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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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Nucléaire : l'Iran et les Européens tentent de maintenir le dialogue

Le président iranien, Hassan Rohani, visitant une installation nucléaire en 2011. (Archives)

Le ton monte entre l'Iran et les Européens qui se rencontrent vendredi à Vienne pour faire le point sur l'intensification des activités nucléaires de la République islamique de moins en moins encline à respecter ses engagements internationaux depuis que Washington a replacé le pays sous sanctions.

Les diplomaties allemande, britannique, française, chinoise, russe et iranienne se retrouvent dans la capitale autrichienne où ces pays ont signé en 2015 l'accord historique plaçant sous contrôle le programme nucléaire de Téhéran.

Le retrait unilatéral des Etats-Unis de cet accord jugé trop souple par Donald Trump a ouvert en 2018 une nouvelle période de tensions avec l'Iran, que Washington veut placer sous "pression maximale".

En représailles aux sanctions économiques rétablies par Donald Trump qui asphyxient son économie, Téhéran a multiplié depuis le mois de mai les entorses aux règles encadrant ses activités nucléaires. Dans ce contexte, les échanges entre les Européens et l'Iran se durcissent et la réunion de Vienne, entre hauts fonctionnaires des différents pays, s'annonce crispée.

A la veille de la rencontre, sous égide de l'UE, la République islamique a reçu un nouvel avertissement: l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France lui ont reproché de développer des "missiles balistiques à capacité nucléaire", en violation d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

Ce message des trois pays est "un mensonge désespéré pour dissimuler leur misérable incompétence dans l'accomplissement du strict minimum de leurs propres obligations", a réagi sur Twitter Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères.

- Escalade -

Pour la première fois le mois dernier, la diplomatie européenne a mis sur la table la possibilité de déclencher un mécanisme inclus dans l'accord de 2015, pouvant mener à terme au rétablissement de sanctions de l'ONU, qui, selon de nombreux analystes, sonneraient le glas définitif de l'accord de 2015.

Engagé depuis plus de six mois dans un plan de désengagement de l'accord, l'Iran dépasse notamment le stock d'uranium enrichi prévu par le texte, le taux d'enrichissement et la quantité d'eau lourde autorisés et modernise ses centrifugeuses.

Plus les annonces s'accumulent, plus Téhéran "va épuiser les mesures les moins controversées et les plus faciles à révoquer", explique à l'AFP l'analyste Ali Vaez, de l'institut International Crisis Group. Et plus le pays pourrait se retrouver en capacité technique de fabriquer des armes nucléaires, une intention que Téhéran a toujours vigoureusement démentie.

L'Iran a annoncé pour début janvier une étape supplémentaire d'intensification de son programme nucléaire, renforçant la pression sur les pays restant parties à l'accord.

"Les deux parties sont prises dans un cycle d'escalade, il très difficile d'imaginer comment elles vont y mettre fin", estime Ali Vaez.

"L'accumulation des infractions risque de provoquer une rupture, abonde François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran. Ce ne sera peut-être pas cette fois-ci, mais ce sera certainement en arrière-plan des discussions."

La décision de déclencher le mécanisme de règlement des conflits prévu dans l'accord est cependant délicate car c'est "risquer à terme de perdre tout contrôle" sur la situation, reconnaît un diplomate européen.

- Frictions multiples -

L'Iran a menacé de "sérieusement reconsidérer" ses engagements envers l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) si ce mécanisme est enclenché. La présence en Iran des inspecteurs de l'AIEA chargés du contrôle des activités nucléaires menées dans le pays est l'un des principaux acquis de l'accord de 2015.

Le dialogue avec les responsables iraniens est également brouillé par la multiplication des points de discorde: chercheurs français emprisonnés en Iran, saisies de pétroliers par Téhéran et forces du régime accusées de répression meurtrière envers la contestation sociale qui a éclaté dans les villes iraniennes mi-novembre.

Le président iranien Hassan Rohani a réaffirmé mercredi que son pays n'envisageait pas de discuter avec Washington si les Etats-Unis ne lèvent pas leurs sanctions contre la République islamique.

