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Côte d'Ivoire

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo lance un appel à la réconciliation

L'ex président ivoirien Laurent Gbagbo au palais présidentiel d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, le samedi 4 décembre 2010. (AP Photo/Rebecca Blackwell)

A quatre mois de la présidentielle en Côte d'Ivoire, l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a lancé une "initiative pour des élections apaisées en 2020", selon un texte de son porte-parole Justin Katinan Koné.

"Le président Laurent Gbagbo note que la généralisation de la violence électorale met en péril la démocratie (...), c'est pourquoi il lance cette +initiative pour une élection sans violence en 2020+", a écrit M. Katinan Koné dans un texte transmis à l'AFP.

Selon ce texte, Laurent Gbagbo a demandé à son parti, le Front populaire ivoirien (FPI, opposition), et à ses alliés, "de porter cette initiative", afin "d'entreprendre en amont toutes les démarches nécessaires en direction des acteurs politiques, des leaders d'opinion de la société civile et religieuse, ainsi que des représentations diplomatiques présentes dans notre pays, à l'effet de travailler à la pacification".

M. Gbagbo a mandaté Massany Bamba, vice-présidente du parti, ancienne députée de Port-Bouët (une commune d'Abidjan), pour "constituer une équipe de personnes venant des grandes régions du pays et si possible de toutes les sensibilités politiques pour porter ce message de paix partout en Côte d’Ivoire", selon le texte.

"Nous devons tous absolument tirer les leçons de notre douloureux passé et bâtir un avenir démocratique meilleur pour nous-mêmes et, surtout, pour les générations futures".

La Cour pénale internationale (CPI) a assoupli fin mai les conditions de la liberté conditionnelle de M. Gbagbo, 75 ans, qui a passé sept ans en détention à La Haye. Acquitté en 2019 d'accusations de crimes contre l'humanité, M. Gbagbo doit toutefois encore attendre un éventuel appel de la procureure.

M. Gbagbo, au pouvoir de 2000 à 2010, a en outre été condamné par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait 3.000 morts, la présidentielle d'octobre 2020 s'annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Le FPI n'a pour le moment pas désigné de candidat.

Le président Alassane Ouattara ne briguera pas un troisième mandat. Son parti a désigné le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, soigné en France depuis début mai pour des problèmes cardiaques.

L'ancien chef rebelle Guillaume Soro, ex-Premier ministre de M. Ouattara, s'est porté candidat mais fait face à plusieurs procédures judiciaires, dont une condamnation à 20 ans de prison. Il vit en exil en France.

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) choisira son candidat fin juillet. Selon de nombreux observateurs, l'ancien président Henri Konan Bédié, 86 ans, devrait être investi.

Mercredi l'ancien ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé a déclaré être prêt à rentrer dans son pays. Impossible pour l'instant de savoir s'il pourrait, lui aussi, se porter candidat à la présidentielle.

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Le représentant de l'ONU appelle a une présidentielle ivoirienne "pacifique et inclusive"

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Laurent Gbagbo doit être candidat à la présidentielle ivoirienne, tranche un tribunal

Le président ivoirien Laurent Gbagbo (à g.) et le général Philippe Mangou, chef des armées, lors du 49e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, à Abidjan le 7 août 2009. (Photo REUTERS/Luc Gnago)

La Cour africaine des droits de l'Homme et des peuples a tranché vendredi contre l'exclusion de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo de l'élection présidentielle ivoirienne du 31 octobre.

La Cour, qui est basée à Arusha (Tanzanie), ordonne à l'Etat ivoirien de "prendre toutes mesures nécessaires en vue de lever immédiatement tous les obstacles" empêchant M. Gbagbo de participer au scrutin.

L'ancien chef d'Etat (2000-2010) ne figure pas sur les listes électorales révisées cette année, il ne peut donc ni voter, ni être candidat.

Selon les autorités ivoiriennes, cette décision fait suite à la condamnation de M. Gbagbo par contumace en 2018 par la justice ivoirienne, à 20 ans de prison, liée aux événements de la crise post-électorale de 2010-2011.

Pour Ouattara, les candidatures de Gbagbo et Soro sont des "provocations".
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Le Conseil constitutionnel ivoirien a rejeté sa candidature à la présidentielle déposée par ses partisans, lui-même ne s'étant pas exprimé sur le sujet.

La Cour africaine ordonne également à l'Etat ivoirien de "suspendre la mention de la condamnation pénale du casier judiciaire" de M. Gbagbo.

Acquitté en première instance de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale, M. Gbagbo, 75 ans, ne peut pas rentrer en Côte d'Ivoire, les autorités ivoiriennes refusant, selon ses avocats, de lui délivrer un passeport.

La Cour africaine des droits de l'Homme a déjà prononcé un jugement similaire condamnant l'Etat ivoirien pour un autre opposant, l'ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro, dont la candidature avait aussi été rejetée par le Conseil constitutionnel après une condamnation par la justice.

La CADHP est un tribunal créé par l'Union africaine. Elle est composée de 11 juges. La Côte d'Ivoire ne reconnait pas son autorité.

