Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

L'opposition offensive pour son premier meeting autorisé depuis septembre 2016 en RDC

Le leader de l'opposition congolaise Félix Tshisekedi se dirige vers le lieu de son meeting accompagné d’une foule de ses partisans, Kinshasa, RDC, 24 avril 2018. (UDPS)

L'opposition congolaise a pu tenir à Kinshasa son premier meeting autorisé par le pouvoir depuis septembre 2016, pendant lequel son leader, Félix Tshisekedi, s'est montré offensif à huit mois de l'élection présidentielle censée marquer la fin du règne du président Joseph Kabila.

Il y a deux mois, le sang coulait encore dans les rues de Kinshasa pendant la répression de marches des catholiques interdites par le pouvoir: ce mardi, l'Union démocratique pour le progrès social (UDPS) a pu réunir quelques milliers de personnes dans la capitale autour de son président-candidat, avec une présence policière discrète.

Le meeting a été autorisé lundi par le gouverneur de Kinshasa, qui avait systématiquement interdit les rassemblements de l'opposition, ainsi que les trois marches d'un collectif proche de l'église les 31 décembre, 21 janvier et 25 février.

"Cette autorisation n'est pas un cadeau, c'est une conséquence de notre lutte", a lancé d'entrée Félix Tshisekedi, investi il y a un mois pour défendre les couleurs du parti d'opposition fondé par son père Étienne Tshisekedi décédé le 1er février 2017 à Bruxelles où sa dépouille se trouve toujours.

>> Lire aussi : "Trêve politique" conclue en préparation du rapatriement de la dépouille d’Etienne Tshisekedi en RDC

L'opposition congolaise a pu tenir mardi à Kinshasa son premier meeting autorisé par le pouvoir

"Nous félicitons la retenue de la police. Il faudra qu'ils apprennent à nous regarder comme leurs concitoyens et non comme leurs adversaires", a poursuivi M. Tshisekedi, au cours de cette réunion marquant le 28e anniversaire des débuts du multipartisme dans l'ex-Zaïre.

Arrivé escorté par des motards, Tshisekedi-fils a confirmé qu'il négociait de nouveau avec le pouvoir l'organisation des obsèques de son père, mais pas une place de Premier ministre comme le répète une rumeur insistante.

"A part la discussion des obsèques, il n'y pas d'autres discussions", a-t-il assuré. "Vous m'avez choisi pour être candidat à la présidentielle, pourquoi voulez-vous me ramener à la primature?".

M. Tshisekedi a demandé le retour en RDC des opposants en exil, à commencer par Moïse Katumbi, également candidat mais qui risque la prison s'il revient au pays.

>> Lire aussi : Détente en RDC, l'opposition autorisée à célébrer les 28 ans du multipartisme

Dans son discours, le président-candidat de l'UDPS s'est de nouveau opposé à l'utilisation des "machines à voter" pour les scrutins prévus le 23 décembre 2018, qui doivent tourner la page du président Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

'Comprenez mon émotion'

"S'ils veulent que nous nous mettions d'accord, qu'ils suppriment la machine à voter", a-t-il lancé.

Ce 24 avril marque-t-il un répit ou un tournant? Le pouvoir interdisait toute manifestation depuis la répression des manifestations de septembre 2016 organisées à l'appel de l'ex-leader de l'UDPS et père de l'actuel, Étienne Tshisekedi.

En septembre 2016, des dizaines de personnes avaient été tuées à Kinshasa -certaines à proximité du siège de l'UDPS- en appelant le président Kabila à quitter le pouvoir comme prévu à la fin de son deuxième et dernier mandat en décembre 2016.

>> Lire aussi : L’opposition exige l’audit du fichier électoral en RDC

Immense pays au coeur de l'Afrique, la RDC n'a jamais connu de transition pacifique du pouvoir et accueille la mission onusienne la plus importante au monde.

En RDC, le 24 avril est une date historique. En 1990, l'ancien président Mobutu prononçait ce jour-là un discours historique qui marquait la fin du parti-État. Ce revirement politique permettait la création de plusieurs partis politique.

