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Niger

L'armée nigérienne repousse une attaque de Boko Haram, trois assaillants tués

Des évacués des îles nigériennes du lac Tchad attendent de recevoir de la nourriture du Comité international de la Croix-Rouge, le 25 mai 2015 à Bosso.

L'armée nigérienne a repoussé mardi une attaque du groupe jihadiste Boko Haram, tuant trois assaillants à Bosso, une ville du Sud-Est du Niger sur les rives du Lac Tchad, a-t-on appris mercredi de source militaire et auprès des autorités locales.

Mardi "aux environs de 18h40 locales (17h40 GMT), les éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) ont (...) repoussé une nouvelle attaque de Boko Haram à Bosso", a indiqué dans un communiqué publié sur Facebook la Force multinationale mixte (FMM, qui associe Nigeria, Tchad, Cameroun et Niger).

"Côté ennemi: trois assaillants neutralisés (tués), un véhicule détruit", a-t-elle précisé dans ce texte diffusé depuis Diffa, capitale régionale du Sud-Est nigérien. "Aucune victime" n'a été enregistrée parmi les militaires, selon elle.

Une mitrailleuse de 12,7 mm et trois fusils d'assaut Kalachnikov appartenant aux assaillants ont été récupérés, selon la FMM.

"Le restant de l'ennemi mis en déroute s'est échappé à bord de quatre véhicules (...) en direction des îles du Lac Tchad" et "le ratissage se poursuit avec nos forces terrestres et aériennes", a-t-elle affirmé.

Un élu de Bosso a confirmé ce bilan auprès de l'AFP.

Cette attaque survient deux jours après le retour de près de 6.000 personnes dans la localité de Baroua, située près de Bosso, qui avaient fui en 2015 des attaques jihadistes. Boko Haram avait mené sa toute première attaque au Niger, le 6 février 2015, contre Bosso.

Le 3 juin 2016, une attaque massive de Boko Haram à Bosso avait fait 26 morts, 24 soldats nigériens et deux militaires nigérians de la FMM, ainsi que 55 tués du côté de Boko Haram, selon les autorités nigériennes.

Les assaillants avaient pris le contrôle de la ville, avant d'en être délogés le lendemain.

D'après une estimation établie par l'ONU quelques jours après cette attaque du 3 juin 2016, au moins 50.000 personnes avaient fui la zone. Une partie des habitants de Bosso avait ensuite regagné la ville, selon les autorités locales.

La région de Diffa abrite 300.000 réfugiés nigérians et déplacés fuyant depuis 2015 les exactions des jihadistes, selon l'ONU.

Le président nigérien, Mohamed Bazoum a déclaré mardi devant des diplomates étrangers à Niamey, qu'il se rendra "très bientôt" à Diffa pour "commencer les discussions" avec le gouverneur de l'Etat fédéré nigérian de Borno du "programme du retour des Nigérians" chez eux.

Outre les attaques de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) dans sa partie sud-est, le Niger doit également faire face à celles de groupes jihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), dans sa partie ouest.

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Trois policiers nigériens tués dans une attaque près du Burkina

Des habitants de Zibane-Koira Zéno, un village de la région de Tillabéri se tiennent dans le village lors d'un meeting le 12 mai 2020, après une attaque d'hommes armés quatre jours auparavant.

Au moins trois policiers nigériens ont été tués et plusieurs autres blessés dans la nuit, lors d'une attaque de jihadistes présumés contre un poste de police dans la zone dite des trois frontières, près du Burkina Faso, ont rapporté lundi à l'AFP des sources locales.

"Il y a eu une attaque du poste (de contrôle frontalier) de Petelkole dimanche (dans la) nuit. Deux policiers ont été tués et sept blessés", a précisé un élu du département de Téra, situé dans la région de Tillabéri dans l'ouest du Niger.

"Nous revenons à l'instant de Petelkole, un troisième corps de policier a été retrouvé", a de son côté affirmé un membre d'une délégation officielle de Téra qui s'est rendue sur les lieux de l'attaque.

Situé dans le département de Téra, Petelkole est un poste de contrôle frontalier situé à 10 km de la frontière avec le Burkina, pays voisin également visé par les jihadistes.

Des véhicules appartenant à des particuliers ont été également "incendiés" et "des armes ont disparu", a ajouté l'élu.

Selon une source municipale, des "hommes armés à motos" avaient déjà "tenté samedi après-midi d'attaquer le poste", avant d'être "repoussés par les policiers".

En mai 2017, deux policiers nigériens et un civil avaient été tués dans une attaque contre le même poste de Petelkole. Les assaillants avaient emporté des armes et endommagé des véhicules.

Cette nouvelle attaque survient au moment où le président nigérien Mohamed Bazoum se trouve à Ouagadougou, depuis dimanche, pour y évoquer avec son homologue burkinabè Roch Marc Christian Kaboré la situation sécuritaire dans le Sahel à la suite de la décision de la France de réduire ses forces militaires dans cette région.

