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La reine promulgue le Brexit à huit jours du grand départ

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Le divorce sera bientôt consommé: la reine Elizabeth II a promulgué jeudi l'accord de Brexit, une des dernières étapes avant que le Royaume-Uni ne largue définitivement les amarres fin janvier, après plus de trois ans de déchirements.

A huit jours du grand saut, Elizabeth II a donné son consentement royal au texte réglant les modalités de la rupture après 47 ans d'un mariage tumultueux avec l'Union européenne, a annoncé sur Twitter le ministre du Brexit, Steve Barclay.

Le texte avait été adopté définitivement mercredi soir par le Parlement.

"Parfois, nous avions l'impression que nous ne franchirions jamais la ligne d'arrivée du Brexit, mais nous l'avons fait", avait réagi, à la suite de ce vote, Boris Johnson dans un communiqué. "Nous pouvons maintenant oublier les rancœurs et les divisions de ces trois dernières années et nous concentrer sur la mise en œuvre d'un avenir radieux et palpitant".

Mais le sujet continue de nourrir les passions. Aussitôt l'annonce de la promulgation, le chef du groupe des indépendantistes écossais du SNP, Ian Blackford, a dénoncé une "crise constitutionnelle", car le parlement écossais n'a pas approuvé l'accord de Brexit. Lors du référendum de 2016, 62% des Ecossais avaient voté en faveur du maintien dans l'UE.

Pour la députée des Verts, Caroline Lucas, c'est un "moment d'énorme regret": Avec cette promulgation, "nous rejetons le droit de travailler, étudier, vivre et aimer dans 27 pays".

Le traité de retrait doit encore être ratifié par le Parlement européen, le 29 janvier, pour que le Royaume-Uni puisse devenir le premier pays membre à quitter l'UE, le 31 janvier à 23H00 (heure de Londres et GMT), et tourner la page de trois ans d'atermoiements et de débats acrimonieux.

Le bouillonnant Boris Johnson a réussi là où la précédente locataire de Downing Street, Theresa May, s'est cassé les dents. La promulgation du texte, qui traduit dans la loi britannique l'accord de divorce de 535 pages conclu en octobre, marque une grande victoire pour le dirigeant conservateur, arrivé au pouvoir en juillet 2019 en se posant en sauveur du Brexit.

- Négociations complexes -

Depuis le référendum de juin 2016, remporté à 52% par le "Leave", le Parlement dépourvu de majorité nette était déchiré sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, plongeant le pays dans le chaos politique et entraînant trois reports du Brexit.

L'écrasante victoire des conservateurs aux élections législatives du mois dernier a changé la donne.

L'accord de Brexit règle les modalités du divorce en garantissant notamment les droits des citoyens et en résolvant le casse-tête de la frontière irlandaise.

Surtout, il vise à garantir une rupture en douceur en prévoyant une période de transition courant jusqu'à la fin 2020, durant laquelle le Royaume-Uni et l'UE négocieront leur relation future, notamment en matière commerciale.

Mais si le Royaume-Uni s'apprête à entamer un nouveau chapitre de son Histoire, il devra encore affronter des défis de taille, surtout les négociations qui s'annoncent d'ores et déjà complexes avec l'UE, son principal partenaire commercial.

Londres souhaite aboutir en un temps record, avant la fin de l'année, et exclut toute prolongation de la période transitoire, durant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes sans prendre part aux décisions. Le calendrier est jugé très serré à Bruxelles.

"Nous abordons la prochaine étape de ce processus dans un esprit amical et nous ne voyons pas pourquoi nous ne pourrions pas obtenir un accord global avec l'UE qui marche pour les deux camps d'ici à la fin 2020", a déclaré jeudi le porte-parole du Premier ministre.

Dans le même temps, Londres compte bien négocier ses propres traités de libre-échange avec des pays tiers et fait particulièrement les yeux doux aux Etats-Unis, lesquels espèrent en conclure un "cette année", a dit jeudi à Davos le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

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Au Royaume-Uni, le nouveau système d'immigration post-Brexit inquiète

Les partisans du Brexit célèbrent le départ de la Grande-Bretagne de l'UE, alors que des manifestants anti-Brexit marchent en sens inverse à Londres, en Grande-Bretagne, le 31 janvier 2020. (REUTERS/Henry Nicholls)

Suscitant la crainte d'une pénurie de main-d'oeuvre, le nouveau système d'immigration post-Brexit dévoilé mercredi par le gouvernement britannique a été immédiatement fustigé par l'opposition et certains professionnels, qui y voient un danger pour des secteurs comme la santé ou l'industrie alimentaire.

