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Égypte

L'ex-président Morsi enterré après s'être effondré au tribunal

Mohamed Morsi devant la 67è Assemblée générale de l'ONU, New York, le 26 septembre 2012.

L'ancien président égyptien islamiste Mohamed Morsi a été enterré mardi au Caire en toute discrétion, après s'être effondré la veille au tribunal et environ six ans de détention.

Des organisations de défense des droits humains comme Amnesty International ont demandé une enquête sur la mort de Mohamed Morsi, 67 ans, emprisonné par les autorités depuis sa destitution en juillet 2013 Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée à l'époque et actuellement président d'Egypte.

Issu de la confrérie interdite des Frères musulmans, Mohamed Morsi "a été enterré le matin à Medinat Nasr, dans l'est du Caire, en présence de sa famille", a indiqué à l'AFP l'un de ses avocats, Abdelmoneim Abdel Maksoud. "La prière funèbre a été faite à l'hôpital de la prison de Tora".

Premier président démocratiquement élu en Egypte après le Printemps arabe de 2011 qui avait poussé au départ l'ancien chef de l'Etat Hosni Moubarak après 30 ans de pouvoir, Mohamed Morsi avait été destitué après une vague de manifestations et faisait depuis face à des poursuites dans plusieurs affaires.

C'est lors d'une audience lundi au complexe pénitentiaire de Tora au Caire, qu'il s'est effondré.

"Le tribunal lui a accordé le droit de parler pendant cinq minutes. Il est tombé sur le sol dans la cage des accusés et a été immédiatement transporté à l'hôpital" où il est décédé, a indiqué le parquet général. "Il est arrivé à l'hôpital et il n'y avait pas de nouvelles blessures visibles sur le corps".

Selon la télévision d'Etat, il est mort "à cause d'un arrêt cardiaque". Sa famille a confirmé sa mort mais sans en donner la cause.

"Nous n'avons même pas pu le voir au tribunal à cause des parois de verre blindé (du box) insonorisé. Mais d'autres détenus nous ont fait signe qu'il n'avait plus de pouls", a raconté à l'AFP l'un de ses avocats, Me Maksoud.

- "Assassinat" -

Le Parti de la liberté et de la justice de Mohamed Morsi, bras politique des Frères musulmans, a parlé d'un "assassinat", dénonçant de mauvaises conditions de détention dont "le but était de le tuer à petit feu".

En mars 2018, une commission britannique indépendante avait condamné son maintien à l'isolement 23 heures par jour, dans des conditions de détention pouvant "relever de la torture ou du traitement cruel, inhumain ou dégradant".

"Le refus d'un traitement médical de base auquel il a droit pourrait entraîner sa mort prématurée", avait alors déclaré devant le Parlement britannique le député Crispin Blunt, président de cette commission.

Le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan, allié de l'ancien président islamiste, l'a qualifié de "martyr". L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a exprimé "sa profonde tristesse". L'Iran a regretté "une mort triste et malheureuse".

Selon Jonathan Schanzer, du cercle de réflexion Foundation for Defence of Democracies (FDD), "étant donné les circonstances, Mohamed Morsi sera considéré comme un martyr".

Amnesty International a demandé une "enquête immédiate" sur la mort de M. Morsi, qualifiée de "profondément choquante". Human Rights Watch (HRW) a dénoncé "l'échec du gouvernement à lui accorder des soins médicaux adéquats, encore moins des visites de sa famille".

- Répression -

Le leader islamiste avait été jugé dans plusieurs affaires dont un dossier d'espionnage au profit de l'Iran, du Qatar et de groupes comme le Hamas à Gaza.

Il avait été condamné à un total de 45 ans de prison dans deux affaires, incitation à la violence contre des manifestants fin 2012 et espionnage au profit du Qatar. Il était aussi jugé dans deux autres procès après l'annulation de deux verdicts prononcés contre lui - une condamnation à mort et une réclusion à perpétuité.

Après sa destitution, Abdel Fattah al-Sissi, qui était son ministre de la Défense, a mené une répression sans merci contre l'opposition islamiste et en particulier les Frères musulmans.

Policiers et soldats avaient tué plus de 1.400 manifestants pro-Morsi en quelques mois. Des centaines avaient été condamnés à mort, dans des procès de masse expéditifs et des milliers emprisonnés dont certains sont morts en détention.

