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La RDC au seuil d'une semaine politique intense avec le retour de Katumbi

L'opposant congolais en exil Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle en République démocratique du Congo, à Kigali, Rwanda, le 27 avril 2018.

Le retour de l'opposant Moïse Katumbi, annoncé lundi à Lubumbashi, marque le coup d'envoi d'une semaine politique intense en RDC, avec la nomination attendue d'un Premier ministre de consensus entre l'actuel président Félix Tshisekedi et son prédécesseur, le "président honoraire" Joseph Kabila.


Allié puis adversaire de l'ancien président Kabila, Moïse Katumbi est attendu dans la capitale du Katanga minier trois ans jour pour jour après son départ, en pleine tourmente judiciaire.

"Aujourd'hui déjà en Afrique...et demain, de retour sur ma terre natale, auprès de mon peuple, avec les miens", a déclaré sur Twitter Moïse Katumbi qui pourrait rejoindre Lubumbashi depuis l'Afrique du Sud en jet privé.

Aucune autorité n'a indiqué qu'il pourrait être empêché d'arriver. Début août dernier, sous le régime Kabila, l'opposant avait tenté en vain de rentrer au Congo par voie terrestre pour déposer sa canditure à l'élection présidentielle.

L'ex-gouverneur du Katanga, riche homme d'affaires et président du club de foot TP Mazembe, avait été qualifié de "Judas" par M. Kabila. Son retour au pays, après l'annulation d'une condamnation à trois ans de prison, marque un signe de détente, quatre mois après l'investiture du nouveau président Félix Tshisekedi.

"Je suis dans l'opposition", a précisé M. Katumbi qui a soutenu l'autre opposant Martin Fayulu à l'élection présidentielle du 30 décembre 2018. Leur plate-forme électorale "Ensemble pour le changement" doit devenir un parti politique, avec une inconnue de taille: le rôle de l'un et l'autre.

A Lubumbashi, ses partisans ont sillonné dès dimanche les artères de la ville à bord d'un camion remorque bondé, sous une importante présence policière.

"Le retour de Moïse est comparable au retour de Jésus pour les chrétiens. Il vient mettre un terme aux souffrances imposées par Kabila", a osé l'un de ses partisans, Robot Muteba.

Des dizaines de députés ont effectué le déplacement de Lubumbashi. "Rappelez vous que nous étions venus ici lorsqu'il subissait la persécution de l'ancien régime (de Kabila)", a déclaré à l'AFP l'opposant Franck Diongo, lui-même fraichement gracié par le nouveau président Tshisekedi.

Hasard du calendrier, le retour de M. Katumbi correspond avec la visite lundi à Kinshasa du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. "Je ne crois pas au hasard", glisse un conseiller du président Tshisekedi.

La France est l'un des pays européens les plus impliqués dans le dossier de la stabilisation de la RDC, le plus grand pays d'Afrique sub-saharienne. C'est Paris qui prend l'initiative des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies sur la RDC.

M. Le Drian doit rencontrer le président Tshisekedi dans la matinée et doit visiter l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), en pointe dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola dans l'est du pays.

Samedi devant les ambassadeurs de l'Union européenne et du Canada, M. Tshisekedi a annoncé qu'il connaissait le nom de son Premier ministre, et que sa nomination interviendrait dans la semaine.

Le candidat doit pouvoir travailler à la fois avec M. Tshisekedi, proclamé vainqueur de l'élection du 30 décembre, et M. Kabila, dont le Front commun pour le Congo (FCC) a gardé tous les autres leviers du pouvoir.

Les deux hommes sont liés par une "alliance" ou une "coalition". Les partisans de M. Kabila devraient conserver la majorité des postes au gouvernement, avec des négociations sensibles sur les ministères stratégiques comme les Mines.

A la veille de cette semaine peut-être la plus importante depuis les élections, Kinshasa s'est emballée l'espace d'un après-midi au son d'une étrange information: l'arrestation de l'ancien porte-parole du régime Kabila Lambert Mende, finalement très vite relâché.

Interrogé par la presse congolaise, M. Mende affirme avoir été brutalisé et accuse le ministre intérimaire de l'Intérieur Basile Olongo de vouloir lui "faire la peau" pour une "affaire diamants".

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L'armée déployée pour déloger des mineurs artisanaux de concessions minières

Des militaires des Forces armées de la RDC lors d’une opération contre les miliciens Mai Mai dans le Parc de Virunga, Nord-Kivu, juin 2017 (VOA/Charly kasereka)

L'armée congolaise a déployé lundi 600 à 800 hommes pour traquer des mineurs illégaux qui envahissent les concessions de Tenke Fungurume Mining (TFM), une des plus importantes sociétés minières privées du sud-est de la République démocratique du Congo.

L'entreprise chinoise TFM dénonce régulièrement l'envahissement de ses concessions d'une superficie totale de 1.437 km2, situées dans la province de Lualaba (sud-est), par "plus de dix mille" mineurs artisanaux qui y exploitent illégalement des minerais de cuivre et de cobalt, occasionnant un manque à gagner important.

"Depuis hier (lundi), un bataillon est déployé pour une mission de dissuasion afin de pousser les creuseurs artisanaux à quitter volontairement les concessions minières de TFM", a déclaré à l'AFP le colonel Emmanuel Kabamba, porte-parole de l'armée dans le Sud-Est.

"Cette mission va durer jusqu'au 2 juillet. Après, l'armée va déloger de force ces creuseurs illégaux: la durée de l'opération sera d'une semaine", a ajouté l'officier.

"La récente décision du gouvernement de déployer les militaires pour protéger les installations de la compagnie Tenke Fungurume Mining (TFM) est dangereuse et potentiellement contre-productive", a réagi l'Observatoire des ressources en Afrique australe (SARW), une organisation basée en Afrique du Sud.