Cette réforme concrétise l'une des principales promesses du Premier ministre Boris Johnson, ardent défenseur du Brexit, entré en vigueur le 31 janvier.

Pour obtenir un visa de travail à partir de l'an prochain, les nouveaux arrivants au Royaume-Uni doivent présenter des compétences spécifiques: parler anglais et avoir déjà une proposition d'emploi avec un salaire minimum annuel de 25.600 livres (30.820 euros), excluant ainsi les travailleurs peu qualifiés ou peu rémunérés.

La ministre de l'Intérieur Priti Patel a qualifié ces réformes de "fermes et justes", déclarant qu'elles faciliteraient l'obtention de visas pour les travailleurs hautement qualifiés.

"Notre économie ne doit plus dépendre d'une main-d'oeuvre bon marché en provenance d'Europe, mais se concentrer plutôt sur l'investissement dans la technologie et l'automatisation", a-t-elle déclaré dans le document détaillant les mesures, demandant aux employeurs de "s'adapter".

Mais selon Carolyn Fairbairn, directrice générale de la CBI, la principale organisation patronale, "les entreprises savent qu'elle ne doivent pas choisir entre recruter à l'étranger ou investir dans les compétences de leurs salariés et les nouvelles technologies". "Les deux sont nécessaires pour faire fonctionner l'économie", a-t-elle souligné dans un communiqué. Selon la CBI, des secteurs comme la santé, la construction, l'hôtellerie et la restauration risquent d'être les plus touchés.

Le plan impose à chaque travailleur étranger d'accumuler 70 points pour pouvoir obtenir un permis de travail. Il octroie un maximum de 20 points aux candidats qui gagnent au moins 30.820 euros par an et aucun point à ceux qui obtiendront le minimum requis de 24.600 euros. Vingt points iront à ceux qui feront preuve de "compétences appropriées" et vingt de plus à ceux qui parlent l'anglais à un "niveau requis". Il met sur le même plan les citoyens européens et non-européens.

-"Désastre absolu" -

Ces exigences ont suscité de fortes inquiétudes dans les secteurs qui emploient des travailleurs peu qualifiés ou peu rémunérés.

Dans la santé, ces mesures "vont provoquer un désastre absolu", a estimé Christina McAnea, responsable du principal syndicat du secteur public.

"Les entreprises et les autorités locales ne réussissent pas à embaucher assez de personnel au sein du Royaume-Uni, donc ils doivent se reposer sur des travailleurs venus d'ailleurs", a-t-elle expliqué. "Mais même avec ces travailleurs immigrés, il n'y a pas assez de monde pour répondre à la demande."

La Fédération de l'alimentation et des boissons s'est inquiétée d'une éventuelle pénurie dans les métiers peu qualifiés comme "les assistants en boulangerie, les employés d'abattoir et tous ceux essentiels à toute une gamme de production de denrées alimentaires de base".

La présidente du Syndicat national des agriculteurs, Minette Batters, a prédit de "graves conséquences pour le secteur agricole" où l'automatisation "n'est pas encore une option viable".

"Ce système basé sur un niveau de salaire aura tellement d'exceptions (...) qu'il perdra son sens", a relevé Diane Abbott, chargée de l'Intérieur au sein du Parti travailliste, principale formation d'opposition.

Ces mesures doivent entrer en vigueur au 1er janvier 2021, à l'issue de la période de transition qui a débuté après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le 31 janvier.

Mais selon le petit parti europhile libéral démocrate, dix mois ne suffiront pas aux entreprises pour se préparer, risquant de provoquer "le chaos et la confusion".

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a dénoncé des mesures "dévastatrices" pour l'économie écossaise. "Notre démographie (en berne) fait que nous devons continuer d'attirer du monde ici", a-t-elle tweeté, "et ça rend cela tellement plus difficile".

Le ministère estime, lui, se conformer au "message clair" envoyé par le peuple britannique lors du référendum de 2016 qui a voté la sortie de l'Union européenne. Le contrôle de l'immigration avait été l'un des grands thèmes de la campagne.

Ces mesures ne concernent pas les quelque 3,2 millions de ressortissants de l'UE qui auront demandé à résider en Grande-Bretagne avant la fin de la transition.

