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La canicule aux Pays-Bas a fait 400 morts

Près de 400 personnes sont mortes aux Pays-Bas pendant la canicule, record qui a frappé l'Europe en juillet, selon l'agence de statistiques néerlandaise.

Les températures néerlandaises ont atteint 40.4 degrés Celsius le 25 juillet, battant le record de 1944 et dépassant pour la première fois les 40 degrés depuis les premiers enregistrements de températures.

Au total, 2.964 personnes sont mortes dans la semaine du 22 au 27 juillet, a rapporté le Bureau central des statistiques néerlandais, ajoutant que "cela représentait presque 400 personnes de plus que dans une semaine normale en période estivale".

"La canicule a été courte mais très intense, avec des températures qui ont dépassé tous les records jamais mesurés aux Pays-Bas", a dit le Bureau.

La plupart des morts supplémentaires sont des personnes âgées, avec 1.687 personnes âgées de plus de 80 ans décédées pendant la canicule, soit 300 de plus que sur une semaine estivale normale, a précisé l'agence.

Les taux de mortalité ont aussi été plus élevés dans la partie est des Pays-Bas, là où les températures étaient les plus chaudes.

Les records se sont accumulés en Europe pendant cette canicule, avec la Grande-Bretagne, la Belgique, l'Allemagne et la capitale française vivant toutes leurs jours les plus chauds jamais enregistrés.

Ces températures de plomb ont attiré l'attention du public sur les problèmes causés par le réchauffement climatique.

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Vers une féminisation de la migration clandestine?

Cette migrante africaine a été interceptée par un bateau de sauvetage alors qu'elle était à bord d'un petit canot gonflable pour enfant (jouet) dans le détroit de Gibraltar, Tarifa, Espagne, 23 juillet 2018.

Les hommes restent majoritaires dans l'immigration clandestine mais le nombre de femmes augmente, et alors qu'elles migraient accompagnées, elles sont désormais plus nombreuses à entreprendre le voyage seules et de manière totalement indépendante.

L'impact socio-économique du coronavirus a poussé un plus grand nombre de personnes à tenter la traversée de la Méditerranée, l'une des routes migratoires les plus meurtrières du monde. Plus de 1.200 migrants ont péri l'an dernier en mer, et la tendance persiste au premier trimestre 2021.

Selon l'agence européenne Frontex, une femme et un enfant sur dix migrants irréguliers quittent les côtes de l'Afrique. Plus de 70.000 personnes sont partis en 2020 de Libye, d'Algérie et de Tunisie, soit 140% de plus que l'année précédente. Les départs de jeunes qui tentent de joindre l'Espagne en pirogue se sont aussi multipliés sur les côtes ouest africaines. L'an dernier, plus de 23.000 migrants sont arrivés aux Canaries, soit huit fois plus qu'en 2019.

Les migrants illégaux se trouvent dans des situations plus périlleuses qu'auparavant, indique Interpol, précisant qu'ils sont à la merci de passeurs qui demandent des sommes plus élevées et empruntent de nouvelles routes pour éviter les mesures frontalières anti-covid.

Les femmes sont de plus en plus nombreuse à tenter ce voyage, souligne la police internationale, estimant que "des routes maritimes alternatives et potentiellement plus dangereuses continueront d'être explorées."

En septembre 2016, la gardienne de but de l'équipe gambienne de football féminin des moins de 17 ans s'est noyée en Méditerranée. Après avoir traversé le désert du Sahara pour aller en Libye, Fatim Jawara a perdu la vie dans le naufrage d'un bateau navigant vers l'Europe. Jawara voulait devenir footballeuse professionnelle en Italie pour envoyer de l'argent à sa mère. Son souhait le plus cher, qui lui aura coûté la vie.

Graffitis de l'artiste de rue italien Eron sur la coque d'un bateau brisé montrant les visages d'une femme migrante et d'enfants, Rome, 14 avril 2016.
Graffitis de l'artiste de rue italien Eron sur la coque d'un bateau brisé montrant les visages d'une femme migrante et d'enfants, Rome, 14 avril 2016.

