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La médiatique Kellyanne Conway, farouche gardienne du trumpisme

Le président Trump rencontre les chefs de l'organisation Historically Black Colleges and Universities (HBCU) dans le bureau Oval à la Maison-Blanche, le 27 février 2017.

Dans un an ira aux urnes une Amérique divisée comme jamais. Une polarisation dont témoigne plus que quiconque l'inébranlable Kellyanne Conway, fidèle parmi les fidèles de Donald Trump, apparemment immunisée contre le syndrome qui fait limoger les conseillers de la Maison Blanche.

Le jour, Mme Conway, 52 ans, dépense une énergie inépuisable à polir le discours abrasif du président républicain.

De Fox News à CNN en passant par les autres "networks" du pays, on la voit défendre bec et ongles la parole de son mentor. Un exercice dans lequel elle excelle, au prix de fréquentes entorses à la réalité.

Le soir venu, l'élégante blonde se retrouve confrontée à un autre type de discours, tout aussi virulent: celui de son mari, l'avocat conservateur George Conway, anti-Trumpiste aux piques acérées et au compte Twitter scruté par toutes les élites de Washington.

"Je trouve proprement stupéfiant qu'un tel nombre de gens soient encore prêts à sacrifier leur honneur et leur réputation pour défendre un homme dénué de valeurs morales", a par exemple récemment tweeté l'époux franc-tireur. Sans craindre apparemment de causer du tort à sa femme.

D'autres auraient perdu les pédales sur ce tandem familial tirant dans des directions opposées. Mais pas la fine Kellyanne, qui s'est au contraire révélée une redoutable coureuse de fond: l'ex-directrice de campagne du milliardaire républicain n'est-elle pas là depuis le début, inoxydable survivante d'un peloton décimé?

- Imperméable au trac -

Il faut la voir en ce jour d'octobre, à l'extérieur de la Maison Blanche, cernée par un essaim de journalistes, durant l'un de ces échanges animés voire houleux auxquels elle est rompue.

"Vous n'avez pas répondu à la question", l'accuse un reporter. "Et que dites-vous de celle-ci. Quelle est votre réponse?", la presse un autre. Enquête en destitution, relation avec Pékin, ravages des cigarettes électroniques, les questions pleuvent... La mise sur le gril dure ainsi 25 minutes.

Mais l'as du tac-au-tac semble imperméable au trac. Ou à la pression des caméras. Sans se départir de son sourire, Kellyanne Conway rétorque, irrite avec ses sarcasmes, martèle ou esquive.

Mais au moins elle est là, soldat de tous les fronts médiatiques ouverts par le président américain. Les médias lui en savent gré, dans un exécutif qui a plutôt tendance à tirer les verrous.

Est-ce cette loyauté qui vaut à la mère de quatre enfants d'être toujours à la Maison Blanche, porte-parole de circonstance du programme "l'Amérique d'abord"? Probablement. Et aussi parce qu'elle y joue un rôle de caution féminine difficilement remplaçable auprès d'un président accusé de multiples abus par des femmes.

Dans une capitale fédérale un peu conformiste, la conseillère tranche aussi par son sens de la mode et ses tenues hautes en couleur. Arborant une robe au motif de peau de serpent, elle peut apparaître le lendemain dans une autre d'un rouge éclatant.

Juriste issue d'un milieu catholique, consultante politique spécialisée dans les sondages, Kellyanne Conway a de l'avis général largement contribué à faire élire Donald Trump en 2016. On s'attend à ce qu'elle joue de nouveau un rôle important ces douze prochains mois.

Surtout que la page semble tournée sur diverses bourdes qu'elle a pu commettre, comme cette interview où elle avait maladroitement façonné et défendu un concept de "faits alternatifs".

Ou encore lorsqu'elle était apparue agenouillée avec désinvolture sur un sofa dans le Bureau ovale, gardant ses chaussures, tandis que le président recevait des universitaires noirs.

A d'autres moments, l'influente conseillère a suscité un respect opposé, comme lorsqu'elle a révélé avoir été victime d'agression sexuelle.

