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Une enquête sur l'enquête russe: l'administration Trump accusée de politiser la justice

Le président russe Vladimir Poutine serre la main du président américain Donald Trump à l’occasion de sa commémoration du Jour de l’armistice, cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, à l’Arc de Triomphe, à Paris, le 11 novembre 2018.

L'administration Trump était accusée vendredi d'instrumentaliser la justice en conférant un caractère criminel à une procédure administrative sur la genèse de l'"enquête russe", désormais close mais qui continue de susciter la colère du président républicain, sous la menace de destitution.

Jeudi soir, le New York Times a révélé, en citant deux sources proches du dossier, que cette investigation jusqu'ici administrative, supervisée par le ministre de la Justice Bill Barr, avait été transformée en enquête criminelle.

La nouvelle a encore alourdi le climat d'extrême tension politique à Washington depuis le lancement le 24 septembre par les démocrates d'une enquête au Congrès en vue d'une destitution de Donald Trump.

Le procureur John Durham, en charge de cette nouvelle enquête criminelle, a maintenant l'autorité de convoquer des témoins et d'émettre des injonctions visant à récupérer des documents.

Contacté par l'AFP, le ministère de la Justice, qui se retrouve maintenant à paradoxalement enquêter sur lui-même et ses agissements passés, n'a pas répondu.

"Si ces nouvelles sont avérées, elles soulèvent des nouvelles inquiétudes sur le ministère de la Justice, qui sous Barr a perdu son indépendance et est devenu un moyen de vengeance politique pour Trump", a déclaré le parlementaire démocrate Adam Schiff, qui dirige l'enquête à la Chambre des représentants en vue d'une destitution de Donald Trump.

Pour la sénatrice démocrate Amy Klobuchar, ancienne procureure et candidate à la Maison Blanche en 2020, il se n’agit ni plus ni moins que d'un "abus de pouvoir".

"Si les gens n'ont rien à cacher à propos des bêtises et des méfaits qu'ils auraient pu commettre, alors ils n'ont rien à craindre" de cette investigation, a rétorqué sur la chaîne Fox News la conseillère à la Maison Blanche, Kellyanne Conway.

Dirigé par l'"Attorney general", le ministère américain de la Justice a une tradition d'indépendance vis-à-vis du pouvoir politique lorsqu'il s'agit d'investigations pénales.

Mais Donald Trump avait limogé le prédécesseur de Bill Barr, Jeff Sessions, il y a un an, car il lui reprochait de ne pas le protéger suffisamment dans l'enquête russe.

- Enquête "illégale" -

Donald Trump a maintes fois réclamé une enquête sur les origines de l'enquête russe, selon lui une "chasse aux sorcières" lancée par ses opposants politiques et qui a empoisonné les deux premières années de son mandat. Il a par le passé déclaré que l'enquête avait commencé "illégalement" et l'a jugée politiquement biaisée.

Cette "enquête russe", avait été menée par le procureur spécial Robert Mueller après le limogeage en mai 2017 du patron du FBI James Comey. Informée d'une ingérence russe dans la campagne électorale de 2016, la police fédérale, qui compte le contre-espionnage parmi ses missions, avait commencé à réunir des informations sur les activités de l'équipe de Donald Trump.

Au printemps 2019, après 22 mois d'enquête, Robert Mueller a rendu un rapport de près de 450 pages exonérant le milliardaire républicain des soupçons de collusion avec Moscou. Mais il avait décrit une dizaine de pressions exercées par le président républicain sur l'enquête qui auraient peu constituer une entrave à la justice.

Mais le procureur spécial ne recommandait pas explicitement le lancement de poursuites contre le président. Et Bill Barr avait immédiatement estimé qu'il n'y avait pas lieu d'y donner suite.

"Nous, qui étions impliqués dans la campagne Trump, vous savez de quoi nous sommes coupables? Du plus grand bouleversement politique de l'histoire américaine. Si d'autres personnes sont coupables d'entrave à la justice ou d'avoir supprimé des preuves, nous avons le droit de le savoir", a argué Kellyanne Conway vendredi.