Le CNDH s'inquiète des "graves menaces sur la paix sociale"

Des soutiens de Laurent Gbagbo à Abidjan, le 1er septembre 2020.

Le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), organisme public de Côte d'Ivoire, s'est inquiété jeudi de "graves menaces sur la paix sociale" à l'approche de l'élection présidentielle fin octobre et a appelé à un "dialogue inclusif", dans un communiqué.

Précisant avoir rencontré ces derniers jours les responsables des principaux partis d'opposition ainsi que du parti au pouvoir, le CNDH exprime sa "vive préoccupation" face à une situation socio-politique "qui crée assurément les conditions de graves violations des droits de l'Homme et fait peser de graves menaces sur la paix sociale" en Côte d'Ivoire.

Alors que de nombreux militants d'opposition et d'ONG ont été arrêtés ces derniers mois, le CNDH, qui est un organe consultatif pour le gouvernement, demande des "mesures pour garantir (...) l'exercice des libertés publiques par l'ensemble des forces politiques de la Nation" et appelle à "l'ouverture d'un dialogue pressant et inclusif" pour "trouver des solutions consensuelles durables".

Le CNDH demande aussi "l'ouverture d'enquêtes sur les allégations de violences constitutives de violations des droits de l'Homme".

La crainte de violences meurtrières est forte dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3.000 morts.

Des violences, dans le sillage de l'annonce de la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé, ont fait une quinzaine de morts en août dans le pays.

Une figure de la société civile ivoirienne, Pulcherie Gbalet, qui avait appelé en août à des manifestations contre un troisième mandat du président Ouattara, est incarcérée depuis un mois.

Justin Koua, président de la jeunesse de l'opposition FPI-pro Gbagbo a été arrêté, il y a une semaine sur son lieu de travail à Korhogo (Nord) et transféré quelques jours après dans une prison à Bouaké (centre), a déploré son parti.

Mercredi, une dizaine de proches de l'ancien chef rebelle et ex-Premier ministre Guillaume Soro, dont la candidature à la présidentielle du 31 octobre n'a pas été retenue par le Conseil constitutionnel, ont été libérés après neuf mois de prison.

Pour Ouattara, les candidatures de Gbagbo et Soro sont des "provocations".

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ADO: "La place de Guillaume Soro n’est pas dans la campagne électorale, mais en prison"

Le président ivoirien Alassane Ouattara descend de l’avion à son retour d’Accra, accueilli au bas de l’échelle par Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale, à Abidjan, Côte d’Ivoire, 7 janvier 2017. Crédit : Présidence de la Côte d’Ivoire/Twitte

Le président ivoirien Alassane Ouattara, candidat à un troisième mandat controversé, a estimé que les candidatures de son prédécesseur Laurent Gbagbo et de l'ex-Premier ministre Guillaume Soro à la présidentielle du 31 octobre étaient des "provocations". 

"Soro, comme Gbagbo, a été écarté car son casier judiciaire n’est pas vierge. Tous deux le savaient parfaitement: leurs candidatures relèvent de la provocation", a affirmé le président Ouattara dans entretien publié jeudi par l'hebdomadaire français Paris Match.​ "La place de Guillaume Soro n’est pas dans la campagne électorale, mais en prison", a-t-il ajouté.

"Ce jeune homme, enivré par l’argent et le pouvoir, a simplement perdu la tête", a-t-il même lancé, en parlant de M. Soro, âgé de 47 ans.

Le Conseil constitutionnel a rejeté le 14 septembre les candidatures de MM. Soro et Gbagbo à la présidentielle (ainsi que 38 autres des 44 candidatures) parce que les deux hommes avaient été condamnés à des peines de prison par la justice ivoirienne.

M. Soro, qui est en France, a été condamné à 20 ans de prison pour recel de détournement de deniers publics et fait l'objet d'une procédure pour tentative d'insurrection.

L'ancien président Gbagbo, acquitté en première instance par la Cour pénale internationale (CPI) et dans l'attente d'un éventuel procès en appel, a lui été condamné à 20 ans de prison dans l'affaire dite du "braquage de la BCEAO", la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest, lors de la crise de 2010-2011.

Au grand dam des opposants qui estiment que sa candidature est une "forfaiture", le Conseil constitutionnel a validé celle de M. Ouattara. La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels, mais le Conseil constitutionnel a estimé que l'entrée en vigueur d'une nouvelle Constitution en 2016 a remis le compteur à zéro pour le chef de l'Etat.

"C’est un sacrifice. Et ce dernier mandat – si, comme je l’espère, je suis réélu – sera un sacerdoce", assure-t-il.

Le président a balayé toute idée de reporter le scrutin malgré les menaces de boycott de l’opposition, qui a appelé à la désobéissance civile: "Seuls des candidats qui savent qu’ils seront battus peuvent avoir envie de se retirer".

La crainte de violences meurtrières est forte dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3.000 morts, après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara.

Des violences, dans le sillage de l'annonce de la candidature du président Ouattara, ont fait une quinzaine de morts en août dans le pays.

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