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Portrait de la Sierra Leone, meurtrie par la guerre civile puis Ebola


Un médecin soigne un patient en quarantaine, à Kenema, Sierra Leone, le 7 février 2011.

La Sierra Leone, qui organise des élections générales mercredi, est un pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, pauvre malgré ses richesses minières, successivement meurtri par une guerre civile atroce et par le virus Ebola.

Colonie britannique depuis le 18e siècle, la Sierra Leone accède à l'indépendance en 1961. Le nom de sa capitale, Freetown, fait référence aux esclaves affranchis qui l'ont fondée.

Trente ans après l'indépendance, la Sierra Leone, qui a connu plusieurs coups d'Etat, sombre dans une guerre civile qui dure onze ans (1991-2002), déclenchée par les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF). Le conflit, qui fait 120.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés et déplacés, est marqué par de multiples exactions et mutilations contre des civils.

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Un Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) est créé en 2002 pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité lors du conflit. Il condamne notamment l'ex-président libérien Charles Taylor à 50 ans de prison pour avoir appuyé les rebelles en échange de diamants.

Le 7 mars, la Sierra Leone organisera ses sixièmes élections démocratiques depuis la fin de la guerre civile, qui doivent notamment désigner le successeur du président Ernest Bai Koroma, élu en 2007 et réélu en 2012.

Un des pays les plus pauvres au monde

La guerre civile, alimentée notamment par le trafic des "diamants du sang", a dévasté les cultures (riz, cacao, café) et détruit une grande partie des infrastructures.

Mais les ressources en minerais et pierres précieuses (diamants, or, bauxite ou magnétite) ont attiré des investissements très importants.

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Le secteur extractif est devenu le premier moteur de l'économie grâce à la découverte du minerai de fer en 2011. Deux ans plus tard, le pays affichait un taux de croissance de 20,7% (Banque mondiale).

L'économie s'est ensuite contractée de 20,5% en 2015, plombée par la chute du cours du minerai de fer et l'épidémie d'Ebola. La Banque mondiale table sur une croissance de 5,4% en 2017.

La Sierra Leone reste un des pays les plus pauvres de la planète, classé 179e sur 188 selon l'indicateur du développement humain (IDH, 2016) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Elle est également l'un des plus corrompus, classé 130e sur 180 pays par Transparency International en 2017 et affiche le pire taux de mortalité maternelle au monde (1.360 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes selon l'ONU).

Ebola

Avec plus de 3.900 morts, la Sierra Leone a été, avec la Guinée et le Liberia, l'un des trois pays les plus affectés par l'épidémie d'Ebola survenue en Afrique de l'Ouest en décembre 2013 et qui a duré plus de deux ans.

Au cours des 15 dernières années, le pays a par ailleurs été touché par quatre inondations majeures qui ont affecté plus de 220.000 personnes et causé des dommages économiques graves, selon la Banque mondiale.

Celle du mois d'août 2017 a été la plus meurtrière, avec un bilan officiel de 1.141 morts et disparus.

Avec AFP

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