Après l'annonce de la mort de Mohamed Morsi, la télévision d'Etat a diffusé en boucle des images de violences et d'attentats, accusant les Frères musulmans de "terrorisme" et de "mensonge".

Les années qui ont suivi le coup de force de l'armée en Egypte ont vu une succession d'attaques visant les forces de l'ordre.

Des centaines de policiers et militaires ont été tués, en même temps qu'émergeait une insurrection djihadiste localisée dans le nord-Sinaï, devenu un bastion du groupe Etat islamique (EI).

Avec AFP

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Il y a 50 ans, le président Nasser s'éteignait au Caire

Le président Gamal Abdel Nasser, au Caire, le 18 juin 1956. (AP Photo, archives)

Le 28 septembre 1970, Gamal Abdel Nasser s'éteint au Caire, terrassé par une crise cardiaque à 52 ans. Son décès déclenche un véritable choc en Egypte et dans tout le monde arabe.

Dans la soirée, toutes les chaînes de radio et télévision interrompent brusquement leurs émissions, diffusant des versets du Coran.

D'une voix entrecoupée de sanglots, écrit alors l'AFP, le vice-président Anouar al-Sadate vient lui-même annoncer à la radio le décès de Nasser à 18h15 locales (15h15 GMT).

"La République arabe unie, la nation arabe et l'humanité tout entière ont perdu l'un des hommes les plus chers, les plus courageux et les plus sincères", dit-il, soulignant que Nasser est mort dans un ultime effort pour "mettre fin à l'horrible drame qui a atteint la nation arabe".

La veille, le président Nasser avait réussi à arracher un accord au roi Hussein de Jordanie et au chef de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Yasser Arafat pour arrêter les sanglants affrontements de "Septembre noir".

Gros fumeur, diabétique, son état de santé n'avait pas été révélé au public, et sa mort est un véritable choc.

Un des principaux leaders des "officiers libres" qui renversèrent la monarchie en 1952, le raïs avait pris le pouvoir deux ans plus tard. Cofondateur du mouvement des non-alignés, charismatique et chantre du nationalisme arabe, il avait mis en place un régime de parti unique et gouverné d'une main de fer pendant 16 ans.

Ses plus grands succès furent la nationalisation du canal de Suez en 1956 et la mise en déroute de l'opération franco-britannique destinée à reprendre le contrôle de cet axe stratégique, puis l'inauguration en 1964 du barrage d'Assouan. Et sa plus grande défaite, celle infligée en juin 1967 par Israël à son armée.

Nuit de deuil

Un deuil officiel de quarante jours est proclamé.

Peu après l'annonce du décès, les premières manifestations se déroulent au Caire. A Héliopolis, hommes, femmes et enfants crient leur douleur ou pleurent silencieusement. Dans les quartiers populaires, des rassemblements se forment.

Toute la nuit, une foule compacte --d'abord incrédule, puis atterrée-- se dirige vers la résidence de Nasser, puis vers le palais présidentiel de Koubbeh, où la dépouille a été transportée. Les autorités font appel aux forces armées et aux chars pour interdire les voies.

A Alexandrie, tous les magasins sont fermés et les cinémas interrompent leurs projections.

Traumatisme

Le 29 septembre, la presse du Caire paraît entourée d'un cadre noir. Les condoléances affluent du monde entier.

"Cent millions d'Arabes se sentent aujourd’hui orphelins", écrit un journal libanais. Il était pour les "super-grands" le seul "interlocuteur valable du monde arabe, le seul qui puisse parler en son nom", souligne un autre journal.

Au Caire, la vie est paralysée. Tous les bureaux et magasins sont fermés. Des banlieues, arrivent adolescents portant des fleurs et brandissant des portraits de Nasser.

"Adieux déchirants"

Le 1er octobre, le cercueil de Nasser, enveloppé du drapeau égyptien, est placé sur un affût de canon tiré par huit chevaux et encadré par quarante généraux de l'armée. Cinq mille cadets de l'école militaire précédent le cortège. Ses compagnons d'armes y prennent place, suivis des chefs d'Etat et de gouvernements étrangers.

Des hélicoptères survolent la capitale et des Mig-21 passent en rase-motte. Une salve de 21 coups de canon est tirée.

Une foule, estimée à plusieurs millions de personnes, se presse sur le parcours du cortège, long d'une quinzaine de kilomètres. "Vive Nasser" et "Il n'y a d'autre Dieu qu'Allah", scande l'immense foule.

