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La branche d'Al-Qaïda au Sahel se dit prête à négocier avec Bamako, sous conditions

Des soldats togolais arrivent à l'aéroport de Bamako jeudi 17 janvier 2013 afin de combattre les insurgés djihadistes qui contrôlent le nord du Mali et arracher cette partie du pays aux groupes liés à Al-Qaïda. (Photo AP / Jerome Delay)

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel affiliée à Al-Qaïda, s'est dit prêt à accepter de négocier avec Bamako à condition que la France et l'ONU retirent leurs forces du Mali.

Cette annonce fait suite à la récente décision du président malien Ibrahim Boubacar Keïta de rompre avec la ligne directrice suivie jusqu'alors officiellement dans le conflit en cours depuis 2012 et de tenter de dialoguer avec certains jihadistes maliens.

"Nous sommes prêts à engager des négociations avec le gouvernement malien, dont le président a annoncé son souhait de négocier avec (le GSIM) afin de discuter des moyens de mettre fin au conflit sanglant entré dans sa septième année à cause de l'invasion des croisés français", dit le groupe dans un communiqué publié par sa plate-forme al-Zallaqa et authentifié lundi par le Centre américain de surveillance des sites jihadistes SITE.

"Nous n'avons pas d'autre condition préalable pour prendre part à ces négociations" que ce que le GSIM présente comme la demande des Maliens, "à savoir la fin de l'occupation raciste et arrogante des croisés français".

"Il ne saurait être question de négociations à l'ombre de l'occupation, avant le départ du Mali de toutes les forces françaises et de ceux qui les suivent", dit le GSIM.

Le GSIM décrit sa prise de position comme une réponse à la demande exprimée par les Maliens lors de récentes manifestations contre la présence française. Le gouvernement malien "devrait retirer l'invitation formelle" faite aux Français et "déclarer ouvertement la fin de la présence de Barkhane et des troupes de la Minusma sur son territoire".

Barkhane est la force antijihadiste française déployée au Mali et au Sahel avec 5.100 hommes. La Minusma est la mission des Nations unies. Elle avait environ 12.000 soldats au Mali fin 2019.

Le Mali est le théâtre depuis 2012 d'une crise multiforme qui a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Si un accord de paix a été signé en 2015 avec les rebelles séparatistes du nord, le pays reste en proie aux agissements des groupes jihadistes, aux tensions intercommunautaires, fomentées ou attisées par ces mêmes jihadistes, et aux trafics de toutes sortes ébranlant l'autorité de l'Etat, qui ne s'exerce que sur des parties du territoire.

- Silence officiel -

Les violences se sont propagées du nord au centre du pays et aux voisins du Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Devant la dégradation sécuritaire des derniers mois, et après avoir longtemps rejeté toute discussion avec ceux que le gouvernement malien appelle "terroristes", le président Keïta a admis en février l'existence d'une démarche d'approche des groupes jihadistes.

Le nombre des morts au Sahel "devient exponentiel et je crois qu'il est temps que certaines voies soient explorées", avait-il dit.

Quelques jours auparavant, un de ses représentants avait indiqué avoir envoyé des émissaires en direction d'Iyad Ag Ghaly, à la tête du GSIM, et d'Amadou Koufa, chef de la katiba Macina, l'une de ses branches, qui sévit depuis 2015 dans le centre.

M. Keïta avait dit qu'il attendait toujours des "frémissements" de réponse à la démarche entreprise. Il avait aussi dit ne pas exclure des discussions avec le groupe Etat islamique (EI) et son chef local, Adnane Abou Walid al-Sahraoui.

Le sommet de Pau (France) sur le Sahel en janvier avait désigné l'EI comme l'ennemi prioritaire dans la sous-région.

Aucune réaction officielle au communiqué du GSIM n'est encore venue du gouvernement malien, de la France ou de l'ONU.

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Au moins un mort lors de la manifestation de vendredi à Bamako

Les Maliens se rassemblent à Bamako lors d'une manifestation contre le président Ibrahim Boubacar Keita le 19 juin 2020. (Photo MICHELE CATTANI / AFP)

Bamako a connu vendredi sa journée la plus tendue en près d'un an, une nouvelle manifestation contre le président malien Ibrahim Boubacar Keïta ayant dégénéré, avec un bilan d'au moins un mort et 20 blessés et des attaques d'édifices publics, dont l'Assemblée nationale.

Il s'agissait de la troisième grande manifestation organisée en moins de deux mois par la coalition du Mouvement du 5 juin, formée de chefs religieux, d'hommes politiques et de la société civile, qui conteste le président Keïta, au pouvoir depuis 2013.

Ce mouvement de contestation, emmené par l'imam Mahmoud Dicko, considéré comme très influent, fait craindre aux partenaires du Mali une aggravation de l'instabilité d'un pays déjà confronté depuis 2012 à des attaques jihadistes, auxquelles se mêlent depuis cinq ans des violences intercommunautaires. D'autant plus que depuis 2015, le Burkina Faso et le Niger voisins sont en proie aux mêmes phénomènes.

Des milliers de Maliens dans les rues de Bamako
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"Nous avons enregistré 20 blessés (et) un mort à la morgue", a déclaré à l'AFP le Dr Yamadou Diallo, de service aux urgences de l'hôpital Gabriel Touré, dans la capitale. Le décès a été confirmé à l'AFP par un responsable de la Primature.

