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La radio s'adapte à la technologie pour survivre

La radio est désormais plus écoutée sur les smartphones, comme ici à Dakar, Sénégal, le 13 février 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Toujours présente malgré la concurrence des réseaux sociaux et des nouveaux médias, la radio est appréciée de tous, même si les attentes varient selon les générations.

Ce 13 février est célébrée la journée de la radio, le médium dit nomade qui accompagne les populations africaines de génération en génération. Loin d'être bousculé par la technologie, la radio a su s'adapter pour survivre.

La radio a su s'adapter, selon les citoyens sénégalais
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Jadis, la radio était un poste autour duquel l'on se regroupait pour écouter une information ou une émission. Aujourd'hui, l'usage de la radio est beaucoup plus centré et personnel, comme l'indique Adjana Ndiaye, qui ne cache pas sa nostalgie. "Auparavant, les anciens utilisaient la radio pour écouter les informations à chaud", se souvient-il.

Il ajoute que la radio était bien plus qu'un "simple appareil", c'était un compagnon. Une époque lointaine que regrette ce septuagénaire: "C’est un phénomène qui est en train de disparaître avec la nouvelle technologie, notamment les réseaux sociaux qui exploitent et diffusent l'information d'ici et d'ailleurs à une vitesse incroyable".

Cette mutation est tout à fait normale si l'on se fie au jeune Serigne Oumar Faye. Pour ce trentenaire, l'évolution du monde fait qu'on ne peut plus utiliser la radio comme un médium classique.

"Il n'est plus question d’écouter la radio comme le faisaient nos arrières grands-parents et nos parents qui utilisaient des postes fixes", tranche d'emblée le jeune homme. Il indique que sa génération préfère utiliser la radio via les téléphones portables, car ils peuvent "télécharger facilement des applications, écouter la radio et la transporter avec eux partout où ils vont".

C'est aussi l'avis d'Alioune Fall, un septuagénaire qui vit aussi dans la capitale sénégalaise. Pour lui, la mutation doit être beaucoup plus profonde pour que la radio puisse subsister. "Sans l’information la radio n’a plus sa véritable quintessence", ajoute-t-il.

Une radio soutient les personnes handicapées au Bénin
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Toujours présente malgré la concurrence des réseaux sociaux et des nouveaux médias, la radio est appréciée de tous, même si les attentes varient selon les générations. Si les plus anciens sont nostalgiques de l'époque du poste radio et des chaleureux moments en communauté qu'il offrait, les plus jeunes espèrent une plus grande mutation de la radio.

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L'Afrique au Salon de l’agriculture à Paris

L'Afrique au Salon de l’agriculture à Paris
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L'Etat sénégalais veut diminuer l'achat de véhicules administratifs

Plusieurs véhicules de l’administration mal entretenus ou en panne sont abandonnés dans les cours des services publics. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, le président Macky Sall a décidé de mettre un terme aux achats incontrôlés de véhicules dans l’administration publique. Des dépenses qui ont atteint la somme record de 119 milliards de FCFA lors de son premier mandat.

Après plusieurs promesses de réduction du train de vie de l'État, le président Macky Sall a décidé de frapper fort et cette fois les populations ont bon espoir que cela va porter fruit.

La mesure de restriction, longtemps annoncée, a été officiellement entérinée et a pris effet le 20 février. Bon nombre de citoyens sénégalais espèrent que cela va contribuer à la réduction du train de vie de l'État. Pour leur part, les agents du secteur public espèrent de plus profonds changements.

Mama Diarra Diop, jeune cadre vivant à Dakar, pense que la décision du chef de l'Etat est la bienvenue, pourvu qu'il y ait un suivi rigoureux. "Notre train de vie est excessivement élevé, nos autorités se permettent de faire n’importe quoi avec l’argent du peuple", fulmine-t-il.

M. Diop affirme que les autorités sénégalaises ont la mauvaise habitude de prendre des initiatives ou même des décrets mais après, il n’y a pas de structure adéquate pour en assurer l'exécution. "Au bout de deux, trois ou 5 mois maximum, cette décision va devenir désuète", dé​plore-t-il.

Au-delà du suivi, l'entretien et le recyclage des véhicules peuvent aussi aider l'État à réduire considérablement les dépenses liées à son parc automobile.