L'administration Trump est particulièrement sur la défensive depuis le début de la procédure de destitution visant le président républicain, et elle cherche à contrer les effets dommageables de la succession des témoignages de diplomates et hauts fonctionnaires à la Chambre.

Cette fois-ci, Donald Trump est accusé d'avoir sollicité l'aide de son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, en lui demandant avec insistance d'enquêter sur l'un de ses rivaux démocrates, Joe Biden, et sur son fils qui avait des fonctions dans une entreprise gazière ukrainienne.

Partie du témoignage d'un "lanceur d'alerte" anonyme au sein des services de renseignement, cette affaire est susceptible de conduire à la mise en accusation du président par la Chambre. Le Sénat, à majorité républicaine, serait alors appelé à statuer sur une éventuelle destitution.

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Primaires démocrates: cap sur la Caroline du Sud

Primaires démocrates: cap sur la Caroline du Sud
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Un candidat démocrate propose d'indemniser les descendants d'esclaves

L'investisseur Tom Steyer, candidat à la présidence, s'exprime lors d'un débat lors des primaires du parti démocrate à Atlanta, Géorgie, le 20 novembre 2019. (AP)

Quasiment inconnu jusqu'à récemment, le milliardaire Tom Steyer a dépensé des millions de dollars avant la primaire démocrate de samedi dans l'Etat de Caroline du Sud, ciblant avec succès l'électorat afro-américain en promettant notamment de dédommager les descendants d'esclaves.

La ville de Charleston, dans cet Etat du Sud des Etats-Unis, a été le port d'entrée dans le pays de 40% des esclaves africains en plein commerce triangulaire, qui a débuté il y a 400 ans.

L'ancien gestionnaire de fonds d'investissement a inondé la Caroline du Sud de publicités promettant d'indemniser les descendants d'esclaves et d'investir dans des communautés noires et universités historiquement marginalisées.

"Il faut dire la vérité sur ce qui s'est passé", plaide le milliardaire californien depuis un restaurant mexicain dans la ville balnéaire de Myrtle Beach, quelques jours avant la primaire démocrate de l'Etat.

"Il faut réparer ce qui a été fait pour aller de l'avant", martèle-t-il, les manches de sa chemise bleue ciel relevées, devant une centaine d'enthousiastes.

"Tom Steyer apporte quelque chose de rafraîchissant", salue auprès de l'AFP Teresa Skinner, infirmière à la retraite. Il veut "nous rendre meilleurs, car pour l'instant nous sommes une nation divisée", estime-t-elle.

Illustre inconnu jusqu'ici, M. Steyer pointe en troisième position des sondages dans cet Etat, derrière l'ancien vice-président Joe Biden et le grand favori pour l'investiture démocrate Bernie Sanders.

- 60% de l'électorat -

"Cela est principalement dû au fait que Tom Steyer a adopté une position très engagée sur les réparations envers les Afro-américains", analyse auprès de l'AFP Robert Green, historien à l'université de Claflin, pour qui le sujet n'est "pas traité par les autres candidats".

Les seuls aspirants démocrates noirs à la Maison Blanche se sont déjà tous retirés de la course.

La proposition de Tom Steyer est extrêmement populaire auprès des Noirs, qui représentent plus de 60% de l'électorat de Caroline du Sud. Elle pourrait, estime l'universitaire, résonner au-delà, dans le reste du pays.

D'autres candidats à l'investiture démocrate ont accepté -- s'ils étaient élus -- de réunir un comité pour étudier la question des réparations aux descendants d'esclaves, mais le milliardaire de 62 ans est le seul à en avoir fait une pierre angulaire de sa campagne.

L'idée ne date pas d'hier, mais a pris de l'importance ces dernières années.

En avril dernier, des étudiants de l'université de Georgetown à Washington ont par exemple voté pour la création d'un fonds destiné à indemniser les descendants de 272 esclaves de l'établissement jésuite, vendus en 1838 pour financer son fonctionnement.

- Un "guignol" -

Mais la question fait débat, notamment sur les montants à allouer ou sur sa mise en oeuvre.

