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Quelques milliers de Maliens manifestent leur soutien à l'armée après les revers

Général Ibrahim Dahirou Dembélé, ministre de la Défense et Général Keba Sangaré chef d'état major armée de terre, au Mali, le 8 septembre 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Quelques milliers de Maliens se sont réunis vendredi à Bamako pour manifester leur soutien à l'armée nationale, frappée par deux attaques meurtrières en un mois et confrontée aux doutes quant à sa capacité à faire face aux menées djihadistes, a rapporté un correspondant de l'AFP.

"Je soutiens mon armée", "L'armée malienne se bat pour sauver le pays", ou "Il faut donner les équipements nécessaires aux hommes", pouvait-on lire sur les banderoles ou les calicots lors de ce rassemblement à l'initiative d'organisations de la société civile.

Vêtues de noir, plusieurs veuves de soldats morts au combat se sont mêlées aux manifestants qui étaient au nombre de 5.000 selon les organisateurs, de 3.500 selon la police.

L'armée malienne vient de perdre en quelques semaines une centaine de soldats dans les deux attaques djihadistes les plus meurtrières qu'elle ait essuyées depuis des années.

Ces revers et la dégradation de la situation sécuritaire ont renforcé les interrogations sur la faculté de l'armée à faire pièce aux agissements djihadistes et aux autres violences auxquelles ce vaste pays est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants.

"Nous voulons qu'on donne de bon équipements à l'armée. Nos maris ont choisi le métier qui donne vite la mort. Mais il faut les protéger sur le terrain avec l'équipement indiqué", a déclaré à l'AFP Aïcha Diakité, 33 ans, dont le mari soldat est décédé lors d'une des deux récentes attaques, à Boulkessy, près du Burkina Faso.

Les événements des dernières semaines ont aussi suscité des expressions de rejet des forces française et onusienne présentes au Mali. Une frange des manifestants a réclamé leur départ vendredi.

"Nous demandons le départ des troupes de l'ONU et françaises. Si elles ne peuvent pas intervenir contre les terroristes, elles n’ont pas leur place ici. Nous demandons aux Russes de venir", a déclaré Ousmane Coulibaly, 24 ans, étudiant diplômé sans emploi.

"Barkhane, Minusma, dégage!", lisait-on sur des banderoles faisant référence aux forces française et onusienne.

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Le bilan de l'attaque à la frontière nigérienne monte à 30 soldats tués

Des soldats du régiment blindé lors 35ème Régiment blindé à Kati, Mali, 4 mai 2018, (Facebook/FaMa).

Trente soldats maliens ont été tués lundi dans une attaque attribuée aux djihadistes dans l'est du Mali, à proximité de la frontière nigérienne, a-t-on appris mardi de source sécuritaire malienne, alors que l'armée avait jusqu'ici fait état d'un bilan de 24 militaires tués.

"Trente corps de soldats tombés au cours d'une mission dans le secteur de Tabankort (région de Ménaka) sont arrivés à Gao (nord) en provenance de Niamey (Niger)" mardi à la mi-journée, a précisé cette source.

Les victimes devaient être enterrées mardi dans un camp militaire de Gao, grande ville du nord du Mali, en présence du ministre de la Défense, Ibrahima Dahirou Dembélé, selon la source sécuritaire malienne.

Les recherches de soldats "dispersés" lors de l'attaque se poursuivent, a-t-elle ajouté.

Les forces maliennes et nigériennes menaient une opération conjointe lundi contre les djihadistes quand une patrouille a été attaquée dans cette zone frontalière, selon l'armée malienne.

Les "terroristes" (les djihadistes dans le vocabulaire de l'armée malienne) ont eux-mêmes perdu 17 hommes, tués dans les combats, et une centaine de "suspects" ont été capturés et étaient aux mains des forces nigériennes, avait dit lundi l'armée malienne sur les réseaux sociaux.

Cette nouvelle attaque meurtrière est intervenue alors que l'armée française annonçait la mort ou la capture d'une trentaine de djihadistes en novembre, lors d'une vaste opération conjointe avec les forces burkinabè, maliennes et nigériennes aux confins du Burkina Faso et du Mali et lors d'une autre opération des seuls commandos français dans l'est du Mali samedi.

Un soldat français a été gravement blessé en opération samedi, a-t-elle dit.

