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L'ONU demande le désarmement des milices au Darfour

  • VOA Afrique

Un véhicule de l'ONU et de l'Union africaine en mission au Darfour (UNAMID) dans la région montagneuse de Jebel Marra dans le centre du Darfour, le 19 juin 2017.

L'ONU a déploré mardi la persistance des violences contre les déplacés au Darfour, dans l'ouest du Soudan, exhortant le gouvernement, qui demande aux déplacés de retourner chez eux, de s'assurer que leur retour soit volontaire et de désarmer les milices.

Cet appel intervient alors que le président soudanais Omar el-Béchir juge qu'il est temps de fermer les camps qui accueillent les centaines de milliers de déplacés au Darfour, estimant que la guerre dans cette région se termine.

Dans un rapport conjoint publié mardi, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme et la mission conjointe ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) appellent le gouvernement à garantir le retour "volontaire" des déplacés en mettant en place des "consultations".

L'ONU fait valoir dans un communiqué que "la vulnérabilité des personnes déplacées (...) reste préoccupante": "En dépit d'un cessez-le-feu entre le gouvernement et divers groupes armés d'opposition qui est largement respecté depuis juin 2016, la violence exercée à l'encontre des déplacés internes reste très généralisée et l'impunité pour les violations des droits de l'homme persiste".

"J'exhorte le gouvernement à s'attaquer aux problèmes fondamentaux qui empêchent le retour des personnes déplacées, comme la poursuite des violences, y compris des milices armées, (...) et le manque de services de base", a déclaré le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, cité dans le communiqué.

Le rapport demande aussi au gouvernement de procéder à un "désarmement rapide et complet" des milices afin de créer un "environnement sûr" dans la région.

M. Béchir a déjà indiqué que le gouvernement avait l'intention de désarmer toutes les milices de la région.

Le président soudanais est lui-même recherché par la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye pour répondre d'accusations de génocide et de crimes de guerre au Darfour, une région grande comme la France.

Il a toujours refusé de se rendre à la CPI et affirme que le conflit --qui a fait près de 300.000 morts selon l'ONU-- est aujourd'hui terminé au Darfour, ce que contestent des organisations de défense des droits de l'Homme.

Dans son rapport, qui porte sur la situation des déplacés internes entre janvier 2014 et décembre 2016, l'ONU a documenté de nombreuses violations des droits de l'homme, dont des actes de criminalité et des viols, commises dans la majorité des 66 camps ou à proximité.

Le conflit au Darfour a éclaté en 2003, quand des insurgés issus de minorités ethniques avaient pris les armes contre le pouvoir de Khartoum, aux mains de la majorité arabe, affirmant être marginalisés.

Avec AFP

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