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États-Unis

L'avortement au coeur d'une joute politique aux Etats-Unis

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

Le président Donald Trump et d'autres républicains se sont emparés jeudi de propos d'un gouverneur démocrate sur l'avortement pour lancer une attaque en règle contre l'opposition sur ce sujet très sensible aux Etats-Unis.

Le gouverneur de Virginie, Ralph Northam, a défendu mercredi un projet de loi dans son Etat, qui assouplit les conditions pour avorter au dernier trimestre de grossesse en cas de danger pour la mère.

Il s'agit de "cas où il y a un risque de graves malformations", où "le foetus pourrait ne pas être viable", a expliqué sur la radio locale WTOP l'élu, qui est par ailleurs pédiatre.

"Dans ce cas-là, si une femme commence à accoucher", a-t-il ajouté, "le nourrisson sera mis au monde, l'enfant sera gardé confortablement. Le nourrisson sera réanimé si la mère et la famille le désirent. Ensuite, une discussion aura lieu entre les médecins et la mère."

Ses propos ont immédiatement entraîné une vague de réprobation dans les rangs républicains.

"Les démocrates sont devenus le parti des avortements tardifs, des impôts élevés, des frontières ouvertes et du crime", a tweeté le président Donald Trump.

En retranscrivant uniquement la fin des propos de Ralph Northam, les sénateurs Marco Rubio (Floride) et Ted Cruz (Texas) l'ont accusé dans des tweets distincts de défendre "l'infanticide légal" et de plaider "pour retirer la vie des enfants APRES leur naissance".

L'intéressé s'est vivement défendu. "J'ai dévoué ma vie aux enfants et toute insinuation contraire est honteuse et écoeurante", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux, tandis que ses services accusaient les républicains de "faire de la politique avec la santé des femmes".

La Cour suprême des Etats-Unis a légalisé l'avortement en 1973 et une majorité d'Américains (57%) sont favorables à ce que les femmes puissent y avoir recours, selon un sondage du Pew Research Center.

Mais le sujet divise fortement en fonction des affiliations politiques -- 59% des républicains considèrent que l'avortement devrait être illégal dans la plupart ou dans tous les cas, alors que 76% des démocrates pensent l'inverse -- et religieuses (61% des évangéliques souhaiteraient qu'il soit illégal).

Depuis 1973, de nombreux Etats aux mains des républicains ont pris des mesures pour restreindre l'accès à l'avortement.

Pendant la campagne, Donald Trump avait gagné le soutien des évangélistes conservateurs en leur promettant de nommer à la Cour suprême des juges opposés à l'avortement. Depuis son élection, il y a fait entrer deux magistrats, ce qui fait craindre aux militants "pro-choice" un revirement de jurisprudence.

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Le don d'un milliardaire nourrit le débat sur le fardeau des prêts étudiants aux Etats-Unis

Le milliardaire Robert Smith lors de la cérémonie de remise des diplômes au Morehouse College à Atlanta, en Géorgie. [Photo: capture d'écran]

Quand le milliardaire Robert Smith a annoncé aux jeunes diplômés de l'université américaine de Morehouse qu'il allait rembourser leurs prêts étudiants, il a fait 400 heureux, mais il a aussi remué le couteau dans la plaie d'un problème au coeur du débat démocrate pour la présidentielle 2020.

Le don-surprise annoncé samedi par l'homme d'affaires texan - l'homme noir le plus riche des Etats-Unis - reste à évaluer, mais la dette totale accumulée par les 396 étudiants de la promotion 2019 de Morehouse - université historiquement noire d'Atlanta - pourrait atteindre 40 millions de dollars.

S'il a été applaudi pour sa générosité, Robert Smith a aussi fait des jaloux sur les réseaux sociaux: "Est-ce qu'un milliardaire voudrait bien s'engager à rembourser mon prêt étudiant? Je suis contente pour les nouveaux diplômés, mais aussi envieuse", a ainsi tweeté une internaute.

