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RDC

L'épidémie d'Ebola exige un élargissement de la vaccination (MSF)

Quelques personnes dans un village dans la province du Kwilu, RDC, 20 avril 2017.

Les équipes sanitaires chargées de lutter contre l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo doivent élargir la campagne de vaccination, a déclaré jeudi la présidente de MSF.

La Canadienne Joanne Liu, qui dirige à l'international Médecins sans frontières (MSF), a estimé dans une interview à l'AFP que les responsables de la santé devaient "ouvrir les yeux" sur la stratégie à suivre pour stopper cette épidémie qui a déjà fait près de 1.700 morts en un an.

Au lendemain de la décision de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) de qualifier Ebola "d'urgence de santé publique de portée internationale" - un statut réservé aux épidémies les plus graves, Mme Liu a appelé à l'élargissement de la vaccination.

"Nous avons adopté depuis 2014-2015 dans les essais cliniques l'approche vaccinale +en ceinture+", a-t-elle expliqué, c'est-à-dire que "si une personne est infectée, on va vacciner ses contacts et les contacts de ses contacts".

"C'est quelque chose qui a démontré son efficacité dans un contexte où on a un bon suivi des contacts", a-t-elle poursuivi. "Mais en RDC, notre suivi des contacts fait défaut depuis le début. On n'est pas capables d'avoir une surveillance de tous les contacts et donc il faut se demander si on peut élargir la stratégie vaccinale."

L'épidémie de fièvre hémorragique, qui s'est déclarée en août 2018, a surtout touché jusqu'ici les provinces du Nord-Kivu et d'Ituri, dans l'est de la RDC, en proie à des violences, ce qui complique encore la tâche des équipes de santé.

Plutôt que la vaccination "en ceinture", la présidente de MSF prône "une approche plus large dite +géographique+, ce qui veut dire que si une personne infectée vient d'un village, on va vacciner tout le village".

- "Manque de transparence" -

L'OMS a reconnu mercredi qu'il existait une "pénurie" du vaccin rVSV-ZEBOV produit par le laboratoire Merck, malgré son engagement à doubler ses livraisons d'ici 2020.

Mme Liu a déploré "le manque de transparence" concernant les réserves de ce vaccin qui a prouvé son efficacité.

"Quelle est la réserve mondiale et où se trouve-t-elle ?", a-t-elle demandé.

"On parle de 250.000 à 500.000 doses dans le monde, mais elles sont où ? On a besoin de transparence sur les réserves en vaccin et aussi sur ce qui va venir."

L'OMS a demandé qu'un deuxième vaccin, développé par Johnson & Johnson, soit distribué aux personnes exposées à un risque d'infection plus faible.

Le ministre congolais de la Santé y est opposé, car il craint que l'introduction d'un nouveau produit crée des problèmes dans des communautés déjà très méfiantes à l'égard des équipes sanitaires.

Mme Liu a reconnu que l'arrivée d'un nouveau vaccin était toujours "complexe" mais elle estime qu'il "faut déployer tout ce qu'on a" jusqu'au contrôle de l'épidémie.

- "Astronautes" -

La responsable de MSF a également prôné une amélioration de l'environnement pour les patients infectés.

Ces personnes, a-t-elle rappelé, sont "dépouillées de leurs droits" quand elles quittent leur foyer et sont traitées par des "gens vêtus d'une combinaison d'astronaute", avec au mieux une chance sur deux de mourir loin de leur famille.

"Est-ce qu'on ne pourrait pas avoir une approche décentralisée pour traiter les patients et ne pas les mettre dans un endroit avec seulement des astronautes autour d'eux, sans voir leurs proches ?", s'est-elle interrogé.

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Le Congolais Sindika Dokolo, avide collectionneur d'art, est décédé

Isabel dos Santos et son mari Sindika Dokolo à Porto, au Portugal, le 5 mars 2015. (AP Photo/Paulo Duarte)

Sindika Dokolo, gendre de José Eduardo dos Santos l’ancien président angolais est décédé jeudi par noyade à Dubaï, indiquent des proches.

L'homme d'affaires congolais et collectionneur d’art Sindika Dokolo est mort jeudi par noyade, selon de multiples sources.

M. Dokolo, 48 ans, était le mari de la femme d'affaires Isabel dos Santos, fille de l'ancien président de l'Angola, José Eduardo dos Santos.

La disparition de M. Dokolo a été confirmée à VOA Afrique par son cousin Christian Lusakweno, patron de la radio Top Congo FM à Kinshasa.

Le défunt était le fondateur du mouvement citoyen Congolais Debout qui, parmi d’autres, s’étaient opposés à l’idée d’un troisième mandat de l’ancien président congolais Joseph Kabila.

Son épouse est récemment tombée dans le collimateur de la justice en Angola et au Portugal, où leurs avoirs, estimés à plusieurs milliards de dollars, sont gelés.

M. Dokolo est le fils d’un entrepreneur congolais qui était l’un des premiers à avoir lance une banque privée dans l’ex-Zaïre, devenu République démocratique du Congo, dans les années 70.

