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L'opposition nigériane dénonce "une parodie d'élection" et va en justice

L'ancien vice-président Atiku Abubakar lors de la convention nationale du parti démocratique du peuple (PDP), à Port Harcourt, dans l'État de Rivers, le 6 octobre 2018.

L'opposant nigérian Atiku Abubakar a dénoncé mercredi une "parodie d'élection" après l'annonce de la victoire du président sortant Muhammadu Buhari et annoncé qu'il allait saisir la justice pour contester le résultat.

"Si j'avais perdu dans des élections libres et justes, j'aurais appelé le vainqueur dans la seconde", a déclaré le candidat du Parti populaire démocratique (PDP) dans un communiqué. "Non seulement je lui aurais adressé mes félicitations mais j'aurais aussi proposé mes services pour contribuer à unir le Nigeria."

Mais "je rejette les résultats de la parodie d'élection du 23 février 2019 et contesterai ses résultats en justice", a ajouté l'ancien vice-président.

Dans la nuit de mardi à mercredi la Commission électorale indépendante (INEC) a mis fin à trois jours de compilation des résultats, annonçant la victoire du chef de l'Etat sortant avec une avance de près de 4 millions de voix sur son rival, soit 56% des suffrages contre 41%.

Quelques heures plus tôt, l'opposition avait déjà demandé aux Nigérians de ne pas tenir compte des résultats, dénonçant des fraudes massives dans l'organisation du scrutin, entaché selon elle par de graves manquements logistiques et endeuillé par des dizaines de morts dans les violences électorales.

Les observateurs locaux et ceux de l'Union européenne avaient noté de sérieux problèmes dans l'organisation du vote, qui avait déjà été retardé d'une semaine, quelques heures avant son ouverture prévue le 16 février.

Retards à l'ouverture des bureaux de vote, intimidations d'électeurs, destruction de matériel électoral: la société civile et les observateurs ont dénoncé de nombreuses irrégularités et recensé au moins 53 morts dans des violences électorales.

"Situation Room appelle les partis politiques et les candidats qui ont des griefs avec le processus électoral à utiliser les recours légaux pour le faire", avait déclaré le groupe de surveillance de la société civile dans un communiqué mardi soir.

En 2011, les violences post-électorales, attisées par les divisions religieuses entre musulmans et chrétiens, avaient fait un millier de morts.

En 2015 en revanche, le chef de l'Etat sortant, Goodluck Jonathan avait aussitôt appelé Muhammadu Buhari pour le féliciter de sa victoire marquant la première alternance au Nigeria, un pays qui était sorti des dictatures militaires en 1999.

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Une attaque jihadiste fait 30 morts dans le nord-est du Nigeria

ARCHIVES - Des soldats nigérians patrouillent le 12 octobre 2019, après que des hommes armés soupçonnés d'appartenir au groupe État islamique d'Afrique de l'Ouest ont fait un raid sur un village, tuant un soldat et trois résidents.

Trente personnes ont été tuées dans le nord-est du Nigeria dans une attaque menée par des jihadistes en représailles contre un raid de l'armée, a-t-on appris mardi auprès de deux responsables de milices.

Cette attaque a été menée samedi dans le village de Mudu, dans l'Etat de Borno près de la frontière avec le Tchad par des jihadistes de l'organisation Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), a-t-on indiqué de même source.

Elle n'a été connue que mardi en raison de la mauvaise qualité du réseau de communications, les jihadistes ayant détruit plusieurs relais de télécommunications dans la région.

Les 30 victimes étaient "des ferrailleurs qui se trouvaient dans la région à la recherche de véhicules calcinés, qui sont nombreux dans les villages du nord de Borno en raison des attaques terroristes", a déclaré à l'AFP Babakura Kolo, chef d'une milice dans la capitale régionale Maiduguri.

Élu décapité au Nigeria: aucun suspect n'a été identifié
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Les hommes tués dans l'attaque étaient venus à pied depuis des camps pour personnes déplacées de la ville de Rann, à 80 km de là.

Selon un autre chef de milice, Umar Ari, l'Iswap a accusé les ferrailleurs d'avoir renseigné l'armée sur leurs positions dans la région.

"Les trente hommes ont eu la malchance de se trouver dans le secteur au moment où les terroristes pleuraient la mort de leurs deux commandants tués dans une opération militaire", a expliqué M. Ari à l'AFP.

Ces dernières semaines, l'armée nigériane a mené avec succès des raids terrestres et aériens contre l'ISWAP et les combattants rivaux de Boko Haram, tuant plusieurs commandants jihadistes.

L'ISWAP s'est séparé de Boko Haram en 2016, et s'est progressivement hissé au rang de groupe jihadiste le plus puissant de la région.

Les deux groupes s'en prennent de plus en plus souvent aux civils, notamment aux bûcherons, aux agriculteurs et aux éleveurs, qu'ils accusent de les espionner.

