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Mali

Karim Keïta, un "fils de" entraîné dans la chute de son père

Le président de la Commission de sécurité et de défense de l'Assemblée nationale Karim Keita assiste à la présentation de quatre nouveaux avions d'attaque légers à turbopropulseurs "Super Tucano" à la base aérienne militaire de Bamako, le 11 juillet 2018.

Surnommé affectueusement "Katio", c'est-à-dire "petit Karim" en langue locale, ou "Kim Jung 2", Karim Keïta, visé par un mandat d'arrêt international, était omniprésent dans le monde politique et des affaires au Mali jusqu'à la chute en 2020 de son père, le président Ibrahim Boubacar Keïta.

La justice malienne réclame que Karim Keïta, 42 ans, "vienne s'expliquer" sur la disparition en 2016 d'un journaliste d'investigation, Birama Touré, qui aurait été en possession de dossiers compromettants pour le fils aîné du président.

En Côte d'Ivoire depuis le putsch du 18 août 2020 qui a renversé son père, réélu deux ans auparavant malgré la crise sécuritaire, sociale et économique au Mali, Karim Keïta a toujours fermement démenti toute implication dans cette disparition.

Son sort dépend à présent des autorités ivoiriennes, qui doivent décider si elles mettent à exécution le mandat d'arrêt international délivré lundi par un juge de Bamako.

"Sans Karim, je n'aurais jamais été élu", confiait son père, dit "IBK", en 2013, l'année de son accession au pouvoir. Cette même année, Karim était élu député, en dépit, dit-il, des réticences du nouveau président.

"Son père est son modèle et sa première légitimité. Il le savait et en jouait. Tout le monde se mettait au garde-à-vous devant lui du temps d'IBK", explique le sociologue Mohamed Amara Diallo, selon qui "le père adorait également le fils".

Mais le pouvoir de Karim Keïta, président de la puissante commission de la Défense et de la Sécurité de l'Assemblée nationale, pouvait irriter jusqu'aux chefs d'Etat étrangers.

Lors d'un sommet de l'organisation régionale G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad), le président français Emmanuel Macron a fait part du "problème Karim" à son homologue malien, s'agaçant de son omniprésence, un facteur selon lui de l'impopularité de son père, ont indiqué à l'AFP plusieurs sources diplomatiques maliennes et étrangères.

Quelques mois plus tard, "IBK" répondait publiquement que ce n'est pas parce qu'il est son fils que Karim a "moins de droits que les autres Maliens".

Karim Keïta a toujours cherché à s'affranchir de son image d'affairiste. "On me met tout sur le dos. Certains arnaquent en mon nom", a-t-il confié un jour à un correspondant de l'AFP.

De l'ombre à la lumière

Né en France, Karim Keïta a vécu une partie de son enfance à Bamako, avant de passer son bac à Bruxelles puis d'étudier l'économie au Canada.

En 2008, deux ans après son retour au Mali, il monte sa société de location de véhicules puis dirige un cabinet de conseil aux entreprises.

Alors que son père enchaîne les postes de haut fonctionnaire, ministre, Premier ministre et président de l'Assemblée nationale, Karim reste dans l'ombre.

Mais après le coup d'Etat de 2012 contre le président Amadou Toumani Touré, il prend langue avec les putschistes, oeuvrant en coulisses pour faciliter la transmission du pouvoir à son père un an plus tard à l'issue d'élections.

Elu député, il se montre de plus en plus visible aux côtés de son père, multiplie les visites de terrain, réveillonne avec les troupes ou interpelle les ministres à l'Assemblée.

On le voit aussi assister, radieux, à une parade des nouveaux hélicoptères acquis par l'armée. Quand ceux-ci s'avèrent défectueux, il déclare que le Mali a "peut-être été floué", mais une partie de l'opinion soupçonne plutôt des détournements lors de la passation du marché public.

Niant profiter de sa situation pour s'enrichir, Karim Keïta gagne l'image d'un homme d'affaires prospère, généreux avec les oeuvres de bienfaisance.

Mais avec sa réputation de bon vivant, ses larges lunettes de soleil et ses nombreux voyages, il finit aussi par personnaliser aux yeux de certains Maliens les travers d'un régime de plus en plus contesté.