Le prix à payer pour les migrante irrégulières

Les Nigérianes constituent 30% des femmes arrivées en Europe via la Méditerranée, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Benin City dans le sud du Nigeria est la plaque-tournante du recrutement des femmes transportées par les réseaux criminels. Celles-ci sont livrées à la prostitution via un trafic d'être humains qui fait miroiter une vie meilleure aux potentielles victimes en promettant un emploi décent.

l'OIM estime que chaque année, 10 000 Nigérianes victimes de la traite arrivent en Europe. D'autres sont recrutées ou incitées à partir notamment au Libéria, en Sierra Leone et au Ghana. Certaines, dont des filles de 15 ans, sont attirées avec la promesse de travailler comme mannequin, en entreprise ou comme employée de maison avec la possibilité d'étudier.

Lorsqu'elles arrivent à destination, les ravisseurs confisquent leur passeport. La plupart sont forcées à la prostitution pour "rembourser la dette" du voyage. Interpol a démantelé plusieurs réseaux nigérians de la traite des filles et femmes, généralement sous l'emprise de compatriotes en Europe, ces fameuses "mamas" à l'apparence trompeuse.

Les potentielles victimes n'arrivent pas toutes à destination.

En novembre 2017, 26 adolescentes Nigérianes avaient été retrouvées noyées au large des côtes libyennes. Deux d'entre elles étaient enceintes. L'Italie avaient organisé une cérémonie à Salerne en leur mémoire, en déposant une rose blanche sur chaque cercueil.

Des femmes pleurent lors d'un service funèbre pour 24 migrants noyés alors qu'ils tentaient d'atteindre les côtes sud de l'Italie, Msida, Malte, 23 avril 2015.
Des femmes pleurent lors d'un service funèbre pour 24 migrants noyés alors qu'ils tentaient d'atteindre les côtes sud de l'Italie, Msida, Malte, 23 avril 2015.

Des passeurs cupides

Il ne se passe pas une semaine sans l'annonce d'un naufrage meurtrier; la mort d'enfants, de femmes et d'hommes, noyés par dizaines, au large de la Libye, du Sénégal ou en plein coeur de la Méditerranée, voire tout près des côtes italiennes, si près de la terre promise.

Le 3 mars dernier, au moins 20 migrants sont morts après que des passeurs ont jetés des dizaines de personnes à la mer dans le Golfe d'Aden, entre Djibouti et le Yémen, selon l'OIM.

Le 24 février, la police espagnole a annoncé l'arrestation aux Canaries de 14 passeurs ayant transporté des centaines de migrants vers l'archipel, dont trois sont morts dans la traversée, y compris un enfant, dont le corps fut jeté par-dessus bord. Sa mère, en état de choc, a essayé de mettre fin à ses jours une fois sauvée. Les passeurs interpellés sont de nationalité guinéenne, malienne, mauritanienne, marocaine et gambienne, ce qui montre l'ampleur du phénomène dans la région.

Bien qu'ils sauvent des vies, certains navires d'ONG sont accusés de faire le jeu des passeurs au large de la Libye qui se contentent ainsi de bateaux sommaires surchargés de migrants, sachant que ces derniers ont la possibilité d'être secourus par des organisations humanitaires en envoyant une alerte par téléphone cellulaire avant le potentiel naufrage.

L'une des plus grave tragédies est notamment celle du 18 avril 2015, lorsqu'un bateau surchargé, transportant plus de 800 migrants dont 200 Sénégalais à partir de la Libye vers l'Italie, a coulé en Méditerranée.

Des migrantes africaines reçoivent des secours après avoir débarqué à Palerme en Italie le 15 avril 2015.
Des migrantes africaines reçoivent des secours après avoir débarqué à Palerme en Italie le 15 avril 2015.

Le retour au pays après avoir vécu l'enfer

En Afrique, un migrant irrégulier peut voyager des jours, voire des semaines durant, avant d'arriver dans un pays côtier ouvert sur la Méditerranée. Pendant tout ce temps de vie clandestine, de nombreuses femmes sont exposées à la violence sexuelle.

