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Nigeria

La police nigériane dit avoir tué une centaine de "bandits" dans le Nord

Police nigériane poursuivant des manifestants du Mouvement Islamique du Nigeria (IMN) à Abuja le 17 avril 2018.

Ils ont été tués dans une opération contre les bandes criminelles lancée dans l'Etat de Zamfara à la suite d'une augmentation du nombre d'enlèvements et de vols de bétail.

Les forces de sécurité ont "repoussé des attaques de bandits en embuscade" à Mahanga Forest jeudi et "tué 104" d'entre eux, a affirmé le porte-parole de la police nationale Jimoh Moshood dans un communiqué, précisant qu'il s'agissait de "bandits armés qui terrorisaient (la population) et tuaient des innocents".

Plus d'un millier de policiers avaient été déployés début novembre dans l'Etat de Zamfara, frontalier du Niger, et 85 personnes ont été arrêtées depuis, soupçonnées de kidnappings et de vols de bétail, selon le communiqué.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a souligné qu'il était difficile d'évaluer le succès des opérations menées dans cette région reculée.

"Dans de nombreux cas, les déclarations des agences de sécurité sont tout à fait contraires à la situation sur le terrain dans l'Etat de Zamfara", a déclaré Isa Sanusi, porte-parole d'Amnesty International Nigeria.

"Traduire les tueurs devant la justice est plus important pour juguler la vague d'impunité qui a entraîné la poursuite de la détérioration de la situation sécuritaire dans l'Etat de Zamfara", a-t-il souligné.

Candidat à sa propre succession en février prochain, le président Muhammadu Buhari fait face à un bilan sécuritaire très critiqué dans ce pays confronté à une multiplication des attaques jihadistes.

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Les universités publiques nigérianes restent fermées

Le bloc administratif de l'université d'Abuja au Nigeria, le 19 novembre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

Au Nigeria les étudiants des universités publiques vont continuer à rester à la maison à cause d’une grève illimitée des enseignants qui dure déjà depuis 9 mois. Les négociations entre la représentation des enseignants et le gouvernement fédéral ont échoué.

Le syndicat des enseignants, exige le paiement des salaires et a demandé aux étudiants et aux parents de ne pas s'attendre à une reprise rapide des cours.

Pour le Syndicat des enseignants des universités publiques, il n'y a actuellement aucun espoir que la grève se termine bientôt car le gouvernement fédéral n'est pas disposé à faire des concessions. La centrale syndicale a ordonné à ses membres de rechercher des moyens alternatifs de survie.

L’un des points de litige concerne le Système intégré d'information sur le salaire des enseignants (IPPIS), un projet de nouvelle technologie lancé par le gouvernement fédéral.

Le professeur Biodun Ogunyemi, président du Syndicat des enseignants des universités publiques explique que "le système IPPIS n'est appliqué dans aucune université du monde. A côté de nous, au Ghana, ils ont essayé d’appliquer ce système mais ils ont découvert que ça ne peut pas marcher parce que ce système ferme la porte aux experts étrangers et à la diaspora qui devaient venir pour enrichir nos programmes d’enseignement".

Salles de classe vides

A l’Université d’Abuja, les activités tournent au ralenti à la suite de cette grève illimitée. Le campus est désert. Il n'y a ni étudiants, ni enseignants et les salles de classe sont vides. Les étudiants restent à la maison et certains se lancent dans d’autres activités, comme Samuel Oladosun qui étudie les mathématiques à l’Université d’Abuja.

"J’ai fait le tour de quelques endroits et de certaines écoles, c’est ce qui m’a permis de trouver du travail là où je suis ici maintenant. Je donne un cours sur les techniques de base de communication aux élèves maintenant", témoigne l'étudiant.

Il n’est pas le seul dans cette situation, beaucoup d’autres comme lui, à travers le pays, sont dans leurs familles et attendent impatiemment la fin de la grève pour reprendre les cours.

David Momo étudie la biochimie à l’Université de Minna, la capitale de l’Etat du Niger: "c’est vraiment difficile, il y a tout ce stress mental par le fait que nous ne sommes pas à l’école. En plus de l’absence des amis et collègues de l’école, il y a aussi la nostalgie de reprendre les études".

Le gouvernement intransigeant

Quant aux parents, ils appellent les autorités fédérales à trouver une solution à cette grève qui paralyse les universités publiques. Alima Momola, mère de David Momo, est particulièrement inquiète pour l’avenir de son fils. "Les autorités doivent essayer de faire face aux demandes des enseignants pour que nous enfants puissent reprendre les études", estime-t-elle.

