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L'opposition met en garde contre l'achat de votes pour la présidentielle

Atiku Abubakar, le principal candidat de l'opposition à la présidentielle de février 2019 au Nigeria, Lagos, le 10 décembre 2014.

Le PDP accuse le parti au pouvoir d'avoir distribué de l'argent pour influencer les électeurs. L'APC n'a pour l'instant fait aucun commentaire.

Le principal candidat de l'opposition à la présidentielle au Nigeria, Atiku Abubakar, qui affrontera le président Muhammadu Buhari, en lice pour sa propre succession, a mis en garde les électeurs contre l'achat de votes pour ce scrutin prévu en février.

Atiku Abubakar, candidat du Parti Populaire Démocratique (PDP), a accusé le Congrès des Progressistes (APC, au pouvoir) d'avoir distribué de l'argent liquide pour influencer les électeurs.

"Voilà ce que fait l'APC: ils achètent les cartes d'électeur. Ils vont venir vers vous et vous donner 10 (2 cts d'euros), 20 ou 50 nairas (12 cts) en échange de votre carte d'électeur", a-t-il lancé à ses partisans, lors d'un meeting de campagne mercredi à Ilorin (sud-ouest).

"Ils achètent votre avenir", a-t-il dénoncé.

Le parti au pouvoir n'a pour l'instant fait aucun commentaire, mais des mouvements de la société civile, ainsi que des observateurs locaux et internationaux ont déjà mentionné ce problème d'achat de votes lors des élections des gouverneurs des Etats d'Ekiti ou d'Osun, en juillet et septembre derniers.

Dans l'Etat d'Ekiti, les deux partis (APC et PDP) ont été accusés d'offrir aux électeurs 3.000 à 5.000 nairas (7 à 12 euros) en échange de leur carte, une somme très importante pour la majorité des Nigérians qui vivent dans une très grande pauvreté.

La pratique est répandue au Nigeria, et le candidat Abubakar a d'ailleurs été montré du doigt lui aussi lors des élections primaires de son parti.

Richissime homme d'affaires et ancien vice-président d'Olusegun Obasanjo (1999-2007), ce milliardaire a la réputation d'être corrompu et d'avoir usé de sa position pour ses affaires personnelles, mais il a mis au défi quiconque d'apporter des preuves à ces soupçons.

L'ancien général Buhari, 75 ans, avait été élu en 2015 sur la promesse d'éradiquer le "cancer de la corruption" dans ce pays de plus de 180 millions d'habitants et qui est le 1er producteur de pétrole en Afrique.

Sur ce point, Atiku Abubakar affirme que "le Nigeria est dans une situation encore pire qu'en 2014".

"Sur le plan économique, nous sommes le pays le plus pauvre au monde désormais. Et sur le plan sécuritaire, nous sommes dans l'une des périodes les plus dégradées que nous ayons jamais connues", déclare le candidat du PDP.

Malgré une production de 2 millions de barils de brut par jour, le Nigeria est devenu cette année le pays avec le plus grand nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté (près de 87 millions), prenant la place de l'Inde, selon un rapport de l'ONG The World Poverty Clock.

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Un dirigeant chiite parti se faire soigner en Inde rentre au Nigeria après une querelle sur son traitement

Des étudiants iraniens et nigériens brandissent des affiches du religieux chiite nigérian, l'ayatollah Ibrahim Zakzaky, lors d'une manifestation devant l'ambassade du Nigéria à Téhéran le 17 juillet 2019.

Un dirigeant de la minorité chiite du Nigeria qui avait été autorisé à se rendre en Inde pour y être soigné a pris l'avion vendredi pour revenir dans son pays après une querelle à propos de son traitement médical, a-t-on appris auprès de sa famille et ses partisans.

Ibrahim Zakzaky, fondateur du Mouvement islamique du Nigeria (MIN, pro-iranien) et son épouse Zeenah Ibrahim ont embarqué à New Delhi sur un vol d'Ethiopian Airlines, ont précisé ses proches.

"Ils ont pris un vol Ethiopian Airlines", a déclaré à l'AFP Suhailah Zakzaky, fille du dirigeant chiite.

