couvert d'anonymat.

Les livraisons d'hydrocarbures destinées à la Minusma seront "escortées jusqu'à la frontière du Mali", a-t-elle assuré. Selon une autre source douanière, il s'agit des hydrocarbures produits par le Niger et par son voisin le Nigeria, l'un des plus gros producteurs africains.

Au Niger et au Burkina Faso voisin, plusieurs sources font souvent état de détournements de camions transportant des hydrocarbures par des groupes jihadistes.

Le Niger et le Mali sont confrontés depuis des années aux attaques de groupes jihadistes affilés à l'Etat islamique (EI) et Al-Qaida.

Des groupes armés imposent un couvre-feu dans ville malienne de Kidal

Des groupes armés imposent un couvre-feu dans ville malienne de Kidal
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:02 0:00

Mali: Kidal, ville stratégique du nord, sous couvre-feu nocturne

Rentrée dans une école à Kidal, au Mali, le 17 octobre 2016. (VOA/Kassim Traore)

La ville de Kidal, noeud stratégique du nord du Mali, est désormais soumise à un couvre-feu imposé, non par l'Etat, mais par la coalition de groupes armés à dominante touarègue qui la contrôle.

Le couvre-feu est entré en vigueur pour la première fois dans la nuit de lundi à mardi, a indiqué un habitant à l'AFP sous couvert d'anonymat. Deux responsables locaux joints à distance ont confirmé l'instauration de la mesure.

Le couvre-feu de 21H00 à 05H00 (locales et GMT) fait partie d'un dispositif visant à répondre aux "besoins sécuritaires du moment" et détaillé dans un document officiel de cette coalition, la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA).

Le document publié cette semaine est vague sur les raisons de la mise en place de ce dispositif, se contentant d'évoquer l'arrivée de personnes déplacées et la menace de la circulation d'armes.

L'opération prévoit des missions de sécurisation des routes, des fouilles systématiques et des perquisitions, souligne le document de la CMA.

Kidal occupe une place spéciale dans la géographie, la politique et les consciences sahéliennes. Elle est une étape cruciale entre le Mali et l'Algérie, à plus de 1.500 km et de 24 heures de route de la capitale Bamako, à des centaines de km des autres grandes villes du nord, Gao et Tombouctou.

Ce n'est pas l'Etat central qui la gouverne et y fait régner l'ordre, mais la CMA, qui a combattu l'Etat après le déclenchement d'insurrections indépendantiste et salafiste en 2012 avant de signer un accord de paix en 2015. Les jihadistes continuent, eux, de combattre l'armée malienne et se sont propagés au centre du Mali et aux Burkina Faso et au Niger voisins.

L'insoumission de Kidal, enjeu majeur de souveraineté, reste un motif d'irritation à Bamako, y compris pour la junte désormais au pouvoir.

La région de Kidal est relativement préservée des violences. Mais plus au sud, les secteurs de Gao et Ménaka sont en proie depuis des mois aux combats entre armée, groupes armés, jihadistes, avec les civils au milieu.

Les résidents de Kidal avaient dit à un correspondant de l'AFP récemment leur préoccupation que les violences ne gagnent la région, où des populations déplacées commencent à affluer.

"Nous voulons éviter toute surprise", a expliqué un responsable local sous couvert d'anonymat à un correspondant de l'AFP.

Entretien exclusif avec Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères du Mali

 Entretien exclusif avec Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères du Mali
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:16:58 0:00

Dans un entretien exclusif avec la VOA, le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, fait un tour d'horizon des sujets chauds du moment. Des relations avec la France et la Russie aux tensions avec la Côte d'Ivoire, en passant par Wagner et la CEDEAO.

Indignation après les propos du Premier ministre malien sur le président nigérien

Le Premier ministre par intérim du Mali Abdoulaye Maïga, à l'Assemblée générale de l'ONU.

Des responsables nigériens ont condamné les attaques proférées samedi contre le président du Niger Mohamed Bazoum par le Premier ministre par intérim du Mali Abdoulaye Maïga, à l'Assemblée générale de l'ONU.

Lors ce discours, le colonel Maïga a critiqué plusieurs responsables africains et notamment Mohamed Bazoum qu'il a accusé de ne "pas être nigérien".

Né en 1960 à Bilabrine dans la région de Diffa (sud-est), Mohamed Bazoum est de l'ethnie arabe Ouled Slimane, présente en Libye, mais très minoritaire au Niger.

Ses détracteurs, notamment pendant la campagne pour la présidentielle de 2021 qu'il a remporté, avaient mis en doute ses "origines nigériennes". Mais la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du Niger avait rejeté une requête visant à disqualifier sa candidature pour cette raison.

Dans une interview au quotidien burkinabè Wakat Sera, en 2019, M. Bazoum avait rappelé que son arrière grand-père était arrivé au Niger "dans les années 1840".

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministre délégué aux Affaires étrangères Youssouf Mohamed Elmouctar a "condamné fermement le contenu des propos (du colonel Maïga). L'ivresse de la junte malienne lui a fait oublier le sens du protocole et de la diplomatie".

"Il a fait honte à l'Afrique et au monde civilisé", a poursuivi le ministre, dénonçant "la bassesse" des propos du chef du gouvernement malien.

Le député de la majorité Mohamed Saghdoun a de son côté qualifié M. Maïga de "soldat en rupture de banc avec la réalité" de son pays.

Dans un communiqué l'élu a critiqué "l'incapacité de l'armée malienne à protéger" les civils contre "les exactions jihadistes", poussant "des milliers de maliens à se réfugier depuis 2012 au Niger voisin.

Il a également demandé le rappel de l'ambassadeur nigérien du Mali et la rupture des relations diplomatiques avec "une junte au service de Moscou".

Les autorités nigériennes n'avaient pas officiellement réagi lundi.

A l'ONU, Mohamed Bazoum a mis l'accent sur l'insécurité au Sahel
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:09:22 0:00

"Jamais au grand jamais, le président Bazoum n'a proféré d’injures à l’égard de la junte à fortiori vis-à-vis d’un pays voisin", a commenté lundi le quotidien privé La Nation qui estime que "cette posture maladroite discrédite un peu plus la junte" malienne.

Le Mali, où des colonels ont pris le pouvoir par la force en août 2020, partage une vaste frontière avec le Niger, où les violences jihadistes meurtrières sont régulières de part et d'autre de celle-ci.

Les autorités de Bamako se sont récemment détournées de la France avec acrimonie et ont réactivé leurs liens historiques avec Moscou pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste qui ravage le pays.

Elles sont également engagées dans un bras de fer diplomatique avec un autre voisin, la Côte d'Ivoire, dont 46 soldats sont emprisonnés à Bamako depuis début juillet.

Voir plus

XS
SM
MD
LG