C'est l'avis de Mouhamadou Diagne, statisticien économiste. Il constate que durant des années, l'État a effectué des achats d’automobiles alors qu'il y a des voitures qui sont en "bon état" mais qui ne sont plus en circulation par manque d'entretien. Dans certains cas, souligne-t-il, des réparations mineures suffiraient pour les mettre à la disposition des agents. "Chaque nouveau gouvernement veut de nouvelles voitures" plutôt que de faire des économies, soutient-il.

Économiser, c'est bien mais rentabiliser les dépenses, c'est encore mieux si l'on se fie à Moustapha Fall, un fonctionnaire au sein de l'administration sénégalaise. A son avis, la mesure de restriction est opportune mais la manière dont les véhicules de l’administration sont distribués a déjà faussé le débat. Il estime que les véhicules administratifs ne devraient être distribués qu'aux agents qui n'ont pas les moyens de s'acheter une voiture personnelle. Il faut donc "carrément changer le système d'octroi", martèle-t-il.

Pour que la mesure de restriction d'achats des véhicules soit un succès total, le président Sall a demandé un recensement de l’ensemble des véhicules administratifs. Il souhaite aussi réviser la réglementation en vigueur et proposer un schéma de réforme des véhicules âgés de cinq ans et plus.

Enfin, le chef de l'Etat a demandé aux instances compétentes d’examiner, pour les ayants droit rigoureusement retenus, les modalités d’allocation d’une indemnité qui tient compte de l’amortissement du véhicule, le carburant, l’entretien et l’assurance.

Élu initialement en 2012 puis réélu en 2019, Macky Sall a fait de l'amélioration de la gestion des finances publiques l'une des priorités de son "Plan Sénégal Emergent", à travers lequel il se propose d'accélérer le développement du pays.

Le G5 Sahel se réunit à Nouakchott pour contrer le jihadisme

Les dirigeants du Mali, du Niger, du Burkina Faso, du Tchad et de la Mauritanie posent pour une photo au sommet du G5 Sahel à Niamey, le 15 décembre 2019.

Les dirigeants réunis pour un sommet du G5 Sahel à Nouakchott ont affirmé mardi la nécessité d'une intensification tous azimuts de l'effort de lutte contre la propagation du jihadisme et des violences dans la sous-région.

"Le Sahel requiert plus que jamais une attention accrue et coordonnée de la part des Etats de la région et de la communauté internationale pour endiguer la spirale de la violence", a déclaré le chef de l'Etat mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au cours de ce sommet où son pays recevait du Burkina Faso la présidence tournante du G5 Sahel.

Le G5 Sahel, qui inclut également le Mali, le Niger et le Tchad et qui fournit depuis 2014 un cadre de coopération entre les cinq pays pour la sécurité et le développement, tenait ce sommet ordinaire alors que le Sahel est confronté à une forte poussée jihadiste et une sévère dégradation sécuritaire, aggravées par une série de défis démographiques, économiques et environnementaux, sans solution apparente à court terme.

Parties du nord du Mali, les violences se sont propagées au centre du pays, et au Burkina et au Niger voisins.

Les violences jihadistes - souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires -, ont fait 4.000 morts dans ces trois pays en 2019, cinq fois plus qu'en 2016, selon l'ONU, malgré la présence de forces africaines, onusiennes et internationales.

Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées. Le président du Burkina Roch Marc Christian Kaboré a parlé mardi de "crise humanitaire sans précédent au Sahel".

La possibilité d'une réduction des forces américaines antijihadistes à laquelle réfléchit le Pentagone en Afrique et dans le monde ajoute à la préoccupation.

"Nous avons un besoin pressant de victoires concrètes contre le terrorisme. Répondre à ce besoin existentiel est le vrai défi de ce sommet", a souligné le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat.

Il a fait valoir l'incompréhension des civils devant l'apparente impuissance à faire cesser les violences et réclamé une "montée en puissance" de la force conjointe transfrontalière du G5 Sahel, qui tarde à atteindre sa pleine mesure (5.000 hommes).

"Progrès importants"

"Je vous rejoins pour dire qu'un sursaut de mobilisation, de coordination ou de priorisation est nécessaire", a aussi affirmé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Il a noté que tel était l'objet du sommet sur le Sahel organisé par la France à Pau en janvier. Le sommet de Nouakchott était considéré par la France comme une occasion d'apprécier la mise en oeuvre des conclusions de Pau.

Le Drian a dit connaître les "frustrations" des dirigeants sahéliens. "Mais on ne peut nier le chemin parcouru depuis 2014". Et, depuis Pau, "des progrès importants ont eu lieu en un mois", a-t-il déclaré.