Ibrahim Zakzaky avait été autorisé le 5 août par la justice à se rendre sous caution en Inde pour se faire soigner, après des mois de manifestations parfois sanglantes pour réclamer sa libération. Le fondateur du MIN et son épouse étaient détenus depuis leur arrestation en décembre 2015 après la répression d'une manifestation qui avait fait plusieurs centaines de morts.

Le couple était parti lundi pour l'Inde. Mais une querelle est survenue sur les conditions du traitement, le MIN se plaignant que M. Zakzaky se soit vu refuser l'accès aux médecins de son choix et ait été placé sous surveillance étroite. Jeudi, M. Zakzaky a annoncé s'être vu enjoindre de quitter l'Inde.

Selon les avocats du dirigeant chiite qui serait âgé d'environ 65 ans, il a perdu son œil droit et risque de perdre le gauche. Il a aussi dans le corps des éclats de balle reçues en 2015.

Le MIN est un groupe représentant la minorité chiite du Nigeria où la majorité des musulmans est d'obédience sunnite.

Inspiré par la révolution iranienne et revendiquant des millions de fidèles dans le nord du Nigeria, il a manifesté quasi quotidiennement ces derniers mois dans la capitale Abuja pour obtenir la libération de son dirigeant.

Au moins huit personnes, six manifestants, un journaliste et un policier, avaient été tués le 22 juillet dans des violences pendant une marche. Le MIN, qui avance un bilan de 20 morts dans ses rangs, a été interdit par la présidence nigériane quelques jours plus tard et le groupe qualifié d’"organisation "terroriste" par la police.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a affirmé qu'au moins trois personnes arrêtées pendant les manifestations du 22 juillet étaient mortes des suites de blessures par balle, après s'être vues refuser tous soins en détention.

Le MIN, apparu comme un mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria, où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite.

La minorité chiite nigériane compterait environ 4 millions de fidèles sur les quelque 190 millions d'habitants du pays dont le Sud est majoritairement chrétien.

Le chef d'un comité anti-corruption suspendu pour "indélicatesses financières"

Des avocats passent devant des policiers qui montent la garde devant un tribunal qui doit statuer sur la demande de libération sous caution du dirigeant chiite Zakzaky à Kaduna, au Nigeria, le 29 juillet 2019.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a suspendu mercredi soir de ses fonctions le responsable du comité chargé de recouvrir les biens spoliés de l'Etat, accusé de corruption et d'avoir falsifié ses diplômes.

Okoi Obono-Obla a été suspendu "avec effet immédiat", dans l'attente des résultats de l'enquête menée par la Commission gouvernementale chargée des affaires de corruption, l'ICPC, a annoncé la présidence sur Twitter.

Il fait face à une série d'accusations, dont "la falsification de dossiers et des indélicatesses financières", selon une lettre qui lui a été adressée par le gouvernement.

Il est notamment soupçonné d'avoir utilisé à son bénéfice des fonds saisis dans le cadre de ses fonctions, ainsi que d'avoir falsifié son dossier d'entrée à l'université.

Okoi Obono-Obla proclame son innocence, assurant qu'il est victime d'une cabale montée par des personnes poursuivies par ses services.

L'enquête qui le vise constitue un test pour M. Buhari, 76 ans, réélu en février pour un second mandat.

L'ancien général s'est engagé à lutter contre la corruption endémique au Nigeria, mais ses critiques l'accusent d'avoir surtout visé ses opposants au cours de son premier mandat.

Le Nigeria, première puissance pétrolière du continent, est placé au 148e rang des pays les plus corrompus au monde (sur 180) par Transparency International. La corruption y est un "cancer" selon les propres mots de M. Buhari.

L'ex-dictateur Sani Abacha, qui a dirigé le pays entre 1993 et 1998, aurait détourné à lui seul environ 4 milliards de dollars (soit 2 à 3% du PIB du pays chaque année, selon l'agence des Nations unies contre la drogue et le crime).

Début juin, le gouvernement de l'île anglo-normande de Jersey avait annoncé que près de 267 millions de dollars (238 millions d'euros) détournés par Sani Abacha avaient été saisis sur un compte bancaire hébergé dans ce territoire de la couronne britannique.

L'avocat et le gendre de l'opposant Atiku Abubakar devant la justice

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