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L'Unesco reproche aux assistants vocaux de véhiculer des "préjugés sexistes"

Lancement du projet Heritage du Film Africain lors de la signature du partenariat entre la Film Foundation de Martin's Scorsese, la FEPACI, et l'UNESCO

Voix féminine par défaut, "personnalité docile"... Un rapport de l'Unesco publié vendredi reproche aux assistants vocaux numériques de véhiculer des "préjugés sexistes" et recommande à leurs développeurs d'intégrer un plus grand nombre de femmes à leurs équipes.

"La soumission et la servilité exprimées par tant d'assistantes vocales" sont "une illustration du préjugé sexiste véhiculé par les produits faisant appel à l'intelligence artificielle", estime l'Unesco dans son étude.

Ce rapport a été réalisé en collaboration avec le ministère allemand de la Coopération économique et la coalition Equals Skills, regroupement de gouvernements et d'organisations internationales promouvant l'équilibre entre les genres dans le secteur de la technologie.

Il porte notamment sur les assistants vocaux développés par Amazon (Alexa), Apple (Siri), Google (Google Assistant) et Microsoft (Cortana), qui représentent dans de nombreux pays environ "90% du marché".

Selon l'Unesco, le rapport "I'd blush if I could" (Je rougirais si je le pouvais, NDLR) tire son titre de la réponse donnée pendant plusieurs années - mais rectifiée en avril dernier - par l'assistant vocal Siri, lorsque l'utilisateur lui adressait des insultes.

Les auteurs de l'étude constatent que la plupart des assistants vocaux sont dotés par défaut de noms et de voix de femmes ainsi que d'une "personnalité docile".

"Les machines obéissantes et serviles qui se présentent comme des femmes entrent dans nos maisons, nos voitures et nos bureaux", souligne Saniye Gülser Corat, directrice de la division sur l'égalité des genres à l'Unesco, citée dans le rapport. Or "leur asservissement programmé influe sur la façon dont les hommes s'adressent aux voix féminines et façonnent la manière dont les femmes réagissent aux demandes et s'expriment".

Entre autres impacts négatifs sur les représentations des femmes, le rapport pointe "un modèle d'acceptation et de tolérance du harcèlement sexuel et de la violence verbale" ou encore la façon dont les assistants vocaux "font des femmes le +visage+ des défauts et des erreurs résultant des limitations du matériel et des logiciels conçus principalement par des hommes".

Ces "stéréotypes" trouvent leur "origine dans l'inégalité des sexes en matière d'éducation et dans le secteur technologique", selon l'étude, qui précise que les femmes ne représentent que 12% des chercheurs dans le domaine de l'intelligence artificielle et 6% des développeurs de logiciels.

L'Unesco recommande d'intégrer un plus grand nombre de femmes aux équipes de développeurs, mais aussi d'inclure la question du genre dans l'apprentissage des compétences numériques.

L'Unesco demande par ailleurs aux entreprises d'étudier la possibilité de développer une voix "non genrée" pour ses assistants vocaux.

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Les enseignants du public mettent fin à leur grève

Les enseignants du public mettent fin à leur grève
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Fin de la grève des enseignants du public

Un accord a été trouvé pour stopper la grève des syndicats de la santé, à Bamako, Mali, le 16 avril 2017. (VOA/Kassim Traoré)

Le gouvernement malien et les syndicats de l'Education nationale, dont la grève faisait planer le spectre d'une "année blanche", ont signé un accord prévoyant la reprise des cours dès lundi matin, ont annoncé les deux parties.

Depuis plusieurs mois, les enseignants déclenchent des mots d'ordre de grève très suivis, qui ont notamment entraîné des manifestations de professeurs et d'étudiants.

L'accord en dix points a été conclu au cours d'une rencontre sur la crise scolaire samedi avec le Premier ministre Boubou Cissé.

"Nous avons décidé de mettre fin à la grève. Les cours reprendront lundi 20 mai sur tout le territoire national", a déclaré à l'AFP Adama Fomba, responsable d'un des huit syndicats d'enseignants signataires du procès verbal de conciliation avec le gouvernement.

Cet accord, consulté par l'AFP, prévoit notamment l'octroi aux enseignants d'une prime de logement et d'une prime de documentation, ainsi que "l'adoption immédiate du projet de décret portant plan de carrière du personnel enseignant" en Conseil des ministres.

Selon un communiqué du gouvernement, les parties sont notamment convenues de "20.000 FCFA (environ 30 euros) de majoration de l'indemnité de résidence".