L'Allemagne crée un minimum vieillesse pour les plus pauvres

La chancelière allemande Angela Merkel devant la presse à Moscou, en Russie, le samedi 11 janvier 2020. (AP Photo/Pavel Golovkin, Pool)

Le gouvernement allemand a décidé mercredi d'instaurer un minimum vieillesse pour les plus pauvres, un sujet qui a longtemps menacé l'avenir de la coalition d'Angela Merkel entre conservateurs et sociaux-démocrates.

A partir de l'année prochaine, environ 1,3 million de retraités percevant de faibles pensions vont ainsi recevoir un supplément, une mesure qui coûtera 1,3 milliard d'euros par an, selon le projet de loi adopté en conseil des ministres.

"La création de cette retraite minimum va contribuer à davantage de justice sociale dans notre pays", a estimé le ministre social-démocrate du Travail Hubertus Heil, qui portait ce projet.

Ce dernier profitera "surtout aux femmes", qui représentent environ 70% des personnes appelées à bénéficier du relèvement, notamment dans le secteur des services peu rémunérés, comme la gastronomie.

Et le coup de pouce bénéficiera "surtout à l'Est du pays", l'ancienne RDA communiste où le pouvoir d'achat moyen de la population reste inférieur à celui de l'Ouest du pays, nourrissant une frustration qui profite particulièrement à l'extrême droite sur le plan politique. Cette dernière y a ses principaux fiefs.

Selon le ministère du Travail, une coiffeuse ayant cotisé 40 ans au niveau du salaire minimum devrait ainsi voir sa retraite passer de 512 euros aujourd'hui à 960 euros par mois.

Les conservateurs d'Angela Merkel ont longtemps bloqué cette réforme dont les sociaux-démocrates du SPD avaient fait une priorité du mandat, allant même jusqu'à menacer de quitter la coalition l'an dernier faute d'accord.

Le SPD est en chute libre dans les sondages et espère remonter la pente en se donnant un profil plus à gauche. Le parti a récemment élu un duo de présidents sur cette ligne.

Les conservateurs CDU et CSU voulaient au départ conditionner le relèvement de la retraite au patrimoine total des pensionnés, ce que refusaient les sociaux-démocrates.

Au final les deux camps se sont mis d'accord pour qu'il dépende du seul niveau de revenu des personnes concernées. Le coup de pouce sera versé intégralement aux retraités ayant cotisé au moins 33 années et percevant une pension ne dépassant pas 1.250 euros, le plafond montant à 1.950 euros pour un couple.

L'idée de la réforme est née du constat que certains retraités pauvres en Allemagne se retrouvaient au final, malgré une vie entière de labeur, avec une pension inférieure ou égale à l'aide sociale.

Les syndicats et associations caritatives ont salué le geste mais l'ont jugé insuffisant.

Harry et Meghan en retrait de la monarchie le 31 mars

Le prince Harry et sa femme Meghan, duchesse du Sussex, avec leur fils Archie, devant l'archevêque Desmond Tutu au Cap, en Afrique du Sud, le 25 septembre 2019. (REUTERS/Toby Melville/Pool)

Le prince Harry et son épouse Meghan commenceront officiellement leur nouvelle vie en retrait de la famille royale britannique le 31 mars, a annoncé mercredi leur porte-parole, au moment où leur utilisation de l'appellation "Sussex Royal" est en question.

Le couple, qui a ébranlé la monarchie britannique le mois dernier en annonçant sa décision, n'aura plus de bureaux au palais de Buckingham, où réside la reine Elizabeth II, à partir du 1er avril et sera représenté par son organisation caritative britannique.

Selon la porte-parole du couple, le prince Harry conservera finalement ses rangs militaires, auxquels il est très attaché.

La décision du prince et de son épouse de se mettre en retrait implique qu'ils renoncent à utiliser leur titre d'altesse royale, avait annoncé le palais de Buckingham.

Mais le couple utilise l'appellation "Sussex Royal" sur son compte Instagram, qui rassemble 11,2 millions d'abonnés, et leur site internet officiel, et l'a également déposée pour des dizaines de produits.

"Comme le Duc et la Duchesse de Sussex se retirent de leur rôle de premier plan de la famille royale et travailleront pour accéder à l'indépendance financière, l'usage du terme +royal+, dans ce contexte nécessite d'être reconsidéré", a déclaré une source royale à l'agence britannique Press Association. Les discussions sont en cours, selon cette source.

Selon le tabloïd Daily Mail, de hauts responsables au sein de la couronne britannique ont déjà convenu qu'il n'est plus "tenable" que le couple continue à utiliser le terme "royal".

