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Égypte

Pompeo dit au chef de la diplomatie égyptienne ses "inquiétudes" pour les droits humains

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi .

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a fait part lundi à son homologue égyptien Sameh Choukry des "inquiétudes" des Etats-Unis "au sujet de la liberté de la presse et de la situation des droits humains" en Egypte.

Lors d'une rencontre à Washington, il a également évoqué le cas des ressortissants américains détenus en Egypte, et notamment de Moustapha Kassem, a déclaré le département d'Etat américain dans un communiqué.

Cet Américain est incarcéré depuis 2013, accusé de participation à des manifestations contre le pouvoir du Caire. Il a été condamné en 2018 à quinze ans de prison.

Washington a récemment haussé le ton à l'égard du gouvernement égyptien, malgré l'amitié régulièrement affichée par le président américain Donald Trump et son homologue Abdel Fattah al-Sissi.

Mike Pompeo a ainsi exhorté fin novembre l'Egypte, proche allié des Etats-Unis, à respecter la liberté de la presse, en réaction à une série d'arrestations de journalistes.

L'Egypte est le pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde après la Chine et la Turquie, selon le Comité pour la protection des journalistes, une association basée à New York.

Des manifestations --rares en Egypte car interdites en vertu d'une loi adoptée en 2013-- ont eu lieu en septembre à travers le pays contre le président al-Sissi.

Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, plusieurs milliers de personnes ont depuis été arrêtées, dont des intellectuels, des militants politiques, des avocats et des journalistes. Les ONG estiment que ce coup de filet est le plus vaste depuis l'arrivée au pouvoir du président en 2014.

Mike Pompeo a toutefois aussi évoqué lundi avec Sameh Choukry "l'importance du partenariat stratégique fort" entre les deux pays.

Avec AFP

Victoire du Gabon contre Santullo Sericom

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Bachelet appelle l'Egypte à "changer radicalement" d'approche face aux manifestations (ONU)

La nouvelle Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, assiste à la journée d'ouverture du 39ème Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève le 10 septembre 2018.

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Michelle Bachelet a appelé vendredi les autorités égyptiennes à "changer radicalement" d'approche face aux manifestations, demandant la libération "immédiate" des personnes détenues pour avoir exercé leur droit à manifester.

Dans un communiqué, Mme Bachelet a exhorté "les autorités à changer radicalement leur approche à l'égard de toute manifestation future, y compris celles qui pourraient avoir lieu aujourd'hui".

"Je rappelle au gouvernement égyptien qu'en vertu du droit international, les gens ont le droit de manifester pacifiquement", a-t-elle ajouté.

Les premières manifestations le 20 septembre ont créé la surprise dans un pays où l'opposition a été sévèrement réprimée depuis la mise à l'écart en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi, renversé par M. Abdel Fattah al-Sissi, alors chef de l'armée.

Réagissant sans délai, les autorités ont procédé à l'arrestation d'environ 2.000 personnes, dont des journalistes, des intellectuels et des militants politiques, selon Human Rights Watch et des ONG locales de défense des droits humains.

Un certain nombre d'entre eux ont été libérés depuis, selon l'ONU.

Mais "toutes les personnes arrêtées et détenues uniquement pour avoir exercé leurs droits doivent être libérées immédiatement", a réclamé Mme Bachelet.

"Toute réponse des forces de sécurité devrait être conforme aux normes et règles internationales concernant les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique, ainsi que le droit à un procès équitable", a-t-elle ajouté.

Dans le communiqué, la Haut-Commissaire fait part de ses "graves préoccupations" face à des informations faisant état de défaillances lors des procédures judiciaires ayant suivi les détentions la semaine dernière.

Selon le Haut-Commissariat, certaines des personnes détenues se seraient notamment vu refuser d'avoir un avocat à leurs côtés lors de leur comparution devant le procureur. D'autres ont été accusées d'infractions graves, comme "aide apportée à un groupe terroriste", "diffusion de +fausses nouvelles+" ou "participation à des manifestations non autorisées" et "utilisation abusive des médias sociaux", selon l'ONU.

Les gens "ont le droit d'exprimer leurs opinions, y compris sur les médias sociaux" et "ne devraient jamais être détenus, et encore moins accusés d'infractions graves, simplement pour avoir exercé ces droits", a insisté Mme Bachelet.

C'est une série de vidéos postées début septembre sur Facebook par un entrepreneur égyptien en exil, Mohamed Aly, qui a poussé des centaines de personnes à manifester les 20 et 21 septembre aux cris de "Sissi dégage", avant d'être dispersées à coups de gaz lacrymogènes.

Dans ces vidéos partagées des millions de fois sur internet, Mohamed Aly a accusé de corruption M. Sissi, qui a démenti, et a appelé à manifester.

Manifestations anti-Sissi: l'Egypte retient son souffle

Les manifestants scandant des slogans contre le régime au Caire, en Egypte, le 21 septembre 2019.

De nouvelles manifestations en Egypte contre le président Abdel Fattah al-Sissi, accusé de corruption, pourraient mettre le feu aux poudres vendredi avec le risque d'une répression féroce dans un pays où toute protestation contre le pouvoir est interdite.

Après les premières manifestations antipouvoir le 20 septembre, la présence policière a été ostensiblement renforcée dans toutes les grandes villes du pays, en particulier sur la place Tahrir au Caire, épicentre de la révolte populaire de 2011 qui chassa le président Hosni Moubarak du pouvoir.

C'est une série de vidéos postées début septembre sur Facebook par un entrepreneur égyptien en exil, Mohamed Aly, qui a poussé des centaines de personnes à manifester il y a une semaine aux cris de "Sissi dégage", avant d'être dispersées rapidement à coups de gaz lacrymogènes.

