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L’Érythrée et Djibouti entendent normaliser leurs relations

Le ministre érythréen des Affaires étrangères, Osman Saleh Mohammed, avec le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, et le ministre éthiopien des affaires étrangères, Workeneh Gebeyehu à Addis-Abeba, le 26 juin 2018.

Le ministre érythréen des Affaires étrangères Osman Saleh a rendu une visite surprise jeudi à son homologue djiboutien Mahamoud Ali Youssouf à Djibouti-ville, en vue de normaliser les relations entre ces deux pays opposés de longue date par un différend frontalier.

"Nous sommes très heureux de la visite du ministre des Affaires étrangères de l'Erythrée", a déclaré le ministre djiboutien lors d'une conférence de presse à l'issue de la rencontre.

"La délégation est venue aujourd'hui pour ouvrir une nouvelle page des relations entre les deux pays. Aujourd'hui est le temps de la paix, Djibouti voudrait avoir des relations normalisées avec l'Erythrée", a-t-il ajouté.

Les relations entre Djibouti et l'Erythrée s'étaient tendues après une incursion en avril 2008 de troupes érythréennes vers Ras Doumeira, un promontoire stratégique surplombant l'entrée de la mer Rouge au nord de Djibouti-ville. Les deux pays s'étaient opposés à deux reprises en 1996 et 1999 pour cette zone.

Le porte-parole du gouvernement djiboutien Naguib Ali Taher a indiqué à l'AFP que les relations bilatérales entre l'Erythrée et Djibouti sont actuellement "interrompues", bien que des ambassades restent ouvertes dans les deux pays.

Le ministre érythréen était accompagné de ses homologues somalien Ahmed Isse Awad et éthiopien Workneh Gebeyehu.

La visite des trois hommes à Djibouti est la première initiative d'un comité commun créé jeudi à Asmara par les présidents somalien et érythréen ainsi que le Premier ministre éthiopien, s'inscrivant dans le cadre du récent réchauffement des relations entre ces trois pays de la Corne de l'Afrique, a indiqué la radio Fana BC, proche du pouvoir éthiopien.

L'Ethiopie et l'Erythrée ont ainsi scellé la paix cette année après 20 ans d'état de guerre.

"Je pense que c'est grâce à l'apaisement, la paix et la stabilité qu'il y aura une intégration régionale", a poursuivi le ministre Mahamoud Ali Youssouf.

"Aujourd'hui, le message que nous adressons à l'opinion du peuple djiboutien, au peuple érythréen et à toutes les opinions publiques de la région, c'est que la région de la Corne de l'Afrique va progressivement s'apaiser", a-t-il conclu.

L'Ethiopie a salué le fait que Djibouti et Asmara "sont d'accord pour normaliser leurs relations et aplanir leurs différences", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères Meles Alem.

Le Qatar avait obtenu en juin 2010 la signature d'un accord entre l'Erythrée et Djibouti pour résoudre par un accord négocié leur conflit territorial. Des soldats qataris avaient été déployés dans les zones disputées dans l'attente d'un accord final entre Djibouti et Asmara.

Mais le Qatar avait annoncé le 14 juin 2017 avoir retiré ses soldats déployés dans cette région et Djibouti avait affirmé avoir constaté le même jour que l'Erythrée avait profité de ce retrait pour occuper cette zone, avant de s'en retirer à nouveau le lendemain.

Le retrait du Qatar faisait suite à la crise qui avait éclaté entre le petit émirat gazier du Golfe et l'Arabie saoudite ainsi que ses alliés qui l'accusaient de soutenir le "terrorisme" islamiste. Djibouti comme l'Erythrée entretiennent de bonnes relations avec l'Arabie et ses alliés des Émirats arabes unis, et tous deux ont pris leur parti dans ce conflit.

Djibouti a ensuite demandé à l'Union africaine, en 2017, et aux Nations unies, en 2018, d'aider à la médiation dans ce différend au vu du retrait du Qatar.

Avec AFP

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De Nixon à Djibouti, chronique d'une amitié sino-américaine ratée

Le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping lors de leur réunion bilatérale en marge du sommet du G20 à Osaka, Japon, le 29 juin 2019. (Photo by Brendan Smialowski / AFP)

Le gouvernement chinois a publié jeudi une note qui réfute les accusations des États-Unis selon lesquelles Pékin ne respecterait pas les règles du monde civilisé.

"La Chine est le seul pays qui, au cours des dernières décennies, est devenu la deuxième économie mondiale sans recourir à la guerre, au colonialisme ou à l'esclavage", lit-on dans une vignette publiée sur Twitter par Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères. Les États-Unis, en revanche, précise la note, "ont mené des guerres et des opérations militaires injustifiées en Irak, en Libye, en Syrie, en Afghanistan et dans d'autres pays... causant plus de 800 000 morts".

