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L'ex-président Obasanjo accuse Buhari de préparer des fraudes pour sa réelection

Le président du Nigeria President Muhammadu Buhari défend devant l'Assemblée Nationale, son budget 2019 Abuja, Nigeria, Dec. 19, 2018.

L'ancien président nigérian Olusegun Obansanjo a accusé dimanche le chef de l'Etat Muhammadu Buhari, candidat à un deuxième mandat, de préparer des fraudes massives pour remporter les élections générales du 16 février.

M. Obasanjo, qui avait soutenu l'actuel président lors de son élection en 2015, n'a cessé ces derniers mois de critiquer son bilan, et a cette fois apporté son soutien au principal candidat de l'opposition à la présidentielle, Atiku Abubakar.

"Personnellement, j'ai des doutes sérieux quant à l'intégrité, à l'impartialité et à la compétence actuelles de l'INEC (Commission électorale nationale, ndlr) pour organiser des élections justes, libres et crédibles", affirme Obasanjo dans une cinglante lettre ouverte.

Il s'en est ensuite pris directement à Buhari, l'accusant de recruter des agents pour falsifier les résultats des élections avant le scrutin.

"Ses hommes de main travaillent jour et nuit avec la sécurité et les responsables des élections pour perfectionner leur plan en calculant les résultats, de la commune au gouvernement local, des États à l'échelle national, pour lui attribuer ce qui ressemblera à une victoire écrasante", a-t-il dénoncé.

M. Obasanjo a ensuite comparé le chef de l'Etat à l'ancien dictateur Sani Abacha, qui a dirigé le Nigeria de main de fer entre 1993 et 1998, affirmant qu'il était prêt à tout pour se maintenir au pouvoir.

"Dans un désespoir fou, Buhari poursuit le même chemin", a-t-il dit.

Obasanjo et Buhari sont tous deux d'anciens généraux ayant accédé au pouvoir à la suite de coups d'Etat dans les années 70 et 80, avant de devenir des présidents démocratiquement élus.

Le principal rival de Buhari à la présidentielle, Atiku Abubakar, fut le vice-président d'Obasanjo pour le Parti démocratique du peuple (PDP) en 1999, mais leurs relations sont devenues exécrables quand Abubakar a voulu se présenter contre son mentor à la présidentielle de 2007.

Toutefois, la volonté d'Obasanjo de faire barrage à Muhammadu Buhari semble l'avoir emporté sur les vieilles rancoeurs.

Obasanjo avait déjà déclaré dans une lettre ouverte en janvier 2018 que Buhari ne devrait pas se présenter une deuxième fois et qu'il était temps de "prendre un repos mérité".

Le bilan sécuritaire et économique du président Buhari, 75 ans, qui représente le Congrès des progressistes (APC) est très critiqué dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Face à lui, Abubakar, 71 ans, est un autre vétéran de la politique qui a déjà tenté à quatre reprises de se présenter à la présidentielle au Nigeria.

C'est un homme d'affaires richissime dont la carrière a été ternie par de nombreuses allégations de corruption même s'il n'a jamais été poursuivi dans son pays.


Avec AFP

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Un dirigeant chiite parti se faire soigner en Inde rentre au Nigeria après une querelle sur son traitement

Des étudiants iraniens et nigériens brandissent des affiches du religieux chiite nigérian, l'ayatollah Ibrahim Zakzaky, lors d'une manifestation devant l'ambassade du Nigéria à Téhéran le 17 juillet 2019.

Un dirigeant de la minorité chiite du Nigeria qui avait été autorisé à se rendre en Inde pour y être soigné a pris l'avion vendredi pour revenir dans son pays après une querelle à propos de son traitement médical, a-t-on appris auprès de sa famille et ses partisans.

Ibrahim Zakzaky, fondateur du Mouvement islamique du Nigeria (MIN, pro-iranien) et son épouse Zeenah Ibrahim ont embarqué à New Delhi sur un vol d'Ethiopian Airlines, ont précisé ses proches.

"Ils ont pris un vol Ethiopian Airlines", a déclaré à l'AFP Suhailah Zakzaky, fille du dirigeant chiite.