Le prince de 35 ans, sixième dans l'ordre de succession au trône et son épouse, ancienne actrice américaine de 38 ans, se sont installés au début de l'année dans une luxueuse villa en périphérie de Victoria, sur la côte ouest du Canada avec leur fils Archie, né en mai.

Harry et Meghan ont utilisé pour la première fois l'appellation Sussex Royal lorsqu'ils ont pris leurs distances avec le prince William et son épouse Kate. Les deux frères se sont éloignés ces derniers mois, Harry expliquant en octobre qu'ils suivaient des "chemins différents".

Espagne : suppression du licenciement pour arrêts maladie

Le chef du parti Podemos, Pablo Iglesias, au centre, applaudit au Parlement espagnol à Madrid, Espagne, le 7 janvier 2020. (AP Photo/Manu Fernandez)

Le gouvernement de gauche espagnol a supprimé mardi la possibilité pour les entreprises de licencier des employés pour arrêts maladie répétés, une disposition controversée du code du travail que les conservateurs avaient durcie en 2012.

"Nous envoyons à notre société le message qu'à partir d'aujourd'hui, personne ne sera licencié en ayant un arrêt maladie qui justifie son absence", a déclaré lors d'une conférence de presse la ministre du Travail Yolanda Diaz, membre du parti de gauche radicale Podemos, qui gouverne en coalition avec les socialistes.

Cette mesure permettait par exemple de licencier une personne ayant manqué huit jours ou plus de travail en deux mois, même si elle disposait d'un certificat médical, si le nombre de journées de travail manquées sur les douze mois précédents atteignait 5% du total.

En 2012, lors d'une vaste réforme du marché du travail, le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy avait facilité ce type de licenciement en supprimant la condition que l'abstentéisme atteigne 2,5% dans l'entreprise.

"Nous réparons une anomalie que présentait notre pays par rapport à ses voisins" a souligné la ministre, qui a promis que le gouvernement allait continuer à abroger des mesures issues de cette réforme, l'une des principales promesses de la coalition.

La réforme, destinée à relancer l'emploi après la crise, avait réduit drastiquement les indemnités de licenciement et autorisé les licenciements collectifs sans motif économique.

Les détracteurs de cette réforme l'accusent d'avoir fortement précarisé le marché du travail, en facilitant notamment le recours aux contrats temporaires, dont l'Espagne détient le record d'Europe.

Mais le Fonds monétaire international (FMI) a estimé dans un récent rapport qu'elle avait permis "d'améliorer les performances de l'emploi".

Coronavirus : la Russie interdit aux Chinois l'entrée sur son territoire

Un avion militaire russe fait atterrir du personnel après un vol en provenance de Wuhan le 5 février 2020. (Yuri Shestak/Vsluh.ru/Handout via REUTERS)

La Russie a annoncé mardi son intention d'interdire l'entrée sur son territoire aux ressortissants chinois à partir de jeudi, une nouvelle mesure drastique destinée à enrayer la propagation de l'épidémie du coronavirus.

"L'entrée des ressortissants chinois via les frontières russes est suspendue à partir du 20 février pour les voyages de travail, les voyages privés, les études et le tourisme", a déclaré Tatiana Golikova, la vice-Première ministre chargée de la Santé, citée par les agences de presse russes.

Cette décision a été prise "en raison de l'aggravation de l'épidémie en Chine et du fait que des ressortissants chinois continuent d'arriver sur le territoire russe", a expliqué Mme Golikova, également à la tête du groupe de travail chargé de la lutte contre le coronavirus.

Coronavirus : près de 1.900 morts, mais l'OMS se veut rassurante
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De nombreux Chinois sont présents en Russie, qu'ils soient touristes, étudiants ou qu'ils y travaillent, et les aéroports russes sont massivement utilisés comme point de transit entre la Chine et l'Europe.

Les autorités russes ont pris des mesures très strictes pour empêcher la propagation du Covid-19, qui a fait à ce jour près de 1.900 morts dans le monde. Moscou a notamment ordonné la fermeture des quelque 4.250 km de frontières entre la Russie avec la Chine, la coupure des liaisons ferroviaires et la restriction du nombre des vols vers des villes chinoises.

La Russie n'a officiellement plus de malades du nouveau coronavirus sur son territoire après la sortie de l'hôpital la semaine dernière des deux seuls patients, des ressortissants chinois. Dans les deux cas, l'infection était légère, selon les médecins russes.

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