"Nous avons besoin de nous donner la main, de nous soutenir mutuellement, de nous entraider pour faire face à l'un des défis auxquels nous sommes confrontés, en particulier le terrorisme", a déclaré lundi le président Bazoum lors d'une séance de travail avec Roch Marc Christian Kaboré.

"La zone de notre frontière est une bande particulièrement animée ces derniers temps et où pullulent des terroristes. Il est plus que jamais de notre intérêt que nous mutualisions nos moyens et que nous engagions une action spécifique pour les empêcher de disposer justement d'une base et faire en sorte que leur avancée s'arrête là", a-t-il souligné.

Selon lui, "l'attaque terroriste" que vient de subir le poste contrôle de Petelkole, est "un symbole de la nécessité de notre action commune, cette attaque est de nature à nous le rappeler".

"Au-delà de cette action que nous allons mener ensemble sur cet espace, nous avons besoin d'une concertation sous-régionale (...) avec tous les autres pays", a précisé le président nigérien.

Le Niger et le Burkina Faso sont en proie à des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières.

Cinq États du Sahel (Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Niger et Tchad) ont constitué une force militaire multinationale pour lutter contre les groupes jihadistes qui sévissent dans la région sahélienne, mais cette force peine à monter en puissance.

Au Niger, depuis le début de l'année, des jihadistes présumés multiplient les assauts sanglants, surtout contre des civils dans la région instable et immense de Tillabéri (100.000 km2), qui est le théâtre depuis 2017 d'actions sanglantes de groupes jihadistes liés à Al Qaïda et à l'État islamique (EI).

Cette région se situe dans la zone dite des "trois frontières" entre Mali, Niger et Burkina.

Début octobre, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a prévenu dans un rapport qu'"une crise alimentaire d'envergure" était à redouter dans cette région de Tillabéri, où près de 600.000 personnes sont déjà exposées à l'insécurité alimentaire.

Dix morts en début de semaine dans l'attaque d'une mosquée

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Près de 600.000 personnes exposées à l'insécurité alimentaire au Niger, selon l'ONU

Un homme vend des céréales sur un marché à Falla, près de Tillaberi, au Niger, le 26 août 2005.

"Une crise alimentaire d'envergure" est à redouter au Niger dans la région de Tillabéri (ouest nigérien), proche du Mali, où près de 600.000 personnes sont déjà exposées à l'insécurité alimentaire, indique l'ONU à Niamey.

L'immense et instable région de Tillabéri (100.000 km2), riveraine de la zone des trois frontières (Niger, Burkina Faso et Mali), est le théâtre depuis 2017 d'actions sanglantes de groupes jihadistes liés à Al Qaïda et à l'État islamique (EI).

"L'insécurité et les attaques récurrentes des éléments présumés de groupes armés non étatiques (GANE) ciblant les agriculteurs et les populations civiles auront cette année de graves répercussions sur la situation alimentaire déjà précaire de plusieurs milliers de ménages vivant dans la région de Tillabéri", prévient la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) dans un rapport transmis à l'AFP.

Près de 600.000 personnes "sont (déjà) à risque d'insécurité alimentaire", précise l'agence onusienne, citant de récents résultats préliminaires d'évaluation de la campagne agropastorale dans la zone, où une accalmie a été toutefois observée tout le mois de septembre.

L'épouvantail d'une crise alimentaire a été engendré par "l'abandon des champs de cultures et des difficultés d'accès aux marchés", explique l'agence.

"Ceux qui ont osé aller au champ ont été tués, ils (les assaillants) nous traquent dans les cases et jusque dans les mosquées", avait affirmé en septembre à l'AFP Hadjia Sibti, la présidente de l'Association des femmes d'Anzourou, une commune souvent visée par les attaques.

Mais Ocha juge "la situation plus que préoccupante" dans le département de Banibangou au nord-est de Tillabéri, où plus de 79.000 personnes risquent de manquer de vivres. Entre juin et août 2021, "plusieurs dizaines de paysans" de Banibangou "ont été froidement assassinés dans leurs champs par des éléments des GANE", obligeant les populations "à abandonner leurs champs", note Ocha.

Au 31 août, 765.348 personnes ont bénéficié d'une assistance humanitaire dans la région de Tillabéri, qui abrite 101.144 personnes déplacées internes, assure Ocha. Cependant, l'ONU redoute "une crise alimentaire d'envergure" dans cette région et demande au "gouvernement et ses partenaires" de prendre "des mesures fortes à la hauteur de l'ampleur de la situation".

Le 10 septembre, pour sa première visite dans cette zone enclavée depuis son élection fin février, le président nigérien, Mohamed Bazoum a promis de poursuivre l'assistance alimentaire ainsi que la mise en place d'un dispositif sécuritaire plus musclé pour freiner les incursions d'assaillants du Mali.

Le dernier massacre de civils dans l'Anzourou remonte au 21 août, dans le village de Theim, où des individus armés "venus à pieds" ont tué 19 personnes dans une mosquée.