Les femmes victimes de réseaux mafieux du continent ne se retrouvent pas seulement sur le trottoir en Europe, mais également dans plusieurs pays africains, comme le Bénin, la Côte d'Ivoire et notamment la Libye, où beaucoup de candidats à l'immigration restent bloqués.

Depuis 2017, plus de 10.000 femmes d'Afrique de l'Ouest et du Centre ont été assistées pour leur retour volontaire dans leur pays d'origine dans le cadre d'une Initiative de l'OIM pour la réintégration des migrants. Ces femmes représentent 13% du nombre total de migrants qui ont bénéficié d’une assistance.

La cinéaste guinéenne engagée Isabelle Kolkol Loua, jointe par VOA Afrique, a rencontré plusieurs femmes à leur retour de ce voyage éprouvant semé d'embuches.

"Nous avons eu des témoignages de jeunes femmes qui étaient emprisonnées pendant le voyage dans le désert. Des femmes qui sont obligées de payer leur voyage par leur corps, où qui sont échangées par les passeurs qui les exploitent, qui les vendent comme des jouets sexuels", a-t-elle déclaré, ajoutant que certaines "ont eu des bébés et on leur arrache ces bébés et on les vend".

La plupart des jeunes femmes à Conakry qui suivent un programme de retour volontaire sont passées par la Libye au cours de leur périple. Il existe en Guinée des mécanismes de réinsertion sociale, dont un Office national de formation et de perfectionnement professionnel qui organise des ateliers pour contrer le phénomène des candidats à l’immigration irrégulière.

Augmentation des femmes candidates à l'immigration clandestine
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Des mères qui nourrissent le désir de partir

Les ONG et experts en migration s'accordent à dire que la plupart de ces initiatives pour quitter le pays par des moyens illégaux sont soutenues et parrainées par des parents, qui n'hésitent pas à vendre tous leurs biens ou autres ressources pour couvrir le montant nécessaire à la périlleuse aventure.

De nombreuses mères soutiennent un enfant qui veut partir, et certaines sont même à l'origine de l'idée, comme l'illustre la réalisatrice et productrice guinéenne Isabelle Kolkol Loua dans son film "The way", qui aborde l’angle préventif de l’immigration.

Ce moyen métrage bouscule toute idée préconçue sur les motivations des voyageurs illégaux, en exposant l'histoire d'un jeune homme, poussé à partir par sa propre mère, alors qu'il veut rester dans son pays pour y monter son entreprise.

"J'ai mis sur scène un jeune homme, qui, après plusieurs stages n'obtient pas de travail et qui décide d'investir dans la restauration, donc d’être son propre patron", relate-t-elle. "Il se trouve que la mère du personnage principal est déjà très intéressée par le projet de voyage et elle est prête à donner tout ce qu’elle a pour que son fils puisse faire ce voyage", ajoute Isabelle Kolkol Loua.

"En réalité, il n’est allé nulle part. Il a juste pris les moyens qu’avait sa mère pour financer le voyage et les a mis à la disposition de son projet d’entreprise", poursuit la cinéaste. Après quatre ans de silence, le jeune homme décide de réapparaître pour tout avouer à sa mère le croyant en Europe.

Le phénomène des mères qui nourrissent le désir de partir de leurs enfants est une réalité partagée avec la réalisatrice sénégalaise Khadidiatou Sow qui a enquêté avant de réaliser son court métrage "Une place dans l’avion", une comédie exposant le même type de comportement d'une mère vis-à-vis de son enfant.

Émigration clandestine: Isabelle Loua sensibilise par le cinéma
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Prévenir un départ hasardeux à l'arrivée incertaine

"Il faut avoir au moins 5.000 euros pour pouvoir entamer ce genre d’aventure", selon Isabelle Kolkol Loua. Elle explique que bon nombre de candidats à l'émigration clandestine viennent de contrées reculées ou ont reçu très peu d'éducation formelle. "Ils viennent, ils font un peu de taxi-moto ici pendant un an ou deux, ce qui leur permet de pouvoir partir", détaille-t-elle.

