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RDC

L'ONU dénonce des violences à l'égard de l'opposition

Un véhicule de campagne passe non loin de la fumée d'un incendie dans l'entrepôt de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), dix jours avant les élections, à Kinshasa le 13 décembre 2018.

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a dénoncé vendredi les violences commises à l'égard des candidats de l'opposition aux prochaines élections en RD Congo et appelé les autorités à faire respecter "le droit à la liberté d'expression".

"Je suis très inquiète au sujet d'informations faisant état d'un usage excessif de la force, y compris de balles réelles, par les forces de sécurité contre des réunions de l'opposition", a dit Michelle Bachelet dans un communiqué.

La Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme dénonce des violences contre des candidats de l'opposition
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La nouvelle Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, assiste à la journée d'ouverture du 39ème Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève le 10 septembre 2018.
La nouvelle Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, assiste à la journée d'ouverture du 39ème Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève le 10 septembre 2018.

"Quelques jours avant des élections cruciales en RDC, il est essentiel que les autorités s'assurent que les droits à la liberté d'expression et à des réunions pacifiques soient totalement protégés et qu'elles prennent toutes les mesures possibles pour prévenir des violences", a-t-elle poursuivi, insistant sur le droit de tous les candidats à organiser des meetings et à faire campagne.

Les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales prévues le 23 décembre doivent organiser la succession du président Joseph Kabila qui ne peut pas se représenter selon la Constitution.

La campagne électorale est rattrapée par les violences dirigées principalement contre les deux candidats de l'opposition Félix Tshisekedi et Martin Fayulu et leurs partisans.

Mardi et mercredi, au moins quatre partisans de M. Fayulu ont été tués au Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, selon un bilan établi auprès de plusieurs sources.

Jeudi, un jeune homme de 17 ans, partisan de M. Tshisekedi, a été tué par un policier dans le centre de la RDC avant le début d'un meeting électoral.

"Je demande urgemment au gouvernement d'envoyer le signal clair que les menaces et les violences à l'égard d'opposants politiques ne seront pas tolérées", a martelé Mme Bachelet, en réclamant que ces actes "fassent l'objet d'une enquête rapide et efficace et que les auteurs rendent des comptes".

Par ailleurs, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé qu'environ 1,5 million de personnes avaient vu leur foyer détruit ou endommagé par les combats entre armée et rebelles dans l'est du pays entre mai et novembre.

Selon le HCR, plus d'un million de Congolais ont été déplacés à l'intérieur du pays en 2018.

Depuis fin 2014, la région de Beni notamment est le théâtre de massacres attribués au groupe armé musulman d'origine ougandaise ADF qui ont fait plusieurs centaines de morts parmi la population locale.

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L'appel de Bachelet (ONU) à l'Etat pour le respect des droits humains

La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet (2e à partir de la gauche) à son arrivée à Bunia, Ituri, 23 janvier 2020. (Twitter / MONUSCO)

L'armée et d'autres agents de l'Etat commettent encore la plupart des violations des droits humains en République démocratique du Congo, a déploré la Haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet lundi à Kinshasa.

"Je lance mon appel à l'Etat pour que ces violations cessent", a déclaré l'ex-présidente du Chili au dernier jour de sa visite en RDC.

Elle a demandé des "mesures" pour "endiguer" les "exactions commises par l'armée congolaise en particulier", dans une entretien à la radio onusienne Okapi.

La Haute-commissaire a rencontré le président Félix Tshisekedi, investi il y a tout juste un an, le 24 janvier 2019.

"Les acteurs étatiques sont pour 54% responsables de ces violations" et "l'armée est responsable de "28% de ces abus".

Mme Bachelet s'appuie sur les statistiques de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), qui publie chaque mois "les principales tendances des violations des droits de l'homme".

En novembre par exemple, la Monusco a répertorié 846 violations des droits de l'homme sur tout le territoire de la RDC. "Les agents de l'Etat sont responsables de 53% des violations documentées, dont les exécutions extrajudiciaires d'au moins 19 personnes".

Mme Bachelet avait commencé sa visite jeudi en Ituri (nord-est) où des violences ont tué 701 civils depuis fin 2017, d'après un récent rapport du Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'homme (BCNUDH).

Les violences visent particulièrement la minorité Hema, cible d'une milice d'extrémistes prétendant agir au nom de la communauté rivale Lendu.

Pendant son séjour, elle ne s'est en revanche pas rendue dans les deux provinces du Kivu où les groupes armés violent les droits des civils (tueries, enlèvements, viols).

"Ces violations (des droits par les groupes armés) sont à la hausse et il y a aussi une augmentation des violences sexuelles", a-t-elle souligné.

