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Mauritanie

L'ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz dénonce sa mise à l'écart

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz vote le 1er septembre 2018.

L'ancien tout puissant président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a dénoncé vendredi sa mise à l'écart de la scène politique: son successeur et ancien dauphin, et l'UPR, le parti qu'il a fondé il y a 10 ans, lui ont tourné le dos, cinq mois après son départ du pouvoir.

"L'UPR vit une crise profonde, il subit une action de sape, anticonstitutionnelle, dans l'illégalité absolue, de la part de gens qui ne sont même pas membres du parti, sur ordre du pouvoir", a dénoncé avec amertume devant des journalistes l'ex-président Aziz.

Celui qui a dirigé la Mauritanie pendant 10 ans a dû organiser cette conférence de presse au milieu de la nuit à son domicile, plusieurs hôtels ayant refusé de l'accueillir, selon son entourage. Les médias officiels mauritaniens n'y ont pas assisté.

Arrivé à la tête de l'Etat par un putsch en 2008, puis élu en 2009 et 2014, M. Aziz a procédé l'été dernier à la première transition entre deux présidents élus dans ce vaste pays du Sahel secoué par de nombreux coups d'Etat de 1978 à 2008.

Il avait choisi comme dauphin l'un de ses plus fidèles compagnons, l'ex-chef d'Etat-major Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, facilement élu en juin avec le soutien de l'Union pour la République (UPR), parti fondé en 2009 par M Aziz.

Avant de passer la main début août, l'ex-président avait manifesté sa volonté de rester actif en politique en gardant le contrôle de l'UPR.

Mais depuis sa prestation de serment le 1er août, M. Ghazouani a fait le ménage, limogeant l'ancienne garde présidentielle et ne conservant que six anciens ministres dans son gouvernement. Il a également mis la main sur l'UPR, dont l'immense majorité des députés s'est ralliée à lui.

Lors de sa conférence de presse, l'ancien président n'était entouré que de deux des 27 membres d'une commission qui assure la gestion de l'UPR jusqu'à l'élection d'une nouvelle direction lors d'un congrès prévu les 28 et 29 décembre.

Les travaux préparatoires à ce congrès sont soutenus par une commission gouvernementale conduite par le premier ministre Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya, qui s'était engagé à appliquer la "vision" du président Ghazouani lors de sa prise de fonction.

"Tout ce cheminement est illégal", a affirmé M. Aziz lors de sa conférence de presse. L'ancien président a évoqué un possible recours en justice ou la création d'un nouveau parti, tout en disant espérer un "retour à la normale" au sein de l'UPR.

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Libération de deux Mauritaniens kidnappés le 18 juillet au Mali

umugabo washakaga guhitana Koloneli Asimi Goita Perezida w'inzibacyuho wa Mali aryamye mu ikamyoneti nyuma yo gutabwa muri yombi

Deux Mauritaniens enlevés au Mali le 18 juillet en compagnie de trois ressortissants chinois ont été libérés mardi, a indiqué une source proche du gouvernement mauritanien.

Les cinq hommes avaient été enlevés lors d'une attaque contre un site de construction d'une route à quelque 55 km de la ville de Kwala, dans le sud-ouest du Mali, non loin de la frontière mauritanienne, selon l'armée malienne.

Les deux Mauritaniens "ont été libérés cet après-midi par leurs ravisseurs et se trouvent désormais aux mains des autorités mauritaniennes", a dit à l'AFP un responsable du ministère mauritanien de la Communication, confirmant une information de l'Agence mauritanienne d'information (AMI, officielle).

"Ils se trouvent à Vassala, sur la frontière sud-est avec le Mali. Ils sont en bonne santé", a ajouté cette source, qui n'était pas en mesure de donner de détails sur les circonstance de leur libération ou sur l'identité des ravisseurs.

Ce responsable ayant requis l'anonymat et l'AMI n'ont pas non plus donné d'indications sur le sort des trois ressortissants chinois enlevés en même temps qu'eux.

L'agence de presse mauritanienne Al-Akhbar avait rapporté que les assaillants, arrivés à moto, avaient incendié des réservoirs de carburant avant de s'enfuir avec les otages. Des équipements de chantier avaient également été détruits, avait indiqué l'armée malienne, sans plus de détails.

Les rapts, à la fois de Maliens et de ressortissants étrangers, sont monnaie courante dans le pays, foyer de violences jihadistes, intercommunautaires ou crapuleuses qui ensanglantent cette partie du Sahel depuis des années.

Cinq catholiques maliens avaient été kidnappés le 21 juin après leur départ de Ségué, une localité située sur le plateau dogon (centre) peuplé en grande partie de catholiques. Quatre d'entre eux avaient été libérés deux jours plus tard et le cinquième à la mi-juillet.

Le journaliste français Olivier Dubois, enlevé dans le nord du Mali le 8 avril, est pour sa part toujours aux mains de ses ravisseurs.

VOA60 du 20 juillet 2021

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Réunion du G5 Sahel sous le signe de la réduction de la présence militaire française

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En Afrique du Sud, un train pour soigner les plus pauvres

Des patients s'inscrivent à l'extérieur de la clinique mobile du train Transnet-Phelophepa pour recevoir des soins de santé à la gare de Dube à Soweto, le 22 juin 2021.

Dans cette rame, ni passager, ni marchandise. Dans une gare de Soweto, Retshepile Mosena, étudiante en droit, monte à bord d'un train, pour un examen de la vue et une paire de lunettes.

