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Une distribution d'aide tourne au drame au Niger, tuant 20 personnes


Un employé de Médecins sans frontières examine des enfants souffrant de malnutrition dans un camp de réfugiés maliens situé à Chinegodar, dans l'ouest du Niger, près de la frontière malienne, le 4 février 2012. (AFP PHOTO / BOUREIMA HAMA)

Une vingtaine de personnes ont été tuées et plusieurs blessées lundi dans une bousculade provoquée par une distribution de vivres et d'argent à des réfugiés et déplacés à Diffa, dans le sud-est du Niger.

Une vingtaine de personnes ont été tuées et plusieurs blessées lundi dans une bousculade provoquée par une distribution de vivres et d'argent à des réfugiés et déplacés à Diffa, dans le sud-est du Niger.

Une distribution d'aide tourne au drame, tuant 20 personnes
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"Nous avons un bilan provisoire de 20 morts essentiellement des femmes et des enfants tués lors d'une bousculade durant une opération de distribution de vivres et d'argent à la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Diffa", la capitale régionale du sud-est nigérien, proche du Nigeria, a expliqué un responsable médical.

Des sources humanitaires ont confirmé le nombre de tués et fait état d'une dizaine de blessés.

L'aide était offerte par Babagana Umara Zulum, le gouverneur de l'Etat nigérian de Borno (nord-est du Nigeria) qui est venu lundi visiter les sites de réfugiés nigériens fuyant les attaques de Boko Haram et qui sont installés dans plusieurs zones de la région de Diffa depuis 2015.

Babagana Umara Zulum avait déjà quitté Diffa avant la bousculade, a déclaré à l'AFP un officiel nigérien.

"On distribuait des vivres et de l'argent, à raison de 5.000 nairas (la monnaie nigériane - soit 15 euros) par personne. Il y avait des milliers de personnes, en majorité des réfugiés, qui avaient appris la nouvelle de la distribution et qui ont quitté leurs camps, situés parfois à une centaine de km pour venir à Diffa", a expliqué à l'AFP un habitant.

"Même de simples habitants de Diffa se sont rués pour espérer recevoir l'aide", a témoigné un autre habitant.

"L'information sur la distribution s'était répandue dès les premières heures de la journée et des milliers de personnes ont envahi la cour et les environs de la MJC", a Affirmé à l'AFP un agent de la municipalité de Diffa qui se trouvait près des lieux du drame.

Du riz, de l'huile, des vêtements et de l'argent devaient être distribués aux réfugiés, a-t-il précisé.

"Piétinés à mort"

"Dès que les premières personnes ont reçu leur ration, la foule compacte a commencé à +bouillir+ les organisateurs ont été vite débordés: hommes, femmes, enfants ont commencé à se presser les uns contre les autres. Les plus faibles sont tombés par terre" et des enfants ont été "piétinés à mort", a affirmé cet agent.

"D'habitude, ce sont des représentants des bénéficiaires qui viennent chercher les aides à Diffa et repartent les redistribuer sur les sites, mais cette fois ce sont les réfugiés eux-mêmes qui ont décidé de parcourir des dizaines de km pour venir recevoir leur aide", a indiqué un élu local à l'AFP.

"Très vite les secours sont arrivés pour évacuer les blessés vers différents centres de soin et pour acheminer les corps à la morgue de l'hôpital de Diffa" proche, selon un journaliste local.

La venue du gouverneur de Borno était la première visite d'un haut responsable civil nigérian dans la région de Diffa où il s'est rendu à Bosso, Garin-Wazan et Toummour, trois localités qui abritent plus de 100.000 réfugiés du Nigeria, sur un total de 300.000 dans toute la région.

En plus de l'insécurité liée aux attaques régulières de Boko Haram, Diffa est confrontée à de graves inondations provoquées par une crue de la Komadougou Yobé, la rivière qui sépare le Niger du Nigeria, qui ont déjà fait plus de 20.000 sans-abri, selon les autorités locales.

Les eaux ont également dévasté des champs de poivrons et de riz, deux piliers de l'économie locale.

Au total, le Niger, un des Etats les plus pauvres au monde, abrite près de 450.000 réfugiés (Nigérians, Maliens et Burkinabé) et déplacés internes, chassés par les violences jihadistes ou des bandes armées, selon l'ONU qui s'inquiète du manque de fonds pour couvrir tous les besoins.

Certains réfugiés et déplacés vivent au milieu d'une population déjà très pauvre.

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