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Les députés britanniques reprennent leurs travaux sur le Brexit

Le Premier ministre britannique Boris Johnson à la Chambre des communes à Londres le 22 octobre 2019. (Photo de JESSICA TAYLOR / PARLEMENT ROYAUME-UNI / AFP)

Après un premier vote qui a mis le Brexit sur les rails juste avant la trêve de fin d'année, les députés britanniques reprennent mardi leurs travaux pour sortir leur pays de l'Union européenne à la fin du mois.

Plus de trois ans et demi après le référendum de 2016 où le Royaume-Uni a voté à 52% pour le "Leave" et après trois reports de la date fatidique, le Premier ministre conservateur Boris Johnson souhaite faire adopter cette semaine par la Chambre des communes la loi d'application de l'accord de Brexit.

Loin des mois de psychodrame et de paralysie qui ont marqué 2019, c'est un Parlement tout acquis à la cause du chef du gouvernement qui poursuit l'examen du Brexit de Boris Johnson. Il dispose à la Chambre des communes de la plus forte majorité parlementaire pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher dans les années 1980.

Le projet de loi, qui a passé haut la main le 20 décembre l'épreuve du premier vote, avec 358 voix pour (234 contre), doit de nouveau être soumis au suffrage des députés jeudi. Il peut d'ici là faire l'objet d'amendements, mais aucun bouleversement n'est attendu.

Une fois définitivement adopté par le Parlement britannique, après son passage à la Chambre des Lords et l'assentiment de la reine Elizabeth II, il ne restera plus à ce texte qu'à être ratifié par le Parlement européen.

Le Royaume-Uni quittera l'Union européenne le 31 janvier à 23h00 (heure locale et GMT), après 47 ans d'une vie commune mouvementée.

S'ouvrira alors une période de transition, censée permettre une séparation en douceur, durant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes et d'en bénéficier - sans siéger dans les institutions européennes ni avoir leur mot à dire sur les décisions.

S'engageront surtout des discussions au pas de charge entre Londres et Bruxelles pour établir leur relation future et conclure un accord commercial.

- "Immense défi" -

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se rend mercredi dans la capitale britannique pour s'entretenir avec Boris Johnson. Il s'agira de la première rencontre depuis la prise de fonction de Mme von der Leyen début décembre.

La dirigeante européenne pourra exprimer de vive voix à Boris Johnson ses réserves sur le choix du Premier ministre britannique d'exclure d'emblée toute prolongation des discussions et tout report de la date butoir du 31 décembre 2020.

"Il me semble que, des deux côtés, nous devrions nous demander sérieusement si toutes ces négociations sont faisables en si peu de temps", a déclaré la cheffe de l'exécutif européen fin décembre dans une interview au quotidien économique français Les Echos.

"Si nous ne pouvons pas conclure d'accord d'ici (fin) 2020, nous serons de nouveau au bord du précipice", a-t-elle déclaré le 18 décembre face aux eurodéputés à Strasbourg. "Ce qui nuirait clairement à nos intérêts. Mais cela aurait plus d'impact sur le Royaume-Uni que sur nous."

"Ses idées sont très claires sur les défis auxquels nous avons à faire face dans l'année qui vient", a déclaré lundi le porte-parole de la Commission, Eric Mamer.

Le négociateur de l'Union européenne Michel Barnier, qui a qualifié d'"immense défi" de mener à bien de telles négociations en 11 mois, participera à la rencontre.

Boris Johnson promettant un accord commercial "ambitieux", "sans alignement avec les règles de l'UE", Bruxelles craint une volonté de faire du Royaume-Uni une sorte de nouveau Singapour, qui essaierait de vendre des marchandises dans l'UE à un prix plus bas en abaissant le niveau des normes qui protègent les travailleurs, les consommateurs et l'environnement.

Selon le Sunday Times, certains au sein du gouvernement exhortent Boris Johnson à mener des discussions en parallèle avec les Etats-Unis de Donald Trump pour faire pression sur l'Union européenne lors des négociations.

Interrogé à cet égard lundi, le porte-parole du chef du gouvernement a déclaré que le Royaume-Uni est "libre de mener des discussions commerciales avec des pays partout dans le monde".

Avec AFP

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UE: la Commission et le Conseil signent l'accord de Brexit avant la ratification par le Parlemen

Ursula von der Leyen et Charles Michel, respectivement présidents de la Commission et du Conseil européens ont validé l'accord de Brexit.

Les présidents de la Commission européenne et du Conseil ont signé vendredi l'accord de Brexit approuvé par le Royaume-Uni pour permettre sa ratification par le Parlement européen, a annoncé Ursula von der Leyen.

"Nous avons avec Charles Michel signé l'accord pour la sortie du Royaume-Uni, ouvrant la voie à sa ratification par le Parlement européen", a annoncé la présidente de la Commission européenne dans un message sur son compte tweeter.

Avec l'aval formel d'Ursula von der Leyen et de Charles Michel, le texte va maintenant être soumis au Parlement européen le 29 janvier pour ratification. Puis, jeudi prochain, les diplomates des États membres de l'UE approuveront par écrit l'accord, assurant ainsi le départ en bon ordre de la Grande-Bretagne le 31 janvier à minuit.

"Les choses vont inévitablement changer, mais notre amitié restera. Nous entamons un nouveau chapitre en tant que partenaires et alliés", a souligné le président du Conseil dans un tweet sur son compte officiel. Et il a ajouté, en français: "Je tiens à écrire cette nouvelle page ensemble".