En juillet 2020, alors que la colère populaire gronde, de vieilles vidéos surgissent sur Internet, le montrant au milieu d'une fête joyeuse ou sur un yacht de luxe, en compagnie d'amis consommant des boissons alcoolisées et de jeunes femmes peu vêtues.

S'il se défend une nouvelle fois de s'amuser aux frais de ses compatriotes, il démissionne de la présidence de la commission de la Défense en dénonçant un "délit de patronyme". "Rien ne m'aura été épargné", dit-il alors.

Un mois plus tard, lorsqu'un groupe de colonels chasse son père du pouvoir, Karim disparaît pendant quelques jours, avant de refaire surface en Côte d'Ivoire.

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Paramilitaires russes au Mali: inquiétudes à Washington

Paramilitaires russes au Mali: inquiétudes à Washington
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Les Etats-Unis s'inquiètent d'un éventuel déploiement de "mercenaires russes" au Mali

L'ambassadrice américaine aux Nations unies Linda Thomas-Greenfield lors d'une conférence de presse à New York, le 1er mars 2021.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, a fait part de sa "sérieuse inquiétude" quant à un éventuel déploiement au Mali du sulfureux groupe de sécurité privée russe Wagner avec lequel les autorités de Bamako sont en discussion, dans un communiqué reçu mardi.

"J'ai exprimé notre sérieuse inquiétude au sujet des informations selon lesquelles des mercenaires russes pourraient être déployés au Mali et le risque que cela représenterait pour la paix et la sécurité dans la région et plus largement au Sahel", a-t-elle déclaré à l'issue d'un entretien avec le président nigérien Mohamed Bazoum.

Mme Thomas-Greenfield faisait partie d'une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU qui s'est rendue à Bamako samedi et dimanche afin de faire pression sur les autorités dominées par les militaires pour un rétablissement du pouvoir civil après deux putschs en neuf mois dans ce pays.

La délégation s'est ensuite rendue au Niger voisin.

Critiquant "les mercenaires russes", coupables selon elle de "violations des droits de l'Homme contre des civils", l'ambassadrice américaine a estimé que leur présence "aggravera probablement la situation sécuritaire actuelle".

Le groupe Wagner, avec qui les autorités russes démentent tout lien, fournit des services de maintenance d'équipements militaires et de formation mais il est accusé, notamment par la France, de se rémunérer sur les ressources des pays d'accueil et de servir les intérêts du Kremlin.

La présence des paramilitaires de Wagner a été signalée dans plusieurs pays d'Afrique, notamment en Centrafrique et en Libye, mais aussi en Syrie.

Plusieurs pays européens, France et Allemagne en tête, ont prévenu qu'un accord entre Bamako et Wagner remettrait en cause leur présence militaire au Mali.

Crise malienne: les émissaires de l'ONU rencontrent le colonel Goïta

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Le gouvernement malien dément avoir ouvert des négociations avec les jihadistes

Le Premier ministre malien Choguel Maiga s'adresse à la 76e session de l'Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU, le 25 septembre 2021.

Le gouvernement malien a démenti jeudi soir avoir mandaté qui que ce soit pour négocier avec certains jihadistes, quelques jours après une annonce en ce sens par l'un de ses ministères.

"Le gouvernement informe l’opinion publique nationale et internationale qu’à ce jour, aucune organisation nationale ou internationale n’a été mandatée officiellement pour mener une telle activité", selon un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

"Lorsque le gouvernement de la République du Mali jugera opportun d’ouvrir des négociations avec des groupes armés de quelque nature que ce soit, le peuple malien sera informé par les canaux appropriés", ajoute-t-il.

Le gouvernement affirme avoir appris "par voie de presse" que l'Etat aurait ouvert des négociations avec des chefs jihadistes.

Le ministère des Affaires religieuses a pourtant diffusé la semaine passée un communiqué indiquant qu'il avait été officiellement chargé du dossier du dialogue avec certains groupes jihadistes mandaté.

Le ministre des Affaires religieuses, Mahamadou Koné, y était cité déclarant que ses services avaient été chargés d'une "mission de bons offices en direction des groupes armés radicaux".