Le président Tshisekedi avait promis "la consolidation d'un Etat de droit" dans son discours d'investiture. Mais "l'insécurité et l'impunité continuent d'entraver la progression des droits humains", a estimé l'ONG Amnesty International dans

Pic de violences dans l'Est avec 197 civils tués en décembre

Des soldats de la Force pour la Mission de stabilisation des Nations Unies au Congo (MONUSCO) photographiés devant un hélicoptère des Nations Unies à Bunagana, Nord-Livu, le 19 mai 2012.

Au total 197 civils ont été tués en décembre dans les multiples conflits qui déchirent l'Est de la République démocratique du Congo, le plus lourd bilan depuis juin 2017, ont indiqué lundi des chercheurs.

"Les groupes armés et les forces de sécurité ont tué au moins 197 civils au cours des 31 derniers jours de l'année 2019", selon le rapport mensuel des chercheurs du "baromètre sécuritaire du Kivu" (Kivu security tracker, KST).

"Le mois de décembre 2019 a été le plus meurtrier pour les civils jamais enregistré par le baromètre depuis sa création, en juin 2017", ajoutent les chercheurs, qui s'appuient sur un réseau d'informateurs dans les deux provinces du Kivu.

Le KST a répertorié 117 civils massacrés dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), "un niveau comparable au mois de novembre (126)".

Ces tueries sont attribuées au groupe armé des ADF, en représailles des offensives de l'armée régulière lancées contre leurs bases le 30 octobre.

Au Sud-Kivu, au moins dix civils ont été tués dans l'offensive de l'armée congolaise "contre la rébellion hutue rwandaise". Les victimes figurent "essentiellement parmi les familles de ces combattants rebelles".

En janvier, les violences continuent. Une vingtaine de personnes ont été tuées en une semaine du 20 au 25 janvier dans le territoire de Rutshuru au nord de Goma, a rapporté lundi l'ONG congolaise Centre d'assistance des droits de l'homme et d'assistance sociale (CODHAS).

Dans ce territoire s'affrontent les rebelles hutus rwandais des FDLR et leur ennemi congolais, le groupe armé NDC-Rénové.

"Nous confirmons la mort de douze civils et deux soldats la semaine dernière. Mais le bilan pourrait effectivement être plus lourd", dit le KST.

Des dizaines de groupes armés sont actifs dans les deux Kivus où les autorités congolaises luttent contre les groupes étrangers et appellent les groupes congolais à désarmer.

Une tâche difficile. Quelque 120 combattants Nyatura (principalement des hutus congolais) qui avaient déposé les armes en décembre sont "repartis en brousse" samedi, ont alerté la société civile et l'armée dans le Sud-Kivu.

L’épidémie de Choléra continue en RDC

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Félix Tshisekedi un an après son investiture

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Tensions politiques en RDC: appel au calme des chefs religieux

Mgr Fridolin Ambongo, membre de la Conférence épiscopale nationale du Congo, signe l’accord politique en vue de la tenue des élections en décembre 2017, au Centre interdiocésain catholique de Kinshasa, à Kinshasa, 31 décembre 2016.

Les chefs religieux, très écoutés en République démocratique du Congo, ont lancé vendredi un "appel au calme" face à la crise politique qui couve, un an après la première transition pacifique du pouvoir dans ce pays.

"Nous en appelons au calme, à la modération dans le langage et au sens des responsabilités de tous les acteurs socio-politiques", ont-ils déclaré devant la presse à l'occasion du premier anniversaire de l'investiture du président Félix Tshisekedi, qui gouverne avec les forces de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Les alliés de la coalition Tshsekedi-Kabila "s'illustrent, surtout ces derniers temps, par des querelles et des disputes de nature à compromettre les chances de décollage du pays", selon les responsables religieux.

"L'escalade verbale commencée par les militants est montée au niveau des animateurs politiques et, pire encore, elle atteint les animateurs des institutions", regrettent-ils, en souhaitant rencontrer ces responsables.

Peu avant l'anniversaire de son investiture, le président Tshisekedi a envisagé pour la première fois une dissolution de l'Assemblée, où les forces fidèles à son prédécesseur sont ultra-majoritaires.

En réponse, la présidente l'Assemblée Jeanine Mabunda a invoqué un article de la Constitution qui prévoit des cas de "haute trahison".

"Elle a franchi, en tout cas, la ligne rouge", a estimé vendredi le directeur de cabinet du chef de l'État Vital Kamerhe, sur RFI.

La déclaration des chefs religieux a été signée par les représentants des catholiques, des protestants, des orthodoxes, des évangélistes (Église de réveil), des musulmans, de l'Armée du Salut et des Kimbanguistes (une église congolaise fondée par Simon Kibangu du temps de la colonisation belge).

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