Stationné mardi dans le township près de Johannesburg, le Phelophepa, qui signifie "bonne santé" en tswana et sotho, sillonne l'Afrique du Sud neuf mois par an pour apporter des soins médicaux aux déshéritées, installés dans des secteurs éloignés des établissements de santé.

Ils sont quelques centaines ce matin-là, à attendre une consultation. Parmi eux, Retshepile Mosena raconte avoir tenté d'économiser, depuis deux ans que sa vue a commencé à baisser. Mais "les tests oculaires sont chers, et les lunettes encore plus", explique la jeune fille, qui s'en tirera ici pour 30 rands, soit moins de deux euros.

Médecins et patients à l'intérieur du train de la clinique mobile de soins de santé à Soweto, le 22 juin 2021.
Médecins et patients à l'intérieur du train de la clinique mobile de soins de santé à Soweto, le 22 juin 2021.

Entièrement équipées de matériel d'optométrie, dentisterie et même d'une pharmacie, les 19 wagons offrent aussi des consultations de médecine générale et de psychologie.

Gérée par la compagnie publique Transnet, la clinique sur rails a démarré avec trois voitures et des consultations d'optométrie, en 1994, explique à l'AFP la directrice, Thelma Sateke. Le train accueille 65.000 patients par an.

"Le train a encore beaucoup à faire pour apporter des services dans les zones rurales où les soins sont inexistants ou rares", souligne toutefois Mme Sateke, ajoutant que dans le pays, "l'accès aux soins à 100% n'est pas prêt d'être atteint".

Deuxième puissance industrielle du continent, l'Afrique du Sud est pourtant confrontée à une importante pauvreté encore aggravée par le coronavirus, qui prive certains d'accès aux soins médicaux.

Les réfugiés mauritaniens dans une situation précaire au Sénégal

Des réfugiés mauritaniens à Guinaw Rails dans la banlieue de Dakar, au Sénégal, le 23 juin 2021. (VOA/Seydina Aba Gueye)

En 1989, un conflit intercommunautaire éclate dans la région frontalière entre le Sénégal et la Mauritanie. Environ 60.000 personnes avaient fui de la Mauritanie vers le Sénégal et le Mali, selon le HCR. En 2021, la majorité d’entre eux vivent toujours au Sénégal.

Apatrides, sans emplois ni revenus stables, sans domiciles fixes et souvent hébergés dans des maisons en délabrement ou en construction, les réfugiés mauritaniens vivant au Sénégal vivent au jour le jour. À Guinaw Rails, dans la banlieue de Dakar, nous retrouvons quelques membres de cette communauté.

Maïri Ba vit avec sa famille et pour elle les conditions sont très précaires. "On survit difficilement au rythme de tracasseries quotidiennes pour nous les femmes. Nos maris courent de gauche à droite pour trouver de quoi nourrir notre progéniture mais ce n’est pas toujours évident car des fois nous n’avons rien à nous mettre sous la dent", déclare-t-elle.

Maïri est également préoccupée par l’éducation des enfants, le logement et l’emploi qui sont aussi des problèmes."On se fait souvent expulser de nos lieux d’habitation à cause du manque de revenus et nos enfants parviennent difficilement à étudier dans ces conditions. Nous sommes fatigués de cette situation", dit-elle.

Son mari Mamadou Lamine Ba lui emboîte le pas. Pour lui, la situation de leurs enfants est le plus difficile à vivre.

"Nous sommes des êtres humains et nous méritons de vivre dans la dignité après 32 ans de calvaire. Nos enfants se battent à l’école et à l’université pour faire partie des meilleurs mais au final ils ne peuvent accéder à aucune profession faute de nationalité. Leurs demandes d’intégration ne sont pas prises en compte", explique-t-il.

Pour prouver la véracité de ses propos, il prend l’exemple de son fils "né au Sénégal, il a grandi et a étudié ici mais il ne peut pas accéder au monde professionnel parce qu’il n’a pas de certificat de nationalité. Il est apatride, son père est apatride. Nous n’avons plus de mère patrie, nous n’avons rien", se désole-t-il.

Face aux conditions de vie difficiles auxquelles ils font face au Sénégal, certains Mauritaniens avaient décidé de regagner leur pays d’origine à partir de mars 2008 sous l’égide de l’agence des Nations unies pour les réfugiés. Un retour pas totalement réussi si l’on se fie à Abdourahmane Sy de la Coordination des associations de réfugiés mauritaniens au Sénégal.

"Il y a eu environ 24.000 réfugiés qui sont retournés et depuis lors, la majorité n’ont aucune pièce d’identification, aucune reconnaissance", soutient-il.

Abdourahmane indique que ceux qui y sont retournés n’ont "pas retrouvé leur terre, ni leur village puisqu’on t’amène à 1km de chez toi et on te dit que tu es là aujourd’hui. Tu n’as donc plus le droit de regagner ton village ou ta ville natale alors que tu avais tout perdu. Il y a juste eu 1600 qui ont retrouvé leur nationalité. Tout le reste sont devenus des apatrides dans leur propre pays", dit-il.

Les réfugiés mauritaniens au Sénégal vivent dans la précarité
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Après plus de 30 ans de combats et malgré des résultats mitigés, ces familles réfugiées au Sénégal ne comptent pas baisser les bras.

Le 20 juin dernier, journée consacrée aux réfugiés, était une nouvelle fois l’occasion pour les Mauritaniens établis au Sénégal depuis 1989 contre leur gré de réclamer leur droit à une nationalité, de réclamer leur droit à un retour au bercail et le droit de leurs enfants à bénéficier de papiers qui leurs permettront d’étudier dans de bonnes conditions.

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