Lui-même a chargé le Haut conseil islamique du Mali (HCIM) de la mise en oeuvre "sur le terrain", lors d'une rencontre le 12 octobre. Le HCIM est une structure de dialogue avec les autorités regroupant des chefs et des organisations religieuses.

Le compte Facebook du ministère affichait toujours jeudi soir des photos de la rencontre avec le HCIM et du ministre "expliquant" au Conseil les "missions des bons offices". Le chef de cabinet du ministère, Dame Seck, avait indiqué à l'AFP qu'"administrativement il est clair désormais que c'est notre ministère qui a le dossier en main".

La réalité de discussions entre les autorités maliennes et certains groupes jihadistes ne fait pas de doute pour les experts depuis longtemps, avant même que l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, renversé depuis par les militaires, ne reconnaisse en février 2020 l'existence de contacts.

Mais la communication du ministère tranchait avec la dicrétion observée sur le sujet par les autorités, même si la junte désormais au pouvoir et le gouvernement de transition qu'elle a installée se disent favorables au dialogue avec les jihadistes.

Un dialogue avec les jihadistes a jusqu'alors paru devoir concerner principalement les deux chefs jihadistes Amadou Koufa et Iyad Ag Ghaly et leurs groupes affiliés à Al-Qaïda, et non pas l'organisation Etat islamique.

La France, allié de longue date du Mali, a toujours refusé ce dialogue.

Les relations entre Bamako et Paris traversent leur plus grave crise depuis le début de l'engagement français en 2013. Le Premier ministre malien a dénoncé comme un "abandon en plein vol" la décision française de réduire ses effectifs au Sahel d'ici à 2023.

Paris estime que le recours possible de Bamako à la société russe de mercenaires Wagner est incompatible avec la présence française.

L'armée française dit avoir tué un chef jihadiste au Mali

Des pompiers et des soldats maliens marchent à côté du bâtiment détruit et des voitures incendiées après un attentat suicide à la voiture piégée dans la nuit, qui a fait trois morts, à Gao, le 13 novembre 2018.

L'armée française a tué samedi au Mali le chef jihadiste Nasser Al Tergui, commandant de la katiba du Gourma du GSIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans) proche d'Al-Qaïda, a annoncé jeudi l'état-major.

Nasser Al Tergui était le numéro deux de la katiba du Gourma-Serma du GSIM et chef de la katiba du Gourma, active le long de la frontière malo-burkinabé, détaille l'état-major dans un communiqué.

Selon les armées françaises, "Nasser Al Tergui exerçait d'importantes responsabilités opérationnelles au sein de la katiba du Gourma-Serma. Il était notamment spécialisé dans la pose d'engins explosifs improvisés et de mines". Il avait rejoint les rangs d'Al Qaïda au Maghreb islamique en 2012, lors de la prise de Tombouctou par les groupes jihadistes.

"La neutralisation du chef de la katiba du Gourma va permettre de réduire les capacités de nuisance d'un groupe armé terroriste connu pour commettre des attaques contre les forces locales ainsi que de nombreuses exactions contre la population locale", se félicite l'état-major.

"Vendredi 15 octobre, un véhicule transportant à son bord cinq individus a été repéré par un drone à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Gossi. Le recoupement de différents renseignements a permis de confirmer la présence à bord de ce véhicule de Nasser Al Tergui", accompagné de quatre autres membres du GSIM, détaille le communiqué.

Le 16 octobre, le véhicule prend la direction du sud. "Les militaires de la force Barkhane décident de déclencher une opération pour intercepter le véhicule et les cinq individus" mais "le véhicule refusant de s'arrêter, deux frappes aériennes sont déclenchées pour le stopper. Le véhicule est détruit et les cinq occupants sont neutralisés".

Un groupe commando a été héliporté sur la zone de la frappe pour la reconnaître et récupérer des matériels d’intérêt, en cours d’exploitation.

Cette nouvelle neutralisation d'un chef jihadiste par les Français intervient alors que les autorités maliennes ont officiellement confié au ministère des Affaires religieuses le dossier du dialogue avec certains groupes jihadistes, à un moment délicat des relations avec Paris. La France, allié du Mali, a toujours refusé ce dialogue.

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