Commencée dans l'ordre, la cérémonie tourne à la plus grande confusion, la foule obligeant à plusieurs reprises le cortège à s'arrêter. Anouar al-Sadate et le roi Hussein de Jordanie sont victimes d'un malaise.

Ce n'est qu'à l'intérieur de la mosquée al-Nasr qu'un calme relatif est rétabli, alors que le grand imam d'Al-Azhar préside le service religieux.

Nasser est inhumé selon la tradition musulmane dans son linceul et son cercueil a été brisé par les derniers fidèles qui en ont gardé des reliques.

Retournement de situation dans une affaire de viol en Egypte

Manifestation contre la violence sexiste devant l'opéra du Caire, le 14 juin 2014, après l'agression sexuelle en publique par un groupe d'hommes sur la place Tahrir. (Reuters)

Victime présumée en accusation, témoins sous les verrous... La gestion par les autorités judiciaires d'une affaire de viol en bande menace la lutte contre les violences sexuelles en Egypte, s'inquiètent des associations féministes.

Les faits remontent à 2014. Un groupe d'hommes aisés et influents -dont certains déjà accusés dans des affaires similaires- est soupçonné d'avoir drogué et violé une jeune femme à l'hôtel Fairmont, un cinq étoiles du Caire, puis d'avoir diffusé des vidéos de leur acte.

Ignorée à l'époque, l'affaire resurgit fin juillet 2020 sur les réseaux sociaux et le 4 août, la victime présumée porte plainte contre neuf personnes, tous fils d'hommes d'affaires fortunés.

Cinq sont arrêtés: deux au Caire et trois au Liban, qui ont été remis cette semaine aux autorités égyptiennes. En fuite, les quatre autres sont en Angleterre et aux Etats-Unis, affirme une militante féministe.

- "Atteinte à la morale" -

Mais l'affaire prend soudainement un virage à 180 degrés. Encouragés notamment par le Conseil national des femmes (NCW, censé défendre les droits des femmes) à se rapprocher des autorités, quatre témoins de l'accusation et deux de leurs connaissances sans lien direct avec l'affaire sont arrêtés fin août.

Ils sont rapidement inculpés pour "atteinte à la morale" et "incitation à la débauche", d'après Human Rights Watch.

Selon une militante, certains subissent des "tests de virginité" et des examens anaux forcés. Un climat de peur se répand peu à peu autour de l'affaire. Les avocats de la défense se murent dans le silence.

Dans un pays qui emprisonne des influenceuses pour "incitation à la débauche", les autorités judiciaires ont fait pression sur les témoins, dénonce HRW. Certains ont été "mis à l'isolement" et "poussés à modifier leurs déclarations", poursuit l'ONG, qui s'est entretenue avec des militants proches de l'affaire.

"Qu'une affaire (...) avec des preuves tangibles se transforme en affaire où les coupables deviennent les victimes et où les témoins sont accusés est (...) effrayant", s'alarme la militante féministe et professeure à l'université du Caire, Hoda al-Sadda.

Un tel traitement judiciaire n'est pas une première en Egypte. En avril, l'influenceuse Menna Abdel-Aziz avait été arrêtée après avoir publié une vidéo sur TikTok, où elle apparaissait le visage tuméfié, affirmant avoir subi un viol collectif.

Tout en reconnaissant les faits, les autorités avaient ordonné son interpellation pour "immoralité". Elle n'a été libérée qu'après "rééducation", selon la presse.

- "Effet dissuasif" -

En juillet, une loi préservant l'anonymat des personnes portant plainte pour agression sexuelle a été approuvée au Parlement, renforçant la perception d'une avancée. Mais l'affaire du Fairmont a douché ces espoirs.

Certains témoins, en plus des démêlés judiciaires, ont été ciblés par une campagne médiatique avec la divulgation sur internet d'images compromettantes, après confiscation de leurs appareils électroniques.

Plusieurs médias prorégime ont aussi fourni un autre récit de l'incident au Fairmont, brossant le tableau d'une gigantesque "orgie", plutôt qu'une scène de crime. Cette campagne est "entièrement pilotée par la Sûreté de l'Etat", affirme la militante anonyme.

D'où qu'elle vienne, une telle stigmatisation pourrait produire un "effet dissuasif" en matière de dénonciations des violences sexuelles, confirme Rothna Begum, de la division Droits des femmes de HRW.