"Je pense que c'est important. Il faut se pencher sur le sujet", juge Ama Saran, une Afro-américaine militante de Joe Biden. "Mais nous devrions planifier ça parce qu'il y a beaucoup de divisions parmi les personnes qui auraient droit à des réparations. Les gens ne sont pas du tout d'accord sur ce que cela signifie", avance la retraitée.

Les détracteurs de Tom Steyer considèrent qu'il utilise, comme Michael Bloomberg, l'autre milliardaire de la course démocrate, des ressources quasi illimitées pour "acheter" l'élection.

"Tom Steyer, quel guignol", a commenté le président Donald Trump, qui brigue un second mandat. "Il n'a aucune chance (de l'emporter), c'est un 'loser', il ne mérite pas votre vote, Caroline du Sud!"

Son concurrent Joe Biden s'est lamenté lui récemment sur la chaîne CBS de voir M. Steyer dépenser "des millions de dollars en campagne" -- 23,6 millions en publicités dans la seule Caroline du Sud, selon le cabinet Adversiting Analytics.

Le milliardaire insiste que son soutien grandissant dans cet Etat est dû à son message, pas à son argent.

Son porte-parole Alberto Lammers a assuré à l'AFP que le candidat, qui n'est pas issu du monde politique, avait dû investir des sommes importantes pour se faire connaître: "Ce qui résonne, c'est son message, et le public répond à cela".

Taylor Swift dénonce la masculinité toxique dans son nouveau clip

La chanteuse américaine Taylor Swift (Photo Reuters/Andrew Kelly, 26 novembre 2018)

Taylor Swift a fait ses débuts dans la réalisation avec la sortie jeudi du clip de sa chanson "The Man", dans lequel elle incarne, avec un humour incisif et des prothèses, un mâle alpha.

Méconnaissable en barbe et costume sombres, l'icône de la pop joue le rôle d'un homme odieux qui accumule quand même les réussites personnelles et professionnelles.

Dans une des scènes, le personnage masculin de Taylor Swift se livre à du "manspreading" en écartant exagérément les jambes dans le métro tout en fumant un cigare, sans égards pour les personnes assises à côté de lui.

"J'en ai tellement marre de courir aussi vite/Je me demande si j'arriverais plus vite si j'étais un homme", chante Taylor Swift dans le refrain.

A la fin du clip, la chanteuse, qui joue aussi le rôle de la réalisatrice de la vidéo, demande à son personnage s'il pourrait essayer d'être "plus sexy" et plus "sympathique", reprenant ainsi des remarques souvent adressées aux femmes.

L’artiste profite du clip, filmé pour cette chanson issue de son septième album "Lover", pour faire un pied de nez aux responsables de l'industrie de la musique avec lesquels elle se dispute la propriété de ses premiers morceaux depuis juin.

Le magnat de l’industrie Scooter Braun détient la majorité des enregistrements de ses six premiers albums. La diva de la pop possède cependant "Lover", et elle a déclaré qu'elle réenregistrerait ses autres albums dès novembre 2020, dès que son contrat le lui permettra.

Le clip de "The Man" vient alimenter une lutte de plus en plus publique de Taylor Swift pour son indépendance et le contrôle de son image. Ces dernières années, elle s'est notamment exprimée sur la politique pour la première fois. Dans le récent documentaire "Miss Americana", la superstar explique qu'on lui a souvent recommandé de rester loin des sujets politiques, pour éviter les réactions négatives.

L'art du Sahel à l’honneur au musée MET Museum à New York

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En Caroline du Sud, l'électorat noir a le destin des candidats démocrates en main

La Caroline du Sud est le premier état où la communauté afro-américaine aura une influence décisive dans les primaires démocrates.

Will Jackson a suivi trois des candidats à l'investiture démocrate, mais il n'arrive pas à décider lequel sera capable de battre Donald Trump en novembre. Son vote samedi, comme celui de la communauté noire de Caroline du Sud, sera pourtant un tournant dans la course à la Maison Blanche.