"Il n'y a ni perdant, ni gagnant, c'est le Mali qui gagne. La fin de cette grève permettra à nos enfants de reprendre le chemin de l'école, et aux enseignants de jouer leur rôle", a déclaré à l'AFP le ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, Oumar Hamadoun Dicko.

Auparavant, les cheminots maliens de la voie ferrée Dakar-Bamako, avaient repris le travail le 13 mai après presque cinq mois d'arrêt, dont un mouvement de grève de la faim, pour le paiement de nombreux mois d'arriérés de salaires.

"Pour Sama": le témoignage bouleversant d'une jeune mère à Alep, caméra au poing

Lupita Nyong'o lors du 68e festival internationational du film de Cannes, le 13 mai 2015.

Malgré les bombardements, un jeune couple syrien décide de rester avec leur bébé dans Alep assiégé et dévasté. Elle pour filmer, lui pour soigner. Un choix que Waad al-Kateab tente d'expliquer dans un documentaire qui a arraché des larmes aux spectateurs cannois.

"Pour Sama", le nom de sa petite fille, "sera à n'en pas douter un des chocs de cette sélection", avaient prédit les organisateurs du festival, qui ont vu juste.

Présenté en séance spéciale, le documentaire, coréalisé avec Edward Watts, a fait l'effet d'un électrochoc et se pose en candidat sérieux à l'Oeil d'or qui récompense depuis 2015 un documentaire à Cannes, toutes sections confondues.

"Le film est pour expliquer à Sama le choix incroyablement difficile que nous avons dû faire", explique Waad al-Kateab, qui n'a pas encore 30 ans. Celui de rester en Syrie pendant la période la plus meurtrière du conflit, dans l'hôpital où exerce son mari Hamza, cible des bombardements.

Sorte de lettre adressée à sa fille reprenant des vidéos extrêmement fortes qu'elle a tournées dans la rue ou à l'hôpital, "Pour Sama" suit le parcours de Waad, d'étudiante à femme mariée puis mère.

En 2011, ce petit bout de femme étudiait le marketing à l'université d'Alep, ayant abandonné l'idée d'être journaliste. Trop dangereux, avaient décrété ses parents. "Tout a changé quand ont commencé les premières manifestations" contre le régime de Bachar el-Assad, réprimées dans le sang.

"Dans les journaux télévisés, on ne parlait pas de manifestants, mais de terroristes. A l'université, il n'y avait pas de médias pour expliquer la situation. L'idée était de prendre son téléphone et de documenter ce qu'on voyait", explique-t-elle, lors d'un entretien sur la Croisette.

A partir de 2012, quand la ville est coupée en deux, entre l'est tenu par les rebelles et l'ouest sous contrôle gouvernemental, elle met la main sur sa première caméra.

- "N'importe qui ferait la même chose" -

Le virus ne va pas la quitter. Waad enregistre tout: les bombardements comme les babillements de son nouveau-né, les arrivées de blessés comme la naissance d'un bébé apparemment mort-né ou deux garçonnets pleurant leur jeune frère décédé. Des vidéos qui lui vaudront plusieurs récompenses, notamment le trophée télévision au festival de Bayeux des correspondants de guerre en 2017.

"Quand j'ai montré le film aux gens qui étaient avec nous à Alep, ils m'ont tous dit: c'est notre histoire, ce qui m'a convaincu que ce par quoi j'étais passé pour le réaliser valait le coup".

Caméra au poing, elle filme également son retour incroyablement périlleux à Alep en juillet 2016, avec son bébé, après un aller-retour de quelques jours en Turquie, pour voir son beau-père malade.

"Nous avons vécu avec les gens (que l'on voit dans le documentaire) pendant cinq ans, nous avons partagé des expériences notamment les bombardements. Sachant utiliser une caméra et ayant des contacts avec des chaînes étrangères, je pouvais faire beaucoup pour mettre un coup de projecteur sur la situation à Alep", souligne-t-elle, comme une évidence. "N'importe qui ferait la même chose".

De ses cinq années, elle a accumulé des centaines d'heures d'images. Elle en a partagé une petite partie sur internet en prenant soin de cacher son identité, par peur d'être arrêtée.

"Je suivais ses vidéos sur Channel 4. Quand je l'ai rencontrée début 2017, ce fut un véritable choc. On était dans un pub à Londres et je me disais +c'est elle, Waad ?+. Je m'attendais à une personne plus guerrière", se souvient Watts, qui a travaillé pendant deux ans pour mettre sur pied le film.

Car quand la ville est tombée au main du régime en décembre 2016, Waad, Hamza et Sama sont contraints de quitter le pays. Ils sont aujourd'hui installés à Londres et Waad travaille pour Channel 4.

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