L'attaque de lundi constitue un coup dur de plus pour l'armée malienne après la mort d'une centaine de soldats dans deux attaques djihadistes en un mois cet automne dans les mêmes confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

C'est aussi une illustration supplémentaire de la dégradation continue de la sécurité qui alarme la communauté internationale dans cette région et plus largement au Sahel.

Depuis leur apparition dans le nord du Mali en 2012, les violences djihadistes se sont propagées vers le centre du pays et au Burkina et au Niger voisins, malgré la présence des forces françaises (Barkhane), régionales (force conjointe du G5 Sahel comprenant le Mali, le Burkina, le Niger, la Mauritanie et le Tchad) ou de l'ONU (Minusma).

24 soldats tués, 29 autres blessés

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24 soldats et 17 jihadistes tués dans des combats

Des soldats maliens à Mopti, Mali, le 22 janvier 2013.

Sept soldats maliens ont été tués lundi lors de combats avec des djihadistes près du Niger, dans une zone frontalière sous tension, a indiqué l'armée malienne sur Twitter.

Une nouvelle attaque attribuée aux jihadistes a coûté la vie à 24 soldats maliens lundi dans l'est du Mali, a indiqué l'armée malienne alors même que la France annonçait de lourdes pertes infligées à ces jihadistes en novembre.

Les "terroristes" (les djihadistes dans le vocabulaire de l'armée malienne) ont eux-mêmes perdu 17 hommes, tués dans les combats de lundi, et une centaine de "suspects" ont été capturés, a dit l'armée malienne sur les réseaux sociaux.

Auparavant, l'armée française avait annoncé la mort ou la capture d'une trentaine de djihadistes en novembre, lors d'une vaste opération conjointe avec les forces burkinabè, maliennes et nigériennes aux confins du Burkina Faso et du Mali et lors d'une autre opération des seuls commandos français dans l'est du Mali samedi. Un soldat français a été gravement blessé en opération samedi, a-t-elle dit.

L'attaque de lundi constitue un coup dur de plus pour l'armée malienne après la mort d'une centaine de soldats dans deux attaques djihadistes en un mois cet automne dans les mêmes confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso. C'est aussi une illustration supplémentaire de la dégradation continue de la sécurité qui alarme la communauté internationale dans cette région et plus largement au Sahel.

Depuis leur apparition dans le nord du Mali en 2012, les violences djihadistes se sont propagées vers le centre du pays et au Burkina et au Niger voisins, malgré la présence des forces françaises (Barkhane), régionales (force conjointe du G5 Sahel comprenant le Mali, le Burkina, le Niger, la Mauritanie et le Tchad) ou de l'ONU (Minusma).

D'aucuns doutent de l'efficacité des armées nationales et de ces forces étrangères face à cette propagation.

Le même jour, le Premier ministre français Edouard Philippe a appelé depuis le Sénégal, frontalier du Mali, à ne laisser "aucune chance, aucune prise" aux jihadistes du Sahel.

Les présidents mauritanien et sénégalais Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et Macky Sall ont réclamé de concert, lors du même forum international consacré à la sécurité près de Dakar, un mandat renforcé pour les forces combattant au Sahel.

- L'idée d'une commandement unique ? -

Entre les forces maliennes et étrangères, "pas moins de 30.000 hommes (se trouvent) sur un terrain qui est pris en otage par une bande d'individus. Y a un problème. Pourquoi nous ne sommes pas capables de régler ce problème ?" a demandé le président sénégalais, dont le pays participe à la Minusma. Il a envisagé le placement des forces étrangères sous un commandement unique.

Les forces maliennes et nigériennes menaient une opération conjointe lundi contre les djihadistes quand une patrouille a été attaquée à Tabankort, a dit l'armée malienne.

Les forces maliennes "déplorent 24 morts, 29 blessés et des dégâts matériels. Côté ennemi l'on dénombre 17 terroristes tués, une centaine de suspects appréhendés", a-t-elle rapporté.

Les prisonniers sont aux mains des forces nigériennes, a-t-elle dit. Dans un précédent communiqué, l'armée malienne a indiqué avoir reçu le soutien de la force française antijihadiste Barkhane dans la contre-offensive contre les jihadistes.