Le négociateur de l'UE, le Français Michel Barnier, a assisté à cette signature organisée tôt au siège de la Commission européenne à Bruxelles car le président du Conseil européen se rend ensuite à Tirana.

L'accord doit être envoyé à Londres pour être paraphé par le Premier ministre Boris Johnson.

Elizabeth II a donné jeudi son consentement royal au texte réglant les modalités de la rupture après 47 ans d'un mariage tumultueux avec l'Union européenne. Le texte avait été adopté définitivement mercredi soir par le Parlement britannique.

Le Parlement européen sera la dernière instance à se prononcer. Les élus membres de la commission des Affaires constitutionnelles ont recommandé jeudi soir à une très large majorité de 23 voix contre 3 de l'approuver lors du vote en plénière le 29 janvier.

Le travailliste britanniques Richard Corbett, un des trois élus européens ayant voté contre la recommandation en faveur du vote de l'accord par le Parlement européen, a dénoncé un "Brexit qui n'est plus depuis longtemps la volonté du peuple britannique". Il a assuré qu'il voterait à nouveau contre lors du vote le 29 janvier.

Le départ officiel s'accompagne d'une période de transition jusqu'à la fin de l'année 2020. Le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles de l'UE durant cette période, sans toutefois prendre part aux décisions communautaires.

Il s'agit de permettre une sortie en douceur. Ce laps de temps doit aussi permettre aux deux parties de négocier leur future relation, en particulier un accord de commerce. Mais il est jugé particulièrement court pour une telle négociation.

La reine promulgue le Brexit à huit jours du grand départ

Elizabeth 2

Le divorce sera bientôt consommé: la reine Elizabeth II a promulgué jeudi l'accord de Brexit, une des dernières étapes avant que le Royaume-Uni ne largue définitivement les amarres fin janvier, après plus de trois ans de déchirements.

A huit jours du grand saut, Elizabeth II a donné son consentement royal au texte réglant les modalités de la rupture après 47 ans d'un mariage tumultueux avec l'Union européenne, a annoncé sur Twitter le ministre du Brexit, Steve Barclay.

Le texte avait été adopté définitivement mercredi soir par le Parlement.

"Parfois, nous avions l'impression que nous ne franchirions jamais la ligne d'arrivée du Brexit, mais nous l'avons fait", avait réagi, à la suite de ce vote, Boris Johnson dans un communiqué. "Nous pouvons maintenant oublier les rancœurs et les divisions de ces trois dernières années et nous concentrer sur la mise en œuvre d'un avenir radieux et palpitant".

Mais le sujet continue de nourrir les passions. Aussitôt l'annonce de la promulgation, le chef du groupe des indépendantistes écossais du SNP, Ian Blackford, a dénoncé une "crise constitutionnelle", car le parlement écossais n'a pas approuvé l'accord de Brexit. Lors du référendum de 2016, 62% des Ecossais avaient voté en faveur du maintien dans l'UE.

Pour la députée des Verts, Caroline Lucas, c'est un "moment d'énorme regret": Avec cette promulgation, "nous rejetons le droit de travailler, étudier, vivre et aimer dans 27 pays".

Le traité de retrait doit encore être ratifié par le Parlement européen, le 29 janvier, pour que le Royaume-Uni puisse devenir le premier pays membre à quitter l'UE, le 31 janvier à 23H00 (heure de Londres et GMT), et tourner la page de trois ans d'atermoiements et de débats acrimonieux.

Le bouillonnant Boris Johnson a réussi là où la précédente locataire de Downing Street, Theresa May, s'est cassé les dents. La promulgation du texte, qui traduit dans la loi britannique l'accord de divorce de 535 pages conclu en octobre, marque une grande victoire pour le dirigeant conservateur, arrivé au pouvoir en juillet 2019 en se posant en sauveur du Brexit.

- Négociations complexes -

Depuis le référendum de juin 2016, remporté à 52% par le "Leave", le Parlement dépourvu de majorité nette était déchiré sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, plongeant le pays dans le chaos politique et entraînant trois reports du Brexit.

L'écrasante victoire des conservateurs aux élections législatives du mois dernier a changé la donne.

L'accord de Brexit règle les modalités du divorce en garantissant notamment les droits des citoyens et en résolvant le casse-tête de la frontière irlandaise.

Surtout, il vise à garantir une rupture en douceur en prévoyant une période de transition courant jusqu'à la fin 2020, durant laquelle le Royaume-Uni et l'UE négocieront leur relation future, notamment en matière commerciale.

Mais si le Royaume-Uni s'apprête à entamer un nouveau chapitre de son Histoire, il devra encore affronter des défis de taille, surtout les négociations qui s'annoncent d'ores et déjà complexes avec l'UE, son principal partenaire commercial.

Londres souhaite aboutir en un temps record, avant la fin de l'année, et exclut toute prolongation de la période transitoire, durant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes sans prendre part aux décisions. Le calendrier est jugé très serré à Bruxelles.

"Nous abordons la prochaine étape de ce processus dans un esprit amical et nous ne voyons pas pourquoi nous ne pourrions pas obtenir un accord global avec l'UE qui marche pour les deux camps d'ici à la fin 2020", a déclaré jeudi le porte-parole du Premier ministre.

Dans le même temps, Londres compte bien négocier ses propres traités de libre-échange avec des pays tiers et fait particulièrement les yeux doux aux Etats-Unis, lesquels espèrent en conclure un "cette année", a dit jeudi à Davos le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

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