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Réprobation mondiale après l'ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem


David Friedman, ambassadeur des États-Unis en Israël, à côté du conseiller principal de la Maison-Blanche, Jared Kushner, lors de la cérémonie d'inauguration de la nouvelle ambassade des États-Unis à Jérusalem, le 14 mai 2018.

La Turquie et l'Iran n'ont pas attendu très longtemps après la cérémonie d'ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem pour réagir contre le transfert décidé par le président Donald Trump.

Iran

Le ministre iranien des Affaires étrangères a publié lundi une lettre au secrétaire général de l'ONU accusant les Etats-Unis de "mépriser totalement le droit international" après le retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire.

Le ministre iranien Mohammad Javad Zarif à Téhéran.
Le ministre iranien Mohammad Javad Zarif à Téhéran.

La décision du président américain Donald Trump d'abandonner cet accord historique conclu en 2015 entre l'Iran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) constitue un "mépris total pour le droit international et la charte des Nations unies", écrit Mohammad Zarif dans cette lettre.

>> Lire aussi : Israël facilite le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem

Les actions américaines "violent le principe du règlement pacifique des différends, mettent en péril le multilatéralisme et ses institutions (...) et encouragent l'intransigeance et l'illégalité", a-t-il ajouté.

Contrairement à l'Iran, "qui a scrupuleusement respecté ses engagements (...), les Etats-Unis ont toujours échoué à tenir leurs promesses (...) et en particulier depuis la prise de fonctions du président Trump", déplore-t-il.

Adressée au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, la lettre est datée du 10 mai, soit deux jours après la décision de M. Trump de quitter l'accord et rétablir les sanctions économiques contre Téhéran. Elle n'a été publiée que lundi sur le site du ministère des Affaires étrangères.

M. Zarif effectue actuellement une tournée diplomatique en Chine, en Russie et en Europe, qui critiquent fermement la décision du président américain et espèrent sauver l'accord.

La République islamique exige désormais des "garanties" aux Européens pour lui permettre de rester dans l'accord de Vienne.

Grande-Bretagne

"Nous désapprouvons la décision des Etats-Unis de déplacer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël avant un accord final sur le statut", a déclaré le porte-parole de la Première ministre Theresa May. "L'ambassade britannique en Israël est basée à Tel Aviv et nous n'avons pas le projet de la déplacer".

Paris

La France a appelé lundi "l'ensemble des acteurs" à prévenir "un nouvel embrasement" au Proche-Orient après la mort d'au moins 52 Palestiniens par des tirs israéliens lors de manifestations dans la bande de Gaza contre l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

"Alors que les tensions sur le terrain sont vives (..) la France appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Russie

Interrogé lundi lors d’un briefing pour savoir si le transfert de l’ambassade américaine faisait craindre à la Russie une aggravation de la situation dans la région, le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dmitri Peskov a répondu : "Oui, nous avons de telles craintes, nous l’avons déjà dit".

Turquie

"Nous rejetons cette décision qui viole le droit international et les résolutions des Nations unies", a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan. "Avec cette décision, les Etats-Unis ont choisi d'être une partie du problème, et perdent leur rôle de médiateur dans le processus de paix" au Proche Orient.

Le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag, a par ailleurs dénoncé sur Twitter un "massacre" à la frontière avec la bande de Gaza, dont "l'administration américaine est autant responsable qu'Israël".

"En transférant son ambassade à Jérusalem, l'administration américaine a sapé les chances d'un règlement pacifique et provoqué un incendie qui causera davantage de pertes humaines, des destructions et des catastrophes dans la région".

Maroc

Le roi Mohammed VI a dénoncé une "décision unilatérale", qui "s’oppose au droit international et aux décisions du Conseil du sécurité", lit-on dans une lettre adressée lundi au président palestinien Mahmoud Abbas, relayée par l'agence officielle MAP. Le roi y dit "suivre avec préoccupation" la situation.

Egypte

Le grand mufti Shawki Allam a dénoncé "un affront direct et clair aux sentiments de plus d'un milliard et demi de musulmans sur terre", qui "ouvre la porte à davantage de conflits et de guerres dans la région".

L'Union européenne

L'UE a exhorté lundi toutes les parties à "la plus grande retenue" à la suite des violents affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens lors des manifestations dans la bande de Gaza contre l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

"Des dizaines de Palestiniens, dont des enfants, ont été tués et des centaines blessés par des tirs israéliens durant les manifestations massives en cours près de la barrière de Gaza. Nous demandons à toutes les parties d'agir avec la plus grande retenue afin d'éviter des pertes de vie humaine supplémentaires", a affirmé la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

Elle a mis en garde contre "toute nouvelle escalade" dans une situation "complexe et déjà très tendue" qui rendrait "les perspectives de paix encore plus éloignées".

"Israël doit respecter le droit à manifester pacifiquement et le principe de la proportionnalité dans l'usage de la force", a-t-elle insisté.

"Le Hamas (le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza: ndlr) et ceux qui conduisent les manifestations à Gaza doivent faire en sorte qu'elles restent strictement non violentes et ne pas les exploiter à d'autres fins", a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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