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La Russie bloque à l'ONU un rapport critique sur la Corée du Nord

Le représentant permanent de la Russie à l'ONU, Vassily Nebenzia, pendant une réunion du Conseil de sécurité, New York, le 5 avril 2018.

La Russie bloque à l'ONU un rapport critique d'experts chargés de l'application des sanctions internationales contre la Corée du Nord, car Moscou est en désaccord sur certains de ses éléments, une première depuis l'imposition en 2017 de vastes mesures économiques contre ce pays.

"La discussion a été vive", a affirmé jeudi à des médias l'ambassadeur russe Vassily Nebenzia à l'issue d'une réunion à huis clos des 15 membres du Conseil de sécurité dans une petite salle dédiée aux rencontres informelles.

Son étroitesse et la proximité des ambassadeurs autour d'une table en forme de fer à cheval sont censés faciliter les échanges et les compromis.

"Le rapport est suspendu car nous sommes en désaccord sur certains éléments et sur la manière dont le processus est conduit", a indiqué M. Nebenzia, sans préciser les points en question.

Selon une source diplomatique s'exprimant sous couvert d'anonymat, la Russie reproche notamment aux experts de mentionner dans leur document que la Corée du Nord a dépassé en 2018 son quota d'importation de pétrole fixé par une résolution de sanctions adoptée en 2017.

Les Etats-Unis avaient réclamé en vain en juillet l'arrêt de toute exportation de pétrole à destination de la Corée du Nord en affirmant, photos satellitaires à l'appui et par une savante estimation des tonnages de navires pris en flagrant délit, que des transbordements illégaux en haute mer avaient permis à Pyongyang d'importer davantage de pétrole qu'autorisé par l'ONU.

Dans la bureaucratie onusienne, les rapports réalisés par des experts de l'ONU sont transmis au Comité de sanctions créé pour tel ou tel pays. Les quinze membres de la plus haute instance de l'ONU siègent dans ce Comité qui, après examen, transmet formellement le document des experts au Conseil de sécurité pour être publié.

"Plusieurs de nos préoccupations exprimées lors d'une réunion du Comité de sanctions (chargé de la Corée du Nord) n'ont pas été prises en compte. C'est pour cela que le rapport est suspendu pour le moment", a expliqué Vassily Nebenzia.

- "Fuites" -

Ambassadrice du Royaume Uni et présidente en exercice du Conseil de sécurité en août, Karen Pierce a confirmé que les 15 "n'avaient pas été en mesure de résoudre le problème immédiat" de la diffusion du document. "Nous avons demandé à l'ambassadeur russe de dire exactement ce qui ne leur allait pas dans le rapport mais ils n'ont pas été capables de le faire", a-t-elle précisé.

"Nous voulons bien sûr nous assurer que ces objections sont substantielles et réelles, et non vexatoires", a précisé Karen Pierce. "Nous devons publier ce rapport, il doit être remis aux membres de l'ONU. Le Conseil de sécurité est très engagé dans une application des sanctions contre la Corée du Nord et avoir ce rapport publié et appliqué", a-t-elle insisté.

Le rapport des experts auquel avait eu accès l'AFP début août à l'instar d'autres médias souligne que la Corée du Nord "n'a pas stoppé ses programmes nucléaire et balistique et a continué de défier les résolutions du Conseil de sécurité à travers une hausse massive des transferts illicites de produits pétroliers en mer en 2018".

Il pointe également des violations d'une interdiction d'exportation du charbon, du fer et d'autres marchandises nord-coréennes qui ont rapporté plusieurs millions de dollars au régime de Kim Jong Un. Ces violations ont rendu les dernières sanctions "sans effet", ajoute le texte.

"Nous avons avec d'autres délégations exprimé notre préoccupation face aux fuites régulières à destination des médias d'informations venant du Comité de sanctions chargé de la Corée du Nord", a aussi indiqué Vassily Nebenzia. "Nous avons demandé une enquête sur l'origine de ces fuites mais certains membres du Conseil n'en veulent pas et nous allons travailler sur ce sujet de manière individuelle".

Karen Pierce a convenu que "faire fuiter des documents, quand cela arrive, devait être critiqué et déploré".

De nouvelles discussions informelles entre membres du Conseil de sécurité sont prévues ces jours prochains pour tenter de débloquer la situation. La présidence tournante du Conseil de sécurité revient à compter de ce vendredi soir et pour tout le mois de septembre aux Etats-Unis.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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