Ce jour-là, l'homme à la toque de léopard annonce qu'il quitte la présidence du parti unique MPR, en marquant un temps d'arrêt dans son discours comme s'il avait la gorge nouée, avant de lancer cette phrase devenu légendaire sur les bords du fleuve Congo: "Comprenez mon émotion".

Sept ans plus tard, Mobutu sera renversé par le père de l'actuel président, Laurent-Désiré Kabila, soutenu par le nouveau pouvoir tutsi du Rwanda qui voulait en finir avec les milices Hutus réfugiées dans l'est de l'ex-Zaïre, et lâché par ses anciens alliés occidentaux.

>> Lire aussi : Katumbi sera jugé fin juin pour recrutement de mercenaires en RDC

Vingt-huit ans après, "il n'y a pas grand-chose qui a changé", lance avec amertume le professeur Kabuya Lumuna Sando, ancien directeur de cabinet adjoint et porte-parole entre 1992 et 1997 de Mobutu Sese Seko.

"Il y a des similitudes dans les débats, les comportements et les positionnements de l'homme politique congolais", affirme-t-il.

Il prend pour exemple précis l'actuel débat autour du "seuil de représentativité" prévu dans la loi électorale qui tente d'éliminer les petits partis aux élections législatives (Ils doivent atteindre au moins "3 % du nombre total de suffrages valablement exprimés" au niveau national pour espérer remporter des sièges à l'assemblée nationale).

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Sommet de l’Union africaine sur la crise au Soudan

Sommet de l’Union africaine sur la crise au Soudan
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:00 0:00

Après un Grammy Award, l'Ivoirienne Dobet Gnahoré veut séduire son pays

La musicienne Dobet Gnahore, à Abidjan, le 9 mai 2010.

Lauréate d'un Grammy Award en 2010, prestigieuse récompense musicale américaine, la chanteuse, danseuse et percussionniste ivoirienne Dobet Gnahoré reste peu connue en Côte d'Ivoire.

"Je rêvais de venir jouer en Côte d'Ivoire!", a confié Dobet Gnahoré, qui vit en France depuis 20 ans et ne cache pas sa joie d'un retour au pays natal pour se faire connaître à travers des projets culturels.

L'artiste est revenue au pays en février pour une tournée promotionnelle de son dernier album "Afro électro Moziki!", et pour un concert à l'Institut français d'Abidjan, qui a remporté un grand succès.

Véritable bête de scène, elle déploie son agilité par la danse en même temps que son endurance sur les planches. Elle va jusqu'à moduler sa douce voix pour imiter le son des pygmées d'Afrique centrale, comme dans le titre "Youkouli", sur son dernier album.

"Dobet Gnaoré a du talent (...) mais il n'est pas perçu comme tel dans son propre pays. Il est temps que la Côte d'Ivoire sache ce qu'elle vaut vraiment", explique Salif Traoré, dit A'Salfo, leader du groupe ivoirien Magic System dont la structure de production (Gaou Productions) a organisé la venue de la percussionniste à Abidjan.

La musicienne n'a pas caché sa joie. "C'est vraiment un plaisir de jouer à Abidjan, chez moi ! De montrer aux Ivoiriens, à ma famille, comment je me bats (...) pour parler de notre culture, qu'elle soit ivoirienne ou africaine". "Je veux jouer plus en Côte d'Ivoire", dit-elle.

"La compassion, l'amour, la paix, l'éducation" sont les thèmes abordés dans son dernier album, qu'elle qualifie de "plus personnel".

- Le panafricain et l'électro -

Son séjour en France a déteint sur son genre musical, avec un fond d'acoustique. "J'ai des influences qui viennent de l'Europe, du côté électro, avec mon dernier album", mais dans "mes quatre premiers albums, c'est le panafricain devant".

"Complètement ouverte à tous les styles de musique", elle veut "nager dans le style afro-pop-électro", peut se lever un matin en imaginant un air aux accents reggae et le lendemain matin "une chanson qui n'a rien à voir", résume celle qui chante en bété, en dioula ou dans un mélange de français et de langue ivoirienne.

"J'ai grandi dans un village panafricain... où j'ai appris la percussion, la danse, le théâtre, la musique et le chant en différentes langues africaines". "J'aime être libre, je n'aime pas qu'on me colle une étiquette", raconte cette artiste, mère de deux enfants.