Un grand nombre de jeunes femmes se retrouvent domestiques dans des pays du Golf où elles sont exploitées par des familles aisées. "Il y a des pays comme le Koweit où il y a une forte représentation de femmes guinéennes qui partent, et il y a des gens qui leur disent: on finance le voyage pour vous. Et quand elles sont là-bas, c'est l'enfer. Donc après, elles reviennent et les témoignages sont très pathétique", précise la cinéaste.

Yayi Bayam Diouf, Présidente du Collectif des Femmes pour la Lutte Contre l’Immigration Clandestine au Sénégal (COFLEC), première femme à pratiquer l’activité de pêche à Thiaroue-sur-Mer, a créé un centre pour l’entrepreneuriat des femmes. L'objectif, souligne-t-elle, est qu'elles prennent en charge leur famille afin qu'aucun membre ne soit tenté par l’émigration irrégulière sur des embarcations de fortune.

Mme Diouf a elle même perdu son fils unique en Méditerranée. La mort de son fils, qui voulait joindre l'Espagne à partir de la côte sénégalaise, a été le déclencheur de son combat, a-t-elle dit à VOA Afrique, pour "montrer qu'il y a des possibilité de rester au pays et d'y travailler".

"Nous ciblons particulièrement les associations de jeunes, nous ciblons aussi les notables, les religieux", poursuit-elle, soulignant les "possibilités d'être formé mais aussi d'être orienté au niveau des structures d'employabilité et de financement".

Dans son plaidoyer contre la migration illégale, le COFLEC va jusqu'à associer les potentiels passeurs -principalement des pêcheurs- "dans la prise de décision par rapport à la migration irrégulière", souligne sa présidente, assurant qu'ils sont "conscientisés sur les impacts et les dangers de cette migration clandestine".

"En Europe, la vie n'est pas aussi rose"

Selon l'OIM, la plupart des candidats à l'immigration clandestine ont généralement une activité formelle ou informelle et utilisent leur revenu pour financer le voyage.

A partir de ce constat, Mme Loua renvoie la responsabilité en haut lieu: "Il faut que les autorités concernées par la situation s’impliquent dans la gestion de cette crise en donnant plus de possibilités à ces jeunes, qui investissent dans plusieurs secteurs tertiaires pour la plupart. Ils ont des petits commerces, des petites et moyenne entreprises."

Selon la Sénégalaise Yayi Bayam Diouf, les structures pour l'employabilité et le financement des jeunes existent, mais elles ne sont pas connues des populations ciblées. "Il y a un problème de communication entre les politiques publiques et les populations", conclut-elle.

Nicole Bicaise, jeune Guinéenne qui a bénéficié du programme de retour volontaire de l'OIM, sensibilise aujourd'hui des femmes et des filles contre la tentation de vouloir se lancer dans la traversée périlleuse. Jointe par VOA Afrique, elle explique aller vers les communautés pour informer, dire qu'en Europe "la vie n'est pas aussi rose. Il y a beaucoup d'étapes à passer, tu peux tomber sur des proxénètes, des personnes qui font la traite des être humains, des dealers... Il y a des témoignages choquants. Il y a plein d'histoires comme ça."

L'émigration clandestine en Afrique de l'ouest est aussi une résultante de l’instabilité qui règne dans la région du Sahel.

En 2011, l'intervention de l'OTAN en Libye a provoqué un chaos sans précédent dans la région, faisant resurgir le phénomène qui enregistrait une baisse depuis 2009. Dix ans plus tard, les migrants arrivent toujours dans les centres de contrebande Sahéliens et les tentatives de migration vers l'Europe se poursuivent à un rythme soutenu.

"Le fait que les réfugiés et migrants poursuivent leurs tentatives désespérées de rejoindre l'Europe en passant par la Méditerranée centrale représente la preuve de la nécessité d'un effort international immédiat pour offrir à ces derniers une alternative valable", estiment dans un communiqué commun l'OIM et le HCR.