Après le rassemblement, des manifestants ont attaqué le siège l'Assemblée nationale.

"Plusieurs bureaux ont été saccagés, des documents détruits, des biens emportés", a déclaré à l'AFP un responsable de l'institution. "les forces de l'ordre ont été obligées de tirer", a-t-il ajouté.

Les deux chaînes de la télévision publique malienne ORTM ne diffusaient plus vendredi après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les causes de cette interruption n'étaient pas connues dans l'immédiat, mais elle s'est produite après que des manifestants, à l'issue du rassemblement, se sont dirigés vers le siège de la radio et de la télévision publiques, dont ils ont occupé la cour, selon des journalistes de l'AFP.

D'autres protestataires bloquaient deux des trois ponts de la ville, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des manifestants ont érigé des barricades sur un de ces ponts et des voitures étaient contraintes de dévier de leur itinéraire, selon les mêmes sources.

Des incendies sporadiques se sont déclarés en différents endroits où des pneus ont été brûlés.

"Désobéissance civile"

Auparavant, des milliers de manifestants s'étaient retrouvés vendredi après-midi après la grande prière musulmane, deux jours après un discours du chef de l'Etat visant à désamorcer les tensions.

"Le président de la République a déçu dans son dernier discours", a déclaré à l'AFP Nouhoun Sarr, un responsable du mouvement de contestation. "Nous ne voulons plus de ce régime", a de son côté affirmé une manifestante, Sy Kadiatou Sow.

"Tout le monde a parlé au président", a déclaré Issa Kaou Djim, un autre responsable de la contestation, pendant la manifestation. "Maintenant, on ne le considère plus comme président. Mais tout ce que nous allons faire se fera dans le cadre démocratique et républicain", a-il poursuivi.

Des responsables de la contestation ont par ailleurs réitéré vendredi leur appel à une désobéissance civile, dans un document en dix points dans lequel ils précisent les actions à mener.

Parmi celles-ci figurent le mot d'ordre de "ne plus payer aucune amende ou contravention pendant cette période" dont la durée n'a pas été précisée.

Le document mentionne aussi le blocage de l'entrée des services de l'Etat sauf ceux liés à la santé, l'occupation des carrefours et la mise en place de "brigades mobiles de communication pour le cas où internet serait coupé ou ralenti".

Le président Keïta a vainement tenté dans son discours mercredi soir un apaisement, en ouvrant la voie à un réexamen de l'inversion par la Cour constitutionnelle d'une trentaine de résultats des législatives de mars-avril, considérée comme l'élément déclencheur de l'actuelle crise politique.

M. Keïta a laissé entendre qu'une Cour nouvellement formée pourrait revenir sur cette décision, qui a profité à une dizaine de membres de sa majorité, à commencer par celui qui allait ensuite être élu à la présidence du Parlement.

Le Mouvement du 5 juin réclame la dissolution du Parlement, la formation d'un gouvernement de transition dont il désignerait le Premier ministre, ainsi que le remplacement des neuf membres de la Cour constitutionnelle, accusée de collusion avec le pouvoir.

Dans un communiqué diffusé vendredi soir, il a tenu le pouvoir pour responsable des violences et exhorté les forces de l’ordre à protéger "les manifestants aux mains nues qui ne défendent que les valeurs démocratiques, laïques et républicaines".

Des milliers de Maliens dans les rues de Bamako

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Des milliers de manifestants maliens occupent des édifices gouvernementaux à Bamako

Des partisans de l'imam Mahmoud Dicko lors d'une manifestation exigeant la démission du président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, sur la place de l'Indépendance à Bamako, au Mali, le 19 juin 2020. (Photo: REUTERS/Matthieu Rosier)

Vendredi, des milliers de manifestants ont pris d’assaut des bâtiments du gouvernement à Bamako, la capitale du Mali, dans l’espoir de forcer l'éviction du président Ibrahim Boubacar Keïta, en proie à des contestations en série.

Depuis plusieurs semaines, les Maliens se rassemblent par milliers le vendredi sous la houlette du mouvement M5/RFP dirigé par l’imam Mahmoud Dicko.

"Les manifestants se sont divisés en trois groupes", explique Kassim Traoré, correspondant de VOA Afrique, qui était sur place.

Parmi les bâtiments occupés figurent le palais de l'Assemblée nationale, le complexe de la radio et de la télévision nationales ORTM et la primature.

A l'ORTM, les gardes se sont retirés et les manifestants ont occupé le bâtiment sans incident, selon notre correspondant.

"Du côté de l'Assemblée nationale et de la Primature, il y a eu des échauffourées. Des coups de feu ont été entendus", précise notre correspondant.

"Actuellement l'ORTM, l'Assemblée nationale et les deux ponts de Bamako sont occupés par les manifestants", précise Kassim Traoré. Ils veulent y rester jusqu'à 22 heures locales, ajoute-t-il.

Ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, "IBK", 75 ans, a été élu en 2013.

Selon ses détracteurs, il n'a pas su répondre aux nombreuses attentes du peuple malien. Il s'agit notamment de l'insécurité persistante dans la région de Mopti, au centre du pays, ainsi que le long de la frontière avec le Burkina Faso et le Niger.

Le mois dernier, des images de son fils en train de s’éclater dans des occasions festives ont circulé sur Internet, provoquant un tollé.

Des militants du mouvement du 5 juin sont descendus dans les rues de Bamako

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Nouvelle manifestation pour réclamer la démission du président Keïta

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