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Nigeria

La présidence accuse l'opposition de fomenter des violences

Le président nigérian Muhammadu Buhari et son homologue béninois Patrice Talon le 23 octobre 2018.

Le gouvernement nigérian a mis en garde contre l'exacerbation de conflits aux quatre coins du pays, un mois avant les élections présidentielle et législatives de février, et il a accusé directement l'opposition de fomenter des violences.

Le ministre de l'Information, Lai Mohammed, a affirmé lundi lors d'une conférence de presse avoir des "preuves tangibles" que "l'opposition orchestre une violence généralisée".

Il a déclaré que l'opposition attisait les colères et était directement responsable des violences qui s'accélèrent depuis plusieurs mois au Nigeria "dans le but même d'éviter les élections".

Selon lui, l'objectif serait de mener le pays "à une crise constitutionnelle qui conduirait à la mise en place d'un gouvernement d'interim", non élu.

Le Nigeria a une longue tradition de violences politiques en période électorale. En 2011, des affrontements ont fait plus de 1.000 morts à l'annonce des résultats.

Le président Muhammadu Buhari, 76 ans, candidat à sa propre réélection présente un bilan sécuritaire déplorable, et le pays de 180 millions d'habitants fait face à de nombreux conflits.

Au delà de l'insurrection avec les djihadistes de Boko Haram dans le nord-est (plus de 27.000 morts depuis 2009), des groupes de bandits armés, pillent, volent le bétail, et pratiquent des kidnappings de masse dans le Nord-Ouest.

Le conflit entre éleveurs peuls et agriculteurs pour l'accès aux terres a fait des milliers de morts dans les Etats de la ceinture fertile du Nigeria.

Dans le Sud-Est, les groupes armés qui s'en prenaient aux installations pétrolières pendant toute la première moitié de la présidence Buhari menacent de reprendre les hostilités à tout moment.

La situation dans la région indépendantiste du Biafra (sud-est), bien que calme depuis plusieurs mois, reste explosive, sans parler des contestations récurrentes des musulmans chiites, régulièrement réprimées dans le sang.

Lai Mohammed ne le nomme pas directement, mais le PDP, Parti Populaire Démocratique est le principal parti de l'opposition et sera représenté par Atiku Abubakar, 72 ans, richissime homme d'affaires qui fut vice-président sous Olusegun Obasanjo entre 1999 et 2007.

L'ancien président nigérian a d'ailleurs accusé dimanche l'actuel chef de l'Etat et les institutions de préparer des fraudes massives pour remporter les élections.

"Personnellement, j'ai des doutes sérieux quant à l'intégrité, à l'impartialité et à la compétence actuelles de l'INEC (Commission électorale nationale, ndlr) pour organiser des élections justes, libres et crédibles", a écrit M. Obasanjo dans une cinglante lettre ouverte.

La présidence nigériane a vivement réagi dimanche soir dans un communiqué, estimant que ces accusations sont à la fois "farfelues et scandaleuses".

Avec AFP

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Les 28 adolescents nigérians libérés par leurs ravisseurs retrouvent leurs parents

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Libération de 28 lycéens nigérians kidnappés début juillet

Un groupe d'écoliers est escorté par des militaires et des officiels nigérians après leur libération à Katsina, au Nigeria, vendredi 18 décembre 2020.

Les hommes armés qui avaient enlevé début juillet 121 adolescents dans un lycée du nord-ouest du Nigeria, ont relâché 28 nouveaux adolescents, a affirmé dimanche à l'AFP l'un des responsables de cet établissement secondaire chrétien.

Le 5 juillet dernier, des hommes armés ont envahi dans la nuit les dortoirs du lycée baptiste Bethel, situé à Chikun dans l'Etat de Kaduna, avant de kidnapper ses pensionnaires âgés entre 10 et 19 ans.

Cette attaque est la dernière d'une série d'enlèvements de masse d'enfants et d'étudiants commis dans le nord-ouest du Nigeria par des groupes criminels.

"Vingt-huit ont été relâchés et nous les avons réunis avec leurs parents", a déclaré le révérend Joseph Hayab, l'un des responsables du lycée baptiste Bethel.

"Les bandits les ont relâchés hier et nous sommes allés les chercher avec les bus de l'église", a détaillé le révérend, qui a précisé que les enfants ont passé la nuit dans l'école avant que les autorités n'appellent leurs parents tôt dimanche pour leur dire de venir les récupérer.

Contactée par l'AFP, la police de l'Etat de Kaduna n'avait pas réagi dimanche en début d'après-midi.

"En tout nous avons 34 enfants qui ont retrouvé leur liberté, et 87 qui sont toujours pris en otage par les bandits", a souligné le révérend.

En effet, "cinq enfants s'étaient enfuis le 21 juillet dernier, deux d'entre eux avaient été retrouvés par la police. Les trois autres avaient réussi à rejoindre l'école par leur propre moyen", a-t-il ajouté.

"Il avaient réussi à s'échapper lorsque les bandits les avaient envoyés chercher du bois pour la cuisine. Il y a deux semaines, les ravisseurs avaient aussi libéré un lycéen pour des raisons médicales", a-t-il ajouté.

Après l'enlèvement, les ravisseurs avaient demandé aux responsables de l'école de la nourriture et une rançon pour la libération des otages.

"Nous avons beaucoup discuté avec les bandits. L'église mais aussi les parents ont joué un rôle" dans leur libération.

"En tant que responsable, je vous mentirai si je vous disais qu'il n'a pas été question d'argent, mais je ne peux pas vous dire combien a été donné", a-t-il ajouté. Désormais, "nous prions pour qu'ils relâchent les autres enfants".