Il a évoqué le déploiement des unités dites "reconstituées" de l'armée malienne (incluant d'ex-rebelles) dans le nord du pays, l'arrivée annoncée prochaine d'un bataillon tchadien dans la région dite des trois frontières (Mali, Burkina, Niger), la livraison d'équipements européens, la mise en place d'un état-major conjoint à Niamey ou encore la décision française d'augmenter de 4.500 à 5.100 hommes les effectifs de la force antijihadiste Barkhane.

Les participants ont affirmé la nécessité d'une réponse non seulement militaire, mais aussi politique et sous forme d'aide au développement.

Avant le sommet, M. Le Drian a présidé la première assemblée générale de l'Alliance Sahel, créée en 2017 et visant à mobiliser l'aide internationale au développement.

Les engagements connus s'élèvent à 11,6 milliards d'euros, a dit M. Le Drian.

Mais "la question principale (...) ce n'est pas: est-ce qu'il faut rajouter à 11,6 milliards. Ils ne sont pas dépensés. C'est: comment est-ce que je fais pour dépenser sur des projets concrets qui servent aux populations du Sahel?".

Inauguration d'une centrale éolienne dans la région de Thiès

Inauguration d'une centrale éolienne dans la région de Thiès
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Le Sénégal en avance pour la part de l'éolien dans son mix énergétique

Des techniciens sur un site de production d'énergie photovoltaïque à Bokhol, au Sénégal, le 22 octobre 2016. C’était l’un des plus grands projets d'énergie solaire d'Afrique subsaharienne. (Photo de SEYLLOU / AFP)

L'éolien devrait représenter plus tôt que prévu une part significative du mix énergétique du Sénégal, avec la production à plein régime prévue en mai du premier parc de turbines à dimension industrielle du pays, a-t-on appris lundi auprès de l'entreprise qui mène le projet.

Le parc éolien de Taïba Ndiaye (ouest), présenté par ses promoteurs comme le plus grand projet du genre en Afrique de l'Ouest, a été officiellement inauguré lundi par le président sénégalais Macky Sall. En réalité, 16 éoliennes injectent déjà depuis décembre 50 mégawatts dans le réseau national de la société nationale d'électricité, la Senelec, a-t-on appris auprès de l'entreprise britannique Lekela.

A terme, 158,7 mégawatts seront livrés par 46 turbines s'élevant jusqu'à 180 mètres de haut, l'équivalent d'un immeuble de 60 étages, dans cette zone rurale proche de l'Atlantique.

Or le projet est en avance sur le calendrier "et la totalité des 158 mégawatts sera sur le réseau au mois de mai", a affirmé dans un message transmis à l'AFP le directeur général de Lekela Senegal, Massaer Cissé. En octobre, Lekela se fixait 2020 pour horizon.

Le président sénégalais a présenté le parc comme un moyen d'atteindre l'objectif de fournir l'électricité à tous dans le pays et de combattre le réchauffement climatique.

Taïba Ndiaye "permettra d'éviter le rejet de 300.000 tonnes de gaz carbonique par an. Avec la dynamique que nous avons lancée depuis 2014, nous en sommes désormais à 22% d'énergie renouvelable disponible sur l'ensemble de notre réseau national", a-t-il déclaré.

Le parc alimentera avec 450.000 mégawatts par an près de deux millions de Sénégalais, sur une population de 15 millions. M. Sall a évoqué la possibilité d'un nouveau contrat pour augmenter encore ces capacités.

Le développement énergétique est un chapitre capital du Plan Sénégal Emergent (PSE) élaboré par le pouvoir et qui vise à transformer l'économie du pays en croissance pour le mettre sur la voie de l'émergence d'ici à 2025.

Dans un pays où la pauvreté affecte environ 40% de la population, la part de ceux qui ont accès à l'électricité est chiffrée à plus de 60%, mais avec une forte disparité aux dépens des campagnes. Le pouvoir compte élargir l'accès à une électricité bon marché, augmenter les capacités de production et rééquilibrer le mix, où le pétrole et le charbon importés prédominent lourdement.

Avec son ensoleillement et plus de 500 km de côte, le Sénégal dispose d'un potentiel d'énergie propre appréciable. Avec le fonctionnement à plein régime de Taïba Ndiaye, l'éolien représentera la moitié de l'énergie renouvelable disponible au Sénégal, à côté du solaire.

Lekela a par ailleurs des projets éoliens en opération en Afrique du Sud, et à différents stades d'avancement, également en Afrique du Sud en Egypte et au Ghana.

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