Les jeunes peuls cherchent du travail au Niger

Vente ambulante de bagues lors du festival annuel des nomades appelé Cure Salée à Ingall, au Niger, le 16 septembre 2021.

"Je suis carrément au chômage, je chôme trop même!" Pour Veli Rabo, jeune Peul nomade nigérien de 28 ans qui n'a jamais travaillé "à part à l'école", c'est presque devenu une blague que de parler boulot.

Il est un parmi des milliers de jeunes Sahéliens qui ne trouvent pas de travail dans cette région du monde qui affronte un conflit multiforme et enraciné, une désertification croissante et une démographie galopante.

En 2018, le think-tank International Crisis Group (ICG) estimait à 80% le taux de chômage des jeunes du Nord nigérien dans le secteur formel, mais l'importance du secteur informel et la forte ruralité font qu'il est difficile d'établir des statistiques fiables.

Reste que, parmi les jeunes rencontrés mi-septembre par l'AFP pendant la fête du pastoralisme nigérien à Ingall, dans le nord désertique du pays, nombreux étaient ceux qui disaient ne pas travailler.

Pour sa part, Veli Rabo loue sa mobilité -- il a une moto -- aux habitants du village quand ils ont besoin de faire une course. "Ca me permet de gagner 1.000 ou 2.000 francs (2-3 euros) et de nourrir la petite famille", dit-il, coiffé d'un chèche bleu. Mais c'est tout ce qu'a ce mari et père d'un enfant pour ramener de l'argent.

Les populations pastorales sont d'autant plus touchés qu'elles ont un accès à l'éducation et à la santé plus que précaire. Alors, "beaucoup ne font rien", dit Bidgi Gaya, un ami du même âge que Veli.

"On prépare le thé, on discute, on vaque aux activités du jour", explique-t-il.

Les deux jeunes ont été à l'école à Agadez, la capitale régionale, jusqu'en troisième. Le premier se prenait à rêver de soigner les gens, l'autre de faire des affaires. Las! Sur les 40 de leur classe, "trois ou quatre" travaillent aujourd'hui, disent-ils.

Les autres sont rentrés au village. Ils représentent une jeunesse qui s'interroge ("dans les autres pays, tout le monde a appris à écrire? c'est vrai qu'il y a des minorités qui ne parlent pas français chez vous?"), une jeunesse romantique qui récite des poèmes d'amour au petit soir avant de dormir, mais une jeunesse bloquée: aucune perspective pour Veli et Bidgi.

- "chair à canon" -

Ces deux-là devisent sur les violences jihadistes qui se multiplient depuis une dizaine d'années dans la région. "Alhamdoulilah ("Dieu merci", ndlr), chez nous tout va bien", dit Veli. Mais l'important taux de chômage des jeunes inquiète les autorités locales, confient plusieurs d'entre elles à l'AFP.

Veli le reconnait: "La vérité, c'est que si on est assis à ne rien faire et qu'il faut nourrir la famille, beaucoup pourraient dire oui à un ami qui vient proposer de faire des mauvaises choses, si ça permet de s'en sortir."

Pendant le festival du pastoralisme de la "Cure salée", en septembre, les autorités ont multiplié les rencontres. Aux chefs coutumiers locaux, le président nigérien Mohamed Bazoum a expliqué que la stratégie des jihadistes de l'Etat islamique, installés sur la frontière malienne, "consiste à cibler (ces) jeunes, à les récupérer et à les utiliser comme chair à canon".

Dans ces zones rurales, les "fils de pasteurs" sont les "premières victimes" de cet embrigadement, a confirmé le général Mahamadou Abou Tarka, président de la Haute autorité à la consolidation de la paix (HACP).

Dans la région de Diffa (sud-est du Niger frontalier du Nigeria), où sévissent les fantassins de Boko Haram, et dans celle des "Trois frontières" - entre Mali, Burkina Faso et Niger - des jeunes ont déjà été recrutés en masse.

Alors, l'Etat essaie de sensibiliser les communautés nomades et leur jeunesse à "ne pas prêter le flanc" à ces propositions alternatives. L'armée a notamment recruté en leur sein.

A la "Cure Salée", Doula Dokao, peul wodaabe de 48 ans dont 14 à la tête d'une association locale de sensibilisation, a animé et participé à des ateliers. Tous avaient le même but: "parler aux jeunes pour les convaincre qu'il y a du positif et des opportunités".

Mais quand on évoque le volontarisme gouvernemental et ses nombreuses promesses, la réponse est claire: "sur 100% de choses qu'ils paient, on en voit 5% au village". Le reste s'est sans doute perdu en chemin dans les méandres de la corruption, complète un parent.

Aux jeunes de Foudouk (nord), le chef de village Nassamou Malam préconise d'être patients: "s'ils ne le sont pas, ils prendront un autre chemin qui n'est pas bon". Et d'ajouter tout de go: "évidemment, le futur fait peur".

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