"Mon principal objectif est de voter pour quelqu'un qui battra Trump", souvent perçu par les minorités comme un président raciste ayant libéré la parole des suprémacistes blancs, assure à l'AFP cet ancien combattant de 73 ans.

Après trois scrutins disputés dans des Etats majoritairement blancs (Iowa, New Hampshire) ou à forte minorité hispanique (Nevada), celui de Caroline du Sud est le premier où la communauté afro-américaine aura une influence décisive.

Dans cet Etat, 60% des Noirs votent démocrate et leur soutien est crucial pour devenir l'adversaire du milliardaire républicain à la présidentielle de novembre.

Casquette de l'armée vissée sur la tête, M. Jackson a successivement suivi Pete Buttigieg, premier homosexuel à avoir une réelle chance d'obtenir l'investiture, l'ancien vice-président Joe Biden lors d'une réunion à Georgetown, puis le milliardaire et philanthrope Tom Steyer à Myrtle Beach.

Mais il reste indécis, alors que le scrutin de Caroline du Sud pourrait en outre influencer les résultats du "Super mardi" le 3 mars, quand voteront 14 Etats dont plusieurs avec une démographie similaire.

La Caroline du Sud est "un bon baromètre du vote des électeurs noirs au niveau national", dit à l'AFP Robert Greene, professeur d'histoire à l'Université Claflin. Et historiquement, tous les vainqueurs de la primaire dans l'Etat ont emporté l'investiture, à une exception près en 2004.

- Un candidat qui a ses chances -

"Joe Biden serait un grand président et s'il gagne, cela lancera sa campagne", explique Will Jackson. L'ancien vice-président américain, très populaire parmi la minorité noire, compte sur le scrutin de samedi pour revenir dans la course après des débuts ratés.

Ancien numéro deux de Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, Joe Biden s'est dit cette semaine sûr de sa victoire samedi grâce au soutien de cet électorat, son "pare-feu" comme le qualifie la presse locale.

"C'est la base de mon soutien, durant toute ma carrière. C'est l'une des raisons pour lesquelles Obama m'a choisi", a affirmé mardi M. Biden lors du dernier débat démocrate à Charleston.

A Georgetown, Ama Saran, retraitée d'une soixantaine d'années, fait la queue pour une réunion publique de M. Biden. Elle salue son "expérience" et voit en lui un "guerrier".

Les autres candidats "ont toute une palette de choses qu'ils espèrent faire, mais qui ne se concrétiseront probablement pas", explique-t-elle.

"Je veux soutenir quelqu'un qui sait ce dont a besoin ce pays et qui a déjà montré qu'il sait comment lui fournir", dit Mme Saran.

La question est de savoir si, à 77 ans et après de multiples gaffes depuis le début de la campagne, M. Biden reste un candidat qui a des chances d'être élu face à Donald Trump.

Pour Kendall Deas, professeur de sciences politiques à l'Université de Charleston, Joe Biden "est connu des électeurs afro-américains (de l'Etat) et cela aide" mais "ils l'ont aussi vu trébucher" lors des premiers scrutins alors qu'il était en tête des sondages nationaux.

Il est donc normal que ces électeurs "considèrent les autres options et regardent qui sont les autres candidats".

Bernie Sanders, qui fait désormais figure de grand favori malgré son étiquette "socialiste", attire les minorités en promettant un système de santé universel et gratuit.

Tom Steyer, qui finance sa campagne à coups de centaines de millions de dollars, veut lui indemniser les descendants d'esclaves.

La primaire de samedi est aussi cruciale pour Pete Buttigieg qui, à 38 ans, s'est fait critiquer pour sa gestion des problèmes raciaux à South Bend, ville moyenne de l'Indiana dont il a été maire de 2012 à 2020.

"Mayor Pete" a tenté de rassembler cette semaine en rencontrant le très respecté révérend Al Sharpton.

"Je suis conscient que je ne saurai jamais ce que ça fait de marcher dans la rue et de sentir les regards, d'être considéré dangereux à cause de ma couleur de peau", a-t-il déclaré. "Donc le mieux que je puisse faire est d'écouter ceux pour qui c'est le cas (...) et leur demander de construire une vision."

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