En attendant des solutions adaptées, les routes impitoyables de la migration irrégulière continuent d'anéantir le simple rêve d'une vie meilleure. Les navires humanitaires et des garde-côtes interviennent en dernier recours, exposant à la face du monde l'échec manifeste des multiples accords, dispositifs et moyens mis en oeuvre dans l'objectif d'éviter ces voyages meurtriers, qui font plus de victimes que le terrorisme en Afrique.

Augmentation des femmes candidates à l'immigration clandestine

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Des scandales sur l’achat de masques mettent le parti de Merkel en difficulté

La Chancelière Angela Merkel lors du sommet Compact with Africa à Berlin, le 30 octobre 2018.

Un député allemand du parti de la chancelière Angela Merkel a annoncé lundi sa démission immédiate du parlement, pour avoir reçu un paiement après avoir négocié des contrats d'achat de masques faciaux pour des autorités locales. Ce scandale secoue les conservateurs à six mois des élections.

"Afin d'éviter d'autres dommages à mon parti, je me retire de mon mandat au Bundestag", a déclaré Nikolas Loebel, du parti conservateur des démocrates-chrétiens (CDU) dans un communiqué.

Loebel a été critiqué après avoir déclaré dimanche qu'il démissionnerait de la faction CDU mais qu'il conserverait son siège à la chambre basse jusqu'aux élections générales de septembre.

Sa démission intervient une semaine avant les élections régionales dans les États de Rhénanie-Palatinat et du Bade-Wurtemberg, dans l’ouest, où se trouve la circonscription de Loebel.

Selon l'agence Reuters, le scandale pourrait susciter plus de mécontentement des électeurs. La coalition au pouvoir a été critiquée pour une lente campagne de vaccination contre le COVID-19.

Le président de la CDU, Armin Laschet, un candidat potentiel pour succéder à Merkel, et d'autres parlementaires conservateurs de haut rang ont appelé Loebel à démissionner immédiatement de son poste de député. Les élus qui cherchent à faire du profit dans leur devoir de protection contre la pandémie "devraient quitter le parlement immédiatement", a déclaré Laschet.

Un autre député conservateur, Georg Nuesslein, a démissionné vendredi de son poste de chef adjoint du groupe parlementaire de Merkel, affirmant qu'il ne défendrait pas non plus son siège au parlement en septembre.

Nuesslein nie les allégations selon lesquelles il aurait pris plus de 600 000 euros par le biais d’une société de consultance dans une commande de masques par l'État. Le parquet de Munich a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les premières allégations de corruption contre Nuesslein.

Les alliés d’Angela Merkel sont en net recul dans les sondages, à cause notamment de leur gestion de la pandémie de Covid-19, même si le gouvernement a été applaudi dans sa réponse lors de la première vague.

La Suisse interdit le port du voile intégral

Des femmes voilées assistent à un discours du prédicateur Pierre Vogel, à Offenbach, près de Francfort, en Allemagne, le 28 juin 2014.

Les Suisses ont voté dimanche à une courte majorité en faveur de l'interdiction de se dissimuler le visage, un signal contre l'islam radical selon ses partisans, une initiative xénophobe et sexiste pour les autres. Ils ont aussi discuté d'un accord commercial entre Genève et l'Indonésie.

Le texte, initialement proposé par le parti populiste de droite UDC, a obtenu 51,21% des voix et une majorité de cantons, selon les résultats officiels publiés par le gouvernement fédéral.

Il a été soutenu par des féministes et une partie des électeurs de la gauche laïque.

"Nous nous réjouissons. Nous ne voulons pas qu'il y ait un islam radical dans notre pays", a lancé le président de l'UDC Suisse, Marco Chiesa sur la chaîne Blick.tv.

Le texte n'évoque ni la burqa - une large pièce de tissu qui couvre de la tête aux pieds et munie d'une fente grillagée à hauteur des yeux - ni le niqab, qui couvre entièrement le corps et le visage à l'exception des yeux, mais les affiches de campagne ne laissaient pas de doute sur l'objet du referendum.

En votant contre le port du voile intégral dans l'espace public, la Suisse rejoint la France, l'Autriche, la Bulgarie, la Belgique et le Danemark, après des années de débat.

