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Mauritanie

La Mauritanie exclue de l’Agoa pour pratique d’esclavage

Le président Donald Trump, Maison Blanche, Washington, 2 novembre 2018.

Donald Trump a informé le Congrès et le gouvernement de la Mauritanie qu’il mettait fin à l'admissibilité de leur pays aux avantages en matière de préférence commerciale en vertu de la Loi sur la croissance et les perspectives économiques en Afrique (Agoa), à compter du 1er janvier 2019.

Le décret signé par le président américain met en cause les pratiques de travail forcé et l'esclavage moderne, selon un décret présidentiel publié par le Bureau américain en charge du commerce.

La décision est prise au terme d’une revue annuelle qui établit que la Mauritanie ne progressait pas suffisamment dans la mise en place de la protection des droits des travailleurs internationalement reconnus.

Bakary Tanja, joint par Nathalie Barge
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"La Mauritanie ne respecte pas les critères d'éligibilité de l'Agoa. En particulier, la Mauritanie n'a pas progressé dans la lutte contre le travail forcé, précisément contre le fléau de l'esclavage héréditaire. En outre, le Gouvernement mauritanien continue à limiter la capacité de la société civile à travailler librement pour résoudre les problèmes liés à la lutte contre l'esclavage", indique le communiqué dont VOA Afrique a eu connaissance.

"Les pratiques de travail forcé ou obligatoire telles que l’esclavage héréditaire n’ont pas leur place au XXIe siècle", commente le représentant adjoint du commerce des États-Unis, C.J. Mahoney.

"Cette action souligne la détermination de notre administration à mettre fin à l’esclavage moderne et à appliquer les dispositions relatives au travail dans nos lois et accords commerciaux. Nous espérons que la Mauritanie travaillera avec nous pour éliminer le travail forcé et l'esclavage héréditaire afin que son éligibilité à l'Agoa soit rétablie à l'avenir", explique M. Mahoney.

L'annonce du bureau américain du commerce prévient que les États-Unis continueront à vérifier si la Mauritanie continue de progresser dans la protection des droits des travailleurs internationalement reconnus (notamment en ce qui concerne le travail forcé), conformément aux critères d'éligibilité à l'Agoa.

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Maintien en détention du blogueur Ould Mkheïtir

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Pouvoir et opposition veulent entamer le dialogue

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Nouveau repentir d'un blogueur accusé de blasphème

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Nouveau repentir d'un blogueur accusé de blasphème

Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, bloggeur accusé de blasphème en Mauritanie, 3 février 2017. (Twitter/Cridem.org)

Le blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir, maintenu en détention au-delà de sa peine après une condamnation pour un article jugé blasphématoire envers le prophète de l'islam, s'est une nouvelle fois repenti mardi, condition posée par des religieux pour sa libération, selon un responsable.

M. Ould Mkheïtir, 36 ans, détenu depuis janvier 2014, a vu sa condamnation à mort pour apostasie ramenée en appel à deux ans de prison en novembre 2017, après avoir exprimé son repentir.

Il aurait donc dû être remis en liberté, le pourvoi en cassation du parquet n'étant pas suspensif. Mais il a été placé depuis en détention administrative.

Le président sortant mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui doit être remplacé le 2 août par le président élu, l'ancien chef d'état-major Mohamed Cheikh El-Ghazouani, avait, le 20 juin, justifié cette situation par la "sécurité personnelle" du blogueur "aussi bien que celle du pays".

Le blogueur doit retrouver sa liberté incessamment au terme d'un "processus de préparation de l'opinion nationale à cet effet lancé lundi soir", a dit mardi à l'AFP un responsable mauritanien sous couvert de l'anonymat. Le président Aziz s'est réuni lundi soir avec des oulémas, érudits et imams pour les "consulter à ce sujet" et la rencontre a abouti à une décision d'un "repentir public du blogueur sur les médias et réseaux sociaux".

M. Ould Mkheïtir a commencé lundi soir à se repentir sur sa page Facebook, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Comme je l'avais annoncé au début de 2014 et comme je l'ai répété à toutes les occasions qui s'offraient à moi devant les tribunaux, je réaffirme ici mon repentir devant Allah, le Seigneur des Mondes", a écrit le blogueur dans un message en arabe, son premier post sur Facebook depuis 2014.

