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La SADC renonce à envoyer un émissaire spécial en RDC

Les chefs d’Etat et de Gouvernement de la SADC lors du sommet de la Double Troïka, à Luanda, Angola. 24 avril 2018. (Twitter/Présidence RDC)

La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) juge que la situation dans le pays a évolué. Il n'y aura donc pas d’envoyé spécial en RDC, selon le sommet des Chefs d'Etat tenu à Luanda.

" Le sommet a pris note des progrès remarquables réalisés en RDC. A cet effet, il est revenu sur la décision qu’il avait prise consistant à dépêcher un envoyé spécial en RDC", indique le communiqué final du sommet.

Les chefs d’Etat saluent par conséquent "la République de la Namibie et son excellence Hikkepunya Lucas Pohamba, qui s’était montré disponible de servir d’envoyé spécial de la SADC en RDC".

Beaucoup de ceux qui ont suivi ce sommet estiment que la décision de la SADC à tout l’air d’une une volte-face et semble avoir été plutôt dictée par les derniers événements en RDC.

Notamment l’accord pour le rapatriement de la dépouille et les funérailles de l’opposant historique de la RDC, Etienne Tshisekedi, signé entre le gouvernement, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), son parti, et sa famille.

Ensuite, la "trêve politique" relative interdisant aux parties de se rentrer dedans.

Enfin, par l’autorisation et la tenue en toute tranquillité de la toute première manifestation de l’opposition après l’élection de Félix Tshisekedi comme président de l’UDPS en remplacement de son père, tenue le 24 avril à N’Djili, Kinshasa, le même jour que le sommet de la SADC à Luanda, en Angola.

>> Lire aussi : "Trêve politique" conclue en préparation du rapatriement de la dépouille d’Etienne Tshisekedi en RDC

Beaucoup d’analystes sont d’avis que Kinshasa a su tirer son épingle du jeu dans cela, en menant en bateau toutes les parties : l’opposition interne mais aussi la communauté régionale.

Surtout que certains chefs d’Etat de la SADC ne cachaient pas, avant le sommet, ​leur détermination à amener leur homologue congolais à respecter à tout prix la date du 23 décembre 2018 pour les élections dont la présidentielle.

Le nouveau président botswanais Mokgweetsi Mesisi qui a pris ses fonctions en avril, a clairement demandé, comme son prédécesseur du reste, au président Joseph Kabila de tout faire pour respecter le calendrier électoral et ne pas rester au pouvoir ni tenter d’y revenir.

"Le président de la RDC est resté au pouvoir plus longtemps que prévu… J'espère que nous pourrons obtenir de (Kabila) un réel engagement à ne pas tenter de revenir au pouvoir par tous les moyens ", avait déclaré le président M. Masisi lors d'une interview accordée à l'Institut international d'études stratégiques de Londres.

>> Lire aussi : L'opposition offensive pour son premier meeting autorisé depuis septembre 2016 en RDC

Le nouveau président botswanais s’est même rendu en Angola avant le sommet pour discuter de la question avec son homologue angolais en vue de la préparation de la rencontre régionale le 24 avril à Luanda.

Mais les conclusions de ce sommet semblent avoir ralentir cet élan.

"M. Kabila s’est servi de Félix Tshisekedi comme d’un tremplin pour flouer ses compères de la SADC. M. Kabila a très bien calculé le moment pour faire signer un accord de rapatriement du corps d’Etienne Tshisekedi et autoriser une manifestation de l’UDPS. Ce n’était pas gratuit", affirme l’opposant congolais Emery Kalwira, président de la Coalition des Congolais pour la Transition (CCT) et du Directoire National pour la Transition sans Kabila (DNT.SK).

"M. Kabila a certes présenté une image (d’un Congo où les manifestations sont autorisées), mais maintenant il est obligé de maintenir cette image", rétorque de son côté Gilbert Mundela, conseiller de Félix Tshisekedi.