Cette dénonciation montre à suffisance l’escalade des tensions entre les deux puissances économiques et militaires. Des tensions dont l’un des temps forts reste la fermeture d'un poste diplomatique et l'arrestation réciproque de ressortissants de leurs pays respectifs.

Mercredi Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, avait tweeté via le Département d'Etat que "la Chine s'efforce de faire reculer la liberté à travers le monde".

Pour sa part le président Donald Trump, qui ne mâche pas ses mots, a une fois de plus utilisé l'expression "virus chinois" lors d'un point de presse sur le nouveau coronavirus, un virus qui avait été détecté pour la première fois dans la province chinoise de Hubei.

A vrai dire, la rivalité entre les deux pays s’étend sur plusieurs domaines. Les deux pays sont en désaccord sur les thématiques aussi diverses que les règles du commerce mondial, la protection de la propriété intellectuelle, l’espionnage industriel et la technologie, les droits humains, ou encore les pratiques religieuses et le recours à la force militaire.

Avec la fermeture du consulat chinois à Houston mardi, l'opinion publique chinoise exige des représailles par la fermeture d'un poste diplomatique américain, de préférence le consulat américain à Hong Kong, selon le quotidien South China Morning Post.

Le journal ajoute que les autorités chinoises, pour ne pas perdre la face, devront probablement faire un geste de réciprocité, mais pas à Hong Kong. Selon le journal, les autorités chinoises viseraient plutôt le consulat américain à Chengdu, dans la province de Sichuan, en raison de sa proximité avec le Tibet, cher aux Américains.

De Nixon à Djibouti

Pourtant les relations entre Washington et Pékin n'ont pas toujours été tendues.

En fait, les deux pays se sont quasiment ignorés pendant une grande partie de leur histoire mutuelle. Tout a pris fin en février 1972, lorsque le président Richard Nixon a effectué un voyage officiel à Pékin. Une première pour un président américain en exercice.

En 2002, un autre président américain, George W. Bush, débarque à Pékin à l'occasion du 30e anniversaire du voyage de M. Nixon. Un an auparavant, le successeur de Bill Clinton avait donné le feu vert à l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce, ouvrant ainsi la voie à une relation commerciale plus approfondie.

Aujourd'hui, les choses ont pris une tournure décidément conflictuelle.

En Afrique, la rivalité entre la Chine et les États-Unis s'est étendue au domaine militaire, les deux pays ayant établi des bases à Djibouti.

Pour l'heure, le bras de fer est exacerbé par le calendrier électoral aux États-Unis. Le président Trump, déjà en perte de vitesse dans les sondages pour le scrutin de novembre, ne peut pas se permettre de paraître faible. Il est donc condamné à réaffirmer son message de "l’Amérique d’abord".

Selon le Christian Science Monitor, que M. Trump soit réélu ou non, les tensions entre les deux superpuissances ne disparaîtront pas d’ici peu.

Djibouti accueille des pourparlers sur le Somaliland

Des femmes défilent en procession pour célébrer le 25e anniversaire de l'indépendance proclamée du Somaliland, à Hargeisa, Somalie, le 18 mai 2016. (Photo AP)

Djibouti a accueilli dimanche les pourparlers entre le gouvernement central de la Somalie et les représentants de l'Etat du Somaliland.

La veille, c’est le président djiboutien, Ismail Omar Guelleh, qui l’avait annoncé sur son compte Twitter.

“Je présiderai demain à Djibouti, une réunion entre le Président Mohamed Abdullahi Farmajo et le Président Moussa Bihi Abdi pour assurer le suivi des efforts de médiation entre les deux peuples frères”, a écrit le chef de l’État djiboutien.

Le Premier ministre de l’Éthiopie voisine, Abiy Ahmed, a également été invité, a précisé le président Guelleh.

La région du Somaliland cherche depuis environ quatre décennies à se détacher du reste de la Somalie.

Un peu comme dans la crise des zones anglophones du Cameroun, le cas du Somaliland remonte à la colonisation.

Ancien protectorat britannique, le Somaliland a obtenu son indépendance en 1960, mais quelques jours plus tard, il a rejoint la Somalie. Mais en 1991, après des années de guerre avec le gouvernement de Mogadiscio, il a déclaré son indépendance du reste du pays. Mais ni le gouvernement central ni les autres pays ne le reconnaissent comme un pays souveran.

Depuis, le froid persiste entre les dirigeants de la région et ceux de Mogadiscio. Et pour cause : le Somaliland jouit d’une autonomie de gestion, avec un gouvernement fonctionnel et un climat hors conflit. En contraste, Mogadiscio la capitale et les zones environnantes sont un bastion d’insécurité.

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, surnommé "Farmajo", "s'est engagé à déployer tous les efforts possibles pour mener des discussions fructueuses avec le Somaliland", a déclaré le porte-parole présidentiel Abdinur Mohamed Ahmed dans un communiqué.