"Les gens ne devraient pas être dans une situation où ils dépendent de l'énorme acte de charité d'un inconnu", a souligné sur Twitter la jeune star démocrate du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, élue l'an dernier en partie sur la promesse d'universités gratuites pour tous.

De fait, le cadeau de Robert Smith a remis en lumière l'ampleur de la dette étudiante américaine, qui avoisine les 1.500 milliards de dollars.

- Milliardaires mobilisés -

Plus des deux tiers des étudiants diplômés en 2016 étaient endettés, et leur dette atteignait en moyenne 29.650 dollars, selon des chiffres publiés en avril par une organisation spécialisée, l'Institute for College Access and Success.

Les remboursements, souvent sur plus de 10 ans, pèsent lourd dans les choix d'emploi et de vie des jeunes actifs: ils retardent l'achat d'une voiture, d'un logement ou la conception d'enfants, avec des conséquences lourdes pour l'économie américaine.

Dans ce contexte, Robert Smith n'est pas le premier milliardaire à se mobiliser.

En novembre, l'ex-maire de New York Michael Bloomberg avait donné 1,8 milliard de dollars à l'université Johns Hopkins de Baltimore, dont il est sorti en 1964: l'argent paiera les frais de scolarité des étudiants d'origine modeste, facilitant leur accès à cette prestigieuse université privée, où un an de scolarité coûte au total quelque 72.000 dollars.

Un autre milliardaire new-yorkais, Kenneth Langone, a donné 100 millions de dollars à l'école de médecine de New York University en 2018, pour y supprimer les frais de scolarité.

Lors de la présidentielle 2016, la question des prêts étudiants - qui ont explosé entre 1996 et 2012 - avait déjà été au coeur de la campagne de Bernie Sanders, contribuant à sa popularité auprès des jeunes.

- Taxer les riches -

En 2017, le sénateur indépendant du Vermont a déposé un projet de loi, "College for All Act", prévoyant la suppression des frais de scolarité dans les universités publiques pour les familles modestes.

Le coût de la mesure - qui n'a aucune chance d'être adoptée avec un Sénat à majorité républicaine - a été estimé à 600 milliards de dollars, à financer par une taxe sur les transactions financières.

Alors que la campagne pour l'investiture démocrate 2020 monte en puissance avec 23 candidats, la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren s'affiche en pointe sur ce sujet, autant que Bernie Sanders.

Elle a dévoilé en avril une proposition très détaillée, prévoyant la suppression des frais d'inscription dans les universités publiques et l'effacement d'une partie de la dette, proportionnelle aux revenus.

Le plan, d'un coût estimé à 1.250 milliards de dollars sur 10 ans, serait financé par un impôt sur les "super-riches".

Si d'autres candidats démocrates sont plus flous, la quasi-totalité d'entre eux plaident pour une éducation supérieure plus abordable.

En attendant de voir si l'un d'eux entre à la Maison Blanche, certains Etats prennent des mesures pour réduire le coût de leurs universités.

New York offre depuis l'an dernier une bourse équivalente aux frais de scolarité de ses universités publiques aux étudiants d'origine modeste, à condition qu'ils restent quelques années dans l'Etat après l'obtention du diplôme.

Début mai, les parlementaires de l'Etat de Washington ont adopté un texte prévoyant de taxer les entreprises recrutant des employés qualifiés afin d'offrir, à partir de 2020, une scolarité gratuite dans les universités publiques aux foyers en-deçà du revenu médian.

Le texte, signé mardi par le gouverneur, a été largement soutenu. Y compris par Amazon et Microsoft, deux géants technologiques installés dans cet Etat et qui seront mis à contribution.

Avec AFP

Les démocrates, furieux contre Trump, débattent d'une destitution

Dialogue de sourds, entre la maison blanche et les démocrates du congrès.

Les démocrates ont encore accru la pression sur la Maison Blanche mardi en convoquant au Congrès une proche de Donald Trump, les voix appelant à lancer une procédure de destitution contre le président républicain se faisant plus insistantes au sein du parti.