Avec AFP

A Madrid, une marche pour le climat pour mettre la pression sur la COP25

Un activiste à la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25) à Madrid, en Espagne, le 4 décembre 2019. REUTERS / Susana Vera

"Les discours ne suffisent plus". Avec la jeune Suédoise Greta Thunberg en tête, des milliers de personnes vont manifester vendredi à Madrid pour pousser les pays signataires de l'Accord de Paris à agir contre le réchauffement climatique.

Une autre marche est prévue simultanément à Santiago du Chili où devait se tenir la réunion annuelle sur le climat de l'ONU (COP25) avant que le pays ne renonce à l'accueillir en raison d'un mouvement social sans précédent et ne soit remplacé au pied levé par l'Espagne.

Sous le mot d'ordre "le monde s'est réveillé face à l'urgence climatique", la marche madrilène pour le climat partira à 18H00 (17H00 GMT) devant la gare d'Atocha.

Devenue l'égérie de la défense de la planète depuis qu'elle a lancé en août 2018 des "grèves de l'école pour le climat", Greta Thunberg y participera.

Partie en voilier vers le continent américain pour assister au sommet de l'Onu sur le climat à New York en septembre et à la COP prévue au Chili, la jeune activiste de 16 ans, qui ne prend pas l'avion, a dû faire le chemin inverse en catamaran pour revenir en Europe.

A Lisbonne depuis mardi après trois semaines en mer, elle doit arriver à Madrid vendredi vers 08H40 (07H40 GMT) en train de nuit. Elle donnera une conférence de presse à 16H30 (15h30 GMT) avant le départ de la manifestation.

L'acteur espagnol Javier Bardem est aussi attendu dans la manifestation.

- "2019, l'année du réveil climatique" -

"Nous savons qu'elle sera massive, nous espérons des centaines de milliers de gens dans la rue réclamant des actions urgentes", a assuré Pablo Chamorro, porte-parole de la manifestation, devant la presse.

"2019 a été sans aucun doute l'année du réveil climatique", a-t-il ajouté en référence aux manifestations monstres des jeunes pour le climat ou à l'émergence du mouvement de désobéissance civile non-violente Extinction Rebellion.

"Les discours ne suffisent plus, il faut des actions concrètes", a martelé pour sa part Estefania Gonzalez, activiste chilienne et porte-parole de Société Civile pour l'Action Climatique (SCAC), plateforme regroupant plus de 150 associations chiliennes et internationales.

"La crise sociale que nous vivons sur la planète est directement liée à la crise environnementale", a-t-elle dit alors que son pays est secoué depuis octobre par un mouvement de contestation qui a fait 23 morts. Au Chili, "un avocatier a plus de droits à l'eau qu'une personne", affirme-t-elle.

- "Ambition insuffisante" -

Après cette marche, les militants de la cause environnementale organisent un sommet social pour le climat qui se tiendra à partir de samedi jusqu'au 13 décembre, dernier jour de la COP25.

Les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement de la planète à +2°C, voire +1,5°C, sont réunis depuis lundi pour deux semaines à Madrid, pressés de toutes parts pour fixer des objectifs plus ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Mais alors que le mercure a gagné +1°C depuis l'ère pré-industrielle, amplifiant déjà les catastrophes climatiques, cette réunion, dont le slogan est "time for action", risque de décevoir les attentes.

Dans un manifeste, les associations organisant la marche leur ont adressé un message clair: "Nous retournons dans la rue (...) pour demander des mesures réelles et ambitieuses aux politiciens du monde entier réunis à la COP" et pour qu'ils reconnaissent "que l'ambition insuffisante de leurs accords va mener la planète à un scénario désastreux de réchauffement climatique".

"Si nous attirons l'attention, plus de gens s'impliqueront. Et au final, les politiciens devront faire quelque chose", veut croire Paula Rubio, activiste madrilène de 23 ans occupée depuis deux semaines à construire une immense baleine en bois de sept mètres pour le cortège.

Avec AFP

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