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L'Italie continue à se chercher un gouvernement


Le président italien Sergio Mattarella rencontre le nouveau président élu de la Chambre des députés, Roberto Fico, au Palais du Quirinal à Rome, le 24 mars 2018.

L'Italie se prépare à une nouvelle semaine de consultations en vue de former un nouveau gouvernement, mais la solution semble encore très éloignée, chaque camp refusant pour l'heure de céder le moindre pouce de terrain.

Après l'échec d'une première série de consultations menées mercredi et jeudi par le président de la République Sergio Mattarella, un nouveau rendez-vous a été donné en fin de semaine prochaine aux principales forces politiques italiennes, dont aucune ne dispose de majorité au parlement.

L'objectif: résoudre la quadrature du cercle entre Luigi Di Maio, 31 ans, chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), premier parti d'Italie avec plus de 32% des voix aux législatives du 4 mars, et Matteo Salvini, 45 ans, chef de la Ligue (extrême droite) et leader de la coalition de droite arrivée en tête avec 37% des voix.

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Les deux hommes se disent prêts à gouverner ensemble, mais à certaines conditions. Luigi Di Maio rejette catégoriquement tout accord impliquant Silvio Berlusconi, 81 ans, et son parti Forza Italia, pourtant allié de Matteo Salvini. Or, ce dernier refuse de lâcher le milliardaire italien, qui a été trois fois Premier ministre entre 1994 et 2011.

La coalition de droite, composée également du petit parti d'extrême droite Fratelli d'Italia, a d'ailleurs décidé de se présenter unie et au sein d'une même délégation lors des prochaines consultations au palais du Quirinal, siège de la présidence, ce qui n'avait pas été le cas la semaine dernière.

Ses trois dirigeants se sont retrouvés dimanche près de Milan (nord) et ont décidé de proposer au président Mattarella, selon les médias italiens, la formation d'un gouvernement de centre-droit, sans mention de Matteo Salvini pour en prendre la tête, qui se présentera au Parlement pour demander la confiance sur la base d'un programme précis.

Et, "si les chiffres nous permettent de gouverner, je serai honoré de le faire, autrement, il vaut mieux retourner écouter les Italiens", autrement dit retourner aux urnes, a déclaré dimanche le leader de la Ligue.

'Une seule voix'

"Matteo Salvini est en train de choisir la restauration plutôt que la révolution", avait jugé Luigi Di Maio dans un entretien la veille avec le quotidien La Repubblica, en référence aux années Berlusconi.

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Face à cette impasse, tous les regards se tournent vers le Parti démocrate (PD, centre gauche), grand perdant des législatives avec moins de 20% des suffrages, mais courtisé par le M5S.

Luigi Di Maio s'est en effet dit prêt à négocier avec la Ligue, mais aussi avec le PD sur la base d'un contrat "à l'allemande" en vue de former un gouvernement dont il prendrait la tête.

Cette offre divise profondément le Parti démocrate, entre ceux qui veulent rester dans l'opposition, à l'instar de son ancien chef Matteo Renzi, et ceux qui prônent néanmoins le dialogue, comme le ministre sortant de la Culture Dario Franceschini.

"Face à la nouveauté politique représentée par les déclarations de Di Maio, il faut réfléchir", a déclaré samedi M. Franceschini sur Twitter.

"Personne n'accorde la moindre crédibilité aux paroles du leader du M5S, pour lequel, jusqu'à hier, le PD était le mal absolu", a rétorqué un autre responsable du PD, le député Michele Anzaldi.

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Plusieurs échéances politiques viennent aussi brouiller les cartes. Le 21 avril, le PD doit sechoisir un nouveau secrétaire général après la démission de Matteo Renzi.

Le 29 avril, une élection régionale a lieu dans le Frioul (nord-est) où la Ligue compte l'emporter. Mais selon les commentateurs italiens, Matteo Salvini ne veut pas prendre le risque d'ici là de briser son alliance avec Forza Italia.

Dans ces conditions, un troisième tour de consultations sera sans doute nécessaire.

Avec AFP

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