La version des faits livrée par l'armée malienne peut difficilement être recoupée. Les zones en question sont quasiment inaccessibles sans s'exposer gravement. Tabankort est une zone connue pour le trafic de drogue. La violence au Mali est aussi multiforme, alimentée par de nombreux trafics.

Auparavant, l'état-major français avait indiqué que 24 jihadistes avaient été tués ou capturés lors de l'opération appelée Bourgou 4 et impliquant des armées de la région et la force Barkhane pendant deux semaines en novembre aux confins du Burkina et du Mali.

Par ailleurs samedi, au petit matin, les commandos de Barkhane soutenus par des hélicoptères Tigre ont "mis hors de combat cinq terroristes" lors de l'attaque d'un campement dans la région d'Indelimane, "dans la zone d'évolution de l'État islamique au grand Sahara (EIGS)", a dit l'état-major dans un autre communiqué.

"Un des commandos a été grièvement blessé" et évacué, puis rapatrié, dit le communiqué sans plus de précision sur ses blessures.

Des manifestations se multiplient à Bamako pour soutenir l’armée malienne

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Des milliers de personnes soutiennent l'armée, 20 corps découverts dans le centre

Général Keba Sangaré lors de la revue des troupes, au Mali, le 8 septembre 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi à Bamako à l'appel de l'opposition pour soutenir l'armée malienne et réclamé un meilleur équipement militaire au gouvernement, qui a le même jour annoncé la découverte de vingt corps dans le centre du pays.

"Vingt corps, dont certains abandonnés dans des puits, ont été retrouvés" mercredi à la suite d'une fouille de l'armée dans des "campements voisins" du village de Peh, dans le cercle de Bankas (région de Mopti, centre), a indiqué vendredi le gouvernement malien dans un communiqué.

Cette découverte fait suite à une intervention de soldats mercredi dans cette zone à la suite "d'informations faisant état d'attaque" du village de Peh "par des individus non identifiés, habillés en tenue de chasseurs". Ils "ont abandonné les troupeaux volés et se sont repliés" au moment de l'arrivée des soldats, selon le gouvernement qui ne précise pas les circonstances de la mort de ces vingt personnes.

A Bamako, environ 15.000 manifestants selon les organisateurs, "plusieurs milliers" selon la police, ont participé vendredi au rassemblement de soutien de l'armée, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

"Non au détournement de nos fonds!", "Vive les FAMA" (forces armées maliennes)", pouvait-on lire sur les banderoles et calicots des manifestants.

"L'armée malienne a été trahie. Nos militaires sont mal équipés. Nous devrions nous battre pour que nos militaires soient à la hauteur. La corruption a empêché d'équiper aussi nos militaires", a déclaré le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé.

"On doit combattre la corruption au sein de l'armée. Les militaires et les ministres qui sont à la base de cette corruption doivent être jugés", a dit l'ancien Premier ministre et opposant, Mohamed Aly Bathily.

MM. Cissé et Bathily faisaient allusion notamment à un achat controversé de matériel militaire, dont deux hélicoptères livrés en 2018 à l'armée malienne puis tombés en panne peu après. Une information judiciaire a été ouverte à ce sujet en octobre à Bamako.

Un rassemblement similaire, le 8 novembre dans la capitale, avait réuni des milliers de personnes.

Ces manifestations sont organisées après la perte ces dernières semaines par l'armée malienne d'une centaine de soldats dans les deux attaques djihadistes les plus meurtrières depuis des années.

Ces revers et la dégradation de la situation sécuritaire ont renforcé les interrogations sur la capacité de l'armée à faire pièce aux agissements djihadistes et aux autres violences auxquelles ce vaste pays est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants.

Des manifestants ont scandé des slogans antifrançais pour dénoncer, selon eux, "le jeu ambigu" de Paris au Mali où est présente la force française Barkhane, qui mobilise 4.500 militaires français au Sahel.

"Si Paris ne fait rien pour que la crise prenne fin, c'est parce que Paris soutient les rebelles. Si les rebelles sont toujours à Kidal, c'est la faute de Paris", a déclaré à la presse Ouleymatou Diarra, 34 ans, enseignante dans un lycée privé de Bamako.

Kidal, ville du nord-est du Mali sous le contrôle d'ex-rebelles séparatistes touareg, échappe de facto à l'autorité de l'Etat malien.

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