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La société civile accuse Kabila de vouloir "renforcer son pouvoir"


Le président Joseph Kabila prononce un discours devant le Congrès au Palais du Peuple à Kinshasa, RDC, 5 avril 2017.

Le chef de l'État "a procédé au saucissonnage de l'accord politique", "en choisissant d'exercer les compétences de manière non pas à préparer son départ mais à renforcer son pouvoir", indique un rapport de plusieurs organisations de la société civile en RDC.

Le président Joseph Kabila cherche "non pas à préparer son départ mais à renforcer son pouvoir", estime un rapport de la société civile publié vendredi qui déplore l'application "calamiteuse" d'un accord pouvoir-opposition supposé conduire la République démocratique du Congo vers des élections.

Au micro de la VOA, Emmanuel KABENGELE, Coordonnateur National du Réseau pour la Réforme du Secteur de Sécurité et de Justice a déclaré que sept mois après, ils se rendent compte qu’ils sont en train de retourner à la case de départ. "Cette impasse continue à persister, il y a l’incertitude qui plane sur le fait que les élections pourraient se tenir en décembre 2017".

"La mise en oeuvre de l'accord politique du 31 décembre 2016 a été, pour les sept mois écoulés, laborieuse voire calamiteuse, les parties prenantes s'étant au fil de temps éloignées de l'esprit et de la lettre de l'accord", lit-on dans ce document rédigé par plusieurs organisations congolaises de défense des droits de l'homme (Acidh), des justiciables (RRSSJ) ou encore des électeurs (Ligue des électeurs).

Conclu sous l'égide de l'Église catholique, l'accord dit "de la Saint-Sylvestre" a été signé après le maintien au pouvoir du président Kabila dont le second mandat a pris fin le 20 décembre.

Le président est élu "pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois", selon la Constitution, qui ajoute qu'à la fin de son mandat, le président "reste en fonction jusqu'à l'installation effective du nouveau président élu".

L'accord prévoyait notamment la nomination d'un Premier ministre issu de l'opposition et des élections d'ici fin 2017.

Le chef de l'État "a procédé au saucissonnage de l'accord politique", "en choisissant d'exercer les compétences de manière non pas à préparer son départ mais à renforcer son pouvoir", lit-on dans le rapport, qui prend pour exemple la désignation en avril du nouveau Premier ministre, Bruno Tshibala.

"Cette nomination aux allures d'une décision unilatérale a été, à juste titre, considérée comme non conforme à l'esprit et à la lettre de l'accord", selon le rapport qui explique que le nom du Premier ministre devait être "présenté" par l'opposition.

Le rapport dénonce également une "évolution, à pas de tortue, du processus électoral" alors qu'aucune date pour les élections n'a encore été avancée.

"Cette absence du calendrier électoral rend le processus opaque et non lisible", dans un pays où la situation sécuritaire est "précaire et volatile", s'inquiète le rapport.

Le document reproche aussi à l'opposition d'être "incapable d'avoir une position commune" et estime qu'une "frange de la société civile" est "sans voix audible, alignée de gré ou de force sur l'une ou l'autre force politique en présence".

Le rapport recommande à la commission électorale "de publier, toutes affaires cessantes, un calendrier électoral" et au président de la République notamment "de faire respecter la neutralité et l'apolitisme des forces armées, de la police nationale et des services de renseignement".

Avec AFP

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