Il sera donc désormais interdit de se couvrir complètement le visage en public -ce qui vaut aussi pour des manifestants cagoulés- mais des exceptions sont prévues pour les lieux de culte par exemple.

Les Suisses se sont par ailleurs prononcés en faveur d'un accord commercial avec l'Indonésie (51,65%) mais ont rejeté largement l'introduction d'une identité électronique fédérale gérée par le privé (64,36% pour le non).

Touristes

Le oui risque de "banaliser l'ambiance xénophobe et raciste" à l'encontre des musulmanes, a déclaré Myriam Mastour, membre du collectif Les Foulards Violets et de la grève féministe sur la chaîne publique RTS. En revanche elle se réjouit du faible écart entre le oui et le non, alors que les premiers sondages donnaient l'initiative de l'UDC largement favorite.

Selon les opposants, le port du voile intégral n'est pas un sujet en Suisse, où on estime à quelques dizaines les femmes ainsi vêtues, en général des converties. Ce sont surtout des riches touristes que l'on voit ainsi vêtues fréquenter les boutiques chics de Genève ou Zürich.

Ce résultat, "c'est un immense soulagement", a dit Mohamed Hamdaoui, député au Grand Conseil bernois et fondateur de la campagne "A visage découvert" à l'agence ATS. "Ce vote est révélateur d'une prise de conscience", selon ce membre du PS, qui se revendique musulman laïque. C'était "l'occasion de dire stop à l'islamisme" et pas "aux musulmans, qui ont évidemment toute leur place dans ce pays", a-t-il souligné.

"L'interdiction du voile intégral n'est pas une mesure visant la libération des femmes. Il s'agit au contraire d'une dangereuse politique symbolique qui viole la liberté d'expression et de religion", accuse Cyrielle Huguenot, responsable des droits des femmes à Amnesty International Suisse, citée dans un communiqué.

Selon les chiffres de l'Office des statistiques de 2019, environ 5,5% de la population suisse est musulmane, essentiellement avec des racines en ex-Yougoslavie, où cette tradition vestimentaire est absente.

Le gouvernement fédéral et le parlement s'opposaient à cette mesure.

En 2009, les Suisses avaient déjà voté l'interdiction de la construction de minarets sur les mosquées, provoquant la colère dans les pays musulmans et l'approbation des partis nationalistes européens.

Peu après le vote dimanche quelque 150 manifestants -essentiellement des jeunes- se sont rassemblés contre l'initiative à Berne, a constaté un journaliste de l'AFP. "Il faut décoloniser la femme musulmane", pouvait-on lire en allemand sur une pancarte ou encore "Ma tête m'appartient" sur une autre arborant une tete de mannequin voilée.

Huile de palme

La population a aussi donné dimanche un court avantage à un accord commercial avec l'Indonésie.

Le plus grand pays musulman du monde est un marché très prometteur, mais c'est l'huile de palme - à la réputation écologique sulfureuse - qui avait focalisé le débat.

Signé en 2018 et approuvé par le parlement suisse en 2019, cet accord prévoit l'abolition des droits de douane sur une grande partie des produits échangés avec l'Indonésie ainsi qu'un ensemble de règles régissant les échanges de services, la propriété intellectuelle et les investissements.

Les opposants estiment que leur score démontre que les préoccupations écologiques devront être au coeur des futures négociations commerciales.

Meghan Markle détaille son supplice au sein de la famille royale

Le prince Harry et Meghan, duchesse du Sussex, tenant leur fils Archie, au Cap, en Afrique du Sud, le 25 septembre 2019.

Meghan Markle a eu des pensées suicidaires lorsqu'elle vivait au sein de la famille royale, et n'a reçu aucun soutien psychologique malgré des demandes répétées, a-t-elle expliqué dans une interview diffusée dimanche.

"Je ne voulais tout simplement plus être en vie. Et c'étaient des pensées constantes, terrifiantes, réelles et très claires", a dit la duchesse de Sussex à la présentatrice Oprah Winfrey lors de l'entretien retransmis par la chaîne CBS, mettant son état psychologique sur le compte de la couverture agressive des médias britanniques.