Bon sang ne saurait mentir, dit le proverbe: Dobet est la fille aînée de Boni Gnahoré, maître percussionniste de la compagnie de théâtre Ki Yi M'Bock d'Abidjan -dirigée par l'écrivaine, dramaturge et chorégraphe Werewere Liking- et a grandi avec la musique depuis son plus jeune âge.

"Werewere Liking est une femme spéciale qui m'a toujours inspirée. Je suis une enfant de Werewere, tout ce que je fais, c'est elle qui m'en a donné la base", affirme l'artiste qui été admise dans la compagnie à l'âge de 9 ans.

Ses deux mentors ne tarissent pas d'éloges sur son parcours. "Je suis fière d'elle. Gamine, je l'avais encouragée quand elle voulait embrasser cette carrière, alors que ses parents s'y opposaient", raconte Werewere Liking, diva majestueuse avec sa canne à la main.

- "Ma boussole et ma thérapie" -

Boni Gnahoré témoigne de la vocation musicale de sa fille: "Quand elle nous voyait prester (jouer) au village, elle pleurait. Elle a abandonné l'école pour entrer dans cette école de la vie".

Dobet Gnahoré estime qu'avant de découvrir la musique, elle n'était "rien". "La musique est ma boussole et ma bouée de sauvetage. Elle me permet de vivre, déjà. D'évacuer aussi, c'est une thérapie. Elle me permet de chanter, de pleurer, de rigoler et de partager avec le public..."

"Dobet est une artiste pétrie de talents qui a su faire le maillage entre la musique traditionnelle et la musique moderne, notamment la techno. C'est un modèle pour les jeunes qui veulent se lancer dans la musique", estime Xavier Effoué, spécialiste de la musique ivoirienne soulignant la réussite de sa synthèse musicale.

Dobet Gnahoré envisage une série de projets en Côte d'Ivoire pour inciter les jeunes artistes à explorer d'autres styles de musiques. Elle souhaite créer un centre à vocation socio-culturelle qui accuieillerait notamment des orphelins afin de les former avec d'autres artistes.

Guinée équatoriale : l'arrestation d'un opposant au Tchad est un "enlèvement"

Affiche électorale du Parti démocratique du Guinée équatoriale (PDGE), dans une rue déserte de Malabo, le 25 avril 2016.

L'arrestation le 11 avril au Tchad du secrétaire général d'un parti d'opposition équato-guinéen qui se rendait à un congrès politique constitue en fait "un enlèvement par les autorités tchadiennes", affirme lundi son parti dans un communiqué.

Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) estime que l'arrestation d'Andres Esono Ondo relève d'un "enlèvement sans motif par les autorités tchadiennes", une "pratique terroriste impropre d'un état normal", selon le texte reçu par l'AFP.

Le 11 avril, M. Esono Ondo avait été arrêté au Tchad alors qu'il se rendait au congrès du principal parti d'opposition tchadien, l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), dans la province de Guera (centre du pays).

Peu après, Malabo l'a accusé d'avoir eu pour "unique objectif l'acquisition d'armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d'Etat en Guinée équatoriale avec un financement étranger".

Mi-avril, le ministre de la Sécurité extérieure a détaillé l’accusation : selon lui, la province dans laquelle M. Esono Ondo devait se rendre pour assister au congrès de l'UNDR est "connue pour (être un territoire de) terroristes et rebelles, mais aussi pour la facilité avec laquelle on peut y acheter des armes".

Sur Twitter jeudi, le ministère des Affaires étrangères tchadien a réagi : "Guera n'est pas une province connue comme +un territoire+ pour les rebelles et les terroristes".

M. Esono Ondo a été transféré du Guera, où devait se tenir le congrès finalement annulé, aux locaux de l'Agence nationale de Sécurité (ANS, renseignements tchadiens) à N'Djamena.

Selon une source policière, il s'y trouvait toujours lundi.

En 2015, Andres Esono Ondo avait été accusé d'avoir recruté une personne malade d'Ebola en vue d'introduire le virus en Guinée équatoriale au moment de la Coupe d'Afrique des nations de football (CAF).

Il avait finalement été relaxé, après que ces accusations se soient révélées montées de toute pièce par des proches du régime.

