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Mali

Lutte contre les groupes terroristes : les FAMa réajustent leur dispositif

IBK à Gao, le 9 novembre 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Les Maliens sont en colère depuis l'attaque terroriste contre le camp des forces armées maliennes FAMa à indelimane. Une attaque qui a 54 morts côté malien.

Des marches ont été organisées à Bamako et Kati. Sur le théâtre des opérations, les FAMa sont en train de réajuster leurs positions en réunissant les unités isolées.

Situé dans la région de Gao, Indelimane se trouve à 200 km au nord d'Ansongo, sur la route de Ménaka.

Les populations en colère depuis l'attaque d’Indelimane
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Basé là-bas depuis 2018, le poste mixte des forces armées maliennes (Fama) a été attaqué le vendredi, 1er novembre 2019. " Face à une attaque, on avait besoin d'une réponse urgente et forte. Sur la sécurisation des camps, sur l'équipement des camps, il n'est pas normal que des soldats soient cantonnés sans eau et sans électricité", souligne Maître Mountaga Tall, membre de l'opposition.

"Nous sommes en guerre. Les comportements doivent changer, les postures doivent changer. Ils guettent et la moindre erreur est exploitée contre nous", a déclaré le président malien IBK, qui s'est rendu à Gao le 7 novembre dernier. Il étyait dans le camp Firhoun des FAMa.

La colère des Maliens

Pour le chef de file d'opposition Souamaïla Cissé, "la responsabilité du président de la République est engagée dans les différentes attaques contre l'armée malienne". Selon lui, IBK "a banalisé la mort des civils et militaires, en caché le nombre réel, est incapable d'avoir une couverture aérienne et le minimum d'équipement pour nos troupes, cela engage la responsabilité du chef suprême des armées".

Certains parents des soldats victimes ont protesté dans la ville garnison de Kati. Comme Traoré Lalya Bah, qui explique : ''Nous savons qu'il y a une trahison, il y a comme une force obscure, mais la vérité va se savoir. Nous sommes révoltés contre Barkhane et la Minusma. Nos enfants, Papas, et frères meurent sans raison".

À Bamako, le boulevard de l'Indépendance a été investit par des jeunes et femmes en soutien aux FAMa, selon Amadou Cissé, un manifestant. Ils sont sortis pour soutenir les FAMa "et dire que trop, c'est trop, nous soutenons nos soldats, parce que nous ne pouvons que compter sur nos forces d'abord".

Changement de stratégie des FAMa

Sur le théâtre des opérations, les FAMa réajustent leur dispositif. C'est ce qui ressort d'un communiqué du chef d'Etat-major général des armées, le général de division Abdoulaye Coulibaly.

"C'est ainsi que les postes d'Anderaboukane et d'Indelimane ont replié sur Ménaka, ce 9 novembre 2019. Le poste de Labbezanga a replié sur Ansongo", explique Abdoulaye Coulibaly.

"Dans ce choix opérationnel, d'autres unités seront également concernées. Cette décision s'inscrit dans l'exécution d'un nouveau concept d'opération qui vise à mieux adapter la stratégie à la menace des terroristes et autres narcotrafiquants. Il n'est nullement question d'abandonner les populations".

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Six athlètes maliens à Tokyo

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VOA60 du 20 juillet 2021

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Attaque au couteau contre le colonel Assimi Goïta, président de la transition au Mali

Le colonel Assimi Goïta, le 22 septembre 2020.

Deux personnes ont tenté mardi matin de poignarder le président de la transition au Mali, le colonel Assimi Goïta, durant le rite musulman de l'Aïd al-Adha, la fête du Sacrifice, à la Grande mosquée de Bamako.

Le président Goïta a ensuite été emmené et ne semblait pas avoir été touché, selon le constat de l'AFP.

"C'est après la prière et le sermon de l’imam, ou au moment où l’imam devrait aller immoler son mouton que le jeune a tenté de poignarder Assimi (Goïta) de dos, mais (c'est) une autre personne qui a été blessée", a confirmé à l'AFP Latus Tourè, régisseur de la grande mosquée.

Tabaski: au Sahel, le commerce de moutons mis en péril par la "maudite" guerre

Bata Doucoure, un vendeur de moutons basé à Bamako, se tient avec ses moutons au marché aux moutons de Lafiabougou à Bamako le 13 juillet 2021.

"Il y a une pénurie comme on n'en a jamais connu à cause de cette maudite crise sécuritaire!". Les traits tirés, la tête enveloppée dans un turban bleu, le vendeur de moutons nigérien Ali Zada ne décolère pas.

Son travail: acheter des moutons dans sa région, Tillabéri (dans la région en conflit dite des "trois frontières" entre Mali, Burkina Faso et Niger), puis les revendre dans la capitale du Niger.

Mais cette année, rien ne va: "Avant, je pouvais amener à Niamey jusqu'à 500 têtes de moutons, mais regardez...", dit-il en se tournant.

