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L'UE insiste sur une "enquête indépendante" sur les violences post-électorales au Gabon

  • VOA Afrique

La police gabonaise patrouille dans les rues après les manifestations post-électorales à Libreville, Gabon, 1 septembre 2016.

La délégation de l'Union européenne (UE) au Gabon a réitéré sa demande auprès des autorités gabonaises pour ouvrir une "enquête indépendante" sur les violences post-électorales qui ont entaché le pays en août et septembre 2016.

"L'UE a insisté de nouveau sur la nécessité et l'importance de faire toute la lumière sur les violences post-électorales de 2016", tout en rappelant son souhait d'ouverture d'une "enquête indépendante portant sur ces faits", selon un communiqué de presse publié mercredi soir.

Faire la lumière sur ces événements est un "passage obligé afin de rétablir la réconciliation entre tous les Gabonais et de garantir la stabilité durable du système démocratique", estime l'UE.

Le Gabon participe à ce dialogue "de bonne foi, et avec la ferme volonté de mener des discussions sereines sur les thèmes et les questions arrêtés de commun accord", a réagi dans la soirée le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Alain Claude Bilie By Nze.

"Le Gabon (...) a déjà pris des mesures pour faire la lumière sur ces violences conformément à son cadre juridique", a rappelé le porte-parole, rappelant également que Libreville "a volontairement saisi la Cour pénale internationale (CPI), seule instance habilitée à mener une enquête internationale en la matière".

Disant "attacher le plus grand prix" à ce dialogue avec l'UE, le porte-parole du gouvernement estime "que les actes du dialogue politique entre le pouvoir et l'opposition ont posé les bases de la consolidation d'un climat politique apaisé". "Toute injonction extérieure qui ne serait pas susceptible de favoriser cet objectif n'est pas acceptable", a-t-il ajouté.

L'annonce de la réélection d'Ali Bongo Odimba à la tête du Gabon, le 31 août 2016, avait provoqué des violences inédites au Gabon: manifestations contre le pouvoir, interpellations par centaines, l'Assemblée nationale incendiée, un assaut des forces de sécurité contre le QG du rival du président sortant, Jean Ping.

Le gouvernement gabonais a fait état de trois personnes décédées lors de ces violences. Une partie de l'opposition et de la société civile affirme avoir identifié une trentaine de morts, et que certaines personnes sont aujourd'hui toujours à la recherche de leurs proches disparus.

En décembre dernier, une Mission d'observation électorale (MOE) de l'Union européenne avait conclu que le scrutin présidentiel d'août 2016, remporté par le président sortant Ali Bongo Ondimba face à l'opposant Jean Ping, avait été entaché "d'anomalies" qui "mettent en question l'intégrité du processus de consolidation des résultats et du résultat final de l'élection".

Les autorités gabonaises ont dénoncé à plusieurs reprises une "ingérence" de l'UE.

La délégation européenne au Gabon est engagée depuis début octobre dans un "dialogue politique intensifié" (DPI) avec Libreville afin de faire le point sur les relations entre le pays et l'UE. Après avoir porté sur les "réformes électorales", le dialogue se poursuit avec les questions des "droits de l'Homme et des libertés fondamentales".

Mi-septembre, des élus européens avaient appelé Libreville à "libérer immédiatement toutes les personnes encore détenues illégalement" et à cesser de "harceler, intimider et persécuter" les opposants.

Réagissant à la résolution du Parlement européen, les autorités gabonaises avaient dénoncé un "acharnement", tandis qu'un des principaux partis d'opposition s'était félicité de ce texte.

Avec AFP

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