Le gouvernement fédéral, intransigeant, menace qu'il pourrait même appliquer les dispositions de la législation sur le travail ou d'autres voies si le syndicat insiste à poursuivre la grève.

La crise affecte les enseignants eux-mêmes. Kamilu Sani Faggeest, professeur de sciences politiques à l’Université de Bayéro de Kano dans le nord-est du Nigeria, souligne que "les demandes du syndicat sont légitimes et cela traine depuis 2009, ils doivent trouver solution au problème".

La multiplication des grèves des enseignants du cycle supérieur est un coup dur pour le système éducatif dans un pays où le système universitaire est largement dominé par les établissements publics.

Les autorités nigérianes veulent réglementer les réseaux sociaux

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Professeurs impayés: les universités nigérianes tournent au ralenti

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NBA: 8 des 60 joueurs sélectionnés cette année ont des origines nigérianes

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Manifestations "#EndSARS": une enquête de CNN indexe les autorités nigérianes

Les gens sont obligés de marcher les mains sur la tête lorsqu'ils passent les points de contrôle de sécurité, au marché d'Obalende, Lagos, Nigéria, le 24 octobre 2020.

Dans une enquête approfondie, CNN revient sur la répression violente qui s'est abattue sur les manifestants nigérians en octobre, avec des témoignages incriminants à l'appui.

Les manifestations "#EndSARS" contre les violences policières qui ont secoué le Nigeria le mois dernier ont suscité une riposte brutale de la part des autorités, selon une enquête en profondeur de la chaîne américaine CNN dont les conclusions ont été publiées mercredi.

L’équipe de CNN a mené une enquête multidisciplinaire qui inclut des analyses balistiques, la cartographie et la géolocalisation, des enregistrements vidéo et des déclarations de témoins oculaires qui se sont exprimés devant un panel chargé d'enquêter sur les morts qui ont découlé de ces manifestations.

Le dossier de CNN se penche sur les morts du péage de Lekki, quartier relativement affluent de Lagos, devenu point focal des manifestations.

CNN commence par le cas d'Elisha Sunday Ibanga, la vingtaine, sœur d'un des jeunes qui étaient allés protester. Le 21 octobre, Elisha répond à un appel téléphonique du numéro de son frère aîné. A l'autre bout de la ligne, un inconnu lui annonce que son frère, Victor, a été abattu au péage.

"La personne m'a dit que la police avait emporté son corps", relate la jeune femme.

Selon CNN, les Ibanga sont l'une des nombreuses familles qui n'ont pas encore retrouvé les corps de leurs proches disparus.

Amnesty International a recensé 56 morts dans l'ensemble du pays en deux semaines de manifestations. L'ONG a demandé "l'ouverture immédiate d'une enquête indépendante".

Une manifestante tient une pancarte lors d'une manifestation contre les brutalités policières à Lagos, au Nigeria, le 17 octobre 2020.
Une manifestante tient une pancarte lors d'une manifestation contre les brutalités policières à Lagos, au Nigeria, le 17 octobre 2020.

L'enquête de CNN intervient deux semaines après une investigation similaire menée par le quotidien Premium Times, qui a livré ses conclusions le 31 octobre.

Le journal s'attarde sur le témoignage d'une Disc Jockey populaire, DJ Switch, qui avait diffusé les tirs sur les manifestants en direct sur Instagram. Elle affirme que les soldats ont par la suite emmené les morts et que des policiers sont arrivés plus tard pour nettoyer les lieux.

Après avoir nié l'usage de la force mortelle, les autorités ont finalement admis qu’il y a eu des morts par balles.

Beaucoup de questions autour de ce qui s'est passé dans la nuit du 20 au 21 octobre restent sans réponse.

Qui a donné l’ordre de déployer l’armée ? Qui a autorisé les militaires à tirer à balles réelles ? Où sont les corps des autres victimes ? Qu’en est-il des disparus ?

L'armée a déclaré que c'était le gouverneur de Lagos, Babajide Olusola Sanwo-Olu, qui avait appelé les soldats sur les lieux parce que la police était débordée. Mais le gouverneur nie cette version des faits, insistant sur le fait qu'il n'a pas l’autorité de mobiliser l'armée.

Le dossier de CNN a ravivé des blessures qui n'avaient pas encore cicatrisé : des milliers de Nigérians ont tweeté les hashtags #Lekkimassacre et #EndSARS tout au long de la journée de mercredi.

A Lagos, une personne décède
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