En août, le frère de sa femme, José Filomeno dos Santos, a été déclaré coupable par un tribunal de Luanda, la capitale angolaise, de mauvaise gestion d'une banque. Des accusations qu'il nie avec véhémence.

Leur père, Jose Eduardo dos Santos, est arrivé au pouvoir en 1979, remplaçant l'ancien président et héros de l'indépendance Augostinho Neto. Il a quitté ses fonctions en 2017.

Jeudi Isabela dos Santos avait publié sur son compte Twitter une photo de famille sans rien écrire d’autre. Eprouvée, elle n’a pas répondu aux nombreux messages des condoléances qui lui ont été adressés par des personnes de bonne volonté.

Des personnalités congolaises, parmi lesquelles on compte des élus, ont publié des tweets dans lesquels elles regrettent le décès de M. Dokolo et présentent des condoléances à la famille.

Est de la RDC: au moins 15 morts dans une attaque du groupe armé ADF

Un camp des FARDC à Beni, dans le Nord-Kivu, en RDC, le 7 décembre 2018. REUTERS/Goran Tomasevic

Au moins quinze personnes ont été tuées dans une attaque du groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF) dans la région de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo.

Les ADF ont fait incursion dans le village de Baeti mercredi dans la nuit. Il y a "18 personnes tuées, des maisons incendiées", a déclaré à l'AFP Janvier Kasairio, rapporteur de la société civile de Beni, dans la province du Nord-Kivu. "Les ennemis ADF ont tué entre 15 et 18 personnes", a dit de son côté à l'AFP l'administrateur du territoire de Beni.

La principale rébellion burundaise délogée de son fief par l'armée dans l'est de la RDC

Des soldats des FARDC près de Beni, le 18 février 2020.

L'armée congolaise a annoncé avoir délogé de son fief de l'est de la République démocratique du Congo la principale rébellion burundaise des "Forces nationales de libération" du Burundi (FNL) après trois jours d'intenses combats.

"Les FARDC (Forces armées de la RDC) ont délogé et récupéré le quartier général de rebelles burundais FNL (Forces nationales de libération (du Burundi) dirigé par Aloise Nzabampema", écrit le capitaine Dieudonné Kasereka, porte-parole de l'armée au Sud-Kivu (est).

Les FNL sont considérées comme la principale rébellion burundaise présente dans l'est de la RDC.

L'armée congolaise affirme, dans le même communiqué, se battre aussi contre des rebelles burundais du CNRD (Conseil national pour le renouveau et la démocratie), dont un groupe résiduel est toujours actif dans deux localités de la plaine de la Ruzizi (Sud-Kivu), selon l'armée.

Le bilan de tous ces affrontements entre l'armée et des groupes rebelles burundais font état de "27 ennemis neutralisés" (tués), plusieurs armes et munitions récupérées et trois militaires des FARDC sont tombés sur le champ d'honneur, quatre autres blessés, précise le communiqué.

L'armée indique que "ces ennemis de la paix sont en débandade vers les forêts de Muranvia, Nyaburunda, Kashongo et la vallée Nyanzale Rudaga".

L'armée congolaise a lancé "des opérations de grande envergue" contre trois groupes rebelles burundais les FNL, le CNRD et Red Tabara qui a revendiqué plusieurs attaques sur le territoire burundais ayant fait, en septembre, des dizaines de morts parmi les forces de sécurité burundaise.

Début octobre, la ministre congolaise des Affaires étrangères Marie Tumba Nzeza avait été reçue par le président burundais Evariste Ndayishimiye. Le Burundi avait boycotté un sommet régional des chefs d’État préférant traiter des questions sécuritaires en bilatérale avec la RDC.

La RDC entretient des relations complexes avec ses voisins notamment le Rwanda et le Burundi, en raison de la présence de réfugiés et de rebelles de ces deux pays dans l'Est congolais traversé par des conflits multiples depuis près de trois décennies.

Tshisekedi annonce des consultations et promet des décisions qui “n’excluront aucun cas de figure”

Président Félix Tshisekedi à son bureau, Kinshasa, 23 octobre 2020. (Twitter/Présidence RDC)

Confronté à de vives tensions avec ses alliés du FCC, le président Félix Tshisekedi a choisi des consultations avec la classe politique et sociale dans l'optique de créer une nouvelle dynamique qui l’accompagnera pour le reste de son mandat.

Fustigeant “anti-valeurs” et “tactiques politiciennes”, le président congolais Félix Tshisekedi a annoncé vendredi qu'il allait initier dans les prochains jours des consultations avec "les leaders politiques et sociaux les plus représentatifs" dans le but de "créer une union sacrée de la nation".

Il l’a annoncé lors d’une adresse à la nation, trois jours après la prestation de serment controversée de trois des juges qu'il avait nommés à la Cour constitutionnelle. Un acte qui a aggravé une crise latente qui existait déjà avec le Front commun pour le Congo (FCC), la famille politique de son prédécesseur Joseph Kabila.