L'ordre du jour n'a pas été rendu public.

Ce seront les premiers entretiens officiels entre Farmajo et le président du Somaliland Musa Bihi, après qu'Abiy ait organisé une réunion informelle en février.

"La délégation du Somaliland aura l'occasion de présenter au monde que le Somaliland a droit à sa souveraineté", a écrit le ministère des affaires étrangères du Somaliland sur Twitter.

Ce n’est pas la première fois qu’une tentative de médiation a lieu.

Lors des précédents cycles de négociations entre 2012 et 2015, les deux parties ont progressé sur des questions pratiques de coopération, telles que la gestion de l'espace aérien, "mais n'ont pas réussi à combler le fossé sur la question fondamentale du statut du Somaliland", lit-on dans un rapport de l'International Crisis Group, datant de 2019.

Un résident de Minneapolis d'origine djiboutienne distribue à manger

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Les autorités djiboutiennes repoussent d'une semaine l'allègement du confinement

Ismael Omar Guelleh, le président de Djibouti, aux Nations unies, New York, le 24 septembre 2011. Il est au pouvoir depuis 1999. (Photo: AP/David Karp)

Le gouvernement de Djibouti, pays de la Corne de l'Afrique qui abrite d'importantes bases militaires étrangères, a prolongé dimanche jusqu'au 17 mai le confinement pour lutter contre le coronavirus, après en avoir annoncé l'allégement progressif.

"Le gouvernement par la voix du Premier ministre (Abdoulkader Kamil Mohamed, NDLR) aujourd'hui a décidé de prolonger d'une semaine encore le confinement jusqu'au 17 mai", a écrit le ministre des Affaires étrangères Mahmoud Ali Youssouf sur Twitter.

Cette décision a été prise "à l'instant", les conditions n'étant pas encore réunies pour assouplir le confinement, a-t-il souligné.

Quelques heures auparavant, le même ministre avait pourtant annoncé sur Twitter "le processus de réouverture progressive du pays" à partir de lundi.

Sous conditions de "très strictes mesures de protection", comme le port du masque et la distanciation sociale, les transports collectifs vont reprendre et les lieux de culte seront officiellement autorisés à rouvrir, avait-il affirmé. En revanche, une réouverture des frontières n'était pas encore prévue à ce stade.


Avec près de 1.200 cas officiellement recensés pour environ 1 million d'habitants, Djibouti est le pays du continent qui en compte le plus grand nombre par rapport à sa population, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de l'Union africaine.

Mais ces statistiques doivent être relativisées, car Djibouti a mené proportionnellement beaucoup plus de tests de dépistage que bien d'autres pays africains.

Le confinement imposé à Djibouti depuis le 23 mars est largement inappliqué, malgré l'annonce d'une "indemnité compensatrice" aux travailleurs et aux entreprises lésés par le confinement.

Djibouti lance une campagne de "dépistage massif" contre le covid-19

Une vendeuse de Khat porte un masque et des gants pour empêcher la propagation du coronavirus à Djibouti, le 26 mars 2020.

Le gouvernement de Djibouti a annoncé jeudi le lancement vendredi d'une campagne de dépistage massif du Covid-19, visant à effectuer 45.000 tests dans les jours à venir en recourant au porte-à-porte.

Ce dépistage massif consiste "à effectuer 5.000 tests par jour en porte-à-porte" pour atteindre "45.000 tests", a indiqué la présidence djiboutienne dans un communiqué.

Cette campagne ciblera en priorité "les quartiers populaires dans l'objectif de mesurer la contagion communautaire" et "les personnels essentiels dans les secteurs public et privé".

Ce dépistage massif doit permettre au gouvernement djiboutien d'affiner "la stratégie et les mesures à prendre face à cette crise sanitaire", ajoute le communiqué.

Selon les dernières données publiées jeudi, le petit pays de la Corne de l'Afrique de près d'un million d'habitants a effectué à ce jour quelque 13.400 tests qui ont permis de détecter 1.089 cas positifs. Deux personnes ont succombé au virus et 642 en ont guéri, toujours selon les autorités.

Faisant référence à une décrue du nombre de nouveaux cas constatée ces derniers jours, le ministère a toutefois appelé à la prudence jeudi: "la chaîne de transmission s'est certes ralentie mais elle reste encore active".

De fait, la situation demeure préoccupante et elle a récemment poussé le président Ismaël Omar Guelleh à durcir le ton, reconnaissant que le confinement imposé depuis le 23 mars était loin d'être respecté comme il conviendrait.

"Le confinement n'est pas respecté par tous et malheureusement beaucoup de nos compatriotes prennent encore cette maladie à la légère", a-t-il déploré dans un discours télévisé à la Nation.

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