"C’est un test pour M. Kabila. De toutes les façons, la SADC ne se retire pas du jeu au Congo. Le travail à faire sera de tester la bonne volonté de Kabila. Car, il y a une déclaration pour la décrispation politique. On doit laisser maintenant tous les opposants rentrer librement au Congo et libérer tous les prisonniers politiques", poursuit M. Mundela.

>> Lire aussi : L'ONU optimiste mais prudente sur l'autorisation de manifester en RDC

La Mission des Nations unies en RDC (Monuco) se montre quant à elle d’un optimisme prudent face à ces avancées que Kinshasa présente en matière de préparation des élections.

"La décision du gouverneur (de Kinshasa André Kimbuta) d'autoriser cette réunion politique est une décision que nous saluons, tout comme nous saluons le caractère pacifique de la réunion politique d'hier", a déclaré Florence Marchal, porte-parole de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), lors d'une conférence de presse.

Le directeur du bureau de l'ONU aux droits de l'Homme en RDC (BCNUDH), Abdoul Aziz Thioye, a pour sa part estimé qu'il était "trop tôt pour tirer une tendance" sur ce qui s'est passé à Kinshasa, alors que "quelques entraves" étaient observées dans d'autres villes du pays.

"Hier (mardi), une manifestation a été empêchée à Kisangani (nord-est), un membre de la société civile a été arrêté et jugé en procédure de flagrance. Il y a une appréciation variable", a rappelé M. Thioye dans cette conférence conjointe. "C'est quand même déplorable", a-t-il regretté.

Cet activiste, Mateus Kanga, accusé d'avoir incité la population à la "désobéissance civile", a été condamné à 6 mois de prison, 24 heures après son arrestation.

Mercredi, "une manifestation a été dispersée à Beni", dans la province voisine du Nord-Kivu (est), a encore dit le chef du BCNUDH.

Cette marche a été organisée par le mouvement pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha) "pour protester contre les massacres sans fin à Beni", explique le mouvement sur son compte twitter.

"La police nous a dispersé avec brutalité, 42 personnes ont été arrêtées et 4 autres blessées", déclaré à l'AFP Ghislain Muhiwa, un militant ayant participé à la marche.

Moïse Katumbi, une autre figure de l’opposition, qui s’est aussi déclaré candidat à la présidentielle vit en exile. Il est menacé d’être arrêté s’il rentre au pays, objet de plusieurs procès dont celui d’usurpation de nationalité et de spoliation d’immeuble.

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Soudan: "accord" entre militaires et civils, aux contours encore vagues

Un des leaders de la contestation présents à la réunion, déclaré que les deux parties ont convenu de former un conseil conjoint.

Le Conseil militaire au pouvoir au Soudan a annoncé sans le préciser "un accord sur la plupart des exigences" présentées par les leaders de la contestation lors d'une réunion mercredi, qui s'est achevée avec la démission de trois membres de ce Conseil.

"Nous avons un accord avec la plupart des exigences présentées dans un document de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC)", a indiqué à la presse le général Shamseddine Kabbashi, porte-parole du Conseil militaire de transition, à l'issue d'une réunion entre les militaires et l'opposition, qui réclame un transfert du pouvoir à une autorité civile.

Un des leaders de la contestation présents à la réunion, Ahmed al-Rabia, a ajouté que les deux parties avaient également convenu de former un conseil conjoint, sans développer.

Quelques minutes après, dans un communiqué, le Conseil militaire a annoncé la démission de trois de ses membres, les lieutenants-généraux Omar Zain al-Abdin, Jalaluddin Al-Sheikh et Al-Tayieb Babikir.

A cette réunion participaient les militaires et les leaders de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui regroupe les principales formations de la contestation. Elle s'est tenue en soirée au palais présidentiel, selon un vidéaste de l'AFP.

