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RDC

La peine de Vital Kamerhe réduite à 13 ans de prison contre 20 ans initialement


Vital Kamerhe, leader de l'Union pour la nation congolaise (UNC) à Nairobi, au Kenya, le 23 novembre 2018.

En République Démocratique du Congo, la peine de Vital Kamerhe, ancien chef du président Tshisekedi, a été réduite de sept ans de prison, a déclaré son avocat. Il avait été condamné à 20 ans d'emprisonnement ans une affaire de corruption.

"La peine a été réduite à 13 ans", a déclaré l'avocat de Kamerhe, Jean-Marie Kabengela, après une décision d'une cour d'appel de la capitale Kinshasa.

Vital Kamerhe, 62 ans, ancien président de l'Assemblée nationale, a été condamné en juin 2020 à 20 ans de prison pour détournement de près de 50 millions de dollars de fonds publics.

Celui qui est surnommé "Le Faiseur de Roi" ou encore "le pacificateur" avait également été jugé coupable de plusieurs autres infractions pénales dont les sentences, si elles étaient cumulées, auraient pu atteindre 45 ans. Il a aussi été condamné aux travaux forcés et frappé d'une interdiction d'exercer des fonctions publiques pendant 10 ans.

Originaire de la province du Nord-Kivu, Kamerhe, qui a son propre parti politique, était une figure majeure de la politique nationale avant ses démêlés avec la justice.

C'était l'un des premiers candidats à l'élection présidentielle Congo en décembre 2018 en décembre 2018 avant de conclu un accord avec l’actuel présidentiel Felix Tshisekedi, en vertu duquel il s'est retiré de la course et a fait campagne aux côtés de ce dernier.

M. Kamerhe a ensuite été nommé directeur de cabinet après que Tshisekedi est devenu président en janvier 2019; succédant ainsi à Néhémie Mwilanyia Wilondja, directeur de cabinet de Joseph Kabila.

Plus tard, l'économiste et natif de Bukavu né Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi, le 4 mars 1959 et un éminent homme d'affaires libanais, Jammal Samih, ont été accusés d'avoir détourné des fonds destinés à la construction de 1 500 logements sociaux dans le cadre d'un programme annoncé par Tshisekedi après son investiture.

Déception du parti de Kamerhe

La réduction de la peine de Kamerhe ne satisfait pas aux attentes de ses partisans qui espéraient plutôt un acquittement.

"Ce verdict est politique ! On cherchait clairement à abattre Vital Kamerhe. Comment comprendre que le principal accusé, Samih Jammal, prenne 6 ans et lui 13 ? La direction du parti se réunira ce mercredi et des options seront levées parce que trop c’est trop !" a affimé le nouveau secrétaire général de et de son L'Union pour la nation congolaise (UNC), Billy Kambale, cité par la presse congolaise.

"La condamnation de Kamerhe reste à ce jour la plus grande arnaque du quinquennat. Si le but était de propulser quelqu’un à la Cour constitutionnelle, c’est déjà fait. Aujourd’hui, il faut penser non seulement à l’acquitter mais aussi à laver sa réputation ternie", avait tweeté peu, avant le verdict, Seth Kikuni, candidat malheureux à la présidentielle de 2018 et l'un des soutiens de Vital Kamerhe, cité par le Nouvel Afrik.com.

Son voeu, qui est aussi celui de tous les militants et cadres de l’UNC, ne s'est pas matérialisée, à leur grand dam.

La peine de Samih a été réduite de 20 à six ans, a déclaré Kabengela. Un troisième prévenu qui avait été condamné à deux ans a vu sa peine de prison réduite à un an. Ce qui lui a coûté le départ du cabinet de la présidence et la prison.

M. Kamerhe a été arrêté le 8 avril 2020 avant d'être condamné à 20 ans de prison, avec l'entrepreneur libanais Jammal Samih, 79 ans, pour le détournement d'environ 50 millions de dollars.

Malgré sa condamnation, M. Kamerhe clame son innocence et ses avocats dénoncent une "justice expéditive". Ses partisans parlent d'un "procès politique" pour l'empêcher de se présenter à la présidentielle de 2023, comme le rapporte l'Agence AFP.

Il a été condamné aux travaux forcés, un terme qui reste inscrit dans la législation de la RD Congo mais n'est pas appliqué.

Son appel a commencé en août dernier, mais la procédure a été reportée à plusieurs reprises.

Une manifestation pro-Kamerhe à Kinshasa mardi soir a été dispersée par la police, ont indiqué des témoins.

L'affaire Kamerhe est devenue l'emblème de la répression contre la corruption endémique proclamée par le président au Congo-Kinshasa.

Ses partisans et ses proches ont organisé des séances de prière à Kinshasa et dans d'autres villes du pays pour "implorer Dieu" en faveur de sa libération.

Mort d'un magistrat

Le juge Raphaël Yanyi Ovungu, cahrgé de l'affaire Kamerhe, est brutalement mort dans la nuit du 26 au 27 mai, deux jours après avoir présidé la deuxième audience d'un procès qui avait pour principal accusé Vital Kamerhe.

La Justice congolaise avait ouvert une enquête judiciaire pour élucider les circonstances de son décès brutal.

L'enquête avait indiqué que le magistrat était décédé d'une "hémorragie" résultant d'un "traumatisme" crânien et des "coups" reçus "à un endroit très sensible du crâne", a dévoilé le ministre, Célestin Tunda Ya Kasende, en condamnant au nom du gouvernement un "acte ignoble", avaient indiqué les médias.

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