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Les effets d'Ebola sur le système de santé plus meurtriers que le virus au Liberia


Le personnel de santé désinfecte l’ambulance après avoir transporté deux malades suspectés d’être infectés par le virus Ebola, Monrovia, Liberia, le 1er juillet 2015.

Les effets dévastateurs d'Ebola sur le fragile système de santé du Liberia pourraient avoir fait plus de morts que le virus lui-même, notamment parmi les femmes enceintes et les malades atteints de paludisme, selon une étude.

Le Liberia a été le pays le plus touché par l'épidémie de 2014-2016 où elle a fait 4.800 morts et laissé des milliers de malades avec des séquelles.

Selon l'étude menée par une équipe de chercheurs de l'Université de Washington et parue mardi dans la revue PLOS Medicine, 67% des soins de base n'ont plus été dispensés pendant l'épidémie et la période qui l'a immédiatement suivie.

"Les femmes enceintes ne recevaient pas de soins prénatals essentiels" et celles sur le point d'accoucher "n'allaient pas donner naissance à la clinique mais accouchaient chez elles", relève Bradley Wagenaar, principal auteur de l'étude.

>> Lire aussi : Fin de l'épisode d'Ebola au Liberia, dernier pays d'Afrique de l'Ouest encore touché

Dans ce pays d'Afrique de l'Ouest d'un peu plus de 4,5 millions d'habitants, à cause d'Ebola, il y a eu 25.000 vaccins contre la tuberculose et 100.000 traitements contre le paludisme en moins, par rapport à la période antérieure à l'épidémie. Environ 5.000 naissances se sont déroulées sans assistance médicale.

"Les effets collatéraux d'Ebola sur le système de santé (du Liberia) ont probablement fait plus de morts qu'Ebola directement", souligne l'université dans un communiqué de presse.

L'un des effets les plus pernicieux du virus a été l'infection de près de 300 membres des personnels de santé, limitant encore l'accès des malades aux soins alors qu'il était déjà très réduit, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

En outre, l'argent envoyé par les donateurs internationaux pour la reconstruction du système de santé débordé a largement échoué à atteindre son but, relève Bradley Wagenaar.

>> Lire aussi : Le Liberia, un pays qui peine à se redresser après Ebola

"Une fois l'épidémie d'Ebola finie, la triste vérité est que l'essentiel de l'argent prévu pour améliorer le système de santé libérien a disparu", déplore-t-il dans le communiqué.

De nombreux indicateurs en matière de santé ont désormais largement retrouvé leur niveau d'avant l'épidémie, mais des maladies comme le paludisme sont plus répandues qu'avant, avec 50% de cas de plus qu'en décembre 2013.

L'épidémie d'Ebola, un virus extrêmement contagieux et très souvent mortel, avait fait plus de 11.000 morts au total au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone.

Avec AFP

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