"A Tenke Fungurume, il n'y a pas de guerre mais des actions de vol perpétrées contre l'entreprise par les creuseurs artisanaux qui sont soutenus, facilités et encouragés par les services de l’État", déplore SARW, dans un communiqué daté de lundi.

"Le déploiement des militaires (...) risque de se transformer en violations intempestives de droits humains, qui peuvent nuire à la réputation de la compagnie et à la chaîne d'approvisionnement du cobalt congolais", prévient SARW.

Cette organisation préconise d'autres solutions, notamment "la suppression de tout achat des minerais dans le voisinage des entreprises minières", la création de périmètres d'exploitation réservés exclusivement aux mineurs artisanaux.

SARW recommande aussi la création d'un "espace de dialogue" pour résoudre cette épineuse question de la présence des mineurs artisanaux dans des périmètres attribués aux entreprises minières.

Tenke Fungurume dispose de gisements considérés comme l'une des plus importantes réserves de cuivre et de cobalt connues au monde, recelant d’abondantes quantités de minerais à haute teneur permettant plusieurs décennies d'exploitation, selon le site de la société.

En mai 2016, l'actionnaire américain Freeport-McMoRan a vendu ses parts à la firme chinoise China Molybdenum pour 2,6 milliards de dollars.

300.000 personnes ont fui les violences en Ituri depuis début juin

Areti, 37 ans, du village de Joo (Mahagoi) dans la province de l'Ituri en RDC, s’est réfugiée, avec sa famille, en Ouganda, 12 avril 2018. (Twitter/MSF).

Plus de 300.000 personnes ont fui les violences inter-ethniques dans le nord-est de la République démocratique du Congo au cours des deux dernières semaines, ont annoncé mardi les Nations unies.

"Les dernières flambées de violence ont poussé plus de 300.000 personnes à partir", a dit Babar Baloch, un porte-parole du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), lors d'un point de presse à Genève.

Il a souligné que la situation dans la province d'Ituri s'était gravement détériorée depuis le milieu de la semaine dernière avec de "multiples attaques" impliquant les communautés hema et lendu.

Le conflit opposant ces deux groupes ethniques avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003 dans cette province riche en or, frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud.

M. Baloch a rappelé que les accrochages entre ces communautés avaient déjà contraint quelque 350.000 personnes à se déplacer à la fin de 2017 et au début de 2018, "mais la situation s'était ensuite calmée".

Des "déplacements de grande ampleur" ont été enregistrés dans trois des cinq territoires administratifs de l'Ituri, en particulier celui de Djugu, a-t-il indiqué.

"Le HCR craint que cette escalade s'étende à de vastes parties de la province", a-t-il ajouté.

Des enfants touchés par les violences en Ituri (vidéo)
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"Nous sommes très inquiets pour la sécurité des civils après avoir été informés de meurtres, de kidnappings, de mutilations et de violences sexuelles", a-t-il dit.

Selon l'ONU, la plupart des personnes déplacées ont trouvé refuge dans des communautés mais quelque 30.000 se sont présentées à des sites d'accueil "où les conditions sont déjà terribles".

Démisssion du vice-président de la Commission électorale

Norbert Basengezi réagit lors de l'annonce du nouveau calendrier électoral pour l'élection présidentielle de décembre 2018 du 5 novembre 2017 à Kinshasa.

Le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), qui est visé par des sanctions américaines, a déposé lundi sa lettre de démission, six mois après l'organisation des élections générales en RDC et à quelques jours de l'expiration du mandat des membres de cette institution.

"Le vice-président Norbert Basengezi a déposé sa lettre de démission aujourd'hui auprès du président de la République et du président de la Céni", a déclaré à l'AFP un responsable de cette institution. "Mais pour être effective, cette décision doit être acceptée par le chef de l'État et par la Céni. Il n'est donc pas automatique que cette décision produise des effets".

"J'ai voulu ne pas gêner mon parti (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie +PPRD+ de l'ancien président Kabila) afin qu'il s'apprête à me trouver un remplaçant" mais aussi à cause de "la fatigue après ce mandat où nous n'avons épargné aucun effort pour accomplir notre mission", a déclaré M. Basengezi à la Radio Top Congo, confirmant sa démission.

Les résultats des élections générales de décembre 2018 qui avaient donné Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle et les partisans de l'ancien président Joseph Kabila majoritaires à l'Assemblée nationale, au Sénat et aux assemblées provinciales, avaient été contestés par la puissante Eglise catholique, l'opposition et des partenaires.

Normalement, le mandat du bureau de la Céni, qui a organisé les élections de décembre 2018, arrive à son terme fin juin après examen par le Parlement de son rapport d'activités. Mais depuis samedi, le Parlement a clôturé ses travaux pour les vacances.

Proche de l'ancien président Joseph Kabila, Norbert Basengezi est considéré comme le vrai patron de la Céni, à côté du président de la Commission, Corneille Nangaa.

Désigné gouverneur du Sud-Kivu sous Laurent-Désiré Kabila en 1998, il fut nommé deuxième vice-président de l'ex-Commission électorale indépendante (CEI) en 2005, puis ministre de l'Agriculture de 2008 à 2011. Réélu député aux élections de 2011, il a quitté l'Assemblée nationale pour retourner à la Céni en 2015.

En mars, le département du Trésor américain avait gelé les avoirs de trois responsables de la Céni: Corneille Nangaa, président de la Céni, son vice-président, Norbert Basengezi, et son fils, Marcellin Basengezi, pour avoir détourné des fonds "à des fins d'enrichissement personnel".

Les personnes concernées ont toujours nié ces accusations.

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