Ibrahim Zakzaky avait été autorisé le 5 août par la justice à se rendre sous caution en Inde pour se faire soigner, après des mois de manifestations parfois sanglantes pour réclamer sa libération. Le fondateur du MIN et son épouse étaient détenus depuis leur arrestation en décembre 2015 après la répression d'une manifestation qui avait fait plusieurs centaines de morts.

Le couple était parti lundi pour l'Inde. Mais une querelle est survenue sur les conditions du traitement, le MIN se plaignant que M. Zakzaky se soit vu refuser l'accès aux médecins de son choix et ait été placé sous surveillance étroite. Jeudi, M. Zakzaky a annoncé s'être vu enjoindre de quitter l'Inde.

Selon les avocats du dirigeant chiite qui serait âgé d'environ 65 ans, il a perdu son œil droit et risque de perdre le gauche. Il a aussi dans le corps des éclats de balle reçues en 2015.

Le MIN est un groupe représentant la minorité chiite du Nigeria où la majorité des musulmans est d'obédience sunnite.

Inspiré par la révolution iranienne et revendiquant des millions de fidèles dans le nord du Nigeria, il a manifesté quasi quotidiennement ces derniers mois dans la capitale Abuja pour obtenir la libération de son dirigeant.

Au moins huit personnes, six manifestants, un journaliste et un policier, avaient été tués le 22 juillet dans des violences pendant une marche. Le MIN, qui avance un bilan de 20 morts dans ses rangs, a été interdit par la présidence nigériane quelques jours plus tard et le groupe qualifié d’"organisation "terroriste" par la police.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a affirmé qu'au moins trois personnes arrêtées pendant les manifestations du 22 juillet étaient mortes des suites de blessures par balle, après s'être vues refuser tous soins en détention.

Le MIN, apparu comme un mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria, où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite.

La minorité chiite nigériane compterait environ 4 millions de fidèles sur les quelque 190 millions d'habitants du pays dont le Sud est majoritairement chrétien.

Le chef d'un comité anti-corruption suspendu pour "indélicatesses financières"

Des avocats passent devant des policiers qui montent la garde devant un tribunal qui doit statuer sur la demande de libération sous caution du dirigeant chiite Zakzaky à Kaduna, au Nigeria, le 29 juillet 2019.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a suspendu mercredi soir de ses fonctions le responsable du comité chargé de recouvrir les biens spoliés de l'Etat, accusé de corruption et d'avoir falsifié ses diplômes.

Okoi Obono-Obla a été suspendu "avec effet immédiat", dans l'attente des résultats de l'enquête menée par la Commission gouvernementale chargée des affaires de corruption, l'ICPC, a annoncé la présidence sur Twitter.

Il fait face à une série d'accusations, dont "la falsification de dossiers et des indélicatesses financières", selon une lettre qui lui a été adressée par le gouvernement.

Il est notamment soupçonné d'avoir utilisé à son bénéfice des fonds saisis dans le cadre de ses fonctions, ainsi que d'avoir falsifié son dossier d'entrée à l'université.

Okoi Obono-Obla proclame son innocence, assurant qu'il est victime d'une cabale montée par des personnes poursuivies par ses services.

L'enquête qui le vise constitue un test pour M. Buhari, 76 ans, réélu en février pour un second mandat.

L'ancien général s'est engagé à lutter contre la corruption endémique au Nigeria, mais ses critiques l'accusent d'avoir surtout visé ses opposants au cours de son premier mandat.

Le Nigeria, première puissance pétrolière du continent, est placé au 148e rang des pays les plus corrompus au monde (sur 180) par Transparency International. La corruption y est un "cancer" selon les propres mots de M. Buhari.

L'ex-dictateur Sani Abacha, qui a dirigé le pays entre 1993 et 1998, aurait détourné à lui seul environ 4 milliards de dollars (soit 2 à 3% du PIB du pays chaque année, selon l'agence des Nations unies contre la drogue et le crime).

Début juin, le gouvernement de l'île anglo-normande de Jersey avait annoncé que près de 267 millions de dollars (238 millions d'euros) détournés par Sani Abacha avaient été saisis sur un compte bancaire hébergé dans ce territoire de la couronne britannique.

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