Rencontré jeudi, à peine trente animaux squelettiques le suivaient alors timidement. Il espérait les avoir revendus d'ici mardi, jour de la fête musulmane du Sacrifice, l'Aïd al-Adha, qu'on appelle Tabaski en Afrique de l'Ouest, où les fidèles partagent en famille et avec leurs voisins un mouton sacrifié le jour même.

Comme lui, ils sont des millions d'éleveurs, revendeurs, et en fin de course acheteurs, à se lamenter de l'impact de la guerre sur "la grande fête" : des moutons moins nombreux, et des prix qui s'envolent.

Depuis 2012 et l'émergence d'un conflit indépendantiste dans le nord du Mali, celui-ci s'est métastasé et étendu dans les trois pays du Sahel central (Mali, Burkina Faso et Niger). Des violences communautaires et jihadistes - de groupes affiliés à l'Etat islamique ou à Al-Qaïda - endeuillent désormais quotidiennement ces pays.

En plus d'avoir largement recruté parmi ces populations pastorales marginalisées par les Etats centraux, les jihadistes prélèvent dans les zones où ils sont puissants l'impôt islamique (zakat), souvent sous forme de bétail. Et les pasteurs sont aussi victimes des sécheresses répétitives du Sahel qui ont décimé les cheptels.

Troupeau volé, cousin abattu

A ces pressions jihadiste et climatique s'ajoutent enfin l'essor du banditisme et de groupes armés locaux autoproclamés d'autodéfense. Au fil des ans, le vol de bétail est ipso facto devenu un élément central de l'économie de la guerre.

"Les éleveurs n'ont plus la liberté de leur pleine mobilité", résume Abdoul Aziz Ag Alwaly, cadre du Réseau Billital Maroobé, association ouest-africaine de défense des intérêts des pasteurs.

"Sur le parcours entre le lieu d'élevage et le point de vente, il y a de plus en plus de risques et de 'frais'", explique-t-il, en référence aux attaques de groupes armés ou au racket de bandits.

"Tu élèves tes animaux pendant des mois et un bandit vient les arracher en quelques minutes", dit Mamane Sani, membre d'une association locale de consommateurs nigérienne.

Alors beaucoup d'éleveurs n'ont pas fait le trajet pour la fête, et les marchés des centres urbains ne sont pas bondés comme à l'ordinaire.

Au Sahel, chacun connaît quelqu'un à qui il est arrivé malheur. Pour Issa Ouédraogo, vendeur de 33 ans rencontré sur le marché de Tanghin à Ouagadougou au Burkina Faso, c'était un de ses fournisseurs. "Il s'est vu arracher plus de deux cent têtes de bovins, et son cousin qui gardait les bêtes a été abattu", raconte-il.

La mort et l'insécurité "sont devenue la norme pour des millions de Sahéliens, et particulièrement nous autres éleveurs, il faut que les gens s'en rendent compte", souligne un membre d'une association pastorale à Bamako, anonymement.

"C'est plus du double!"

A Toukarou, principal marché à bétail de Niamey, le percepteur de la taxe d'entrée des bêtes en ville Moussa Abdou regrette le passé et ses "incessantes navettes de camions chargés de moutons".

En ce moment, dit-il, il y a "un ou deux camions avec quelques dizaines de bêtes par jour, c'est tout!".

Plus loin dans les rues de la capitale nigérienne, sous les 45 degrés du milieu de journée, Maazou Zakou traine les pieds entre ses quinze béliers. "Je suis bien éreinté et les bêtes ne veulent plus avancer", explique l'éleveur, transpirant à grosses gouttes.

Il essaie sans succès de les écouler depuis le matin mais ne veut pas se résoudre à baisser le prix de vente.

Partout, on entend le même discours pour expliquer la flambée des prix: du côté des vendeurs, on plaide l'insécurité et les soucis rencontrés sur la route vers le lieu de vente pour augmenter le prix. Les acheteurs, eux, ne peuvent débourser plus que de raison dans un contexte économique délétère.

"Les moutons que l'on payait à 35.000 (53 euros) sont passés à 80.000 (121 euros), c'est plus du double!", explique Ahmed Cissé à Ouagadougou, venu acheter le sien pour la fête. "Les prix sont trop élevés pour la bourse d'un fonctionnaire".

Au Mali, le gouvernement a lancé une "vente promotionnelle" à quelques jours de la Tabaski pour "permettre aux populations les plus défavorisés d'acheter un mouton", selon le ministre de l'Elevage, Youba Ba.

L'insécurité a fait monter les prix, reconnait-il, mais il affirme que l'armée a "sécurisé" des corridors pastoraux pour permettre l'acheminement des bêtes. Il se veut rassurant: tout a été fait pour que "chaque Malien ait un mouton à égorger mardi".

Libération de l'abbé Léon Douyon, pris en otage depuis le 21 juin

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