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Des milliers de personnes soutiennent l'armée, 20 corps découverts dans le centre

Général Keba Sangaré lors de la revue des troupes, au Mali, le 8 septembre 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi à Bamako à l'appel de l'opposition pour soutenir l'armée malienne et réclamé un meilleur équipement militaire au gouvernement, qui a le même jour annoncé la découverte de vingt corps dans le centre du pays.

"Vingt corps, dont certains abandonnés dans des puits, ont été retrouvés" mercredi à la suite d'une fouille de l'armée dans des "campements voisins" du village de Peh, dans le cercle de Bankas (région de Mopti, centre), a indiqué vendredi le gouvernement malien dans un communiqué.

Cette découverte fait suite à une intervention de soldats mercredi dans cette zone à la suite "d'informations faisant état d'attaque" du village de Peh "par des individus non identifiés, habillés en tenue de chasseurs". Ils "ont abandonné les troupeaux volés et se sont repliés" au moment de l'arrivée des soldats, selon le gouvernement qui ne précise pas les circonstances de la mort de ces vingt personnes.

A Bamako, environ 15.000 manifestants selon les organisateurs, "plusieurs milliers" selon la police, ont participé vendredi au rassemblement de soutien de l'armée, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

"Non au détournement de nos fonds!", "Vive les FAMA" (forces armées maliennes)", pouvait-on lire sur les banderoles et calicots des manifestants.

"L'armée malienne a été trahie. Nos militaires sont mal équipés. Nous devrions nous battre pour que nos militaires soient à la hauteur. La corruption a empêché d'équiper aussi nos militaires", a déclaré le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé.

"On doit combattre la corruption au sein de l'armée. Les militaires et les ministres qui sont à la base de cette corruption doivent être jugés", a dit l'ancien Premier ministre et opposant, Mohamed Aly Bathily.

MM. Cissé et Bathily faisaient allusion notamment à un achat controversé de matériel militaire, dont deux hélicoptères livrés en 2018 à l'armée malienne puis tombés en panne peu après. Une information judiciaire a été ouverte à ce sujet en octobre à Bamako.

Un rassemblement similaire, le 8 novembre dans la capitale, avait réuni des milliers de personnes.

Ces manifestations sont organisées après la perte ces dernières semaines par l'armée malienne d'une centaine de soldats dans les deux attaques djihadistes les plus meurtrières depuis des années.

Ces revers et la dégradation de la situation sécuritaire ont renforcé les interrogations sur la capacité de l'armée à faire pièce aux agissements djihadistes et aux autres violences auxquelles ce vaste pays est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants.

Des manifestants ont scandé des slogans antifrançais pour dénoncer, selon eux, "le jeu ambigu" de Paris au Mali où est présente la force française Barkhane, qui mobilise 4.500 militaires français au Sahel.

"Si Paris ne fait rien pour que la crise prenne fin, c'est parce que Paris soutient les rebelles. Si les rebelles sont toujours à Kidal, c'est la faute de Paris", a déclaré à la presse Ouleymatou Diarra, 34 ans, enseignante dans un lycée privé de Bamako.

Kidal, ville du nord-est du Mali sous le contrôle d'ex-rebelles séparatistes touareg, échappe de facto à l'autorité de l'Etat malien.

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L'ONU démet un représentant après des propos qui ont offusqué au Mali

Véhicule blindé de la Minusma à Kidal, au Mali, le 23 juillet 2015.

Un représentant de la Mission de l'ONU au Mali a été démis par la Minusma et déclaré persona non grata par Bamako après des propos qui ont été interprétés comme une façon d'avaliser l'indépendance d'une ville stratégique du nord.

"Le Premier ministre et le gouvernement ont décidé de déclarer persona non grata le chef du bureau régional de la Minusma à Kidal pour les propos qu'il a tenus la semaine dernière", a annoncé devant la presse le ministre des Affaires étrangères Tiébilé Dramé. Il a précisé que Christophe Sivillon avait 24 heures pour quitter le pays.

Le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, a quant à lui indiqué à l'AFP que M. Sivillon avait été relevé de ses fonctions avant l'annonce faite par le ministre malien.

"Dès les premiers instants, nous avions compris les préoccupations du gouvernement (malien) et avions pris les dispositions nécessaires", a-t-il dit.

M. Sivillon s'est retrouvé au coeur d'une vive controverse, après de récents propos laissant penser, selon ses détracteurs, que la ville de Kidal ne relevait plus de la souveraineté malienne.

Lors d'un congrès du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, ex-rébellion touareg) début décembre, M. Sivillon, de nationalité française, avait introduit son intervention en saluant les responsables présents et les "délégations venues du Mali et de l'étranger".

Les autorités et la classe politique maliennes avaient condamné les propos avec d'autant plus de vigueur qu'ils émanaient d'un responsable de l'ONU et que Kidal, à quelques centaines de kilomètres de l'Algérie, du Burkina Faso et du Niger, est un sujet éminemment épineux du conflit malien.

Kidal fait partie de ces vastes zones du Mali qui échappent de facto à l'autorité de l'Etat malien et est aujourd'hui, malgré la présence de bases françaises et des forces onusiennes, sous le contrôle d'ex-rebelles séparatistes touareg qui se sont soulevés contre le pouvoir central en 2012 avant de signer un accord de paix à Alger trois ans plus tard.

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