Dans ces vidéos partagées des millions de fois sur internet, Mohamed Aly a accusé M. Sissi et l'armée de corruption et a appelé à manifester, dans un contexte d'austérité économique.

Les premières manifestations avaient créé la surprise dans un pays où l'opposition a été sévèrement réprimée depuis la mise à l'écart en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi, renversé par M. Sissi, alors chef de l'armée.

Réagissant sans délai, les autorités ont procédé à l'arrestation d'environ 1.900 personnes, dont des journalistes, des intellectuels et des militants politiques, selon des ONG locales de défense des droits humains. Des arrestations dénoncées par Amnesty International, Human Rights Watch ou The Committee to protect journalists (CPJ).

- "Résistance ferme" -

"Les manifestations à venir devraient certainement rencontrer une résistance ferme", a assuré à l'AFP H.A Hellyer, membre associé du Royal United Services Institute.

Selon lui, M. Sissi a clairement fait comprendre par le passé "qu'il a l'intention de rester au pouvoir" et si les manifestations "dépassent un certain point, cela serait destructeur pas seulement pour sa présidence, mais pour le pays en général".

Elu président en 2014, M. Sissi s'est imposé comme l'une des figures les plus autoritaires du Moyen-Orient, écartant impitoyablement à ce jour toute velléité de contestation, en dépit des condamnations des défenseurs des droits humains.

Dans ses vidéos, M. Aly a affirmé que des millions de livres égyptiennes de fonds publics ont été utilisés dans des projets inutiles et des palais présidentiels.

"Mensonges et calomnies", a rétorqué mi-septembre M. Sissi, niant en bloc les accusations de corruption et affirmant qu'il construisait des palais non pour lui-même mais pour l'Egypte.

Dans un pays de 100 millions d'habitants où environ une personne sur trois vit sous le seuil de pauvreté, ces propos ont été mal perçus.

En effet, outre les allégations de corruption, la construction de palais au moment où le gouvernement impose des mesures d'austérité est susceptible de réveiller la colère chez de nombreux Egyptiens affectés par une sévère crise économique.

- "Marche du million" -

Depuis 2016, le gouvernement a mis en place un programme de réforme en vue d'obtenir un prêt de 12 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI).

Il comprend notamment une dévaluation de la livre égyptienne, qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar, et une baisse des subventions étatiques, notamment sur le gaz, l'électricité et les carburants.

Au quotidien, les mesures se sont traduites par une baisse dramatique du pouvoir d'achat.

Après les manifestations du 20 septembre, M. Aly s'est félicité de la mobilisation et a appelé à une "marche du million" ce vendredi. "C'est une révolution du peuple."

Dans le camp opposé, des manifestations de soutien à M. Sissi ont été organisées cette semaine et pourraient avoir lieu de nouveau vendredi.

Jeudi, M. Aly a posté une vidéo d'une minute incluant des passages de ses anciennes vidéos, des extraits de scènes d'émeutes datant de 2011 et des déclarations de M. Sissi.

"Attention. Cette chose qui s'est passée il y a sept ou huit ans (la révolte de 2011, NDLR) ne se reproduira pas en Egypte", avait affirmé M. Sissi il y a quelques mois.

Avec AFP

Egypte: arrestation de l'avocate et militante des droits humains Mahinour el-Masry

Mahinour el-Masry, lauréate du prix Ludovic-Trarieux 2014

L'avocate égyptienne et militante des droits humains Mahinour el-Masry a été arrêtée dimanche par la police au Caire après avoir assisté aux interrogatoires de manifestants, a-t-on appris auprès de ses avocats.

"Mahinour a été arrêtée par la police à la sortie du siège du Parquet de la sûreté de l'Etat au Caire, où elle a assisté aux interrogatoires en tant qu'avocate de personnes arrêtées pendant les manifestations" qui ont eu lieu vendredi soir, a indiqué Me Tareq al-Oudi.

Des centaines de manifestants ont bravé vendredi soir au Caire et dans d'autres villes du pays l'interdiction de protester contre le pouvoir et exigé le départ du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui se trouve actuellement à New York pour les travaux de l'Assemblée générale de l'ONU.

Les rassemblements ont été rapidement dispersés par les forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs arrestations.

Des affrontements ont eu lieu dans la ville de Suez (est) entre forces de l'ordre et manifestants, qui ont bravé dans la nuit de samedi à dimanche pour la deuxième journée consécutive l'interdiction de manifester.

L'ONG Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux a fait état de 356 arrestations depuis vendredi.

Par ailleurs, NetBlocks, une organisation qui surveille le réseau internet, a rapporté dimanche sur Twitter des restrictions d'accès, notamment à la messagerie Facebook et au site de BBC News.

L'Egypte vit sous état d'urgence et les mouvements de contestation y sont interdits en vertu d'une loi adoptée en 2013, après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée, à la tête de laquelle se trouvait alors le général Sissi.

Le régime mène une répression sans merci contre l'opposition, emprisonnant des milliers d'islamistes, de militants ou encore de blogueurs.

Mahinour el-Masry est lauréate du prix Ludovic-Trarieux 2014, décerné chaque année à un avocat ayant illustré la défense du respect des droits humains et qui lui a été attribuée alors qu'elle purgeait une peine de prison pour "participation à une manifestation non autorisée".

Elle avait été plusieurs fois détenue sous le régime du président déchu Hosni Moubarak et est l'une des figures du soulèvement qui a renversé celui-ci en 2011. Elle avait été de nouveau condamnée sous le régime du président Mohamed Morsi.

mon/feb/on

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