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La Birmanie inquiète d'une éventuelle enquête de la CPI sur les Rohingyas


La procureure de la Cour Pénale Internationale Fatou Bensouda, à La Haye, 8 avril 2018. (Twitter/CPI)

La Birmanie a fait part de sa "sérieuse préoccupation" quant aux velléités de la Cour pénale internationale d'ouvrir une enquête sur l'"expulsion" massive de Rohingyas, estimant que ce tribunal n'a pas compétence pour le faire.

"Nulle part dans la charte de la CPI, il n'est dit que la Cour est compétente concernant des pays qui n'ont pas accepté sa juridiction", a déclaré dans un communiqué le gouvernement, soulignant que la Birmanie n'est pas partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, son traité fondateur entré en vigueur en 2002.

Lundi, la procureure générale de la CPI à La Haye, Fatou Bensouda, avait demandé aux juges de cette instance de dire si celle-ci était compétente pour ouvrir une enquête sur les plus de 670.000 Rohingyas qui ont été "expulsés" au Bangladesh.

Ceux-ci ont fui la Birmanie depuis août dernier pour échapper à des violences considérées par l'ONU comme un "nettoyage ethnique" orchestré par les militaires, ce que les autorités birmanes réfutent, affirmant ne faire que se défendre contre des attaques de l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA), un groupe rebelle. Des soldats birmans et des membres de milices bouddhistes ont ainsi été accusés de pillages, de meurtres et de viols à l'encontre de cette communauté.

Le Bangladesh est en revanche partie au Statut de Rome et Mme Bensouda a écrit dans sa demande d'enquête que son bureau avait autorité pour procéder à de telles investigations.

Des juges sont en train d'étudier sa requête et aucune décision à ce sujet n'a pour le moment été rendue.

La Birmanie et le Bangladesh se sont donné en janvier deux années pour régler la question du retour des Rohingyas qui ont rejoint depuis fin août des camps bangladais.

Officiellement, la Birmanie travaille à cela, mais l'armée et les nationalistes bouddhistes ne cachent pas leur hostilité à ce retour.

La plupart des Rohingyas réfugiés au Bangladesh disent ne pas avoir confiance et ne pas vouloir être hébergés dans des camps de transit, ayant peur d'y être oubliés.

Les Rohingyas sont la plus grande population apatride du monde, depuis qu'ils ont été privés de la nationalité birmane en 1982.

Avec Afp

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