Les enlèvements de voyageurs sur les routes ou de personnalités influentes contre le paiement d'une rançon sont fréquents dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Les islamistes de Boko Haram s'étaient livrés aux premiers rapts dans des écoles, avec l'enlèvement de plus de 200 jeunes filles dans leur dortoir de Chibok en 2014, suscitant l'émoi de l'opinion publique mondiale.

Mais les enlèvements d'écoliers se sont tragiquement multipliés depuis, en particulier cette année, où plus de 1.000 jeunes gens ont été kidnappés depuis décembre 2020. La plupart ont été libérés après des négociations mais beaucoup d'entre eux restent entre les mains de leurs ravisseurs, des bandes criminelles organisées pouvant compter des centaines de membres.

Le président nigérian Muhammadu Buhari avait ordonné aux forces de sécurité de tout faire pour libérer les enfants mais le chef de l'Etat est fortement décrié alors que la situation sécuritaire du pays ne cesse de se dégrader.

Nigeria: 10 pirates condamnés à 12 ans de prison

Les forces spéciales nigérianes naviguent pour intercepter des pirates lors d'un exercice conjoint entre le personnel naval nigérian et marocain dans le cadre d'Obangame Express, un exercice maritime multinational impliquant 33 pays au large de Lagos, le 20 mars 2019.

La justice du Nigeria a condamné vendredi dix pirates qui avaient détourné en 2020 un navire dans le golfe de Guinée à 12 ans d'emprisonnement, le deuxième procès mené en vertu d'une nouvelle loi contre la piraterie adoptée en 2019.

Les 10 pirates étaient accusés d'avoir détourné le navire chinois FV HAILUFENG II le 15 mai 2020. La marine nigériane avait réussi à secourir les 18 membres d'équipage à bord, et arrêté les dix ravisseurs.

La Haute cour fédérale de Lagos a également condamné chacun des pirates, tous nigérians, à payer la somme de 250.000 nairas (soit 520 euros), selon un communiqué de la marine, qui s'était constituée partie civile.

"Ce verdict envoie un avertissement fort: le Nigeria a une tolérance zéro envers les criminels maritimes, et ses institutions, comme la marine et les agences de sécurité, sont prêtes à contrer leurs activités criminelles", affirme le porte-parole de la marine, Suleman Dahun, dans ce communiqué.

Ce jugement "est une victoire majeure pour la nouvelle loi antipiraterie du Nigeria", a-t-il ajouté.

La défense a affirmé qu'elle allait faire appel.

En 2020, le Nigeria avait mené son premier procès en vertu de cette nouvelle loi spéciale antipiraterie.

Perpétrées essentiellement par des pirates originaires du sud-est du Nigeria, les attaques de navires pour enlever leurs équipages et les échanger contre rançon sont devenues très fréquentes ces dernières années dans le golfe de Guinée qui s'étend le long de 5.700 km de côtes en Afrique de l'Ouest.

Le porte-parole de la présidence appelle à la coopération pour lutter contre la piraterie
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En 2020, 130 des 135 enlèvements de marins recensés dans le monde, soit plus de 95 %, ont eu lieu dans cette zone, selon un récent rapport du Bureau maritime international (BMI).

Une centaine de transporteurs et compagnies du secteur maritime international ont signé en mai à Lagos (Nigeria), une déclaration appelant à créer une coalition contre la piraterie dans le golfe de Guinée.

L'inflation fait sombrer 7 millions de Nigérians dans la pauvreté

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La police fait libérer une centaine de personnes kidnappées au Nigeria

Un officier de police garde des filles qui ont été enlevées d'un pensionnat dans l'État de Zamfara, au nord-ouest du Nigeria, après leur libération, le 2 mars 2021.

Les autorités nigérianes ont obtenu la libération de 100 personnes, dont des femmes, des enfants et des mères allaitantes, qui avaient été enlevées dans leur village du nord-ouest du Nigeria il y a plus d'un mois, a déclaré un porte-parole de la police locale.

Le Nigeria est confronté à une augmentation des vols à main armée et des enlèvements contre rançon, principalement dans les États du nord-ouest du pays, où les forces de sécurité, peu déployées, ont du mal à contenir l'augmentation des bandes armées, communément appelées "bandits".

Enlèvements contre rançon, une pratique courante au Nigeria
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Les captifs libérés avaient été enlevés le 8 juin dans le village de Manawa, dans l'État de Zamfara, a déclaré Mohammed Shehu, porte-parole de la police de cet État, dans un communiqué transmis à Reuters mercredi.

Il a ajouté que leur libération avait été obtenue "sans aucun gain financier ou matériel".

"Ils seront soumis à un contrôle médical et à un débriefing avant d'être réunis avec leurs familles respectives", a ajouté le communiqué.

Un business qui tourne

Alors que le nord-est du Nigeria est confronté depuis une décennie à l'insécurité, notamment aux attaques de militants islamistes dont Boko Haram, allié de l'État islamique, la vague actuelle d'enlèvements est principalement motivée par des raisons financières.

Le cabinet de conseil SBM Intelligence, basé à Lagos, estime que les ravisseurs ont enlevé 2 371 personnes au Nigeria au cours du premier semestre de cette année, exigeant des rançons pour un montant total de 10 milliards de nairas, soit environ 24 millions de dollars.

La plupart de ces personnes ont été enlevées dans les États septentrionaux de Zamfara, Kaduna et Niger. La SBM a déclaré qu'elle ne pouvait pas évaluer avec précision le montant des rançons versées.

Plus de 200 lycéens ainsi que des dizaines d'autres personnes enlevées lors de raids sont toujours retenus en captivité.

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