Ce Conseil militaire de transition est au pouvoir au Soudan depuis le renversement par l'armée du président Omar el-Béchir le 11 avril sous la pression de la rue.

Depuis, les relations entre militaires et manifestants ont connu des soubresauts. Les responsables du mouvement de contestation avaient annoncé dimanche la suspension des discussions avec le Conseil militaire, en raison de son refus de transférer le pouvoir immédiatement à une autorité civile.

Dans la journée de mercredi, lors d'une conférence de presse, un haut responsable de l'opposition, Omar el-Digeir, avait déclaré que les leaders de la contestation étaient prêts à parler directement avec le chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane. La réunion s'est déroulée ensuite.

Depuis le 6 avril, des manifestants sont rassemblés jour et nuit devant le quartier général de l'armée à Khartoum. Après avoir demandé dans un premier temps le départ du président, ils réclament désormais que les militaires abandonnent le pouvoir.

Mercredi, des centaines de personnes venues de la ville de Madani (centre) ont rejoint les manifestants dans la capitale en scandant "nous sommes venus de Madani et nous réclamons le pouvoir civil", selon des témoins.

Interrogé avant la réunion lors d'une conférence de presse sur les actions prévues en cas de refus du Conseil militaire d'accéder aux revendications des manifestants, l'un des leaders de la contestation, Siddiq Farouk, a menacé d'une "escalade". "Nous nous préparons à une grève générale" à travers le pays, a-t-il affirmé.

Ahmed al-Rabia, figure de l'Association des professionnels soudanais (SPA), fer de lance de la contestation, a lui appelé à une "marche d'un million de personnes pour jeudi".

Ayman Ali Mohamed, un manifestant, a indiqué mercredi qu'il prendrait part à cette marche. "Nous avons peur que le Conseil militaire nous vole la révolution, donc nous devons participer (aux manifestations) jusqu'à ce que que le transfert à un pouvoir civil soit achevé", a-t-il dit.

Pour la première fois, des juges devraient rejoindre les manifestants. Ils se mobiliseront "pour soutenir le changement et pour (réclamer) un système judiciaire indépendant", selon un communiqué diffusé mercredi par une association professionnelle de juges.

Dimanche, le général Burhane avait promis que l'armée répondrait dans la semaine aux demandes des manifestants.

La contestation au Soudan, déclenchée le 19 décembre après la décision du gouvernement Béchir de tripler le prix du pain, s'est rapidement transformée en contestation inédite du président aujourd'hui déchu et emprisonné, et plus largement du système en place.

- "Demande légitime" -

Le mouvement a reçu le soutien de Washington qui a dit appuyer "la demande légitime" des Soudanais d'un gouvernement dirigé par des civils.

"Nous sommes ici pour encourager les parties à oeuvrer ensemble afin de faire avancer ce projet au plus tôt", a déclaré mardi à l'AFP Makila James, responsable du département d'Etat américain chargée de l'Afrique de l'Est en visite à Khartoum.

"Le peuple du Soudan a formulé clairement sa demande", a-t-elle souligné. "Nous voulons le soutenir dans cela, c'est la meilleure voie pour aller vers une société respectueuse des droits humains".

Un responsable américain avait indiqué plus tôt en avril que les Etats-Unis étaient prêts à retirer le Soudan de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme si le Conseil militaire engageait un "changement fondamental" de gouvernance.

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1989, M. Béchir a dirigé d'une main de fer un pays miné par une situation économique désastreuse et par des rébellions dans plusieurs régions. La Cour pénale internationale (CPI) a lancé des mandats d'arrêt contre lui pour "crimes de guerre" et "génocide" dans la région du Darfour (ouest).

Plusieurs pays africains réunis sous la houlette de l'Egypte ont appelé mardi à une "transition pacifique et démocratique" d'ici trois mois au Soudan, un délai plus long que les 15 jours accordés récemment par l'Union africaine (UA) aux militaires pour céder le pouvoir.

Avec AFP

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