Quand elle se retrouve en posture délicate, sous le feu de questions d'une conférence de presse particulièrement fiévreuse, Mme Conway a tendance comme son patron à opter pour l'attaque, sur un mode toutefois plus civil.

Mais, à un journaliste qui l'interrogeait récemment sur le schisme idéologique avec son mari, elle a adopté un ton agressif, se voyant même reprocher d'avoir menacé l'intervieweur.

"Je n'ai menacé personne", a plus tard répliqué la quinquagénaire. "Quand je menacerai quelqu'un, vous le saurez, OK?", a-t-elle ajouté. Pendant ces quelques secondes, elle ne souriait plus.

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"J'ai attendu d'avoir faim": l'artiste qui a mangé une banane à 120.000 dollars fier de lui

L'artiste italien Maurizio Cattelan, le 20 février 2018. (Photo by Miguel MEDINA / AFP)

Avant de manger la banane qu'avait scotchée au mur l'artiste italien Maurizio Cattelan, une œuvre vendue 120.000 dollars à la foire d'art contemporain Art Basel de Miami, David Datuna a attendu quelques heures, histoire d'"avoir faim", a expliqué lundi en riant l'artiste, de retour à New York.

Né à Tbilissi et installé aux Etats-Unis depuis 22 ans, David Datuna s'est montré fier de ce geste qui a fait sensation après qu'il eut posté sur son compte Instagram une vidéo de lui savourant la fameuse banane.

Bien que cette "performance artistique" puisse lui valoir des ennuis judiciaires --même si la banane a été rapidement remplacée par une autre sur le mur de la galerie--, il s'est targué lundi, lors d'un point presse à New York, d'être "le premier artiste à manger l'art d'un autre artiste". Et a indiqué avoir reçu depuis "40 à 50.000 messages sur Instagram", presque tous encourageants.

S'il ne l'a jamais rencontré, il dit respecter le travail de Maurizio Cattelan, connu notamment pour ses toilettes en or 18 carats intitulées "America", dérobées en septembre dans un château anglais.

"C'est un génie", qui "se moque de tout", a confié M. Datuna, mais "j'aime aussi ce que j'ai fait".

"Je pense que les artistes sont là pour faire le bonheur des gens, pour leur faire plaisir. Et c'est ce que j'ai fait (...) Et puis, tout le monde attendait de voir, comment répondre à Maurizio (Cattelan)".

David Datuna reconnaît que la publicité que lui a valu sa performance à Miami ne lui fait pas de mal, même s'il affirme ne pas en avoir besoin: il a exposé à la National Portrait Gallery de Washington, a récemment ouvert un espace d'exposition dans le quartier new-yorkais de Long Island City, et n'en est pas à son premier "coup" artistique, notamment pour critiquer Donald Trump.

En juin 2017, après que le président américain eut annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, il a écrit le nom TRUMP en lettres de glace sur une grande place new-yorkaise, pour souligner tant la fonte des glaces que le caractère éphémère de sa présidence.

Son prochain coup? Il a indiqué lundi préparer "une surprise" pour le Super Bowl, la grande finale annuelle du championnat de football américain, suivie par près de 100 millions de téléspectateurs, qui se déroulera le 2 février à Miami.

L'acte d'accusation pour destitution de Donald Trump approuvé par la commission judiciaire

L'acte d'accusation pour destitution de Donald Trump approuvé par la commission judiciaire
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Le renvoi de Trump en procès pour destitution approuvé lors d'un vote préliminaire

Le chef de la commission judiciaire de la chambre des représentants Jerry Nadler

L'acte d'accusation de Donald Trump a été approuvé vendredi par une commission à majorité démocrate du Congrès, franchissant une étape décisive avant un vote historique sur le probable renvoi du président des Etats-Unis en procès pour destitution.

Deux mois et demi après l'explosion du "scandale ukrainien", la commission judiciaire de la Chambre des représentants a adopté, en suivant des lignes strictement partisanes, deux chefs d'inculpation retenus par les démocrates contre le milliardaire: "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès".