Pas d'issue en vue face à l'escalade. A chaque refus de l'administration Trump de coopérer avec leurs enquêtes parlementaires, les démocrates annoncent une nouvelle initiative: recours en justice, rare procédure de sanction, nouvelle convocation.

Avec une stratégie en tête chez les chefs démocrates: constituer un dossier assez solide pour décider de la suite, en évitant d'ouvrir dès maintenant une procédure explosive de destitution qui risquerait de diviser le pays à l'orée de la présidentielle de 2020.

Mais chaque refus de la Maison Blanche donne aussi de nouveaux arguments à ceux appelant à engager une telle procédure contre le milliardaire... et leurs voix se font de plus en plus bruyantes.

En convoquant Hope Hicks le 19 juin devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, les démocrates --qui disposent de vastes pouvoirs d'investigation grâce à leur majorité-- ont frappé dans le cercle proche du président.

Longtemps fidèle entre les fidèles de Donald Trump, la jeune femme avait rejoint très tôt sa campagne électorale avant d'être nommée directrice de la communication de la Maison Blanche. Elle a démissionné en mars 2018.

Soupçonnant le milliardaire "d'entrave à la justice" et "d'autres abus de pouvoir", les démocrates estiment que Hope Hicks, 30 ans, est un témoin clé car elle a travaillé "de près avec le président".

Ils ont également convoqué une autre ex-employée de la Maison Blanche, Annie Donaldson, pour être interrogée le 24 juin.

Elle était chef de cabinet de l'ancien conseiller juridique de la Maison Blanche Don McGahn, qui a justement défié mardi matin --sur demande de l'exécutif-- leur convocation pour une audition.

Face à la chaise vide de M. McGahn, les démocrates de la commission ont menacé d'aller devant les tribunaux pour le forcer à se présenter.

"Nous forcerons ce président à nous rendre des comptes", a aussi affirmé Jerry Nadler, chef démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, avant de lire plusieurs extraits du rapport du procureur spécial Robert Mueller, qui a mené la vaste enquête russe.

- Débat sur une destitution -

Dans son rapport final rendu partiellement public mi-avril, le procureur a expliqué n'avoir pas rassemblé de preuves d'une entente entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump pendant la présidentielle de 2016.

Il a toutefois détaillé une série de pressions exercées par le président sur son enquête, à commencer par une tentative de le limoger, bloquée par Don McGahn. D'où l'intérêt des démocrates à parler à ce dernier.

Pour la Maison Blanche, l'opposition se livre à un véritable "harcèlement" à but politique.

Le rapport Mueller a conclu qu'il n'y avait "pas de collusion et pas d'entrave", a encore tweeté M. Trump mardi soir, rappelant qu'il avait laissé M. McGahn témoigner devant M. Mueller.

Face à ce dialogue de sourds, le débat gronde chez les démocrates: faut-il ou non ouvrir une procédure de destitution, vouée à l'échec dans un Sénat à majorité républicaine?

Etant parvenue jusqu'à présent à maintenir ses troupes en ordre, la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi doit en discuter avec son groupe parlementaire mercredi matin.

Des élus réticents jusqu'ici ont déclaré mardi que les blocages de la Maison Blanche alimentaient le dossier en faveur de l'ouverture d'une telle procédure.

A la gauche du parti, les voix pour la destitution se font entendre depuis des semaines. Sheila Jackson Lee, une élue progressiste de la Chambre, a annoncé qu'elle présenterait une résolution pour lancer la procédure d'enquête en vue d'une destitution "dans les prochaines 48 heures".

Tout en confiant qu'il n'y avait "probablement pas un démocrate qui ne sente pas dans ses tripes que (M. Trump) a probablement fait des choses qui justifient une destitution", le chef de la majorité démocrate à la Chambre Steny Hoyer avait tempéré plus tôt en réitérant que l'heure n'était pas "encore" venue pour une destitution.

Avec AFP

De l'art pour valoriser l'Afrique

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Rapport des forces entre Trump et les démocrates

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Regain de tension entre Trump et les démocrates du Congrès

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