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L'opposition burkinabè juge "chaotique" la gestion de Kaboré


Zéphirin Diabré, leader de l'Union pour le progrès et le changement (UPC,) à Ouagadougou, 29 novembre 2015. (VOA/Bagassi Koura)

"Le Burkina est piloté à vue, ballotté au gré des événements", déclare le chef de file de l'opposition, Zéphirin Diabré, leader de l'Union pour le progrès et le changement (UPC).

L’opposant burkinabè a, lors d'une conférence de presse, mardi, critiqué le pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré.

Pour lui, le président Kaboré a de "réelles difficultés à incarner la fonction" de chef de l'Etat et "manque d'anticipation".

"La gouvernance politique sous le régime du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès) est chaotique", a affirmé M. Diabré.

Dans un mémorandum intitulé "une année de perdue pour le Burkina Faso", l'opposition a dénoncé un "tricéphalisme" au sommet de l'Etat composé du président Kaboré, du chef du Parlement et président par intérim du parti présidentiel, Salifou Diallo, et du ministre d'Etat chargé de l'Intérieur, Simon Compaoré.

"Le tricéphalisme à la tête de l'Etat, c'est-à-dire la gestion concertée à trois, s'est transformé en un affrontement à peine feutré auquel les ténors du MPP se livrent", accuse le texte.

L'opposition dénonce une corruption "galopante", une "forte propension à une administration d'affairistes", un "clientélisme et une politisation de l'administration", en plus d'une "paupérisation galopante".

"Si rien n'est fait pour changer les choses, le Burkina Faso risque de faire face à une autre insurrection populaire identique à celle qui a ravagé le régime du président Blaise Compaoré en octobre 2014", ont prévenu les leaders d'opposition.

Depuis son arrivée au pouvoir, le régime du président Kaboré fait l'objet de vives critiques, y compris dans son propre camp.

Le président de l'Assemblée nationale, Salifou Diallo, numéro deux du régime et du MPP, avait appelé en juillet dernier le gouvernement à cesser d'être "un pouvoir bureaucratique qui passe son temps à signer des papiers, des accords".

"Si on arrive à atteindre 2020 (fin du mandat de M. Kaboré), on peut craindre la sanction dans les urnes. Mais il est possible qu'on n'atteigne pas 2020 et qu'il y ait un mouvement populaire", avait averti de son côté le Dr Domba Jean-Marc Palm, un autre cadre du parti présidentiel, invitant les dirigeants à "prendre conscience" des préoccupations des populations et "à bouger".

Elu en novembre 2015, le président Kaboré, s'est engagé à faire reculer la pauvreté. Son gouvernement est parvenu à mobiliser quelques 28 milliards d'euros lors d'une conférence internationale organisée début décembre à Paris pour financer un très ambitieux Plan national de développement économique et social (PNDES) élaboré pour le mandat présidentiel qui s'achève en 2020.

Avec AFP

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