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L'ONU "alarmée" du retour forcé de Nigérians du Cameroun ayant fui Boko Haram


Des déplacés dans le camp de Gbajimba à la périphérie de Makurdi, capitale de l'État de Benue, Nigeria, le 3 janvier 2018.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés s'est dite vendredi "alarmée" du renvoi par le Cameroun, où ils avaient fui les violences du groupe jihadiste Boko Haram, de réfugiés et demandeurs d'asile nigérians.

"385 Nigérians ont été forcés de retourner (au Nigeria) depuis le Cameroun depuis le début de l'année 2018. La majorité d'entre eux ont été renvoyés durant le dernier mois" d'avril, a indiqué le Haut-Commissariat pour les réfugiés, se disant "alarmé" de ces "retours forcés et continus", dans un communiqué.

Le 10 avril, le HCR a noté que 160 réfugiés et demandeurs d'asile nigérians, qui avaient fui vers le Cameroun en 2014, ont été expulsés vers l'Etat de Borno, au Nigeria.

Le 17, 118 demandeurs d'asile arrivés le 15 ont été expulsés du Cameroun, selon le HCR.

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Le nord-est du Nigeria, frontalier du Cameroun et épicentre de l'insurrection jihadiste de Boko Haram, souffre d'une grave crise humanitaire après des années d'un conflit qui a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009.

Combats entre armée nigériane et insurgés, embuscades et attentats-suicides restent quotidiens dans cette région désertique du lac Tchad aux confins du Cameroun, du Tchad et du Niger.

Les civils sont souvent pris pour cible par Boko Haram, qui cherche à instaurer un califat dans le nord-est du pays. Nombre d'entre eux fuient dans les pays voisins, et notamment le Cameroun.

Fin avril, 87.600 Nigérians étaient enregistrés comme réfugiés au Cameroun par l'agence onusienne du HCR.

Vendredi, le HCR "appelle encore une fois les autorités camerounaises à s'abstenir de renvoyer (d'autres Nigerians) et à assurer la protection à ceux qui fuient l'insécurité et la persécution au Nigeria".

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A l'échelle de l'Etat du Borno, près d'un million de foyers ont été détruits, environ 30% du total selon la Banque mondiale. Plus de 500 écoles primaires, près de 40 collèges, ainsi que 200 hôpitaux, cliniques et dispensaires médicaux ont connu le même sort.

En avril, plus de 1.000 civils déplacés sont néanmoins rentrés chez eux à Bama, deuxième ville de l'Etat de Borno, dans le cadre d'un vaste programme de reconstruction et de retour lancé par les autorités nigérianes.

Avec AFP

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