Il devait également se repentir à partir de mardi sur les médias publics et privés, selon la même source.

Une commission d'oulémas a été constituée pour "suivre" le processus menant à la libération du blogueur, "après une rencontre avec lui" dans son lieu de résidence, au sein d'une forteresse à Nouakchott, a dit mardi le même responsable mauritanien.

"C'est un bon processus qui est engagé s'il permet de remettre le jeune homme en liberté. Il devait être libre depuis longtemps mais nous savons et je l'ai toujours dit: seul (le président) Ould Abdel Aziz peut le faire. Ce sera une bonne décision et nous sommes obligés d'attendre et voir l'évolution des choses", a déclaré l'avocate du blogueur, Me Fatimata Mbaye.

Dans une lettre ouverte rendue publique le 21 juin, Reporters sans frontières (RSF) et 11 autres ONG avaient exhorté le président Ould Abdel Aziz à "utiliser les quelques semaines qui lui restaient à la tête du pays pour mettre fin à la détention illégale" du blogueur.

Le président Aziz, arrivé au pouvoir par un putsch en 2008, puis élu en 2009, ne pouvait, après deux mandats, se représenter à la présidentielle du 22 juin remportée par son ancien ministre de la Défense, Mohamed Cheikh El-Ghazouani.

Mauritanie: mobilisation pour la libération d'un journaliste arrêté

Des Mauritaniens célèbrent la victoire de Mohamed Ould Ghazouani, candidat du parti au pouvoir en Mauritanie, lors de l'élection présidentielle, le 23 juin 2019.

Plusieurs organisations, dont RSF, ont appelé vendredi à la libération d'un journaliste mauritanien interpellé mercredi, le jour du rétablissement du réseau internet mobile, interrompu à la suite de manifestations de contestation des résultats de l'élection présidentielle du 22 juin.

Journaliste de la télévision privée Al-Mourabitoune, Ahmed Ould Wediaa a été arrêté mercredi soir à son domicile à Nouakchott, selon ses collègues.

Un rassemblement pour sa libération a réuni une trentaine de journalistes devant le ministère de la Communication jeudi. Et jeudi soir, lors de l'émission qu'il anime normalement, des hommes politiques, dont les quatre candidats de l'opposition à la présidentielle et des responsables de la société civile ont réclamé sa libération.

M. Ould Wediaa est proche de la coalition ayant soutenu la candidature à de l'ex-Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar, arrivé troisième avec 17,87% des voix, lors du scrutin présidentiel remporté au premier tout par le candidat du pouvoir, l'ancien chef d'état-major Mohamed Cheikh El-Ghazouani, selon les résultats officiels.

"La police avait promis au lendemain de son arrestation de me permettre de le voir, mais elle continue de se murer derrière un silence inexplicable", a affirmé vendredi à l'AFP son avocat, Brahim Ould Ebetty.

Dans un communiqué, RSF a exhorté "les autorités à libérer le journaliste encore détenu" et à "ne plus recourir aux coupures internet", estimant que "ces méthodes sont aux antipodes d'une passation démocratique que les autorités sortantes disaient vouloir réussir".

En revanche, toutes les personnes interpellées lors des heurts qui ont éclaté lors de ces manifestations, les 23 et 24 juin "ont été libérées, sauf celles qui sont impliquées dans des actes de vandalisme", a affirmé vendredi à l'AFP une source policière, sans préciser de nombre.

Parmi les personnes libérées figurent un responsable de l'opposition, Samba Thiam, et le journaliste Moussa Seydi Camara, directeur du journal privé "La nouvelle expression", qui était en détention depuis une semaine, selon leurs proches.

Mohamed Cheikh El-Ghazouani succédera le 2 août à Mohamed Ould Abdel Aziz. Il s'agira de la première transition entre deux présidents élus, dans ce vaste pays du Sahel secoué par de nombreux coups d'Etat de 1978 à 2008, date du putsch qui a porté M. Ould Abdel Aziz au pouvoir avant son élection en 2009.

Ce dernier ne pouvait se représenter après deux mandats.

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