La Guinée équatoriale a connu une histoire agitée de coups et tentatives de coups d'Etat depuis son indépendance de l'Espagne en 1968.

Le régime de M. Obiang, 76 ans dont 39 au pouvoir, est régulièrement accusé d'atteintes aux droits de l'homme par ses opposants et des organisations internationales.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye en déplacement lundi à Tunis

Ghassan Salame, Représentant spécial de l'ONU et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), lors du sommet des ministres des Affaires étrangères des pays méditerranéens Forum MED 2017, à Rome, le 2 décembre 2017.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, est lundi à Tunis où il a rencontré le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaïes Jhinaoui, a annoncé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, sans pouvoir dire si un retour à Tripoli était prévu et quand.

"Le représentant spécial Ghassan Salamé poursuit ses efforts pour obtenir une désescalade en Libye", a expliqué le porte-parole lors de son point-presse quotidien.

A l'occasion de l'entretien avec le chef de la diplomatie tunisienne, les deux responsables n’ont estimé que le “processus politique de facilitation de l’ONU était le seul moyen de résoudre la crise en Libye”, A-t-il ajouté.

Ghassan Salamé "est extrêmement engagé et occupé à travailler sur le processus politique mais aussi en étant présent à Tripoli", a précisé son adjointe, Maria do Valle Ribeiro, lors d'une liaison vidéo avec des journalistes à New York, en refusant de parler du détail de ses déplacements.

Interrogé pour savoir si Ghassan Salamé assisterait au sommet africain convoqué en urgence au Caire mardi pour discuter notamment de la crise en Libye et quand il pourrait revenir à Tripoli, Stéphane Dujarric a indiqué ne pas pouvoir répondre à ce stade.

Vendredi, la Maison Blanche a révélé que le président américain Donald Trump avait parlé le 15 avril avec le maréchal Khalifa Haftar, qui mène depuis le 4 avril une offensive militaire sur Tripoli pour s'emparer du pouvoir détenu par le Premier ministre Fayez al-Sarraj. Le gouvernement d'union nationale (GNA) de ce dernier est la seule autorité légitime reconnue par l'ONU en Libye.

Le soutien américain au maréchal met à mal la situation de l'ONU en Libye et de son émissaire, qui a eu la semaine dernière des mots très durs à l'égard de l'homme fort de l'est libyen, jugeant que son offensive militaire s'apparentait à un "coup d'Etat".

"Le gouvernement à Tripoli continue d'être reconnu par les Nations unies", a fait valoir Stéphane Dujarric, en réponse à une question sur le soutien affiché par les Etats-Unis au maréchal Haftar.

Un policier fonce sur une procession de Pâques

Des policiers nigérians montent la garde devant le bureau de la Commission électorale nationale indépendante à Kaduna (Nigéria), le 16 février 2019.

Dix personnes ont été tuées, et trente blessées, lorsqu'un policier a foncé en voiture sur des enfants pendant une procession de Pâques, dans le nord-est du Nigeria, avant d'être à son tour tué par des fidèles en colère, selon des témoins et la police.

Le policier, qui n'était pas de permanence, a fauché une foule d'enfants qui défilaient pour la fête de Pâques dimanche soir, à Gombe, a rapporté lundi la porte-parole de la police locale, Mary Mallum.

En tout, "dix personnes ont été tuées, dont l'agent de police qui n'était pas en uniforme, et un paramilitaire qui l'accompagnait".

Les deux hommes ont été "attaqués et tués par la foule en colère", a-t-elle expliqué.

"30 enfants sont blessés et sont actuellement à l'hôpital", a ajouté Mme Mallum.

Selon des témoins contactés par l'AFP, la voiture a foncé délibérément sur la foule, à la suite d'une altercation, car la procession bloquait la route.

"La chauffeur s'est disputé avec les enfants, qui l'ont finalement laissé passer, mais de rage et de colère, il a fait demi-tour et leur a foncé dessus", a rapporté Isaac Kwadang, responsable d'un groupe de catéchisme.

"Il l'a fait en connaissance de cause", a affirmé M. Kwadang qui a assisté à la scène.

Voir plus

XS
SM
MD
LG