Pour Mme Sadda, cela risque de "mener à la disparition d'un mouvement social dynamique (...) et détruire la crédibilité des institutions" comme le NCW, accusé d'avoir jeté les témoins dans la gueule du loup.

Dans ce climat, le cas du compte Instagram "Assault Police" est emblématique. Début juillet, il est à l'origine de la résurgence du #metoo local, avec la publication de témoignages accusant un ex-étudiant de l'Université Américaine du Caire d'être un prédateur sexuel.

Après avoir reçu des menaces, l'administratrice d'"Assault Police" a dû suspendre sa page plusieurs semaines. Un autre compte dénonçant des violeurs présumés, "gangrapistsofCairo", a lui cessé son activité.

Se sentant trahie, la Palestine abandonne la présidence de la Ligue arabe

Le président palestinien Mahmoud Abbas s'exprime lors d'une réunion de dirigeants à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 mai 2020. (Photo Reuters)

La normalisation des pays arabes avec Israël a déclenché un élan de solidarité entre les factions palestiniennes. La Ligue arabe compte 22 États membres, dont une dizaine sont des pays africains.

La Palestine a quitté sa présidence actuelle des réunions de la Ligue arabe, a déclaré mardi le ministre palestinien des Affaires étrangères, condamnant comme déshonorant tout accord arabe visant à établir des liens formels avec Israël.

Les Palestiniens considèrent les accords que les Émirats arabes unis et le Bahreïn ont signés avec Israël à Washington il y a une semaine comme une trahison de leur cause et un coup porté à leur quête d'un État indépendant dans le territoire occupé par Israël.

Au début de ce mois, les Palestiniens n'ont pas réussi à persuader la Ligue arabe de condamner les nations qui rompent les rangs et normalisent leurs relations avec Israël.

La Palestine était censée présider les réunions de la Ligue arabe pendant les six prochains mois, mais le ministre des affaires étrangères Riyad al-Maliki a déclaré lors d'une conférence de presse dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, qu'il ne voulait plus de ce poste.

"La Palestine a décidé de concéder son droit à présider le conseil de la Ligue (des ministres des affaires étrangères) lors de sa session actuelle. Il n'y a aucun honneur à voir les Arabes se précipiter vers la normalisation pendant sa présidence", a déclaré M. al-Maliki.

Dans ses remarques, il n'a pas nommé spécifiquement les Émirats ou le Bahreïn, pays arabes du Golfe qui partagent avec Israël des préoccupations sur l'Iran. Il a déclaré que le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a été informé de la décision palestinienne.

La normalisation des pays arabes avec Israël a déclenché un élan de solidarité entre les factions palestiniennes. Mardi des responsables de la faction Fatah du président Mahmoud Abbas basée en Cisjordanie et du mouvement islamiste Hamas devaient tenir des discussions de réconciliation en Turquie.

La Ligue arabe compte 22 États membres, dont une dizaine sont des pays africains : Algérie, Comores, Djibouti, Égypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Somalie, Soudan et Tunisie.

En outre, le Tchad et l'Érythrée ont un statut d'observateur : ils peuvent partager leurs points de vue mais ne peuvent pas voter.

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Coronavirus: l'Egypte franchit la barre des 100.000 cas

Un agent de santé portant un équipement de protection se prépare à prélever des échantillons au Caire, le 17 juin 2020.

L'Egypte, pays arabe le plus peuplé avec 100 millions d'habitants, a franchi la barre des 100.000 cas de nouveau coronavirus, a annoncé le ministère de la Santé.

Le pays, qui avait annoncé son premier cas de Covid-19 le 14 février, a recensé précisément lundi soir 100.041 contaminations dont 5.541 morts.

Par ailleurs, 79.008 guérisons ont été enregistrées selon le ministère.

En mars, les autorités du pays avaient imposé des mesures visant à limiter la propagation du virus comme la fermeture des lieux de culte, des cafés, des restaurants et des aéroports. Un couvre-feu nocturne avait également été mis en place.

Depuis le 1er juillet, le gouvernement a autorisé la réouverture partielle des mosquées, des églises, des cafés et des restaurants ainsi que des lieux culturels. Il a annulé le couvre-feu et rouvert les aéroports et l'espace aérien.

Les musées, les sites touristiques et archéologiques ont également rouvert progressivement.

Des experts médicaux craignent toutefois, en Egypte comme ailleurs, l'arrivée d'une nouvelle vague de contaminations.

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