Le FCC accuse le président d'avoir violé la Constitution et opéré un passage en force.

Elu à la présidence fin 2018, M. Tshisekedi s’est retrouvé face à une majorité législative écrasante issue du régime de son prédécesseur.

Bon gré mal gré les deux ont conclu un "deal" et choisi de composer dans une coalition en lieu et place d’une cohabitation. Mais cela ne semble pas aller comme sur les roulettes.

Les rapports au sein de la coalition sont plutôt tendus, avec des épisodes de séismes récurrents quasiment tous les deux mois.

Le Chef de l’Etat congolais a, dans son allocution, dépeint en quelques mots les embûches qui se dressent dans la marche de la coalition CACH-FCC.

Il a parlé de "deux ans de divergence persistante qui plombe les ailes de l’espoir vers le développement".

Parmi lesquelles le manque de vision commune quant à la marche du pays, à l’Etat de droit et au fonctionnement des institutions.

"Ces divergences portent notamment sur les questions relatives la paix et la sécurité nationale, la Commission électorale nationale, à l’organisation des élections, à la gestion du portefeuille de l’Etat, à la territoriale, à la diplomatie, à l’indépendance de la justice et à l’instauration de l’Etat de droit qui sont un enjeu majeur pour la nation", a étayé M. Tshisekedi.

"Je ne laisserai aucun arrangement politique, de quelque nature que se soit, primer sur mes prérogatives constitutionnelles et sur l’intérêt supérieur du peuple congolais. Je ne transigerai pas avec les intérêts supérieurs de la nation", a-t-il prévenu.

La vielle le FCC -- majoritaire au Sénat et à l'Assemblée nationale -- avait dans une déclaration inédite refusé de reconnaitre les trois nouveaux juges.

Des hauts cadres avaient carrément boycotté la prestation de serment des juges. La machine était donc grippée.

Pour Ferndinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratique (PPRD) de l'ancien président Joseph Kabila, son clan attendait plutôt un discours conciliant de M. Tshisekedi.

"Le discours du président de la république est décevant", a déploré M. Kambere.

Pour lui, l'attente était que M. Tshisekedi rapporte ou révoque la nommination de trois juges nommés, selon lui, en violation de la Constitution.

Félix Tshisekedi s'adresse aux Congolais en pleine crise avec le camp pro-Kabila

Le président congolais Félix Tshisekedi dans son bureau à Kinshasa, 22 octobre 2020. (Twitter/Présidence RDC)

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a promis de s'adresser à la nation vendredi, en pleine crise avec ses partenaires de la majorité parlementaire fidèle à son prédécesseur Joseph Kabila.

"Le chef de l'État s'adressera à la nation ce vendredi 23 octobre 2020. A cet effet, la 54e réunion du conseil des ministres prévue le même jour est reportée à une date ultérieure", a indiqué jeudi soir la présidence de la République dans un bref communiqué.

Ces annonces interviennent alors que la tension est remontée cette semaine entre le président Tshisekedi et ses partenaires de la majorité parlementaire du Front commun pour le Congo (FCC), fidèle à son prédécesseur Joseph Kabila.

Mercredi, au siège du parlement, M. Tshisekedi a fait le signe de la victoire dans sa bataille politique autour de la très stratégique Cour constitutionnelle face au camp Kabila.

L'ancien président de la RDC Joseph Kabila a pris son siège de Sénateur à vie à la rentrée parlementaire à Kinshasa, 15 septembre 2020. (Facebook/Sénat RDC)
L'ancien président de la RDC Joseph Kabila a pris son siège de Sénateur à vie à la rentrée parlementaire à Kinshasa, 15 septembre 2020. (Facebook/Sénat RDC)

Malgré l'opposition du FCC, le président a assisté à la prestation de serment des trois nouveaux membres de la Cour constitutionnelle qu'il a nommés par ordonnance en juillet.

La cérémonie s'est déroulée à l'absence des présidents de l'Assemblée et du Sénat, Jeanine Mabunda et Alexis Thambwe Mwamba, du Premier ministre Sylvestre Ilunga et de même que les nombreux ministres et parlementaires pro-Kabila, majoritaires.

Jeudi, le FCC a qualifié d'"irrégulière" cette cérémonie de prestation de serment "des personnalités nommées de manière illégale". Pour cette plateforme politique, M. Tshisekedi a fait "le choix délibéré de violer la Constitution" à travers "un passage en force".

Investi le 24 janvier 2019, M. Tshisekedi gouverne en coalition avec le FCC de son prédécesseur Kabila avec qui il a signé un accord politique.

La Cour constitutionnelle a le pouvoir de valider ou invalider les candidatures à la présidentielle, mais également les résultats de ce scrutin.

Le quotidien La Prospérité propose d'analyser les deux dernières années dans le contexte de la prochaine élection présidentielle, prévue en 2023. Selon le quotidien, "le FCC ne jure que sur le retour de Joseph Kabila à la tête du pays."

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