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La participation d'une Israélienne à un festival fait polémique au Maroc

La participation d'une chanteuse israélienne à un festival de jazz à Tanger (nord) suscite des réactions d'hostilités au Maroc, où des voix ont appelé à annuler ses concerts prévus vendredi et samedi.

La section marocaine du mouvement propalestinien BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) a vivement réagi à la participation de la chanteuse et multi-instrumentiste Noam Vazana au Festival Tanjazz, où elle se produit pourtant pour la troisième fois, après des passages en 2012 et 2013.

Ce mouvement de boycott d'Israël a pointé du doigt la programmation de cette artiste née à Jérusalem de parents d'origine marocaine, qui a "servi dans l'armée de l'air sioniste (...)" et qui "affirme qu'il existe une obligation pour tout artiste israélien de se produire à travers le monde pour donner une image positive de son Etat".

"C'est une militaire. Elle a choisi son camp, elle agit au sein d'une armée criminelle. On ne peut pas accepter ça (...), ils (les organisateurs, ndlr) doivent annuler sa participation", a déclaré à l'AFP Khadija Ryadi, figure des droits de l'Homme au Maroc.

Sion Assidon, militant marocain des droits de l'Homme engagé pour la cause palestinienne, s'est lui aussi montré très critique envers les organisateurs du festival pour avoir invité "une soldate de l'armée de l'air israélienne".

Interrogé par l'édition marocaine du Huffington Post, le directeur du festival Philippe Lorin a jugé cette polémique "ridicule".

"Noam Vazana est Hollandaise, elle habite à Amsterdam. Ce n'est pas particulièrement une caractéristique du sionisme. Mais je ne veux même pas rentrer dans ce débat qui est ridicule", a-t-il soutenu.

Certaines voix se montrent néanmoins favorables à la venue de l'artiste, insistant sur ses origines marocaines.

Pour l'historien et essayiste Marc Knobel, il faudrait "arrêter de jouer à des fins propagandistes et d'instrumentaliser sans cesse le conflit israélo-palestinien (...) un artiste, qu'il soit palestinien ou israélien, doit pouvoir exprimer son art".

"La constitution marocaine de 2011 consacre la culture hébraïque au sein de notre identité (...) cela inclut bien évidemment la communauté marocaine en Israël", lit-on dans une pétition adressée au ministre marocain de la Culture pour soutenir la venue de Noam Vazana à Tanger.

Le Maroc, qui n'a officiellement pas de relations diplomatiques avec Israël, comptait jusqu'à la fin des années 1950 une importante communauté juive, estimée à 250.000 personnes.

Mais ce nombre n'a cessé de diminuer, avec des vagues de départs vers Israël et la France, et ils ne seraient plus que 2.500 juifs marocains à vivre encore dans le pays.

Les autorités mettent régulièrement en avant ce passé hébraïque du Maroc et sa coexistence avec la majorité musulmane.

Avec AFP

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Macron ne se rendra pas aux commémorations du génocide rwandais

Le président français, Emmanuel Macron, à gauche, reçoit le président rwandais, Paul Kagame, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018..

Emmanuel Macron, qui avait été invité par Kigali à participer à la 25e commémoration du génocide rwandais le 7 avril, ne s’y rendra pas et a chargé le député de la République en Marche (Larem) Hervé Berville, orphelin tutsi, de le représenter, a annoncé jeudi l’Elysée.

“Le président de la République a été sensible à l’invitation mais il ne pourra pas s’y rendre, il a donc désigné le député des Côtes-d’Armor, Hervé Berville, pour le représenter”, a-t-on indiqué. “La France sera aux côtés du Rwanda dans ce moment de deuil et de recueillement”.

Nicolas Sarkozy est le seul président français à s’être rendu au Rwanda, en février 2010.

Les relations entre la France et le Rwanda ont traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994.

L’actuel président rwandais Paul Kagamé a notamment accusé en 2014 Paris d’avoir “participé” à ces massacres qui ont fait selon l’Onu 800.000 morts, des accusations rejetées par les autorités françaises.

En mai 2018, à l’occasion de la visite de Paul Kagamé à Paris, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait de nouer une relation “pragmatique” avec Kigali mais avait écarté dans l’immédiat un retour d’un ambassadeur français au Rwanda, reconnaissant que la normalisation prendrait du temps.

Avec Reuters

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation

Manifestation dans les rues d'Alger, contre le gouvernement, le 19 mars 2019.

Un mois après le début de la contestation, les Algériens entendent rester mobilisés, avec de nouvelles manifestations vendredi pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué "des millions" d'Algériens dans les rues.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des mots-dièses "Mouvement_du_22_mars", "Partez tous!", ou du slogan "Nous sommes unis, ils sont finis".

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d'un parapluie et de l'orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l'étoile et du croissant rouges-, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

​"La rue va gronder sous la pluie", assure un twitto.

"Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika", indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également "les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence".

Les manifestations, sans précédent depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Lors d'une tournée à Rome, Moscou -allié historique d'Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée.

- Fissures -

En reportant le 11 mars l'élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu'à l'issue d'une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution, le chef de l'Etat a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Agé de 82 ans, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le "prolongement" du mandat a continué d'être largement rejeté.

Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l'Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

- Qui décide -

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s'est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat.

Plus grave, il a accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika.

Le RND, parti de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l'apparent délitement du "système" un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n'a pas apaisé les Algériens.

Avec AFP

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