Elle dit être allée voir des membres de l'institution royale pour demander de l'aide et évoquer la possibilité d'une prise en charge médicale, "et on m'a dit que je ne pouvais pas, que ce ne serait pas bon pour l'institution", a-t-elle ajouté.

L'ancienne actrice, qui est métisse, a également affirmé que des membres de la famille royale s'étaient inquiétés de la couleur de peau de son fils Archie avant sa naissance. Ils ont exprimé des "inquiétudes (...) quant à savoir à quel point sa peau serait foncée", "ce que ça voudrait dire et à quoi cela ressemblerait", a-t-elle expliqué.

La duchesse de Sussex a également indiqué que le palais de Buckingham avait refusé d'accorder une protection à l'enfant et que des membres de l'institution estimaient qu'Archie ne devrait pas recevoir de titre de noblesse, bien que ce soit la tradition.

Harry a lui regretté que la famille royale n'ait pas pris position publiquement pour dénoncer ce qu'il considère comme une couverture aux accents racistes par une partie de la presse britannique.

Si l'Américaine de 39 ans a dénoncé une "vraie campagne de dénigrement" de la part de l'institution royale et dit ne pas s'être sentie protégée par la famille royale, elle a pris garde de ne pas attaquer personnellement des membres de la couronne.

Elle a simplement affirmé que, contrairement à ce qui avait été rapporté par la presse britannique, ce n'était pas elle qui avait fait pleurer Kate, la duchesse de Cambridge, mais que l'inverse s'était produit lors d'un incident survenu avant son mariage avec le prince Harry, en 2018. Elle a précisé que Kate s'était excusée peu après.

Harry a été plus loin, avouant s'être senti "vraiment lâché" par son père, le prince Charles, alors qu'il vivait une période difficile. "Parce qu'il a vécu quelque chose de similaire. Il sait ce qu'est la douleur", a dit le prince. "Il y aura du travail" pour améliorer leur relation, "mais en même temps, je l'aimerai toujours".

Interview "cirque"

De son côté, la monarchie britannique avait décidé de faire front face à la menace de cette interview-choc, offrant quelques heures avant l'intervention des Sussex l'image d'une famille unie lors des célébrations annuelles du Commonwealth.

Dans un discours télévisé préenregistré, la reine a souligné l'importance du "dévouement désintéressé et du sens du devoir" dont ont fait preuve les soignants durant la pandémie, un signe que certains ne manqueront pas d'interpréter comme une critique adressée au couple princier.

Selon une source proche de la reine citée par le Sunday Times, Elizabeth II ne comptait pas regarder l'interview de son petit-fils et sera médiatiquement plus présente la semaine prochaine pour montrer que la monarchie "se concentre sur des questions importantes".

Le journal indique aussi que des membres de la cour, qui n'ont pas hésité à qualifier l'interview de "cirque", se préparent à riposter "par de nouvelles révélations" sur le comportement du couple si la monarchie était attaquée.

Après avoir confirmé à la reine leur mise en retrait définitive de la famille royale, au terme d'une période d'observation, le duc et la duchesse de Sussex, mariés depuis mai 2018, ont perdu leurs derniers titres officiels en février.

Installé au Canada, puis en Californie, à Montecito, depuis mars, le duo a déjà résolument pris la tangente et capitalisé sur son image de couple moderne, mixte, tourné vers l'humanitaire, dans un pays où l'opinion leur est beaucoup plus favorable qu'en Angleterre.

Depuis leur déménagement, les époux ont créé leur fondation, Archewell, et se sont notamment engagés à produire des programmes pour Netflix, moyennant 100 millions de dollars selon plusieurs médias américains, et des podcasts pour Spotify. A cela s'ajoute un partenariat annoncé avec la plateforme Apple TV+, en collaboration avec la présentatrice américaine Oprah Winfrey, qui dirigera l'interview de dimanche.

Le couple vaut de l'or et "Oprah" a vendu, selon le Wall Street Journal, cet entretien entre 7 et 9 millions de dollars à CBS, tout en conservant les droits à l'international, source de juteux revenus car une bonne partie de la planète attend ce rendez-vous télévisuel.

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