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La Commission électorale rejette le recours contre le 1er tour de la présidentielle au Liberia


L'ancien candidat libérien au Parti de la Liberté d'opposition, Charles Brumskine, à droite, quitte la Cour suprême à Monrovia, Liberia, novembre 2017.

La Commission électorale nationale (NEC) du Liberia a rejeté vendredi en appel le recours contre les résultats du premier tour de la présidentielle, où le sénateur et ex-star du foot George Weah et le vice-président Joseph Boakai étaient arrivés en tête.

Avant même cette décision, les candidats déboutés, qui contestent l'impartialité de la NEC, avaient annoncé leur intention de saisir la Cour suprême.

Le second tour, prévu le 7 novembre entre George Weah et Joseph Boakai, a été reporté sine die par la Cour suprême, qui a enjoint la NEC d'examiner d'abord le recours du candidat arrivé en troisième position au premier tour le 10 octobre, avec 9,6% des voix, Charles Brumskine, auquel s'est joint M. Boakai.

Les observateurs internationaux ont jugé le déroulement du vote largement crédible, malgré des problèmes d'organisation et de longs retards relevés dans ce scrutin pour désigner le successeur d'Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue à la tête d'un Etat africain.

La plus haute instance de la NEC a confirmé vendredi la décision de rejet annoncée lundi, a déclaré à la presse une responsable de la Commission, Davidetta Lassana.

Le conseil de la Commission électorale a jugé que les plaignants n'avaient pas apporté la "preuve irréfutable", comme l'exige la Constitution, que le vote avait été entaché de fraudes, faisant état d'erreurs matérielles sans conséquence sur le résultat final et corrigées par la suite.

"La demande des parties pour que l'élection soit organisée une nouvelle fois est par conséquent rejetée", a déclaré Mme Lassana.

Des témoignages cités par les plaignants faisaient état de l'absence de numéros de série sur les bulletins de vote ou de la non-communication aux partis politiques des listes électorales. Mais les éléments présentés par la NEC "prouvent le contraire", a indiqué la Commission.

L'imbroglio juridico-électoral fait peser des incertitudes sur la première transition démocratique depuis trois générations dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, l'un des plus pauvres au monde, ravagé de 1989 à 2003 par l'une des plus atroces guerres civiles du continent, qui a fait quelque 250.000 morts.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé mercredi toutes les parties à résoudre leurs différends "rapidement afin de permettre une conclusion dans les délais du processus électoral et une transition pacifique du pouvoir au nouveau président, conformément aux échéances fixées par la Constitution libérienne".

Les candidats déboutés ont sept jours pour saisir la Cour suprême de la décision de la NEC, qui disposera ensuite d'une semaine pour transmettre le dossier à la Cour, devant elle-même statuer dans un délai de sept jours.

Si la Cour fait droit au recours, la NEC devra organiser une nouvelle élection dans un délai de 60 jours. A contrario, si elle le rejette, un second tour devra se tenir, nécessairement un mardi, selon la Constitution.

Or, le mandat présidentiel débute le troisième lundi ouvré de l'année suivant l'élection, ce qui laisse peu de temps pour tenir les délais constitutionnels, quelle que soit la décision de la Cour suprême.

Mme Sirleaf, mise en cause par M. Brumskine et son propre vice-président, M. Boakai, qui l'ont accusée d'avoir pesé sur les résultats du premier tour, notamment en rencontrant à son domicile des responsables de NEC, a estimé le 7 novembre que "la démocratie était attaquée" au Liberia, exhortant la classe politique à se ressaisir.

Ellen Johnson Sirleaf, Prix Nobel de la paix 2011, n'avait plus le droit de se représenter, au terme de deux mandats de six ans.

Avec AFP

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