Les violences jihadistes ont fait plus de 40.000 morts et obligé quelque 2,2 millions de personnes à quitter leurs foyers dans le nord-est du Nigeria depuis 2009, selon l'ONU.

La plupart des personnes déplacées vivent dans des camps et dépendent de l'aide alimentaire fournie par les organisations humanitaires. Beaucoup d'entre elles se voient obligées d'abattre des arbres dans cette région aride pour obtenir du bois de chauffage, et de récupérer des ferrailles qu'elles vendent pour acheter de la nourriture.

Les violences jihadistes au Nigeria se sont étendues au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins. Pour les combattre, les armées des quatre pays, ainsi que celle du Bénin, ont réactivé en 2015 une Force multinationale mixte (FMM), créée en 1994 mais très peu opérationnelle depuis.

Élu décapité au Nigeria: aucun suspect n'a été identifié

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Un élu nigérian porté disparu a été décapité

La police nigériane de l'État d'Anambra

La police nigériane a découvert la tête coupée d'un législateur de l'État qui a disparu la semaine dernière dans l'État d'Anambra, dans le sud-est du pays, où le gouvernement accuse les séparatistes d'avoir perpétré une série de meurtres et d'enlèvements, a annoncé dimanche la police.

Okechukwu Okoye, un législateur de l'assemblée de l'État d'Anambra et son assistant ont disparu le 15 mai. Sa tête a été retrouvée samedi soir dans un parc de la zone du gouvernement local de Nnewi sud, a déclaré le porte-parole de la police de l'État d'Anambra, Tochukwu Ikenga.

"Le législateur a été tué. Sa tête a été retrouvée le long de la route de Nnobi. Il n'y a pas encore de suspect en garde à vue", a déclaré Ikenga. Le gouverneur de l'État d'Anambra a offert une récompense de 10 millions de nairas, soit envitron 24 000 dollars, pour des informations sur les tueurs.

Au début de ce mois, des hommes armés ont tué et décapité deux soldats dans l'État voisin d'Imo.

Le gouvernement accuse le peuple autochtone du Biafra (IPOB), un groupe séparatiste nationaliste au Nigéria qui vise à restaurer la République du Biafra, une région du sud-est qui a fait sécession avant la guerre civile nigériane et a ensuite rejoint le Nigéria après sa défaite face à l'armée nigériane. L'IPOB réfute toue accusation.

Le sud-est du Nigeria est secoué par l'insécurité et les violences, alors que les enlèvements contre rançon sont courants dans le nord-ouest.

Lapidation d'une étudiante: fin du couvre-feu dans le Nord du Nigeria

Le Nigeria est divisé de manière presque égale entre un Nord majoritairement musulman et un Sud à majorité chrétienne.

Les autorités de l'Etat de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria, ont levé vendredi un couvre-feu mis en place après des troubles provoqués par le meurtre d'une étudiante chrétienne accusée de blasphème.

La semaine dernière, des dizaines d'étudiants de l'école Shehu Shagari ont lapidé leur camarade chrétienne Deborah Samuel puis brûlé son corps après avoir lu un commentaire qu'elle avait posté sur les réseaux sociaux, considéré comme offensant à l'égard du prophète Mahomet. L'affaire a suscité l'indignation à travers le pays et de nombreux appels ont été lancés pour que les coupables soient traduits en justice. Dans la foulée, la police avait indiqué avoir arrêté deux suspects.

Le lendemain de leur arrestation, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Sokoto pour exiger leur libération, détruisant des commerces et provoquant des affrontements avec les forces de l'ordre. Pour contenir les troubles, les autorités ont ensuite imposé un couvre-feu total dans la ville.

"Le gouverneur de l'Etat de Sokoto, Aminu Waziri Tambuwal (...) a levé le couvre-feu imposé sur la métropole de Sokoto avec effet immédiat", a indiqué le commissaire régional de l'Information, Bajini Galadanci, dans un communiqué.

Le gouverneur exhorte la population à "respecter la loi" et à rester calme, insistant sur la "nécessité d'une coexistence pacifique entre les habitants de l'Etat", a affirmé M. Galadanci. Selon le communiqué, le gouverneur a également interdit tout rassemblement public à travers l'Etat pour maintenir la paix.

Lundi, les deux suspects ont été traduits en justice à Sokoto où ils ont plaidé non coupable de meurtre, ont affirmé des sources judiciaires locales. Le juge a ordonné qu'ils soient placés en détention provisoire dans l'attente d'une décision sur leur demande de libération sous caution, ont ajouté ces sources.

Le Nigeria, géant de 215 millions d'habitants divisé de manière presque égale entre un Nord majoritairement musulman et un Sud à majorité chrétienne, est l'un des pays les plus religieux au monde. Dans l'islam, le blasphème, en particulier contre le prophète, est passible de la peine de mort selon la charia, instaurée en 2000 dans 12 Etats du nord nigérian.

Soupçonné de malversations, le contrôleur des finances du Nigeria suspendu

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