Il revient désormais à la Chambre de voter sur ce texte lors d'une séance plénière attendue mercredi, selon les médias.

Compte-tenu de la majorité démocrate dans cette enceinte, Donald Trump est quasi assuré d'être mis en accusation. Il devrait toutefois échapper à une destitution, le Sénat, chargé de le juger, étant contrôlé par les républicains qui font bloc autour de leur président.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, l'a d'ailleurs affirmé jeudi soir sur Fox News: "Il n'y a aucune chance que le président soit destitué".

Même s'il est acquitté, son renvoi en procès entachera le bilan de Donald Trump et ternira sa campagne de réélection, bien qu'il conserve un soutien massif auprès de sa base républicaine.

Avant lui, seuls deux présidents, Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, ont vécu une telle épreuve. Mis en cause dans un scandale d'espionnage politique, dit du "Watergate", le républicain Richard Nixon avait démissionné en 1974 pour éviter cet "impeachment".

Avant de passer au vote, la commission judiciaire a débattu pendant une quinzaine d'heures. Ces discussions fleuves, émaillées de nombreuses escarmouches, ont exposé deux visions diamétralement opposées de la conduite de Donald Trump, qui reflètent les fractures de la société américaine face à ce président atypique.

- Antipodes -

Les ennuis du milliardaire ont commencé quand un mystérieux lanceur d'alerte s'est alarmé de la teneur d'un échange téléphonique entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans cet appel du 25 juillet, le magnat de l'immobilier priait son interlocuteur d'enquêter sur de possibles ingérences ukrainiennes dans l'élection de 2016 - reprenant à son compte une théorie en vue dans les milieux conspirationnistes.

Surtout, il lui demandait de "se pencher" sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020, et les affaires de son fils Hunter en Ukraine.

Or, une aide militaire cruciale pour Kiev, en conflit armé avec la Russie, avait été bloquée quelques jours avant cet appel, sans explication.

De ces faits incontestés, démocrates et républicains tirent des conclusions aux antipodes.

Pour les premiers, Donald Trump a commis un "abus de pouvoir" pour s'assurer un avantage dans l'élection de 2020, mettant en jeu l'intégrité du scrutin et la sécurité des Etats-Unis.

Les démocrates lui reprochent aussi d'avoir "entravé" le travail du Congrès en refusant de participer à leur enquête.

Jugeant la procédure "inconstitutionnelle", la Maison Blanche a en effet interdit à des conseillers du président de témoigner ou de fournir des documents réclamés par la Chambre.

- "Attaque" -

Donald Trump et ses partisans jurent de leur côté qu'il n'y a eu "aucune pression" exercée sur l'Ukraine et que les demandes d'enquête étaient légitimes pour lutter contre des soupçons de "corruption".

Selon eux, Hunter Biden a été employé par le groupe gazier ukrainien Burisma uniquement parce que son père était à l'époque vice-président des Etats-Unis.

Pour eux, la procédure de destitution est motivée par l'aversion des démocrates pour un président au style peu conventionnel, et par leur peur de perdre de nouveau contre lui en 2020.

Au cours des débats fleuves, les républicains se sont attachés à présenter la procédure comme une offensive visant aussi les électeurs de Donald Trump. "Il ne s'agit pas simplement d'une attaque contre la présidence, c'est une attaque contre nous tous", a tonné l'élu Matt Gaetz.

L'impact des débats sur l'opinion est incertain: selon la moyenne des sondages établie par le site FiveThirtyEight, 47,3% des Américains soutiennent une destitution de Donald Trump et 45,9% sont contre.

Les candidats démocrates se disputent le soutien des Afro-Américains

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Vifs débats autour d'ultimes retouches à l'acte d'accusation de Trump

Le chef de la commission judiciaire de la chambre des représentants

Dans un climat électrique, une commission parlementaire américaine mettait jeudi la touche finale à l'acte d'accusation de Donald Trump, avant un vote historique sur son probable renvoi en procès pour destitution.

