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Donald Trump proche d'un succès majeur sur la baisse des impôts


Le président Donald Trump lors de son discours sur la stratégie sécuritaire à Washington, le 18 décembre 2017.

Le Congrès américain devrait adopter mardi la première grande réforme du mandat du président Donald Trump, une vaste refonte de la fiscalité et des baisses d'impôts qui faisaient partie de ses priorités pour 2017.

Présenté par le milliardaire comme un "cadeau de Noël" aux Américains, le réforme sera adoptée, sauf coup de théâtre, mardi en dernière lecture lors de votes successifs de la Chambre des représentants et du Sénat. La minorité démocrate est unanimement opposée mais la majorité républicaine est unie, après quelques sueurs froides et plusieurs semaines d'intenses marchandages.

Le calendrier a été respecté: les chefs du Congrès visaient la fin de l'année pour l'adoption définitive.

Le locataire de la Maison Blanche venge ainsi l'échec de l'abrogation de la loi sur l'assurance maladie de Barack Obama, torpillée par des défections au sein de son propre camp en septembre.

>> Lire aussi: La réforme fiscale, "cadeau de Noël" pour la classe moyenne, promet Trump

La réforme réduira dès 2018 les impôts fédéraux sur les sociétés et sur le revenu, à un coût de 1.500 milliards de dollars pour les finances publiques sur la prochaine décennie. Mais Donald Trump espèrent qu'elle fera accélérer le moteur économique américain au-delà des 3% actuels, ce qui génèrerait en retour de nouvelles recettes fiscales.

La Banque centrale américaine a déjà relevé, la semaine dernière, ses prévisions de croissance de 2,1% à 2,5% pour 2018.

"La Bourse et l'économie vont continuer à monter une fois que la loi de baisse d'impôts sera complètement comprise dans son ampleur et sa taille", a tweeté le milliardaire mardi. "Profitez-en et créez plein de beaux emplois!"

La réforme était également censée simplifier le code des impôts afin que les Américains puissent remplir leurs déclarations de revenus sur une "carte postale". Mais la promesse a fait long feu, les lobbies ayant réussi à sauver tel abattement ou telle niche fiscale, par exemple sur la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers.

Et si la baisse d'impôts est permanente pour les sociétés, elle ne durera que jusqu'en 2025 pour les ménages, faute d'accord à plus long terme. Le gain de pouvoir d'achat pour les familles s'érodera ainsi progressivement sur la prochaine décennie, jusqu'à s'annuler pour la moitié d'entre eux en 2027, selon le Tax Policy Center.

Théorie du 'ruissellement'

L'adoption serait néanmoins une victoire politique majeure pour le président Trump, dont la première année au pouvoir a été mouvementée. Il a essuyé des défaites lors d'élections locales ces derniers mois, et ses relations avec ses alliés parlementaires ont connu des hauts et des bas, le dirigeant n'hésitant pas à tancer les élus quand ils n'obtempéraient pas.

Pour cette réforme symbolique, priorité du parti républicain depuis des années, ils ont mis leurs différends en sourdine, conscients qu'un nouveau cafouillage garantirait leur rejet par les électeurs aux législatives de novembre 2018.

Avec une touche dramatique, le sénateur Lindsey Graham avait prédit la mort du parti s'il ne tenait pas au moins cette promesse-là.

Cerise pour le gâteau pour les conservateurs, le texte inclut aussi deux de leurs grandes revendications: l'annulation de l'amende imposée par "Obamacare" aux Américains qui ne sont pas assurés, et qui servait à inciter les gens à souscrire une couverture; et l'ouverture de terres protégées de l'Alaska aux forages pétroliers.

>> Lire aussi: Ultimes négociations au Congrès américain sur la réforme fiscale

Les démocrates, eux, dépeignent la loi comme un cadeau aux plus riches et aux entreprises.

"Tout ce que les républicains ont à dire à la classe moyenne, c'est la théorie du ruissellement. Mes amis, plus personne ne croit au ruissellement sauf une poignée de gens riches et avides qui semblent contrôler tout ce que vous dites et faites avec cette réforme", a lancé Chuck Schumer, chef de l'opposition au Sénat.

Pour finir l'année sur cette victoire politique, il restera toutefois au Congrès à s'entendre sur le budget avant vendredi soir, afin d'éviter une paralysie fédérale juste avant les fêtes de fin d'année.

Avec AFP

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