Elus républicains et démocrates de la commission judiciaire de la Chambre des représentants ont, lors d'une séance tendue, livré une nouvelle fois des analyses diamétralement opposées des faits reprochés au 45e président des Etats-Unis.

"Il a commis le crime le plus grave contre la Constitution en abusant de son pouvoir (...) à des fins personnelles", a estimé l'élu démocrate Eric Swalwell. "C'est une farce", a au contraire jugé le républicain Doug Collins, en reprochant à l'opposition "d'envoyer les faits au diable".

En raison de ces divergences partisanes, Donald Trump est quasi assuré d'être mis en accusation la semaine prochaine à la chambre basse, où les démocrates disposent d'une majorité confortable, puis acquitté - sans doute dès janvier - au Sénat, contrôlé par les républicains.

Même s'il échappe in fine à une destitution, le fait d'être renvoyé en procès dans le cadre de cette procédure laissera une marque historique sur son bilan et assombrira sa campagne de réélection.

Avant lui, seuls deux présidents, Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, ont vécu une telle épreuve. Mis en cause dans un scandale d'espionnage politique, dit du "Watergate", le républicain Richard Nixon avait démissionné en 1974 pour éviter sa mise en accusation ("impeachment").

- "Président-roi" -

Donald Trump est dans la tourmente depuis qu'un mystérieux agent du renseignement a activé la procédure réservée aux lanceurs d'alerte au sujet d'un échange téléphonique entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans cet appel du 25 juillet, le magnat de l'immobilier priait son interlocuteur d'enquêter sur de possibles ingérences ukrainiennes dans l'élection de 2016 - reprenant à son compte une théorie en vue dans les milieux conspirationnistes. Mais surtout, il lui demandait de "se pencher" sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020, et dont le fils travaillait pour une entreprise ukrainienne alors que M. Biden était vice-président.

Or, une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre avec la Russie avait été bloquée quelques jours avant cet appel, sans explication.

De ces faits incontestés, républicains et démocrates tirent des conclusions aux antipodes.

Pour les premiers, Donald Trump a usé de sa fonction présidentielle à des fins personnelles, mettant en jeu l'intégrité des élections et la sécurité des Etats-Unis. Forts de leur majorité à la Chambre, ils ont donc rédigé un article de mise en accusation du président pour "abus de pouvoir".

Les pères fondateurs ne voulaient pas "d'un président-roi", a souligné la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi lors d'une conférence de presse. "Personne n'est au-dessus des lois: le président sera tenu responsable" de ses actes, a-t-elle ajouté.

- "Risibles" -

Donald Trump et ses partisans jurent de leur côté qu'il n'y a eu "aucune pression" exercée sur l'Ukraine et que les demandes d'enquêtes étaient légitimes. Ils avancent que l'entreprise ukrainienne pour laquelle travaillait le fils de Joe Biden, Hunter Biden, avait une réputation douteuse.

Pour eux, la procédure de destitution n'est qu'une "mascarade" initiée par les démocrates parce qu'ils craignent de perdre les élections de 2020.

La Maison Blanche a déclaré la procédure "inconstitutionnelle" et a refusé de participer à l'enquête. Elle a interdit à des conseillers du président de témoigner ou de fournir des documents réclamés par la Chambre.

Pour cette raison, les démocrates ont retenu un second chef d'inculpation contre le président: "entrave à la bonne marche du Congrès".

Ces deux chefs figurent dans un projet de résolution qui était au cœur de débats tendus jeudi, les élus s'accusant réciproquement d'user d'arguments "risibles", "absurdes", "incroyables" ou encore "ridicules".

Une fois de possibles amendements discutés, la commission passera au vote, probablement dans la journée.

L'acte d'accusation sera ensuite soumis au vote de la Chambre en séance plénière, sans doute dès la semaine prochaine.

L'impact de cette procédure acrimonieuse sur l'opinion publique est incertain: selon la moyenne des sondages établie par le site FiveThirtyEight, 47,3% des Américains soutiennent une destitution de Donald Trump et 45,9% sont contre.

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